17 novembre 2013

Magnifique roman pour petits et grands



Nous voici au Chili, à la pointe du pays, où seuls les poètes et les aventuriers égarés ne passent. Ici vivent les Poloverdo et leur fils unique, Paolo, dans une cabane. Le petit chasse le serpents à défaut d'autres jeux ou compagnons, sent le vent souffler dans ses oreilles toutes décollées par les rafales et tente de grandir, là où rien ne pousse...

Jusqu'au jour où un homme se présente, ni marchand, ni géologue, ni poète... mais truand, escroc ou assassin. C'est alors que tout va basculer pour Paolo qui va découvrir derrière son innocence d'enfant, la médiocrité des humains et la force du mal. Mais tout n'est pas si noir ou blanc  lorsqu'on se met en quête de vérité!

Je ne vous en dis pas plus, mais je vous recommande très vivement la lecture des Larmes de l'assassin de Anne-laure Bondoux. C'est magnifiquement écrit. C'est intense, au cœur de la nature et des civilisations. Un peu fable, un peu conte, un peu roman d'initiation, un peu roman policier, et bien d'autres choses encore!

"Certaines choses se produisent quand on regarde longtemps la mer. Le ciel, par une nuit claire et sans nuage, peut avoir le même effet, mais il faut se concentrer de longues minutes sur les étoiles, se représenter les soleils, les planètes, leur rondeur, et cela demande beaucoup d'imagination. Avec la mer, l'intensité est là, devant soi, tangible. Et alors, certaines choses se produisent."

Un livre à conseiller à tous les amoureux de Patagonie, de vent et de mystère!

Un roman qui montre bien toutes les ambiguïtés de l'amour et de la filiation.

Un roman classé en "jeunesse", certes, mais qui peut s'adresser tout aussi bien aux adultes je trouve!




20 octobre 2013

La vie dure


Un petit roman de Jeanne Benameur: Ca t'apprendra à vivre!

Cent pages qui nous plongent dans la peau d'une petite fille, en Algérie en 1958, au moment de la montée de la tension. Elle sent que des gens s'opposent, qu'il y a du danger, jusqu'au jour de l'exil, et jusqu'à l'après...

Chaque petit chapitre est comme un petit flash de souvenirs: "l'attaque'", "ma mère pleure", "je lis mes rédactions", etc.

C'est aussi l'histoire d'une famille, des relations entre les enfants, entre les parents, etc.

Quel talent pour donner à voir un regard d'enfant, des jeux, des questions.

Parfait, la narratrice passe du je au tu, pour s'adresser à se mère... et c'est comme si ça nous sortait du roman...

J'aime la place du geste de "creuser" dans ce texte. J'aime les instants et leur sens qui émergent par l’anecdote.

Merci à la libraire de Lyon qui m'a donné envie de découvrir l'écriture de Jeanne Benameur.







12 octobre 2013

Voyage au Nigeria



Avec Nouvelles du pays, Sefi Atta nous emmène au Nigeria . A travers de courtes histoires souvent cocasses et parfois tristement choquantes, nous découvrons le sort des femmes du pays, leur rapport à la religion, aux hommes, à l'éducation.

On passe tour à tour d'un regard d'exilé à un point de vue local ce qui permet de comprendre les multiples facettes d'un pays complexe !

Parmi mes nouvelles préférées : celle qui voit un part-brise de voiture sale révéler un visage de vierge Marie pour la femme d'un garagiste peu croyant ! On y rit de voir comment elle tente d'influencer son
Mari mais aussi comment s'organise la communauté pour aller admirer le miracle voire en tirer de l'argent ! Tout est dit !

D'autres nouvelles plongent dans l'horreur de la misère ! On suit notamment une mule qui voyage pleine de drogues avec son enfant, un jeune migrant rêvant d'Europe qui se fait arnaquer par des passeurs !

On ne tombe jamais dans le désespoir! Il y a toujours ou presque des rencontres, des sourires et de la générosité même dans les situations les pires.

L'enchaînement de courts textes rend la lecture très agréable car on bascule du rire à la peur en quelques pages!

Un livre à conseiller à ceux qui s'intéresse à l'avenir de l'Afrique !

Des nouvelles pour approcher le sort des femmes de plus prêt !

Merci Marie-Louise de ce beau cadeau !

Et chapeau à actes sud pour les sélections toujours fortes des textes ! Un régal !

27 septembre 2013

Un petit peu de fraîcheur dans un monde...



Un petit roman pour ado qui fait du bien: paulus d'agnes desarthe!
Notre héroïne est première de la classe, intello, et pourtant paulus, le beau gosse de la classe serait amoureux d'elle ! C'est le début d'un déroutement qui ne va que s'accentuer avec le chômage de son père, l'attitude complexe de sa mère, et j'en passe!
Le monde vu des ado est plein d'émotions et d'oscillations entre jeux d'enfants et irruption du sérieux!
Un roman bien écrit et savoureux qui peut aider des collégiennes à se mettre à la lecture et qui peut encourager les adultes à garder une âme d'enfants !

