
Vue sur la littérature d'ici ou d'ailleurs, à la recherche de petites pépites à partager, pour ré-enchanter nos imaginaires d'avenir... Mon site web de prospective: pan-or-amiques.com
23 juin 2008
Sex and the City version Oldies!

14 juin 2008
En éclats...

On suit l'existence de Paul Marleau, adolescent du début des années 60, envoyé en Allemagne en accord d'échange. Sa vie croise et recroise celle de Clara, une allemande passionnée de photo. Tous les deux ont des familles marquées par la guerre, le secret, le mystère des barbaries. Chacun à sa façon cherche à vivre, avancer et construire malgré tout. Il s'aime, mais c'est bien plus encore.
C'est un roman saga, à conseiller à tous ceux qui aiment voir se mêler les histoires à travers le temps, les guerres et les paix.
C'est un roman d'une écriture simple et facile.
C'est un roman en éclats, de rire, d'obus, de mal, de haine, de lâcheté, d'art, etc.
Je vous offre la recontre entre Paul et Clara:
"-Pardon, cher Français, mais je film toujours.. tout le monde... tout ce que je vois!
Elle a déjà cette voix imperceptiblement voilée, un peu éraillée par instants, pourtant douce. Elle se penche sur mon dessin et je vois remuer sa poitrine dans l'échancrure du chemisier noir.
-Je suis Paul Marleau, j'habite chez...
-Chez Thomas, je sais. Et je sais que toi tu dessines toujours!
Elle brandit son petit appareil gris clair muni d'une clef chromée pour remonter le mécanisme.
-Ma caméra me suit partout, m'explique-t-elle. Elle voit ce que mes yeux ne voient pas.
Les yeux de Clara me font un effet bizzarre: comme si un autre regard, très grave et très vieux, se dissimulait au fond de cette clarté bleue, de l'autre côté d'un miroir sans tain."
12 juin 2008
Tout doux...

28 mai 2008
L'Effeuillée...

05 mai 2008
Une ombre, sans doute

02 mai 2008
Je me souviens de mon grand-père...
Truman Capote, le fameux auteur américain contreversé, y décrit le sentiment qu'il a eut d'abandon de ses grands-parents, au moment où ses parents ont déménagé, et quitté la maison familiale, pour faire leur vie ailleurs. Ce roman a été retrouvé dans les archives de la famille de l'auteur et publié tardivement.
On y trouve de la nostalgie, de la complicité entre un petit-fils et son grand-père, de la douleur aussi.
"Tu vas bientôt partir. Tu me manquera quand tu ne seras plus là. Tu vas aller vivre parmi des gens que tu ne connais pas et je veux que tu te souviennes de moi et de mon secret. Reviens me voir un de ces jours et on le partagera, ce secret."
Je conseille ce roman à tous ceux qui aiment retrouver un monde vu à hauteur d'enfant. A tous ceux qui sont nostalgiques de leur grand-père. A tous ceux qui cherchent à connaitre les multiples facettes de ce mystérieux Truman Capote.
22 avril 2008
Ravel

Ravel de Jean Echenoz... une grande plongée dans une époque, jusqu'aux détails du maillot de bain... une grande percée dans l'esprit bourru du compositeur au coeur dure...
Mais surtout de très belles pages sur l'endormissement...
Avis à tous ceux qui peinent à s'endormir le soir, Echenoz vous propose:
"Technique n°1: inventer une histoire et l'organiser, la mettre en scène par le détail, le plus méticuleusement possible, en prenant soin d'aménager tous les dispositifs propices à sa croissance. Imaginer des personnages, sans s'oublier comme acteur principal, construire des décors, disposer des lumières, imaginer des sons."
"Technique n°2: tout en se retournant dans son lit pendant des heures, chercher la meilleure position, l'adapatation idéale de l'organisme"
"Techniqque n°3: s'imposer une énumération. Se remémorer par exemple tous les lits dans lesquels on a dormi depuis l'enfance"
Et pour les autres techniques... je vous renvoie au roman!
15 avril 2008
Un pingouin peut en cacher un autre...

08 avril 2008
INTERACTIF 2
05 avril 2008
Merveille au coeur rouge!

26 mars 2008
Le quotidien ou presque...

16 mars 2008
Nuit violette...

