11 août 2017

En attendant Bojangles



C'est un premier roman très haletant, vivant, décalé! Un brin de féerie dans un monde de brutes, et des gouttes de pluie au milieu des soleils...

Voici un texte qui est marqué par le regard d'un enfant sur ses parents, fous amoureux. Louise et Georges dansent sur Nina Simone, reçoivent à toute heure du jour et de la nuit, enchaînent les cocktails, partent sur un coup de tête en Espagne. Tout est fantasque, foutraque et joyeux. Ce qui rend le petit tout aussi amusant, surréaliste et attendrissant!

Si l'école est ennuyeuse, on n'y va pas. Si le courrier s'accumule, on ne l'ouvre pas... Si un oiseau veut vivre dans l'appartement, on l'accueille à bras ouverts! Rien n'est dans la contrainte sociale, tout est dans le rêve, le désir, à l'état pur.

D'ailleurs à chaque jour son brin de folie! Le père affuble à chaque heure la mère d'un autre prénom. Tout va, vit, devient...

Rien n'est sérieux, ni la maladie, ni la mort, ou presque! Car derrière le pétillant et l'étrange, se cache bien sûr la réalité, beaucoup moins tendre!

Un roman pour ceux qui aiment mêler le rire aux larmes!

Un roman pour ceux qui s'intéressent au normal et au fou!

Un livre court pour juste quelques heures d'été, une petite coupe de champagne grisante et pourtant sérieuse...

Merci à Julia pour ce beau cadeau, qui plaira aux cœurs légers et aux cœurs lourds!

Et d'ici là, n'oubliez pas de réécouter Nina Simone!



08 août 2017

A boire et à manger



Guillaume Long a un bon coup de fourchette et un bon coup de crayon.

En B.D. il nous fait découvrir ses aventures culinaires, avec des planches qu'on n'oublie pas: comme celle avec tous les types de tomates qui invite à la dégustation!

Il passe d'un thème à un autre, avec à chaque fois l'humour qu'il faut pour faire sourire tout en faisant saliver.

Aujourd'hui il en est à trois tomes et ça fait plaisir de se dire qu'il continue l'aventure! Il a aussi un blog!

Merci à Etienne pour la découverte, et avis aux gastronomes!

Une BD pour tous les amateurs de bons petits plats!

A mettre dans les bibliothèques des bons vivants amateurs d'illustrations amusantes!

24 juillet 2017

Mères Filles...



Juliet Nicolson est la petite fille de Vita Sackville-West, une écrivain dont j'ai déjà dit combien j'aimais le style. Elle raconte dans Mères-Filles, sept générations, la vie de sa propre famille sur sept générations, en s'attardant sur les liens entre mères et filles, et ce qui peut se reproduire d'une génération sur l'autre. C'est un livre qui interroge la transmission, les héritages, les lignées, la féminité, la maternité, et j'en passe.

Chaque partie est consacrée depuis le dix neuvième jusqu'à nos jours à un lien mère-fille. On passe d'une danseuse en Espagne, à une ambiance toute britannique à la Downton Abbey, puis à Washington et la diplomatie, pour revenir en Angleterre. Des photos marquent le texte, qui donnent corps aux figures incroyables que l'on découvre pages après pages.

On s'attache aux personnages, aux décors, aux traces qu'ils ont laissées ou pas. On est pris dans l'intime, tout en gardant du coin de l’œil une portée universelle et forte. Chacune des femmes doit s'affranchir de sa condition sociale, économique, des préjugés, des tensions. Chacune doit faire face à ses démons, ses faiblesses, ses peurs.

C'est un texte franc, sans détour, et qui pose la question de la psychogénéalogie.

C'est un témoignage poignant et juste, sur ce que peut vouloir dire être femmes à travers l'histoire.

On revisite le présent autrement après avoir parcourue la vie des aïeules.

Un livre Au Féminin!

Merci à Anouck pour la belle découverte!







18 juillet 2017

Quand sort la recluse...



Ah un petit Fred Vargas, que c'est bon cette bouffée d'humanité intuitive, ce retour à Danglard, Adamsberg, au chat sur la photocopieuse, aux oisillons dans la cour du commissariat!