22 septembre 2013

Cartographie de Tulsa, United states



C'est un roman hommage à une ville américaine, comme il en existe peu. On suit Jim Praley qui retourne passer l'été chez ses parents à Tulsa, au fin fond de nulle part, alors qu'il vient de finir son année universitaire. Il aime cette ville, ses gratte-ciels, ses bars, ses magasins, son ambiance. Et il va s'éprendre de la ville en même temps que de la mystérieuse Adrienne, mi artiste, mi ratée mais tant admirée. Il va la suivre dans ses errances en voiture, dans ses moments de peinture abstraits, dans ses folies, à ne plus savoir s'il retourne ou pas à la fac en septembre. Petit romance d'un été ou chamboulement de toute une vie, la réponse est dans les rues de Tulsa.

Ce roman donne à voir la ville américaine classique et la vie qui va avec. On retrouve aussi tout du jeune adulte qui tente de s'émanciper et de trouver un sens à sa vie, alors même qu'il ne sait pas exactement où il va. C'est d'ailleurs comme si sa vie était un écho à cette ville, moyenne mais à potentiel, qui sait. Alors notre héro ou anti-héro tente d'écrire un roman, tente de séduire Adrienne, tente de comprendre ce qui l'attache à Tulsa, et ce dans un quotidien d'été un peu vide, un peu en creux.

Pourtant un reversement survient dans la deuxième partie du roman. Sans dévoiler l'intrigue, on comprend que Lytal, l'auteur, s'interroge en tant qu'écrivain sur ce qu'est être adulte et s'assumer, ce que veut dire être là pour les autres, et construire sa carrière.Rêve-t-on d'amour à tout prix en transformant le rien en tout ou sont-ce justement nos passions de jeunesse qui nous font à jamais?

Un roman où il ne se passe pas grand chose et pourtant tout est là.

Un roman sur les rêves et ce qu'on en fait ou pas.

Un roman sur les Etats-Unis aussi, et sur cette jeunesse du fin fond de l'Amérique.






14 septembre 2013

L'Harry Potter de l'espace!



Pour changer, voici un roman de science fiction, qu'on m'a conseillé de lire aux Etats-Unis, pour comprendre l'importance du Gaming et des Simulateurs, pour les prospectivistes et les militaires!

Ender's Game de Orson Scott Card nous fait suivre la vie d'Ender, un jeune garçon sur lesquels les autorités misent pour sauver la terre d’assauts d'extraterrestres. Brillant, il va être emmené dans une école spéciale, afin qu'il développe toutes les compétences propres à la guerre. Rien de tels que des simulateurs pour le plonger face à l'ennemi et face à lui même.

On se prête au jeu, on suit les péripéties et la formation d'Ender... Tout en se demandant, un peu comme dans le désert des Tartares, si ennemi il y a... ou pas! Je ne vous en dis pas plus! Sauf peut-être que le film va sortir à l'automne!

Un roman qui plonge dans un univers d'enfants surdoués, qui apprennent à manipuler, à déjouer et à se connaitre. A chaque exercice ses leçons, à chaque apprentissage des nouvelles forces et de nouvelles déconvenues.

Un roman à lire si vous vous intéressez à l'entrainement des militaires et des stratèges.

Un roman à lire si vous avez aimé Harry Potter, la fantaisie du vocabulaire en moins.


10 septembre 2013

Le mystère d'un départ



Quand un proche décède, on reste souvent seul face à de nombreuses questions. Un jeu s'installe alors en nous de collectes d'images, de souvenirs, de mots, pour tenter de retracer les derniers instants partagés, le sens des échanges si brusquement interrompus, etc. L'autre semble intensément mystérieux et inatteignable. Qu'avons-nous vraiment connu de lui? Sommes-nous passés à côté de quelque chose?

Toutes ces questions sont au coeur du dernier roman de Julian Barnes, The Sense of an Ending.

Nous suivons un groupe de quatre amis d'enfance qui va être confronté au décès d'un d'entre eux.

On suit le narrateur, Tony Webster, dans une première partie du roman, au coeur de sa jeunesse, de ses amours, quand tout lui semble possible. On suit ce groupe de garçons avec qui il partage son existence et leurs complicités d'adolescents... jusqu'à ce que tout bascule. Dans la seconde partie, Tom Webster est à la retraite et tente de retracer son passé pour comprendre. Cette construction permet de questionner ce qui fait de nous ce que nous sommes, ce que nous choisissons d'ignorer ou de croire.

Ce roman est magnifiquement écrit. Tout est dans le choix des mots, les nuances de ton.
Tout est dans les détails.

Un petit bonheur que cette écriture délicate et sensible.

Un roman pour tous ceux qui aiment les chemins de vie tortueux.

Un roman pour ceux qui s'intéressent à la mémoire, aux souvenirs, aux testaments.

Merci à Marguerite pour cette belle découverte!