15 mars 2008
Expiation

08 mars 2008
Bellevillez-vous!
05 mars 2008
Florence, le 5 Mars 2008: Cher vous,

Ce sont des lettres qui ne nous sont pas adressées mais qui nous parlent. Ce sont des lettres qui sont d'un autre siècle, mais qui n'ont pas jauni ni pris un gramme de poussière. Ce sont des lettres sans P.S. parce que tout est essentiel, tout est dit. Ce sont les lettres d'un voyageur, d'un européen... Je suis certaine que vous avez trouvé: ce sont les Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke.
Je les conseille à tous ceux qui se cherchent et qui doutent. Tout ceux qui goutent la vie d'un oreille attentive pour y saisir du sens et du nouveau.
Morceaux choisis:
Viareggio pres Pise (Italie), le 23 Avril 1903:
''... Laissez vos jugements connaitre leur propre développement, calme, non troublé; comme tout progrès, il doit venir de la profondeur du dedans, et rien ne peut le hater ni l'accélérer. Tout doit etre porté à terme puis mis au monde. Laissez chaque expression et chaque germe de sensibilité s'accomplir en vous, dans l'obscurité, dans l'indicible...''
Flädiem Suède, le 12 Aout 1904:
''Voilà pourquoi il est si important d'etre solitaire et attentif, lorsqu'on est triste; car l'instant où, apparemment, rien n'arrive ni ne bouge, est celui où notre avenir entre en nous, et c'est un instant qui se trouve tellement plus près de la vie que cet autre bruyant et contingent où l'avenir nous vient comme du dehors. Plus nous sommes, dans la tristesse, silencieux, patients, ouverts, et plus le nouveau entre en nous profondément, imperturbablement, mieux nous en prenons possession, plus il sera notre destin.''
Ces lettres donnent envie d'écrire. De creuser notre solitude pour voir apparaitre sous la plume les mots justes et bons.
Ces lettres donnent envie de recevoir du courrier. Car on comprend que chaque mot, dans cet intimité partagée, est un immense cadeau.
Ces lettres donnent envie de trouver un peu de sagesse dans la torpeur du soir.
02 mars 2008
Noir et Rouge

Suite à la découverte du corps d'une jeune femme dans un canal de la ville, l'inspecteur Chen, mi-policier mi-poète, est mis sur l'affaire. Et c'est alors que nous découvrons l'envers de la vie chinoise: Les dortoirs communs, les prix du partis, les mets de nouilles à déguster sur le pouce ou dans un petit restaurant, le système de téléphone, l'attribution des logements. On voit un pays en plein changement, entre vieux proverbes et nouvelles images.
QIU Xiaolong nous offre le regard d'un intellectuel fin et perspicace sur son pays. Il nous emporte dans une analyse politique et sociologique de la Chine, tout en écrivant avec finesse et style un vrai roman à suspense. Le personnage de Chen et de son associé Yu sont très attachants. Les liens de confiance et de méfiance qui se nouent et se dénouent rendent l'intrigue palpitante.
Pour la petite histoire, QIU Xialong a dû quitter la Chine pour les Etats-Unis en 1989 suite aux évènements de Tienanmen. Ayant lui même connu les affres de la révolution culturelle, il nous en fait partager les conséquences. Un roman à conseiller à tous les curieux de la Chine, à tous les amoureux des pollars bien écrits, et à tous les poètes qui se cachent.
A lire après être passé chez les frères Tang (ou dans toute autre épicerie chinoise du coin) acheter des nouilles, de la sauce au soja, de la bière, ou tout autre fruit ou légume inconnu qui aura pu vous tenter! Cela accompagnera très bien l'histoire et vous mettera dans l'ambiance d'un Shangai tout en parfums et odeurs.
27 février 2008
Exclusif!
18 février 2008
Simple et beau

"Si mon discours vous semble vague, ne tentez pas de l'élucider.
Vague et nébuleux est le commencement de toute chose; l'aboutissement ne l'est pas."
Et pour ceux qui voudraient en savoir plus sur K. Gilbran, je vous dirais qu'il est né au Liban, et a beaucoup voyagé (en Europe mais aussi aux Etats-Unis). Le Prophète est certainement son oeuvre la plus célèbre de part le monde.
04 février 2008
Créer