Cette fois-ci nous retrouvons le commandant face à des morts suspectes, qui pourraient laisser croire qu'une araignée empoisonne des petits vieux... Mais ce serait oublier la sagacité du flaire policier de nos héros bien aimés!

Un polar qui comme toujours mêle chez Fred Vargas Histoire avec un grand H et réalité caustique des faits divers. Un délice, avec ce qu'il faut de boules à neige, de nature, de suspense, et de bons petits plats du terroir... On est emporté!

Quelques nouveautés au programme, notamment des tensions nouvelles entre Danglard et Adamsberg... Mais je ne vous en dis pas plus!

Laissez vous emporter, en douceur et loin!




16 juillet 2017

Désorientale...



J'ai pris beaucoup de retard sur mon blog... Alors je me rattrape en ce début d'été!

Je m'en viens vous parler de Désorientale de Négar Djavadi.

Un très bon conseil de la librairie de Paimpol!

C'est un livre qui n'est pas sans rappeler Persépolis. On y retrouve l'histoire de l'Iran, avec un grand et un petit H. Tout commence comme un conte et tout continue avec beaucoup plus de détours que chez les fées.

L'héroïne Kimia est né à Téhéran, puis s'est exilée en France. Elle nous raconte sa famille, ses identités, ses luttes, ses espoirs.

Ce roman est un hymne à la liberté!

Il se lit d'une traite, il emporte loin et près de nous.

Quel premier roman!

J'aime la place qu'elles donnent aux femmes dans le récit.

On frémit avec son père, dont les engagements politiques le mettent en risque pour sa vie.

La construction du récit est forte aussi, car un pays et une famille se déploient dans une salle d'attente...  dans un hôpital! Le fil narratif part du passé et du futur pour ne faire qu'un pages après pages, et pour construire un avenir.

Je ne vous en dis pas plus!

Bon voyage à ceux qui iront tourner les pages!









15 juillet 2017

Une autre pentalogie délicate de Aki Shimazaki...



Après avoir vraiment beaucoup aimé la première pentalogie de Aki Shimazaki qui portait sur Nagasaki (avec les courts romans: Tsubaki, Hamaguri, Tsubame, Wasurenagusa et Hotaru), je me suis régalée de: Mitsuba, Zakuro, Tonbo, Tsukushi et Yamabuki.

Cette fois ci, la pentalogie parle des codes sociaux japonais au travail, dans les grands groupes, et des mariages et histoires de famille qui y sont liés.

Takashi, qui travaille dans un grand groupe japonnais d'import export est tombé amoureux de Yuko, qui travaille à l'accueil. Ils se retrouvent au café Mitsuba avec délice. Mais le sort des familles et des carrières n'est pas dans les mains des personnes qui les construisent...

La pentalogie va nous conduire à mieux comprendre comment différents personnages de l'entreprise ont eux même été soumis à des pressions et des détours...

Alors, nos deux amoureux parviendront-ils à s'aimer au-delà des contraintes sociales?

Quelle joie de retrouver le style du court roman épuré, avec des jeux d'échos entre les tomes!

J'aime aussi beaucoup la délicatesse des couvertures.

Des petites perles d'eau...



08 mai 2017

Nucléaire



J'ai eu la chance de lire Sorbonne plage dans le train au Japon entre Hiroshima et Tokyo et le train qui me conduisait de Paris à Paimpol. Quel clin d’œil! Ce roman raconte en effet l'histoire d'un groupe de scientifiques du nucléaire qui avaient pris l'habitude de se côtoyer sur la presque île de l'Arcouest!

Le talent d'Edouard Launet est de nous raconter l'humain de ce petit groupe, leurs croyances en l'énergie nucléaire mais aussi les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki.

Il pose la question du rôle des intellectuels et de la science. Il montre l'importance des réseaux, des contacts et des liens dans la mise en place d'une théorie et dans le développement de connaissances.
Il souligne le paradoxe de ces hommes plein de bonne volonté mais capable de créer le pire du pire.