28 août 2013

L'art de la joie... en Sicile



L'art de la joie a longtemps été un grand roman du XXe siècle caché et méconnu, car son contenu était jugé trop scandaleux. Roman charnel et sensuel, écrit avec le corps tant qu'avec l'esprit, il nous emmène en Sicile où l'on suit le destin de Modesta, née le premier janvier 1900. Jeune fille issue d'une famille pauvre, elle va devenir riche et noble. Mais entre temps elle aura commis le pire comme le meilleur, affronté les guerres, les préjugés, les peurs et les doutes. Elle aura connu de multiples vies, de multiples âges, et de multiples amours.

Modesta est un très beau personnage de femme, complexe, intelligente, et indépendante. Sa part de noirceur est aussi dure que sa grandeur. Elle est tout à son désir, à sa sexualité, tout à ses expériences. Elle est tout à ses exigences et ses espoirs. Elle porte de la première à la dernière page un roman que l'on pourrait qualifier de féministe.

"Quiconque a connu l'aventure de doubler le cap des trente ans, sait combien il a été fatigant, âpre et d'excitant d'escalader la montagne qui des pentes de l'enfance monte jusqu'à la cime de la jeunesse, et combien a été rapide, comme une chute d'eau, un vol géométrique d'ailes dans la lumière, quelques instants et... hier j'avais les joues fraîches des vingt ans, aujourd'hui - en une nuit - les trois doigts du temps m'ont affleurée, préavis du petit espace qui reste et de la perspective finale qui attend inexorablement... Première, mensongère terreur des trente ans."

Pour Sapienza, l'homme et la femme se doivent d'être libre. Pour cela, chacun doit se battre, le vouloir et y croire, coûte que coûte. A la vie, à la mort. Il faut à tout prix éviter les dogmes, les idéologies, les carcans sociaux ou politiques. Il faut vivre en pleine conscience de son existence et de la joie qu'il y a de vivre, tout simplement.

"-Qu'est ce que tout cela a à voir?
-Ça a à voir, parce que chez tes camarades, je n'ai trouvé qu'aspiration mal dissimulée à la sainteté et vocation au martyre. Ou la férocité du dogme pour cacher la peur de la recherche, de l'expérimentation, de la découverte, de la fluidité de la vie. Si tu veux le savoir, je n'ai rien trouvé qui ressemble à la liberté du  matérialisme."

En bref, une grande fresque où l'on croise des religieuses, des nobles, des pauvres, des anarchistes, des communistes, des fascistes, des croyants, des rêveurs, des malades, et des morts.

Merci à Etienne et Marie-Louise pour ce beau cadeau...

13 juin 2013

Mondes parallèles



Et un petit Murakami pour la route: Les amants du Spoutnik.

Le héro K. est très ami avec Sumire, une fille hors du système qui tente en vain d'écrire des romans.

"L'esprit de Sumire était aussi clair qu'un ciel nocturne en hiver. La grande Ourse et l'étoile Polaire brillaient, bien à leur place. Elle avait un tas de choses à écrire. Un tas de choses à dire. Il suffisait qu'elle ouvre la vanne appropriée, et courant d'idées et de pensées pleines de passion jaillirait comme une lave incandescente, jusqu'à former une œuvre novatrice."

Alors que K. aimerait conclure avec Sumire, celle-ci tombe éperdument amoureuse de Miu, une femme d'affaire mystérieuse, lors d'un banquet de mariage. Dans l'espoir de passer plus de temps avec elle, elle accepte de devenir son assistante et de l'accompagner dans ces périples en Europe. Mais un jour, K. apprend par Miu que Sumire a disparu, et tout bascule.

Un roman troublant à la Murakami, avec tout ce qu'il faut d'amour, de désir, de doute, de quête... avec aussi la Lune, des mises en abime, et des questions existentielles.

Un roman sur la solitude, sur le manque et sur le désir d'écrire.

"Pourquoi sommes-nous si seuls? me demandais-je. Pourquoi est-il nécessaire que nous soyons si seuls? Tant de gens vivent dans ce monde en attendant quelque chose les uns des autres, et ils sont néanmoins contraints à rester irrémédiablement coupés des autres. Cette planète continue-t-elle de tourner uniquement pour nourrir la solitude des homes qui la peuplent?
Allongé à plat dos sur ma pierre, je songeais aux innombrables satellites qui faisaient en ce moment même des circonvolutions autour de la Terre. Une faible lueur soulignait encore l'horizon; cependant quelques étoiles apparaissaient déjà dans le ciel qui avait pris une teinte violine."

Le réel et le rêve se cotoient. Le voyage est aussi fort intérieurement qu'extérieurement. Nous restons des inconnus à nous-mêmes et aux autres, même si nous tentons tant bien que mal d'échanger, de partager, de comprendre.

Un roman pour tous les amoureux du mystère de la vie et de l'écriture.

Un roman pour ceux qui aiment les grandes histoires d'amour impossible.

Un roman pour continuer de déguster la subtile écriture poétique de Murakami!


08 juin 2013

Un petit coin d'Irlande



Si vous avez envie de revenir au temps des fermes, où les heures étaient ponctuées par les poules à nourrir, la lessive à faire à la main, le pain à faire à la main, etc, ce roman est pour vous: Annie Dunne de S. Barry. Vous retrouverez les années 1950, quand toutes les tâches étaient faites à la maison, sans assistance de l'électroménager, sans téléviseur, sans smartphone!