Voici un extrait du livre:
1. W H A T I D O
I get up, take a shower, have breakfast. I read the paper, brush my teeth. If I have phone calls to make, I make them. I've got my coffee now. I put on my lucky work boots and stitch up the lucky laces that my niece Meredith gave me. I head back to my office, crank up the computer. My lucky hooded sweatshirt is draped over the chair, with the lucky charm I got from a gypsy in Saintes-Maries-de-la-Mer for only eight bucks in francs, and my lucky LARGO name tag that came from a dream I once had. I put it on. On my thesaurus is my lucky cannon that my friend Bob Versandi gave me from Morro Castle, Cuba. I point it toward my chair, so it can fire inspiration into me. I say my prayer, which is the Invocation of the Muse from Homer's Odyssey, translation by T.E. Lawrence, Lawrence of Arabia, that my dear mate Paul Rink gave me and which sits near my shelf with the cuff links that belonged to my father and my lucky acorn from the battlefield at Thermopylae. It's about ten-thirty now. I sit down and plunge in. When I start making typos, I know I'm getting tired. That's four hours or so. I've hit the point of diminishing returns. I wrap for the day. Copy whatever I've done to disk and stash the disk in the glove compartment of my truck in case there's a fire and I have to run for it. I power down. It's three, three-thirty. The office is closed. How many pages have I produced? I don't care. Are they any good? I don't even think about it. All that matters is I've put in my time and hit it with all I've got. All that counts is that, for this day, for this session, I have overcome Resistance.
2. W H A T I K N O W
There's a secret that real writers know that wannabe writers don't and the secret is this: it's not the writing part that's hard. What's hard is sitting down to write. What keeps us from sitting down is Resistance.
3. T H E U N L I V E D L I F E
Most of us have two lives. The life we live, and the unlived life within us. Between the two stands Resistance. Have you ever brought home a treadmill and let it gather dust in the attic? Ever resolved on a diet, a course of yoga, a meditation practice? Have you ever felt a call to embark upon a spiritual practice, dedicate yourself to a humanitarian calling, commit your life to the service of others? Have you ever wanted to be a mother, a doctor, an advocate for the weak and helpless; to run for office, crusade for the planet, campaign for world peace or to preserve the environment? Late at night have you experienced a vision of the person you might become, the work you could accomplish, the realized being you were meant to be? Are you a writer who doesn't write, a painter who doesn't paint, an entrepreneur who never starts a venture? Then you know what Resistance is.
One night I was layin' down, I heard Papa talkin' to Mama. I heard Papa say, to let that boy boogie-woogie. 'Cause it's in him and it's got to come out.
--John Lee Hooker,Boogie Chillen'Resistance is the most toxic force on the planet. It is the root of more unhappiness than poverty, disease and erectile dysfunction. To yield to Resistance deforms our spirit. It stunts us and makes us less than we are and were born to be. If you believe in God (and I do) you must declare Resistance evil, for it prevents us from achieving the life God intended when He endowed each of us with our own unique genius. Genius is a Latin word; the Romans used it to denote an inner spirit, holy and inviolable, which watches over us, guiding us to our calling.. A writer writes with his genius; an artist paints with hers; everyone who creates operates from this sacramental center. It is our soul's seat, the vessel that holds our being-in-potential, our star's beacon and Polaris. Every sun casts a shadow, and genius' shadow is Resistance. As powerful as is our soul's call to realization, so potent are the forces of Resistance arrayed against it. Resistance is faster than a speeding bullet, more powerful than a locomotive, harder to kick than crack cocaine. We're not alone if we've been mown down by Resistance; millions of good men and women have bitten the dust before us. And here's the biggest bitch: we don't even know what hit us. I never did. From age twenty-four to thirty-two, Resistance kicked my ass from East Coast to West and back again thirteen times and I never even knew it existed. I looked everywhere for the enemy and failed to see it right in front of my face. Have you heard this story: woman learns she has cancer, six months to live. Within days she quits her job, resumes the dream of writing Tex-Mex songs she gave up to raise a family (or starts studying Classical Greek, or moves to the inner city and devotes herself to tending babies with AIDS.) Woman's friends think she's crazy; she herself has never been happier. There's a postscript. Woman's cancer goes into remission. Is that what it takes? Do we have to stare death in the face to make us stand up and confront Resistance? Does Resistance have to cripple and disfigure our lives before we awake to its existence? How many of us have become drunks and drug addicts, developed tumors and neuroses, succumbed to painkillers, gossip and compulsive cell-phone use, simply because we don't do that thing that our hearts, our inner genius, is telling us to? Resistance defeats us. If tomorrow morning by some stroke of magic every dazed and benighted soul woke up with the power to take the first step toward pursuing his or her dreams, overnight every shrink in the directory would be out of business. Prisons would stand empty. The alcohol and tobacco industries would collapse, along with the junk food, cosmetic surgery, and infotainment businesses, not to mention pharmaceutical companies, hospitals and the medical profession from top to bottom. Domestic abuse would become extinct, as would addiction, obesity, migraine headaches, road rage and dandruff. Look in your own heart. Unless I'm crazy, right now a still small voice is piping up, telling you as it has ten thousand times, the calling that is yours and yours alone. You know it. No one has to tell you. And unless I'm crazy, you're no closer to taking action on it than you were yesterday or will be tomorrow. You think Resistance isn't real? Resistance will bury you. You know, Hitler wanted to be an artist. At eighteen he took his inheritance, seven hundred kronen, and moved to Vienna to live and study. He applied to the Academy of Fine Arts and later to the School of Architecture. Ever see one of his paintings? Neither have I. Resistance beat him. Call it overstatement but I'll say it anyway: it was easier for Hitler to start World War II than it was for him to face a blank square of canvas.
4. R E S I S T A N C E' S G R E A T E S T H I T S
The following is a list, in no particular order, of those activities, which most commonly elicit Resistance:
1) The pursuit of any calling in writing, painting, music, film, dance, or any creative art, however marginal or unconventional.
2) The launching of any entrepreneurial venture or enterprise, for profit or otherwise.
3) Any diet or health regimen.
4) Any program of spiritual advancement.
5) Any activity whose aim is tighter abdominals.
6) Any course or program designed to overcome an unwholesome habit or addiction.
7) Education of every kind.
8) Any act of political, moral or ethical courage, including the decision to change for the better some unworthy pattern of thought or conduct in ourselves.
9) The undertaking of any enterprise or endeavor whose aim is to help others.
10) Any act which entails commitment of the heart. The decision to get married, to have a child, to weather a rocky patch in a relationship.
11) The taking of any principled stand in the face of potential reprisal. In other words, any act which disdains short-term gratification in favor of long-term growth, health or integrity. Or, expressed another way, any act that derives from our higher nature instead of our lower.
Any act of these types will elicit Resistance.
La suite: ici
29 janvier 2008
INTERACTIF 1