Un texte à lire si vous aimez la Bretagne, si vous vous intéressez aux enjeux énergétiques, au principe de précaution, etc.

Merci à Christine pour la belle découverte!




04 avril 2017

Seul le grenadier



Mon tout premier roman Irakien: Seul le grenadier de Sinan Antoon. Un titre poétique, une image mystérieuse mais qui prendra tout son sens à la lecture...

Jawad est un jeune home d'une vingtaine d'années qui vit à Bagdad. Il aime dessiner et rêve de devenir un grand artiste renommé. Il fait l’académie des beaux arts... Il admire Giacometti... Il est amoureux de Rim...

Mais c'est à un tout autre métier que son père le destine: laveur de mort. Il s'agit de suivre le rituel qui précède la mise en bière. Il s'agit d'accompagner le défunt, de soigner le cadavre pour le rendre présentable, d'avoir les paroles rituelles...

Et entre temps la guerre Iran-Irak, l'arrivée des Américains... toute l'Histoire chaotique du pays y passe.

Un roman extraordinaire, avec de la finesse, de la justesse, de l'humanité.

Cela n'est pas sans rappeler les deux documentaires Homeland I et Homeland II qui racontaient aussi le quotidien d'une famille irakienne avant et après la chute de Saddam Hussein.

Ce qui est très fort, c'est que pour nous parler de violences, de guerres, d'humiliations... Sinan Antoon nous parle de la mort dans son quotidien, ses visages, ses histoires et comment elle se mêle tous les jours à la vie.

On se met à ressentir pages après pages ce que veut dire la fin de l'Etat de droit, la perte des limites sociales, et l'impasse au quotidien.

La construction du récit est riche, avec des aller-retour entre le présent et le passé, le réel et les cauchemars des courtes nuits, entre l'image interne et externe du pays, entre espoir et fin de non recevoir.

A lire la quatrième de couverture, je me disais que ce roman avait vraiment l'air étrange.Ne la lisez pas, plongez-vous dans les premières pages, et vous serez emportés jusqu'à la fin.

Un livre pour ceux qui s'interrogent sur ce que l'on peut vraiment décider dans la vie ou ce que l'on subit...

Un livre qui pose la question des émotions, de l'horreur et le vivre avec ou sans.

Un grand roman sur l'Irak et la vie des Irakiens, dans les rues, dans les Universités, dans les maisons.

Un ode au pouvoir de l'écriture, de la fiction, de l'art.

Merci à Anouck pour cette très belle découverte...




30 mars 2017

Petit pays...



Petit Pays est un roman de G. Faye dans lequel on entre doucement. Les débuts ont un goût d'enfance dans un petit pays d'Afrique,  ponctuée de jeux dans la rue entre garçons et de mangues mûres.

Mais tout bascule et on referme le livre en se disant qu'il est magistral! En effet, le petit Gabriel que nous suivons vit au Burundi. Et si son père est français, sa mère vient du Rwanda, où le génocide commence...

Un roman qui passe du calme et du confort d'un quartier d'expatriés à l'arrivée du chaos, des règlements de compte, et de la mort au coin de la rue.

Prix Goncourt des lycéens, ce premier roman nous touche par la vivacité d'esprit de son héros, jeune mais perspicace. Les personnages qui l'entourent marquent aussi comme la vieille voisine prêteuse de livres, qui va l'initier à la littérature et lui donner le goût de l'évasion au moment où tout se trouble.

Un livre pour tous les amoureux d'Afrique!

Un témoignage fort et inoubliable!

Merci à Anouck pour la belle découverte!

26 mars 2017

Grand classique!



L'oeuvre au noir de Yourcenar nous permet de suivre un alchimiste dans les Flandres, Zénon, dans trois étapes de sa vie: sa vie errante, sa vie immobile et enfin la prison.

Zénon est en quête, il cherche, il questionne le sens, son être au monde. Pour ma part j'ai préféré les parties deux et trois qui poussent à l'exploration de l'introspection. Des pages magnifiques sur la méditation!

Ce roman vous offre un voyage vers la Renaissance! Vous pourrez y explorer la société de l'époque, le rapport au religieux, à la richesse, au savoir!