S. Barry nous emmène au fin fond du Kelsha, une région rurale de l'Irlande. Annie Dunne, son personnage principale est une vieille célibataire bossue qui vit avec sa cousine Sarah. Toutes deux ont un quotidien très routinier et intense en travail des campagnes, quand on vient leur confier la garde de deux enfants. Annie Dunne s'interroge alors sur le sens de son existence, sur la solitude, et sur ce qui fait le bonheur au quotidien.

Un roman qui coupe de la vie urbaine.

"Tout est propre et majestueux, le gros galet d'eau dans sa couronne de longues herbes, la pierre pour se mettre à genoux, sèche et accueillante. Je plonge mon seau avec une secrète adresse, pas une trace de boue ne remonte du fond noir. Le seau boit l'eau."

Un roman sur le rapport entre générations, et sur les rapports homme-femme dans les campagnes irlandaises.

Une jolie écriture aussi, qui donne à sentir la mousse, à entendre le bruit des feuillages et du vent!

"Je suis debout sous les étoiles et je rumine comme si j'étais aussi un animal, un être de plus dans la plénitude du monde. Je sais que je ne suis rien. Ma fierté ne s'appuie pas sur ma propre machine, elle n'est qu'un appentis construit sur un préjugé et s'appuyant sur la colère."




02 juin 2013

Petit coeur sensible au bord d'une falaise



Après Les Déferlantes, je viens de lire un deuxième roman de Claudie Gallay: Les années cerises.

Comme toujours, on sent toute la tendresse que Claudie Gally a pour ses personnages. Cette fois-ci le héros a une dizaine d'année... Il va à l'école où tout le monde le surmomme l'Anéanti, car il a du mal à suivre en classe, il est un peu en marge. Et ce n'est pas M. Pilou, son instituteur, qui l'aide à s'en sortir. Tout juste l'envoie-t-il chez un psy, en désespoir de cause et sans ménagement...

Il faut dire que notre bout de chou n'est pas aidé, car à la maison, sa mère ne s'exprime presque qu'avec des paires de claques. Et l'affection est un mot exclue de son vocabulaire. Quant à son père, on le sent absent. D'ailleurs le foyer s'effondre au sens propre, puisque l'érosion de la falaise fait que le terrain diminue à grand pas. Un jour, on se doute que la maison y passera, ainsi que le cerisier d'en face.

Heureusement, il reste de beaux échappatoires: la ferme des grands parents, les parties de pêche, et la jolie grande soeur de Paulo...

"Je suis puni.
Puni de tout, de stade, de dessert, de télé.
Le soir, je vais au lit à huit heures et je regarde le poster de la montagne.
La montagne, ils ne peuvent pas me l'enlever. Je l'ai dans la tête. J'ai que ça même. C'est là bas que je veux aller. J'arrive pas à expliquer. Pour tout dire, comme idée, c'est encore plus fort que la sœur de Paulo."

Un roman écrit à hauteur d'enfants.Une petite écriture fluide qui se lit toute seule. Avec simplicité et vérité, celle qui sort de la bouche des enfants, justement!

On s'attache très vite à ce petit gamin perdu, qui tente de se frayer un chemin dans la vie.

Merci à Sophie de m'avoir fait découvrir Claudie Gallay!
On en redemande!

Un roman facile à lire, et au ton juste.

Une petit cerise sucrée, mais pas trop quand même, tombée d'un arbre frêle.
 




31 mai 2013

Très beau personnage de femme...



Vienna est certainement un de ces personnages de femmes fortes et non conventionnelles qu'on n'oublie pas. Entière, sincère, résistante et résiliente, elle vit intensément et tout ce qui l'entoure en sort transformé.

New-Yorkaise cultivée, elle arrive jeune mariée dans une petit ville de Virginie, au milieu des années 30. Ne jouant pas le rôle que la société locale veut lui assigner, elle va devenir l'objet de ragot et de malveillance, tout en restant droite, au plus près d'elle-même, et ses désirs et de ses rêves, mais aussi de ses deux enfants, Willa et Elliott.

« Addison avait entendu dire qu'elle avait essayé de tuer son mari, qu'elle s'adressait au diable dans une langue inconnue, et que les soirs de pleine lune elle se baignait dehors dans une baignoire en fer-blanc et attirait sur sa peau la luminosité céleste. Elle était socialiste ou peut-être communiste, Addison ne se rappelait pas lequel des deux, mais la différence importait aussi peu qu'une morsure de charançon, parce que ce n'étaient pas des étiquettes qu'on voulait se voir coller sur le dos. En plus elle aimait les Nègres et elle fumait des cigarettes. Voilà ce qui arrive, disait-on, quand on lit trop de livres : ça ramollit le cerveau, et Addison imaginait alors la texture spongieuse des champignons des bois ou des crackers détrempés. On racontait qu'elle possédait des milliers de livres. » 

On pleurt, on rit, avec Vienna.