27 janvier 2008
Mal de pierres

24 janvier 2008
Juste une soirée...


20 janvier 2008
Osez la créativité!

11 janvier 2008
Tendez l'oreille... et les yeux!


08 janvier 2008
Merveilles du monde

05 janvier 2008
Ellipse slovène

03 janvier 2008
Bibliovoeux 2008!

27 décembre 2007
Vivons curieux!

Certains ont dit que c'était un livre indispensable à placer dans les toilettes!!! D'autres se sont jetés sur la liste des pangrammes en essayant de les apprendre par coeur (ce sont des phrases qui contiennent toutes les lettres de l'alphabet comme "Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume")!!! Je vous préviens ce livre peut susciter des comportements hors du commun!
Vous y trouverez tout: de comment faire les noeux marins, à des recettes de cocktails, des 6 FEMMES D'HENRI VIII (Catherine d'Aragon - Anne Boleyn - Jane Seymour - Anne de Clèves - Catherine Howard - Catherine Parr (répudiée, décapitée, décédée, répudiée, décapitée, veuve & rescapée) ) aux noms des anniversaires de mariage (1 an coton, 2 ans...), de comment dire "je t'aime" en toutes les langues à la liste des douzes travaux d'Hercule... Bref de quoi gagner à tous les coups au Trivial Pursuit ou de quoi bluffer tout le monde au prochain repas de famille!
Impossible à lire d'une traite mais aussi impossible à refermer... Sûrement un très beau cadeau à offrir aux etrennes!
20 décembre 2007
Histoires de femmes
"Je vois tout, je sens tout, mille détails entrent en moi comme de longues échardes et m'écorchent vive. Mille détails que d'autres ne remarquent pas parce qu'ils ont des peaux de crocodile..."Je viens de finir Les Yeux Jaunes des Crocodiles de C. Pancol (merci Carole!!!). "C'est un roman qui se lit tout seul, un peu à la Ensemble c'est tout d'A. Gavalda" m'avait-on dit! Et c'était assez juste pour le situer... C'est un roman au féminin qui interroge la vie et ce qu'on en fait, et au fond qui donne envie d'être soi-même!
C'est l'histoire de deux soeurs: Iris, la jolie, celle qui est reconnue socialement, et Jo, la bonne copine, celle qui aide toujours tout le monde, mais qui galère, avec son mari, ses filles, avec ses recherches sur le Moyen-Age,... De fil en aiguille, on est emporté dans le quotidien de ces femmes, leurs envies, leurs peurs, et on se retrouve, on se questionne à travers elle! Donc une bonne lecture à mettre dans la valise pour les vacances de Noël!
Un seul bémol peut être: le style! Elle imite la façon de parler d'aujourd'hui, ce qui fait parfois sourire, mais est un peu lourd de temps en temps! Toutefois, que ça ne vous empêche pas de le lire, ce serait dommage!!!
Enfin, ce livre m'a fait penser au film The Women de Cukor, un peu plus acide, mais aussi sur les femmes, leurs liens, les situations d'adultère, etc. A voir absolumment!
17 décembre 2007
Une lumière dans la nuit