Le personnage de Zénon est vraiment à connaitre, comme figure du soignant, du penseur, bref, un héro de la littérature très riche! Il questionne le sens de la croyance et de la foi.

Un livre pour ceux qui veulent affiner leur connaissance historique !

Un grand classique à ne pas manquer dans ses explorations littéraires!

Merci à Claire !






05 mars 2017

Amours musicales



Dans Une étrange histoire d'amour, de Luigi Guarnieri, nous lisons une longue lettre fictive de Johanes Brahms à Clara Schumann. C'est une missive qu'il lui adresse de retour de ses funérailles, pour évoquer toutes leurs années de liaisons secrètes, et toute la folie de leur histoire à trois musiciens (Robert Schumann, Clara Schumann et Brahms).

Tout commence en 1853. Brahms n'a qu'une vingtaine d'année quand il se présente chez les Schumann. Il veut faire écouter une de ses compositions. Il est sans un sous. Il voit Robert Schumann comme un maître, un modèle. Parallèlement, il tombe sous le charme de Clara. Peu à peu Robert perd la tête et finit dans un asile, tandis que les liens entre Clara et Brahms se nouent.

C'est un texte qui regorge de références documentaires sur l'oeuvre de ses trois musiciens et leur vie. C'est un roman qu'on lit d'une traite. Pourtant ça reste étrange de se dire que c'est aussi une fiction, qui peut-être parfois n'est pas fidèle aux personnages historiques. C'est donc un peu comme mieux les connaitre dans leur intimité, tout en se fourvoyant dans les jeux de miroirs du roman, qui construisent et déconstruisent les destins.

Des pages très belles sur la relation de Brahms aux enfants du couple...

Des pages écrites pour pianistes sur le style, les différentes façons d'être instrumentistes face à un piano.

Une interrogation sur la folie aussi... sur la passion... et sur la Musique. On peut voir comment les trois se nourrissent mutuellement.

Un livre pour les grands romantiques!

Un roman pour les musiciens, qui ré-écouteront Brahms ou Schumann autrement!







26 février 2017

Les trois Adolf



Voici un manga qui est un grand classique du genre: Les trois Adolf de Osamu Tezuka. En pleine seconde guerre mondiale, cette BD nous raconte l'histoire de trois Adolf entre le Japon et l'Allemagne. L'histoire de ces trois personnages s'entremêle habilement, avec beaucoup de suspense et plein de rebondissements. L'un est Adolf Hitler bien sûr, l'autre est un jeune garçon métisse entre un diplomate allemand et sa mère japonaise et qui vit au Japon. L'autre est un de ses camarades de classe, fils d'un communiste tenancier d'une boulangerie.

On suit Sohei Toge qui est un reporter envoyé en Allemagne pour suivre les Jeux Olympiques de Berlin. Après son arrivée, son frère étudiant en Allemagne prend contact avec lui pour lui remettre des documents secrets sur Hitler qui permettraient de prouver qu'il est juif. Malheureusement il trouve son frère mort et lui-même se retrouve menacé par les mêmes individus masqués. Il est aidé par la mère japonaise du jeune Adolf... ce qui permet de faire le lien... et vous voilà partie pour plusieurs tomes époustouflants!

A découvrir absolument!

Merci Etienne, pour cette très belle découverte!






21 février 2017

Des enfants particuliers...



Et voilà les deux premiers tomes de dévorer: Miss Peregrine et les enfants particuliers et Hollow city de Ransom Riggs. Un roman jeunesse qui a su construire tout un monde à lui, un peu à la Harry Potter. Vous apprendrez un nouveau vocabulaire, de nouveaux pouvoirs!

On y suit Jacob, qui est ébloui par les histoires fantasmagoriques de son grand père. Autour de vieux clichés de photo, il lui fait rêver d'êtres au pouvoir surnaturels. Jacob vit aux Etats-Unis en Floride mais son papy à l'imagination débordante a encore un pied en Pologne dans ses souvenirs. Juif, il a du fuir et résister. Il se sent toujours persécuté par des monstres. A sa mort, Jacob est bouleversé. Il se demande si les vieux démons n'ont pas terrassé son grand-père... Il décide de partir sur ses traces pour l'Europe, afin de mieux comprendre son passé, et les monstres qui l'animent. Il se trouve qu'il aurait été dans un orphelinat au pays de Galle au moment où il fuyait les nazis...