On voit grandir ses enfants tout à leur innocence, tout à leur roublardise.

Un roman plein de pensées, de philosophie, de sagesse et de folie, d'arbres aussi, de jument gourmande, de piano et de boutons colorés.

"Les Hauts", son domaine, devient le lieu des humanités, de la lumière au milieu des carcans sociaux et étroits de Winsville.

Un roman à lire absolument, pou retrouver un peu d'intensité face à la vacuité, pour tracer son sillon droit et profond, pour goûter la liberté, la tolérance, et la joie d'être singulier.

Une belle écriture à découvrir comme des photo de vacances toutes simples et pourtant émouvantes.

"Ce n'était pas seulement parce que Gray sentait l'esprit immanent des arbres l'émouvoir aussi facilement que les branches ployaient sous le vent, ou qu'il partageait l'amour de Vienna pour les canons de la littérature laissés d'ordinaire à la délectation des poissons d'argent, ni parce que son imagination était aussi agile et fébrile qu'une flamme dansante. Ce n'était même pas à cause de ses bizarreries amusantes qui rendaient son comportement excentrique. Non, elle tomba amoureuse de lui pour une raison beaucoup plus simple: avec lui elle se sentait comprise et acceptée."

Un roman où les principes d'éducation tentent avant tout de faire des enfants des êtres solides, indépendants et curieux.

"Il ne lui vint jamais à l'esprit qu'elle mentait à ses enfants à propos des pérégrinations ou les occupations de leur père. Les histoires qu'elle racontait contenaient une probité fondamentale en ce qu'elles représentaient correctement les grands traits de la situation - Willard était en vie, Willard était loin, et Willard n'était pas en mesure de rentrer. Pour le reste, Vienna ne voyait pas de mal à embellir ou à déformer les détails. Elle se contentait d'interprété la vérité et de la rendre poétique - lyrique, savoureuse et instructive."

Un roman pour toutes celles qui cherchent à mettre en déroute tout ce qui n'est pas la vie pour ne pas, quand viendrait la vieillesse découvrir qu'elles n'avaient pas vécu...

Un roman féministe, alors même que le sud américain où il se déploie a du mal à ne pas rester dans son modèle esclavagiste.

Un roman délicieusement farouche et cultivé.

« Souviens-toi, être différent ne fait pas de vous quelqu'un de spécial, mais être spécial fait de vous quelqu'un de différent. »

12 mai 2013

Concentré de vie



Toute la vie, un roman qu'on referme les yeux humides et avec une forte envie de goûter ses rêves au-delà de ses peurs!

Vous le trouverez au rayon pour ado même s'il peut s'adresser aux adultes aussi je pense.

Roman chorale, mais plutôt en mode jeux vidéos, je ne vous en dis pas plus! Chaque personnage est tour à tour narrateur de sa propre vie. On saute d'une conscience à une autre, de paragraphe en paragraphe.

On suit Isa, la mère, qui n'a pas eu la chance d'avoir des parents à la hauteur, ou de faire des études, et qui vit de galère en galère, avec ses deux enfants de deux pères différents. Elle est incapable de s'assumer comme parent...

Michel, l'ado, qui ne comprend pas que sa mère ne soit pas capable de l'aimer et qui souffre à plein de son indifférence...

Hannah, la soeur, qui a le don de lire dans les pensées des autres et d'avoir un certain recul philosophique derrière son côté cash! C'est là petite madame je sais tout, qui se faufile partout pour tenter de comprendre le sens derrière les riens...

Et enfin Daniel, le voisin, qui est contrôleur en hygiène de yaourt... looseur de première mais qui pourrait bien s'avérer une pièce maîtresse de ce jeux, quand on découvre à Michel les premières trace de son cancer.

Bon tout ça, vous allez me dire, n'est pas pour vous faire courir à la bibliothèque ou dans votre librairie...

Et pourtant c'est un concentré de vie, dans toute sa laideur et sa beauté! Jérome Bourgine se refuse à tout misérabilisme. Il ne s'épanche pas sur ses personnes pourtant maltraités au plus haut point par la vie. Ce qui frappe à la lecture c'est la lucidité de Michel, Isa, Hannah et Daniel. C'est elle d'ailleurs qui va faire leur force. Rien ne leur ai épargné, et c'est comme ça. Ca doit être cela vivre. Ca doit être cela être humain.

C'est un roman que beaucoup ont du lire dans les couloirs de l'Institut Gustave Roussy, où sont soignés les enfants souffrants de cancers ! (Une grande pensée pour Catherine d'ailleurs en refermant ce livre...)

Un texte pour montrer qu'on peut s'aimer, vivre et mourir, de multiples façons. Un roman sur notre présence ou absence aux autres.

Personnellement, ne jouant pas du tout aux jeux vidéos j'ai parfois eu du mal à comprendre cette jeune génération et leur mode de projection dans le jeux pour survivre...

J'ai aussi trouver que l'auteur y allait un peu fort dans le côté vulgaire de la mère...

Mais je me suis attachée à Michel et à Daniel, aux liens qui se tissent entre eux. J'ai aussi aimé le lien entre Michel et sa soeur Hannah.