Et pour moi, ce fut une rencontre. Celle de P. Pullman dans une église à Oxford. Il parlait de ce qui l'inspira pour écrire satrilogie, le très célèbre: Songs of innoncence et Songs of experience de W. Blake. L'idée de génie de Blake reprise par Pullman est que la vie est un lent passage de l'innocence à la sagesse. Il faut perdre l'un pour gagner l'autre, dans un processus qui n'est pas toujours sans douleur... Dans l'église, les gens lui parlent d'Harry Potter. Il semble le nouveau J.K. Rowling... et l'on n'est qu' en 2001 à l'époque. Et comme vous vous doutez, j'ai filé à la librairie dès le lendemain!
Et quelle ne fut pas ma surprise de voir une bande-annonce au cinéma il y a peu, et de me dire, MAIS, je CONNAIS l'histoire! Et ça vient de sortir: A la croisée des mondes: La boussole d'or
Alors, au lieu de vous jeter sur le film, je vous conseille tout d'abord de dévorer la trilogie... surtout pour les "en manque d'Harry Potter"!
13 décembre 2007
Désir de lire, Désir d'écrire
Roland Barthes, dans son cours au Collège de France intitulé La Préparation du Roman, tente d'y répondre. Et c'est du bonheur! En effet, on peut maintenant trouver ses cours sur CD en format MP3 . Ca s'écoute tout seul... C'est si juste, si fin dans l'analyse, si riche, et si drôle (si, si, je vous assure que Roland Barthes a un sens de l'humour exceptionnel!). Je vous conseille donc son cours sur la préparation du roman, mais aussi son cours sur le Neutre.
Dans la préparation du roman, Barthes s'attache dans une première partie à ce qui crée l'effet de réel, lorsqu'on lit un roman. Il l'analyse en se penchant sur la forme du Haiku (voir libellés: Poésie pour des exemples de cette forme). Dans une deuxième partie, il analyse le désir d'écriture sous toutes ses formes. Il montre comment la lecture en suscitant le désir et donc le manque crée en nous l'envie d'écrire. Nous ne faisons que nous chercher dans nos lectures, chercher notre roman à venir.
Dans son cours sur le Neutre, Barthes s'attache à décrire le désir de neutre. Pourquoi au détour d'une conversation n'avons-nous pas envie d'avoir un avis? Ce cours est une perle rare. Barthes nous emmène par des chemins de traverse vers la philosophie. Nous vogons d'une description de la cérémonie du thé au Japon, à une anecdote savoureuse sur l'achat d'un tube de peinture "neutre", en passant par tant d'autres épisodes porteurs de sens... Ce cours peut s'écouter en marchant, en mangeant, en cuisinant. Il peut se ré-écouter aussi, tant Barthes se réinvente et nous réinvente à chaque mot.
Quel dommage que Barthes ait succombé à un accident de voiture... Il aurait sûrement mille regards sensés sur notre époque... Heureusement, nous pouvons toujours savourer ses pensées et sa voix...
30 novembre 2007
Retombée dedans...
Au début j'avais eu du mal avec la violence, mais maintenant je commence à apprécier qu'un homme se plaise à DENONCER le mal fait aux femmes, à vraiment parler de ces sujets tabous et douloureux que sont le viol, la prostitution des jeunes filles de l'Est qui croient trouver en une Europe de l'ouest un eldorado et qui tombent des nues, l'abus de pouvoir de certains hommes sur des femmes en position de faiblesse parce que leur subordonnée, ou dépendant d'eux légalement, etc...
Et puis je me suis super attachée à Mikael et Lisbeth, les personnages du roman, qui ont tout pour attiser la curiosité...
C'est vraiment un roman scandinave avec un autre rapport au corps, à la sexualité, d'autres façons de vivre en société,...
Ca éclaire sur le fonctionnement des médias, de la police,...
Bref, ça se lit tout seul, et on en redemande!
Ca peut être un très beau cadeau de Noël pour tous les amateurs de pollars venus du froid...
28 novembre 2007
Poetry made in US
Un peu de calme et de douceur...
Among the multitude, W. Whitman
Among the men and women the multitude,
I perceive one picking me out by secret and divine signs,
Acknowledging none else, not parent, wife, husband, brother, child, any nearer than I am,
Some are baffled, but that one is not--that one knows me.
Ah lover and perfect equal,I meant that you should discover me so by faint indirections,
And I when I meet you mean to discover you by the like in you.
To a stranger, W. Whitman
Passing stranger! you do not know how longingly I look upon you,
You must be he I was seeking, or she I was seeking, (it comes to me as of a dream,)
I have somewhere surely lived a life of joy with you,
All is recall'd as we flit by each other,
fluid, affectionate, chaste, matured,
You grew up with me, were a boy with me or a girl with me,
I ate with you and slept with you,
your body has become not yours only nor left my body mine only,
You give me the pleasure of your eyes, face, flesh, as we pass,
you take of my beard, breast, hands, in return,
I am not to speak to you,
I am to think of you when I sit alone or wake at night alone,
I am to wait, I do not doubt I am to meet you again,
I am to see to it that I do not lose you.

