24 septembre 2017

Sally Jones




C'était la première fois que je lisais un roman dont l'héroïne et la narratrice était une gorille. Mais j'ai adoré et je m'en viens chaudement vous recommander de faire la connaissance de Sally Jones.

Sally Jones est très intelligente. Elle vit à bord d'un bateau où elle est aide mécanicienne. C'est celui d'Henri Koskela, un ami et capitaine que Sally Jones appelle Chef. Elle y a appris à lire et à écrire.

Mais un jour, alors qu'ils manquent de travail, Henri Koskela va accepter une mission peu recommandable et qui va mal tourner... Il se retrouve en prison, et Sally Jones ne va avoir qu'un objectif: prouver son innocence et le faire libérer.

Commence alors une longue histoire, à Lisbonne, puis en Inde... Une histoire au son du Fado et de l'accordéon.

C'est un roman captivant, plein de rebondissements, d'exotisme, d'amitiés.

En plus le roman est illustré, ce qui rend l'objet hors du commun.

Il y a des passages mémorables avec un Maharadja! Je ne vous en dis pas plus!

Ce livre a remporté le prix August en Suède, car son auteur en est natif.

Un livre pour ceux qui ont envie de prendre la mer!

Un roman qui fait du bien...

Un petit extrait pour la route:

"Il y a quelques jours, le Chef m’a fait cadeau d’une vieille machine à écrire. Une Underwood n° 5, modèle 1908. Il l’a achetée à un brocanteur ici, sur le port de Lisbonne. Le levier de retour manquait et plusieurs touches étaient cassées. Le Chef sait que j’aime bien bricoler les vieux objets.
Il m’a fallu quelques soirées pour réparer mon Underwood n° 5. Aujourd’hui je m’en sers pour la première fois. Certaines touches sont toujours difficiles à enfoncer mais je devrais pouvoir y remédier à l’aide d’une pince et d’un peu d’huile.
À travers mon hublot, je vois que la nuit est déjà tombée. La lumière des navires au mouillage étincelle dans l’eau noire du fleuve. J’ai installé mon hamac et je ne vais pas tarder à aller me coucher.
Cette nuit, j’espère échapper aux cauchemars.
C’est de nouveau le soir."

06 septembre 2017

L'étrange disparition d'Esme Lennox



C'est l'histoire de deux générations de femmes à travers deux d'entre elles, Iris et Esme. Comme ça rien ne les sépare. Elles sont toutes les deux un peu frondeuses, toutes les deux fortes. Mais pourtant elles sont de deux époques : Iris vit aujourd'hui dans un monde d'ouverture aux autres, de liberté et d'autonomie des femmes dans leur vie amoureuse, familiale et professionnelle; Esme, elle, a grandi dans les carcans, les non-dits, de l'Inde puis de l'Ecosse des années 30.

Tout commence à Édimbourg, quand Iris apprend qu'elle a une grande tante enfermée dans un asile qui va fermer, Esme. Alors qu'Iris essaie de comprendre comment avancer elle-même dans ses choix amoureux, elle va se retrouver en charge d'Esme, qui porte de lourds secrets de famille. Pourquoi Esme a-t-elle donc été internée tant d'années? Que s'est-il passé dans sa vie et dans celle de la famille?

Tout commence aussi en Inde, quand la jeune Esme apprend qu'elle va devoir regagner l'Ecosse où elle va maintenant vivre. Tout bascule quand elle doit se mouler dans des codes sociaux qui la dépassent, des habits trop serrés et une éducation trop rigide.

Par un mélange de souvenirs et de discussions, nous allons peu à peu découvrir la vie d'Esme, et une partie de l'histoire de l'Ecosse du début du vingtième siècle longtemps oubliée. Les liens entre Iris et Esme vont se resserrer tout en douceur.

C'est un roman qui donne à voir l'absurdité des normes de contrôle social.

C'est un livre qui questionne la solitude, les silences, les déchirures familiales.

Un roman sur la fratrie, les liens de filiation.

J'ai beaucoup aimé le mélange de ces monologues intérieurs familiaux. Un très beau style, sans un mot en trop.

C'est clairement un livre pour la catégorie AU FEMININ de ce blog. Merci Christine pour cette belle découverte.






01 septembre 2017

Le passage du diable



On reste dans la littérature jeunesse, avec Le passage du diable de A. Flinne.

Daniel, dès ses plus jeunes années, a toujours vécu reclus dans la maison de sa mère. Prétextant qu'il était malade, cette dernière l'a gardé complètement isolé du monde et de la société. Elle l'a fait vivre dans le mystère de ses origines, de sa famille. Etouffé par cette mère possessive, Daniel a vécu dans l'ignorance de tout.

Mais un jour le docteur Marlow qui est voisin de la maison découvre l'existence de Daniel et décide de le soutirer à sa mère. Il le loge avec sa petite famille tandis que Daniel perd sa maman, qui, internée a préféré se donner la mort.

Il ne reste à Daniel que sa maison de poupées. Il y a du sinistre, de l'étrange et du fantastique dans cette maison. Quand Daniel joue avec les poupées, il peut se sentir comme possédé. Pourtant cette maison est la seule piste pour le docteur Marlow qui s'est mis en quête de la famille de Daniel...  Je ne vous en dis pas plus!

Un roman un peu à la Hitchcock, un peu gothique, pour les ado qui aiment les histoires qui font peur!

Un roman d'ambiance de châteaux lugubres, de vieux manoirs anglais délabrés... mais aussi un roman sur la solidarité, l'altérité, le devenir adulte.

Merci à la librairie Chante livre pour la découverte!