J'ai été touchée par la cabane, les suites de Fibonacci, bref, les côtés pétillants et poétiques qui ressortent de l'horreur et  de la douleur.

Pas de recettes magiques, mais juste la vie, que chacun affronte à sa façon, parfois lâchement et parfois en héros...

"La chimio est derrière. Maintenant c'est diarrhées, mal à la bouche, gorge et ventre. Je repense souvent à toutes ces choses de la vie ordinaire:  combien de kilo de nourriture on mange dans une vie, combien on boit de litres de coca, combien de kilo de crottes, de mètres d'ongles... Et aussi: combien y a-t-il de phacochères sur terre en ce moment précis? D'étoiles dans notre galaxie? De gens qui pensent à la même chose que moi au même moment? Tous ces trucs qui m'obsèdent depuis que je suis petit."









07 mai 2013

Au pays du fanatisme...



Aujourd'hui, voyage vers Alamut, une citadelle du fanatisme qui fait l'objet du roman du même nom écrit par Vladimir Bartol. Publié en 1938, ce roman slovène est devenu un classique, tant le texte est un mélange de roman historique, philosophique et de roman d'initiation.

Nous suivons tour à tout une jeune femme, Halima, enlevée et qui atterrit dans ce mystérieux royaume d'Alamut tant paradisiaque et totalisant qu'il en est tout de même effrayant, et Ibn Tahir, jeune homme qui se rend de son plein gré à Halamut, dans l'espoir que le seigneur du lieu l'aide à venger son père.

Ils vivent là-bas, sans se croiser, car jeunes hommes et jeunes femmes sont séparés. Leurs journées sont ponctuées comme dans un conte par des rituels d'éducation, de prière et d'épreuves. Des liens de camaraderie se créent, des jalousies apparaissent.

Le mystère monte: qui est donc ce grand seigneur qui les héberge et leur offre tous ces cours? A quoi les prépare-t-on au juste?

Pas à pas, Halima et Ibn Tahir mènent l'enquête. Ils essaient de grapiller des informations pour se tracer leur chemin et grandir.

Les montagnes du nord de l'Iran qui abritent Alamut nous dépaysent. Elles nous emportent dans ce conte où l'on se doute assez vite toutefois qu'il peut renfermer le meilleur comme le pire.

Un roman pour ceux qui s'intéressent à l'histoire politique du Moyen-Orient ou sont un peu curieux de la découvrir!

Un roman pour mieux comprendre le fanatisme religieux, les régimes totalitaires ou sectaires.

Ce livre plaira à ceux qui aiment les quêtes, même noires.

Merci Nacéra!

24 mars 2013

La pluie avant qu'elle tombe



Un livre aussi fort et délicat que son titre!

Il s'agit d'une collection de souvenirs qui jaillissent de la bouche de Rosamond, une vielle dame en train de mourir et qui enregistre sur des cassettes l'histoire de sa vie et de sa famille pour la transmettre. Elle tourne les pages des albums photo et décrit pas à pas l'histoire des femmes qu'elle a cotoyées, des mères, des filles, des amantes, et leurs mystérieuses relations.

On est au cœur de l'intime. C'est très émouvant, juste, sincère.

Le rythme des photo fonctionne bien pour nous plonger dans des tableaux, des scènes d'hier, et qui laissent percer, donnent à voir ou cachent le vécu des uns et des autres. On retrouve des moments forts de l'histoire britannique, mais aussi les petits moments clé d'une vie, les rencontres, les ruptures, les deuils.

Un roman fait pour la rubrique AU FEMININ de ce blog, tant il interroge les relations mères-filles avec sagacité.

Tous les sentiments sont là, la déception, la peur, la colère, la compassion. L'auteur arrive à glisser d'un registre à l'autre, au fur et à mesure des instants saisis sur le vif, en noir et blanc puis en couleur.

C'est un beau regard sur une vie, avec tout ce qu'elle peut avoir de grave, de sourd, de méchant et de léger et doux. C'est une interrogation sur l'existence et ses mystères. Pourquoi vit-on ce que l'on vit? Par destin? Par coïncidence? Y-a-t-il un sens à tout cela? Quelle logique derrière nos actes?

"Catharine saisit la télécommande, monta le son, et la première chose qu’elles entendirent, au bout de quelques secondes, fut un souffle de bande, suivi des claquements et crachotements d’un micro qu’on allumait et qu’on réglait, et du grattement du pied de micro en plastique sur une surface dure. Puis il y eut une toux, un raclement de gorge ; et enfin une voix, la voix qu’elles comptaient entendre, ce qui ne la rendait pas moins fantomatique. C’était la voix de Rosamond, seule dans le salon de son bungalow du Shropshire, qui parlait dans le micro quelques jours à peine avant sa mort"

Toutes les familles ont leur secret; Toutes les familles ont leurs albums; Toutes les familles ont leurs répétitions, leurs ruptures. Un roman qui a le don de capter dans les nuances de ton, et les cadrages ratés des clichés pris trop rapidement les non-dits et les révélations puissantes qui font ce que l'on est.