Hope is the thing with feather, E. Dickinson
Hope is the thing with feathers
That perches in the soul,
And sings the tune without the words,
And never stops at all,
And sweetest in the gale is heard;
And sore must be the storm
That could abash the little bird
That kept so many warm.
I ’ve heard it in the chillest land,
And on the strangest sea;
Yet, never, in extremity,
It asked a crumb of me.
I am nobody! Who are you? E. Dickinson
I'm Nobody! Who are you?
Are you – Nobody – too?
Then there's a pair of us?
Don't tell! they'd advertise – you know!
How dreary – to be – Somebody!
How public – like a Frog –
To tell one's name – the livelong June –
To an admiring Bog!
16 novembre 2007
Papillonage dans les nuages

Pour ma part, je viens de faire la connaissance d'un glâneur de talent: Denis Grozdanovitch. Dans Rêveurs et nageurs, ou du plaisir parmi les difficultés, il ramasse à la pelle les petites étincelles du quotidien. Mes préférées: son apologie des fantômes et son bref périple aux Indes Occidentales.
Dans le premier, il nous parle des morts et des vivants et de leur étrange façon de cohabiter. Il y a le décès d'un de ses amis et la balle de tenis qu'il jette dans la fausse au lieu des fleurs... Il y a sa rencontre avec un petit homme bien mystérieux au fin fond d'une librairie, un livre d'Alice au pays des merveilles à la main, et emplein de ses amours perdues. Il y a son amie retrouvant le long d'un vieux sommier la bague de sa défunte mère tant pleurée.
Pour les Indes occidentales, il glâne ces instants de voyage qui nous marquent pour longtemps. Parti pour les Etats-Unis, il s'attarde dans les musées, il s'ouvre aux rencontres. Et ça donne de très belles pages sur la peinture européenne, mais aussi de très beaux moments de partage comme avec ce vieux monsieur féru des librairies publiques, ou avec Sue... la belle Sue...
Ce livre est en quelque sorte une collection choisie d'extraits de ses petits carnets de vie ou de route. Ca donne envie de vivre intensemment, de sucer toute la moelle de la vie, pour ne pas, quand viendrait la vieillesse, nous rendre compte que nous n' avions pas vécu,... si vous voyez ce que je veux dire!

Alors si vous vous sentez un peu rêveur, ou nageur (mais ça je ne vous dis pas pourquoi... l'histoire est trop belle pour dévoilée ici les raisons de ce titre si judicieusement choisi), voici un petit extrait qui vous donnera l'esprit de son écriture:
"...Tels des petits enfants, nous sommes assis sur les chaises pliantes sous les marronniers du parc et nous observons, dans une jubiliation extatiques, les marionnettes peinturlurées sur la scène du Guignol - laquelle n'est autre que le théâtre de notre vie: bureaux, magasins, marchés, clubs, salons, où nous recevons et sommes reçus... Là se déploient sous nos yeux, sans que nous en ayons toujours conscience, les ridicules comédies burlesques et rocambolesques dont nous sommes tour à tour les acteurs et les spectateurs et que nous nous jouons ingénuement les uns aux autres.
Parfois pourtant, cette idée nous effleure à l'occasion d'une scène particulièrement heureuse ou pathétique et dans notre for intérieur nous applaudissons en riant ou en frémissant: nous voudrions alors bisser cette scène mais la loi du théâtre de l'existence ne permet aucune répétition et, la scène aussitôt finie, les ombres fugitives qui, pour notre émerveillement ou notre frayeur, l'animèrent, s'évanouissent à jamais, réintégrant l'anonymat du vaste réservoir des formes universelles. Nous restons là, pantelants, tandis que derrière le rideau se laissent encore apercevoir quelques remuements et entendre quleques voix, jusqu'à ce qu'apparaissent le débonnaire montreur et son aide se dirigeant vers la sortie du parc, puisqu'on nous passe notre paletot sur les épaules en parlant doucement, maternellement - car cette même déception, celui ou celle qui nous accompagne l'ont ressenti à leur heure. Aussi, marchant mécaniquement, éternels enfants tenus par la main, nous contemplons se détachant sur le ciel blanc du crépuscule d'automne les dentelures innombrables des feuillages jaunissant du parc..."
J'ajouterais pour les amateurs de petits carnets, que dans le genre, ceux de Paul Auster sont pas mal non plus, voir The red notebook (le carnet rouge pour la version française).
09 novembre 2007
Un enfant à New York, adagio suivi d'un scherzo