Jacob Portman va trouver au Royaune Uni bien plus qu'il ne pouvait l'anticiper... Il va plonger dans un univers à vous couper le souffle, et avec ça va apprendre qui il est.

Bref vous l'aurez compris un beau roman d'émancipation, plein de fantastiques et où le suspense règne en maître. Les rebondissements sont nombreux, les personnages sont attachants et vraiment "particuliers". On oscille sans arrêt entre le réel et la fiction, entre le vrai et le supposé, entre le magique et l'ordinaire. Rien n'est ce qu'il n'y parait. Le temps s'allonge et se rétrécit, tourne en boucle...

Un texte qui est marquant aussi car son auteur l'a conçu autour de photographies chinées dans des brocantes et qu'on retrouve de page en page. Cela en fait un objet hors norme.

Un roman qui est avant tout sur la différence, la stigmatisation des autres, et ce qu'elle peut avoir de nuisible pour faire société.

Merci beaucoup à la librairie Nation Diffusion à Paris pour le conseil de lecture. Hâte de me plonger dans le tome 3!


05 février 2017

Voici venir les rêveurs...



Jende, camerounais, touche du doigt son rêve américain! Obtenir un vrai bon poste de chauffeur privé pour un banquier new-yorkais, Clark Edward, et toute sa famille! Son épouse Nenni arrive même à faire quelques "extra" chez les Edward, pour gagner de l'argent en plus de ses études et ménages habituels.

Peu à peu se tisse une certaine forme de complicité entre Clark et Jende. C'est un peu comme dans Downtown Abbey, on suit les riches et les pauvres et toutes leurs interactions sociales du quotidien... On s'attache à la routine des jours et aux petites anecdotes ! Les échanges sont parfois dures, vexants, parfois beaux et prometteurs.

On voit alors  grandir les problèmes des petites gens et des grands de ce monde. On sent le système dérailler... et tout se gripper. Les Etats-unis ne seraient-ils pas un pays pour les rêveurs?

Un livre touchant, sincère, et haletant. Jende obtiendra-t-il ses papiers? Nenni deviendra-t-elle pharmacienne?

Un premier roman à découvrir pour approfondir la question de l'immigration, pour goutter à des portraits tout en finesse, et pour mieux comprendre ce que peut vouloir dire une crise économique et financière.

Imbolo Mbue a la bonne humeur contagieuse! Elle interroge ce qu'est l'espoir, ce que veut dire le vivre ensemble, qu'elle peut être le sens des sacrifices de chacun...

Elle pose aussi la question de la filiation, de l'héritage et de la transmission.

Merci beaucoup Marie-Louise pour ce cadeau! J'ai A-DO-RE!

29 janvier 2017

La chorale des maitres boucher



La première guerre mondiale touche à sa fin. Fidelis, jeune soldat allemand, part pour l'Amérique, avec une valise de couteaux de boucher et des saucisses à revendre, pour avoir assez d'argent pour le trajet! Il se pose dans le Dakota du nord, pour lancer son affaire!

Passées les querelles entre bouchers, le roman nous déroule toute la vie de la famille, avec une pincée de mystère, un zest de social, beaucoup d'intimes, et la mayonnaise prend pour nous faire traverser les années 20, 30, 40 et 50!

Louise Erdrich sait conter les histoires qu'on n'oublie pas, avec ce qu'il faut de personnages cocasses, un vrai gout pour l'anecdote, et un don pour le roman choral! Il y a Cyprian l'équilibriste, Roy l'alcoolique, Clarisse l'embaumeuse, Un-Pas-Et-Demi la marginale..., et Delphine, la jeune femme qui est l'héroïne de l'histoire, celle à qui on s'attache...

Avis aux amateurs de romans vivants et humains!

Un livre sur les liens familiaux ou amicaux, un roman sur l'immigration, un texte qui montre une certaine image de l'Amérique.