Un livre à lire absolumment.




12 mars 2013

Mélodramatique



Le message d'Andrée Chedid, un roman écrit comme au ralenti.

Nous sommes sûrement au Liban, en tout cas dans un pays que la guerre met à feu et à sang. Une jeune femme, Marie, tente de rejoindre un de ses ex, son amoureux de toujours, pour lui dire qu'elle accepte de faire sa vie avec lui, mais voilà, il habite de l'autre côté de la ville, et entre eux il y a les ruines, les snipers, les cris, les blessés, la foule...

Tout est exacerbé par la peur, la tension, la chaleur.

Des mots bien choisis, et un texte émouvant du début à la fin, avec un style que l'on garde à l'oreille et au cœur.

"Marie ne bouge presque plus. Marie respire à peine.
Pour lui parler, il faut utiliser peu de mots: des mots simples, des mots essentiels, qui vont du coeur au coeur. Des mots qui se glissent petit à petit avec leurs consonnes, leurs voyelles, dans le corps et la pensée de Marie. Des mots qui deviendront la matière de ce corps, le ferment de cette pensée, des mots à lents parcours qui traverseront le conduit auditif, atteindront le tympan, percuteront les osselets, ensuite le rocher; des mots qui se frayeront lentement un passage dans le labyrinthe de l'oreille. Des mots aimés, des mots aimants, ressentis, agrippés à l'espérance. Des mots vrais, même s'ils mentent. Des mots forgés d'amour et de promesse, même s'ils simulent. Des mots réels et fictifs. Des mots pour vivre et pour rêver."

Un livre pour ceux qui aiment la poésie, même au milieu des massacres, des guerres et des suplices.

Un roman pour ceux qui aiment le romanesque, l'amour à tout prix, le jeu du hasard et du destin.

Une écrivaine à découvrir et à redécouvrir.

Évitez de lire la quatrième de couverture, pour garder le mystère de la lecture.

03 mars 2013

Crayons de couleur du soleil dans les yeux



Une petite bande dessinée du dimanche: Dans mes yeux de Bastien Vives.

Sous ses joyeux traits de crayons de couleurs, Vives nous emmène en caméra embarquée à la rencontre d'une jolie fille, dans une bibliothèque.  Une étudiante en philo.

Elle est attachante, méditative, toute mimi quoi!

Tout est dit, dans ses attitudes, ses postures, ses mimiques... sous les crayons de Vives. Il capte le simple, le spontané, l'intuitif!

Ils finissent par se parler, et hop nous voilà embarqués avec eux dans leur aventure!

Une B.D. très touchante, juste, intime. Bastien Vives a le don de faire d'histoires simples des petits bijoux à accrocher à ses yeux et à ses lèvres.

Ce qui marche bien, étonnement, c'est qu'on n'a qu'un bout du film, celui qu'il voit, qu'il observe, les mots qu'il entend... Mais on n'a rien de son discours à lui, sauf à travers son style de dessin, ce qu'il capte des instants qui passent à deux. On n'entend pas les réponses qu'il lui fait. On les devine juste dans les yeux du narrateur dessinateur.

Les couleurs sont vives, vivantes. Les coups de crayons sont appuyés, dynamiques, animés.

C'est un livre doux et sucré,

Un exercice de style réussi!

A découvrir absolument!

Ca donne envie de sortir ses crayons.

Ca donne envie d'aller à la rencontre de l'autre, dans le mystère de ce qu'il donne à voir... ou pas!

Une bulle de légèreté! Avec des baisers comme jamais vous ne les avez vus!







02 mars 2013

Le mystère des vagues



Il y a les corps que la mer rend, et ceux qu'elle garde. Il y a les hommes qui parlent et ceux qui se taisent à jamais. Il y  a les jours de tempêtes, et ceux de mer calme.

Dans Les déferlantes de Claudie Gallay, une jeune femme en deuil s'isole à La Hague, pour survivre. Elle observe les oiseaux, leurs nids, leurs migrations, mais très vite aussi les humains qui les entourent et leurs mystères.

La lili qui tient le bar, le Théo ancien gardien du phare, Nan la folle qui erre sur la plage lors des tempêtes, Max le benêt pas si bête, Raphaël l'artiste sculpteur, ...
et Lambert, l'homme de passage... l'homme qui veut comprendre... lever le voile...

Belle écriture où se mêlent le dialogue que la narratrice entretient avec son amour disparu et le flot de ses observations du moment.

"Je n'ai pas insisté.
Je suis allée sur la grève. Un petit oiseau à bec jaune picorait les puces de sable.
L'empreinte solitaire de mes semelles.
Mon ombre dérisoire sur la route."

Les non-dits se multiplient et la narratrice devine les drames, et finit par enquêter avec Lambert pour comprendre. Qui est ce petit Michel dont on cache les photos? Pourquoi les parents de Lambert sont-ils morts en mer il y a trente ans? Une complicité sans nom émerge alors doucement entre deux endeuillés de passage, de phrases courtes en phrases encore plus brèves, de bourrasques de vents en petites pluies fines.