A travers la vie d'un enfant prodige, Claude Rawlings, le lecteur redécouvre l'histoire du monde entre 1940 et 1960, mais aussi l'histoire de New York ville en pleine mutation, l'histoire des sciences, du cinéma et celle de la musique, et cela sans sécheresse, sans raideur, mais tout en délicatesse.
"Sa première vision sur l'extérieur était le soupirail en forme d'éventail de l'appartement en sous-sol. Il grimpait sur la table et passait des heures à examiner derrière les barreaux le va-et-vient des passants sur le trottoir, son âme d'enfant captivée par la contemplation des rythmes et des cadences, toujours différents, des jambes et des pieds qui traversaint son cham p de vision..." Tout débute là. Claude vit dans la cave d'un immeuble avec une mère dépressive et folle, accessoirement chauffeuse de taxi. Alors qu'il est maigrelet, qu'il ne comprend pas au juste la guerre, les communistes,... (et ce malgré les montagnes de journaux que ramène sa mère quotidiennement), il se penche un jour sur un piano et sa vie en est transformée. Il va se lancer dans une collecte de toutes les petites pièces de monnaie qui trainent sur les trottoirs de New York pour se payer des leçons de piano chez Monsieur Weisfeld, le propriétaire du magasin d'instruments de musique du quartier. Monsieur Weisfeld va transformer sa vie, lui apprendre les notes, les sons, l'harmonie, mais bien au-delà il va lui enseigner l'écoute, la quête, la curiosité, et bien d'autres choses encore. Commence ensuite une grande aventure, de professeur en professeur, de concerto en boogie, qui résonne en nous pages après pages avec douceur et émotion jusqu'au bout. De la petite boutique new yorkaise jusqu'aux salles de concert les plus mythiques, la vie de Claude va s'accélérer, entre amour et peine, surprise et désillusion.
Vous me direz: roman d'éducation banal, long, ennuyeux? Pas du tout. Entre les pages, Conroy glisse des perles, en jettant un regard tantôt ironique tantôt moqueur sur son époque. Il y a par exemple la description que fait Claude des films par catégories! "Westerns = ne pas s'approcher d'un bivouac sans s'annoncer de loin. Ne pas tirer sur un homme désarmé, ne pas tirer dans le dos, ne pas voler un cheval", "Films de guerre = La démocratie vaut qu'on meure pour elle. Les allemands sont intelligents, arrogants et sadiques. Les japonais sont traitres." "Film de gangster = le crime ne paie pas. La police est bonne à moins qu'elle ne soit corrompue", et j'en passe... C'est lapidaire et si bien écrit. Et puis, sans qu'on s'en rende compte, quelques pages plus loin nous sommes au pays de la physique, de la relativité, et Claude se perd dans une grande discussion avec son meilleur ami sur la chute des corps... Tout ça, sans vanité, mais avec justesse et style. En plus, une teinte de mystère accompagne le roman: qui sont les personnages que la mère de Claude transporte la nuit secrètement? Qui est le vrai père de Claude? Que cache le passé secret de Monsieur Weisfeld? mais ça, je ne vous le dirai pas, pour ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir ce livre fort touchant... Certainement un de mes coups de coeur littéraire de l'automne.
26 octobre 2007
Mordant!

Je comprends qu'il fasse des accro! Suspense, réalisme, personnages très convaincants! Un peu du Fred Vargas quoi... à une grosse exception près: il faudrait mettre un carré blanc sur la couverture. Que de violences décrites avec minutie. Et c'est dommage. Car en sombrant dans la délectation du sadique monomaniaque, et bien il impose aux lecteurs des pages dont on se passerait volontier!
Je me sens mordue, difficile de ne pas courrir acheter la suite des aventures de Mike Blomquist et de Lisbeth, son assistante hors norme. Mais sous le coup des morsures du Tome I, dure de retourner dans cette violence gratuite et sordide... malgré le talent manifeste de Larsson.
Donc à lire, mais pour les coeurs bien accrochés.
Et à ceux qui voudraient savoir si un tome IV est en cours: Larsson a succombé d'une attaque cardiaque juste après avoir remis le manuscrit du tome III. De quoi rendre la trilogie encore plus mythique!
17 octobre 2007
Quand la télé surgit dans le roman...
Saga de T. Benacquista nous emmène dans les décors de la création d'une série à succès. Nous suivons les scénaristes, hommes et femmes de l'ombre, sensés faire n'importe quoi, pourvu que ça occupe les ménagères et coute peu cher! Oh surprise, la série TV de nos pommés du PAF prend une ampleur inattendue, au vue de son succcès médiatique... Que vont devenir les personnages de la série et leurs créateurs? Avis aux amateurs de bonnes séries télé qui ont envie de plonger avec humour et sarcasme dans les coulisses de leur passion.