22 août 2017

Mon coup de coeur



Aujourd'hui, mon coup de cœur de l'été: Christelle Dabos et les trois premiers tomes de son passe-miroir! Autant vous dire que j'ai enchaîné les trois tomes, cul sec!

Suite à un événement mystérieux appelé la déchirure, les gens vivent non plus sur terre mais dans des arches flottantes, qui ont chacune un esprit de famille, des codes, des règles et des pouvoirs magiques. C'est comme lorsque j'avais découvert Harry Potter à sa sortie. Tout un univers, avec son vocabulaire, ses rites, et ses illusions!

L’héroïne, Ophélie, est très chouette. Un peu maladroite, un peu jeune, un peu gauche, mais avec plus d'un tour dans son sac, comme de pouvoir lire le passé des objets, d'animer les choses autour d'elle en fonction de ses sautes d'humeur, traverser des miroirs, etc! Et elle doit quitter son arche pour un autre, dans le cadre d'un mariage arrangé et forcé. Elle va du coup devoir découvrir une autre société, son futur époux, et plein d'autres choses encore! Derrière son côté anodin et effacé, les lecteurs vont alors découvrir chez Ophélie une jeune femme forte, décidée et engagée!

On a peine à croire que c'est un premier roman! Tout est si bien pensé, si ingénieusement tourné! C'est merveilleux de détails réjouissants!

Un roman d'émancipation avec plein de rebonds!

Une jolie histoire d'amour!

Un roman sur les livres, la littérature, l'Histoire, les codes sociaux, la censure, Dieu, et plein de petites et grandes choses encore!

Certainement un livre pour les fous d'Harry Potter ou d'Alice au pays des merveilles.

Un roman pour jeunes et moins jeunes!

Un "page turner" comme on dit, pour ceux qui ont un long vol en perspective ou une longue attente, une convalescence. Ça se lit facilement, ça prête à sourire, ça grouille d’ingéniosité!






11 août 2017

En attendant Bojangles



C'est un premier roman très haletant, vivant, décalé! Un brin de féerie dans un monde de brutes, et des gouttes de pluie au milieu des soleils...

Voici un texte qui est marqué par le regard d'un enfant sur ses parents, fous amoureux. Louise et Georges dansent sur Nina Simone, reçoivent à toute heure du jour et de la nuit, enchaînent les cocktails, partent sur un coup de tête en Espagne. Tout est fantasque, foutraque et joyeux. Ce qui rend le petit tout aussi amusant, surréaliste et attendrissant!

Si l'école est ennuyeuse, on n'y va pas. Si le courrier s'accumule, on ne l'ouvre pas... Si un oiseau veut vivre dans l'appartement, on l'accueille à bras ouverts! Rien n'est dans la contrainte sociale, tout est dans le rêve, le désir, à l'état pur.

D'ailleurs à chaque jour son brin de folie! Le père affuble à chaque heure la mère d'un autre prénom. Tout va, vit, devient...

Rien n'est sérieux, ni la maladie, ni la mort, ou presque! Car derrière le pétillant et l'étrange, se cache bien sûr la réalité, beaucoup moins tendre!

Un roman pour ceux qui aiment mêler le rire aux larmes!

Un roman pour ceux qui s'intéressent au normal et au fou!

Un livre court pour juste quelques heures d'été, une petite coupe de champagne grisante et pourtant sérieuse...

Merci à Julia pour ce beau cadeau, qui plaira aux cœurs légers et aux cœurs lourds!

Et d'ici là, n'oubliez pas de réécouter Nina Simone!



08 août 2017

A boire et à manger



Guillaume Long a un bon coup de fourchette et un bon coup de crayon.

En B.D. il nous fait découvrir ses aventures culinaires, avec des planches qu'on n'oublie pas: comme celle avec tous les types de tomates qui invite à la dégustation!

Il passe d'un thème à un autre, avec à chaque fois l'humour qu'il faut pour faire sourire tout en faisant saliver.

Aujourd'hui il en est à trois tomes et ça fait plaisir de se dire qu'il continue l'aventure! Il a aussi un blog!

Merci à Etienne pour la découverte, et avis aux gastronomes!

Une BD pour tous les amateurs de bons petits plats!

A mettre dans les bibliothèques des bons vivants amateurs d'illustrations amusantes!

24 juillet 2017

Mères Filles...



Juliet Nicolson est la petite fille de Vita Sackville-West, une écrivain dont j'ai déjà dit combien j'aimais le style. Elle raconte dans Mères-Filles, sept générations, la vie de sa propre famille sur sept générations, en s'attardant sur les liens entre mères et filles, et ce qui peut se reproduire d'une génération sur l'autre. C'est un livre qui interroge la transmission, les héritages, les lignées, la féminité, la maternité, et j'en passe.

Chaque partie est consacrée depuis le dix neuvième jusqu'à nos jours à un lien mère-fille. On passe d'une danseuse en Espagne, à une ambiance toute britannique à la Downton Abbey, puis à Washington et la diplomatie, pour revenir en Angleterre. Des photos marquent le texte, qui donnent corps aux figures incroyables que l'on découvre pages après pages.

On s'attache aux personnages, aux décors, aux traces qu'ils ont laissées ou pas. On est pris dans l'intime, tout en gardant du coin de l’œil une portée universelle et forte. Chacune des femmes doit s'affranchir de sa condition sociale, économique, des préjugés, des tensions. Chacune doit faire face à ses démons, ses faiblesses, ses peurs.

C'est un texte franc, sans détour, et qui pose la question de la psychogénéalogie.

C'est un témoignage poignant et juste, sur ce que peut vouloir dire être femmes à travers l'histoire.

On revisite le présent autrement après avoir parcourue la vie des aïeules.

Un livre Au Féminin!

Merci à Anouck pour la belle découverte!