Merci à l'excellente Librairie du Renard de Paimpol pour ce conseil!


15 janvier 2017

Eux sur la photo...




Hélène retrouve une photo de sa mère biologique, au moment du décès de son père et de la fin de vie de sa mère adoptive. Elle-même archiviste au musée de la carte postale, elle a soudain l'idée de poster une petite annonce avec la seule piste qu'elle a pour retrouver ses racines en espérant que quelqu'un reconnaîtra l'un des deux hommes sur la photo, qui entoure sa mère, assise. Un certain Stéphane va lui répondre, faisant naître de nombreux échanges épistolaires où l'un et l'autre font peu à peu émerger l'histoire de leurs familles.

Le roman se lit avec intensité, car on veut connaitre le fin mot de l'histoire, on veut comprendre qui sont ces êtres de papier sur la veille image figée et craquelée.

Par ailleurs, des liens forts se tissent entre Stéphane et Hélène, qui sont touchant. On se prend au jeu de l'attente des lettres, au rythme de l'avancée des recherches.

Un livre sur les secrets de famille...

Si vous avez aimé Et je danse aussi ou encore La pluie avant qu'elle tombe, précipitez-vous! On passe un bon moment... en toute authenticité!



08 janvier 2017

Petit Piment



Tout commence dans un orphelinat, en Afrique, où les enfants sont attachés au prêtre qui les fait rire, et où le communisme arrive avec tous les bouleversements sociaux et politiques. D'autres formes de pouvoir et de corruption font peu à peu loi. C'est alors que Petit Piment est amené à l'évasion pour partir vers pointe noire et une autre vie. Sous la protection d'une prostituée, Maman Fiat 500, il grandira, tâchant de quitter peu à peu l'enfance, pour une lucidité délicate.

Petit Piment de Alain Mabanckou est un roman d'émancipation unique en son genre. Le ton et l'écriture y est coloré. On y retrouve une certaine gouaille. On sent l'auteur à la limite du conte, avec toujours une forme de sourire ironique sur lui-même et sa propre enfance...

Un roman qui plaira aux amoureux d'Afrique, de style dynamique et épicé, et d'un certain regard sur ce que peut vouloir dire la pauvreté, la solitude, la condition des femmes, là bas. Un roman pas toujours optimiste malgré le ton drolatique et piquant. Un texte lucide et flamboyant qui change de registre avec les lieux et les pages.





"Chaque week-end nous attendions son arrivée avec impatience et l'applaudissions dès que nous apercevions sa 4L dont le moteur, disions-nous, souffrait de tuberculose chronique. Le prêtre se débattait pour se garer dans la cour, reprenait cinq à six fois sa manœuvre alors que n'importe quel chauffard se serait parqué au même endroit les yeux fermés. Ce n'était pas par plaisir qu'il livrait cette bataille grotesque: c'est parce qu'il souhaitait, se justifiait-il, que la tète de la voiture regarde déjà vers la sortie et qu'il n'ait pas à se compliquer l'existence deux heures plus tard lorsqu'il regagnerait Diosso, la localité où il résidait, à une dizaine de km de Loango..."

02 janvier 2017

Dix minutes par jour



Je commence l'année avec ce roman italien (qui existe aussi en français): Per dieci minuti de Chiara Gamberale! (Titre français: Dix minutes par jour)

En pleine séparation amoureuse difficile, Chiara se retrouve presque en dépression, jusqu'à ce que sa psy lui propose un traitement original. Cela consiste à utiliser dix minutes par jour pour faire quelque chose qu'elle n'a jusqu'alors jamais fait de toute sa vie! Cela peut être n'importe quoi, une toute petite chose comme une grande. Le tout est d'expérimenter du nouveau!

Chaque chapitre raconte donc ces fameuses dix minutes, depuis voler dans un magasin jusqu'à marcher à reculons, tout y passe! On rit avec Chiara, on sent le vécu derrière le récit de ces expériences de vie.

Un grand merci à Eleonora pour ce beau cadeau.

Et avis aux amateurs: même pour une semaine, l'expérience peut s'avérer marrante en ce début d'année de résolutions!