Plus récemment, Pour le meilleur et pour l'empire de J. Hawes nous plonge cette fois-ci en pleine télé réalité. L'objectif de nos candidats: survivre dans une jungle pour gagner deux milions de livres. Satirique et complètement déjanté! Ce roman plaira à tous les amateurs des Monty Python!
Avec tout ça, il vous reste encore à décider de votre programme du soir...
11 octobre 2007
Du roman au conte philosophique?
C'est un roman bien sûr, ou plutôt une "chronique" un peu du genre La Peste de Camus, sauf que là, c'est l'histoire de fèves qui une fois avalées permettent d'augmenter les chances d'accoucher d'un garçon. D'une légende, nous glissons peu à peu dans le cauchemard, d'une société qui sans s'en rendre compte, se prive d'un avenir. Alors roman d'anticipation ou conte philosophique? Chacun sa lecture. Il y a la lecture du démographe qui peut trouver dans ce récit des arguments de taille pour démontrer l'importance de sa science. Il y a la lecture du sociologue qui peut étudier comment se comportent les groupes humains privés de futurs. Il y a la lecture du géographe, qui pourra analyser les contrastes nord sud... et puis il y a les lecteurs du dimanche, qui pourront apprécier le style d'A. Maalouf et les mots doux d'un père à sa fille Béatrice.
Alors merci à Zsuzsana pour ce beau cadeau.
Et pour vous, une petite citation extraite du livre, à méditer pour rester vigilants dans notre monde moderne:
"Que de fois je me suis demandé comment nous en étions arrivés là. Dans les pages qui précèdent, j'ai aligné des évènements, des impressions, des apparences de cause. Alors que je m'apprête à quitter la scène, sans hâte mais sans regret, je me sens toujours incapable de dire si, à un moment quelconque, le cours du destin aurait pu être détourné, et ramené dans un sens plus conforme aux rêves des hommes. J'ai beau relire mon témoignage, et tant d'autres textes de ces dernières années, ma perplexité demeure, parfois obsédante. Tout ce qui est arrivé était-il donc inévitable?"
03 octobre 2007
Protection de la langue

Il y repertorie tous les usages de la langue qui la cabosse, la torde, pour le pire et non pour le meilleur et propose des solutions pour bien écrire... Par exemple, il suggère une méthode toute simple mais qui fait ses preuves. En voici les étapes.
Tout d'abord, ne pas se jeter sur son clavier ou son stylo pour écrire son email ou sa lettre à chaud, mais PENSER à ce que l'on veut écrire. Puis ORGANISER sa pensée. (Par quoi vaut-il mieux que je commence? Comment conclure pour que mon message soit remarqué et porte à sa juste valeur). Ensuite ECRIRE d'une traitre, se lâcher! Mais ne cliquez pas tout de suite sur envoyer, ne fermez pas l'enveloppe. RELISEZ attentivement, et retirez le superflux, le trop plein...
Tout bête, oui mais... Combien d'entre nous avons déjà perdu l'occasion d'avoir un bon poste ou perdu l'occasion de concquérir un coeur convoité, par manque de style et de justesse dans le propos... Parce que le SMS envoyé en français massacré avait écoeuré un coeur à prendre, parce qu'à la troisième fautes d'orthographe du CV non relu, le recruteur avait laissé tomber?
Bien écrire, c'est déjà respecter l'autre, lui montrer notre attention. Ecrire les mots justes, les mots qui charment ou font rire, c'est déjà un cadeau. Trouver une métaphore à vous, au lieu de reprendre à votre plume l'expression stéréotypée lue 15 fois dans les médias. Ponctuer vos phrases avec soin, pour laisser respirer l'autre ou l'emporter au loin. A chacun ses mots, son style... Et pourquoi pas aussi enrichir votre vocabulaire de mots nouveaux. Pourquoi pas des "subtiles", au lieu des "remarquables", des "émoustillants" au lieu des "drôles",...
Et puis, si vous y ajoutez un beau papier, un beau timbre, une belle police d'imprimerie, des couleurs... qui sait, vos écrits pourraient ouvrir des portes dont vous ne connaissiez pas encore l'existence jusqu'alors.