28 octobre 2020

Changer l'eau des fleurs


 


Un roman qui fait du bien: Changer l'eau des fleurs de Valérie Perrin.

L'héroïne porte bien son nom par les temps qui courent puisqu'elle s'appelle Violette Toussaint! Elle est une jeune fille d'un milieu modeste. Elle rencontre ce qu'elle prend pour de l'amour. Maltraitée par la vie, elle va mener une existence tout en force, humilité et générosité. C'est un personnage très attachant, qui va être une présence discrète et intense pour tout un entourage, tout un univers, celui d'un petit cimetière. Car oui son métier est un peu particulier: elle est garde-cimetière!

Derrière le titre et la couverture, un roman plein d'émotions, des larmes à la joie. On est vraiment pris par un parcours de vie, celui de Violette, puis par toutes les existences qu'elle croise. Elle tient une sorte de journal de bord des enterrements et on sent toute la vie des gens à travers les cérémonies et les derniers adieux.

Certains personnages sont marquants comme l'ancien gardien du cimetière qui va l'initier au jardinage pour l'aider à vivre.

J'aime le fait que les chapitres commencent par une phrase qu'on sent sortie tout droit d'une cérémonie d'enterrement, j'aime que Valérie Perrin glisse aussi des chansons, des extraits de journaux intimes. 

La construction du roman est remarquable aussi entre passé et présent, avec du mystère lié à des décès et des histoires de famille. On est emporté.

Plein de petits détails attachants...

Bref, à conseiller pour les longues soirées de couvre-feu ou de confinements!

Vous ne le regretterez pas!

Merci à Marie-Louise!

04 octobre 2020

Dix-sept ans



Eric Fottorino nous raconte son histoire de vie, sa naissance, son enfance, et les secrets de sa famille. Sa mère, Lina, l'a eu à dix sept ans, à une époque où les filles mères étaient très mal vues. Elle a du lutter pour avoir le droit de le garder et de l'élever. Lui a fait face à une mère encore enfant, et à une souffrance rentrée mais présente. Il est parfois dure avec elle, et parfois si tendre. De lignes en lignes, on sent toute la complexité du rapport mère fils.

Derrière sa naissance, se cache aussi la question des origines. Il sait que son père génétique était un juif marocain. Par contre, il a été élevé par un tunisien musulman. Il s'interroge de pages à pages sur ce qui l'a fait ou défait dans la vie. Mais comme dirait René Char "notre héritage n'est précédé d'aucun testament"...

Ce roman est une quête personnelle, dans les rues de Nice. A l'histoire intime se croise l'histoire de la ville, l'attentat du 14 juillet.

Tout commence par un repas de famille, où Lina, la mère, révèle a ses trois fils qu'elle a eu une fille, qu'on lui a forcé à abandonner… Face à cette révélation, Eric Fottorino essaie de réaménager son récit et le récit familiale.

Un texte émouvant sur le sort des femmes, les grossesses cachées, l'honneur des famille.

Un livre qui est universel dans sa façon de questionner le rôle de la mère dans le développement et les croyances de ses enfants.

C'est très bien écrit. Presque psychanalytique par instant je trouve.

Merci à Marie-Louise pour le conseil de lecture!

A lire lorsqu'on s'interroge sur le poids des secrets de famille, sur les fratries, sur les non-dits.

Un roman qui plaira sûrement aux amoureux de Nice aussi.