Le suspense s'installe et on se laisse emporter par le courant... dans ce très beau récit, fort et poignant, au croisement des solitudes et des secrets.

Un roman qu'on a envie de conseiller à tous ceux qui aiment la nature, le grand air, les oiseaux, les embruns, et les ciels pas toujours bleus...

Un livre pour tous ceux qui s'interrogent sur le deuil.

Un beau texte plein d'humains attachants et lumineux, terribles et sombres... trop humain?




23 février 2013

Bulles de résistance



Découverte BD de cette semaine: Le vol du corbeau de Gibrat, tome 1 et 2.

Une histoire pleine de mystères qui commence dans une prison parisienne pendant la seconde guerre mondiale, où une résistante communiste dénoncée par un corbeau malintentionné se retrouve enfermée. Elle est assez vite rejoint par un voyou voleur, qui trouvera le moyen de les faire s'évader par les toits. Commencent alors la fuite, et les interrogations: qui l'a dénoncée? pourquoi? est ce que sa soeur aussi a été embarquée?

On est au coeur de Paris, pendant l'occupation, on s'attache aux personnages et à leur destinée!

Un beau trait, à l'aquarelle, où l'on retrouve les ponts aériens de la ligne 6 du métro, le canal st martin, etc. Les visages sont très expressifs.

La guerre révèle le pire ou le meilleur des êtres.

On dévore...

Une BD pour ceux qui s'intéressent à l'occupation,

Une BD pour retrouver le Paris des années 40,

Une BD pleine de suspense et de romantisme!







16 février 2013

Je est un autre en Inde



Dans Nocturne indien, le narrateur part en Inde à la recherche de Xavier. Il descend dans les hôtels où il pense que Xavier a pu dormir, il va dans les hôpitaux que Xavier aurait pu fréquenter,...

La quête de Xavier donne lieu à des rencontres, où l'on ne sait pas si les êtres ont vraiment déjà connu Xavier, ou s'ils donnent le change pour de l'argent, ou juste parce qu'ils sont fous ou hors du temps.D'ailleurs, notre narrateur cherche-t-il vraiment Xavier ou joue-t-il à se trouver lui-même?

Un texte très bien écrit, sur la quête de soi et des autres, et le mystère que cela comporte.

Tabucchi nous emporte dans ce voyage, ou ce rêve d'insomniaque, sans que l'on sache justement si on est dans une inde vécue ou imaginée. Les situations sont toujours dans un entre deux, entre ce qu'elles sont dans nos nuits mouvementées et ce qu'elles pourraient être dans un pays comme l'Inde, où la réalité peut aussi dépasser la fiction.

Un roman court mais puissant.

"Méfiez vous des morceaux choisis"

du coup pas de citations pour ce très beau roman.

Tabucchi me fait penser à Paul Auster ou à Poe.

Nous sommes dans une gare, dans un grand hôtel, nous sommes avec des mendiants ou des sages, nous sommes ici bas et si loin, dans une construction littéraire magique qui donne à voir le fond de l'être, ses doutes, et ses espoirs.

Un roman dont il est difficile de parler en fait, mais dont on a très envie de recommander la lecture, pour ceux qui aiment les mises en abime, les mystères, la quête de soi en littérature.

Merci à Jean Pierre pour ce très bon conseil de lecture!

27 janvier 2013

tortues et hippopotames



Des contes initiatiques peuls de Amadou Hampâté Bâ pour bien commencer l'année!

Nous voilà plongés dans des temps lointains, dans une société à l'origine calme sous le règne de Guéno mais soudainement mise à mal par une vilaine sorcière Njeddo Dewal, mère de la calamité. Comment faire pour l'éliminer et retrouver paix et sérénité? La route est longue, périlleuse, et truffée de pièges, mais les ruses des animaux et des humains sont là pour aller jusqu'au bout de l'aventure et la mettre hors jeu!

Nous sommes dans le merveilleux des contes, où tout marche par sept, les sacrilèges, les produits magiques pour faire face, les lieux, etc.

C'est amusant de voir toutes les correspondances avec la bible. On a les mêmes figures du bon samaritain, de fuir sans se retourner, etc. Et pourtant tout est différent. D'abord la faune et la flore, les relations entre les êtres, et j'en passe.

Bref, à lire pour se dépayser et retrouver une âme d'enfant!

A lire pour se mettre à l'heure africaine!

A lire pour découvrir le talent d'Amadou Hampâté Bâ, qui plonge dans l'écrit des traditions orales ancestrales avec briaux!




01 janvier 2013

Tous mes voeux!


Chers fidèles de Pan-Or-Amiques!
Merci d'être là d'année en année!
Je m'en viens vous adresser tous mes voeux pour 2013!
Que vos lectures vous offrent du dépaysement, de l'aventure, des joies, des rires,
Que vos lectures vous enrichissent, vous nourrissent, vous soignent, vous comblent,
Que vos lectures soient frivoles, profondes, vivaces, colorées, épicées, douces,
Que vos lectures vous invitent à la rencontre, au partage,
bien à vous,
C.