15 octobre 2017

Nos richesses



Encore une belle surprise de la rentrée littéraire! Nos Richesses de Kaouther Adimi.

Nous sommes au côté d'Edmond Charlot, qui a vingt ans et rêve de créer une librairie à Alger, qui serait comme celles qu'il a aimé découvrir à Paris. Charlot va devenir même éditeur et va jouer un rôle clé pour des auteurs comme Camus, Vercors et d'autres. On commence dans les années 30 et on suit pas à pas toute sa vie pleine de rebondissements.

Nous suivons aussi Ryad, qui en 2007 a pour mission de stage ouvrier de vider la librairie de Charlot pour permettre à un vendeur de beignet de s'y installer. Nous sommes dans le monde actuel, avec des jeunes qui ont du mal à trouver même un stage et à s'insérer socialement quelque part.

Et au milieu, Kaouther Adimi nous fait vivre l'histoire du vingtième siècle en Algérie...

C'est un roman qui est polymorphe, avec des passages qui sont des extraits de journal de bord de Charlot, d'autres qui sont des récits et des dialogues qui retracent la seconde guerre mondiale, les "événements" d'Algérie. On y retrouve la torture, l'espionnage, la censure. On voit que Kaouther Adimi s'est beaucoup documentée pour écrire.

Un roman qui fait découvrir Alger, ses populations, son histoire.

Une ode aux libraires et éditeurs qui donne envie de lire, et encore lire!

Ce qui est touchant dans ce récit, c'est qu'il pointe du doigt l'absence de transmission entre les plus âgés et les plus jeunes en France et en Algérie. En effet, Ryad ne comprend même pas ce qu'il est en train de faire... il vide sans comprendre le sens du lieu, lui qui ne lit pas.

J'aime le fait que Kaouther Adimi est plutôt toujours en deça qu'en delà. Il y a de la pudeur, de la retenue dans ses pages.

Un petit extrait pour la route:

"Dès votre arrivée à Alger, il vous faudra prendre les rues en pente, les monter puis les descendre. Vous tomberez sur Didouche-Mourad, traversée par de nombreuses ruelles comme par une centaine d’histoires, à quelques pas d’un pont que se partagent suicidés et amoureux. (…) Mais vous, vous emprunterez les ruelles qui font face au soleil, n’est-ce pas ? Vous parviendrez enfin rue Hamani, l’ex-rue Charras. Vous chercherez le 2 bis que vous aurez du mal à trouver car certains numéros n’existent plus. Vous serez face à une inscription sur une vitrine : Un homme qui lit en vaut deux. Face à l’Histoire, la grande, celle qui a bouleversé ce monde mais aussi la petite, celle d’un homme, Edmond Charlot, qui, en 1936, âgé de vingt et un ans, ouvrit la librairie de prêt Les vraies richesses."

13 octobre 2017

L'invention des corps



Un roman de la rentrée littéraire, qui nous parle du monde d'aujourd'hui et de demain, des transhumanistes et de la Silicon Valley.

Alvaro est un jeune codeur mexicain, un peu hacker, qui gagne sa vie en enseignant l'informatique à des jeunes. Un jour en 2014 tout bascule pour lui quand il est très violemment maltraité avec d'autres étudiants par la Police Mexicaine. Il assiste à un massacre, à des assassinats perpétués par les forces de l'ordre. Tout devient insupportable, tout devient irrespirable, il part.

Il migre et va alors devenir sans papier. C'est donc un regard sur l'injustice, la migration, mais aussi sur le monde des transhumanistes de San Francisco, car c'est là qu'il espère être recruté par un riche PDG de start up de l'high tech qui veut mettre fin à la mort au sein de son entreprise Le Cube.

Je ne vous en dis pas plus.

Ça se lit tout seul dans un style très particulier, haché, qui entremêle l'histoire d'Alvaro avec celle de la création de l'internet et du mythe de la singularité. Je préfère pour ma part les passages au côté d'Alvaro que les parties sur l'histoire du web.

Un livre sur le rapport aux corps, aux sensations physiques, à une époque où tous les corps ne se valent pas, au moment où l'intervention sur les cellules souches remet en cause l'écriture du génome même. Une écriture qui prend aux tripes.

Un roman qui marque une époque, ses mythes, ses croyances, ses oppressions et ses risques. Je trouve que l'auteur pose les bonnes questions à travers les choix ou les non-choix des personnages. Que veut dire mettre la recherche au profit d'une vision qui n'est pas partagée? Quel sens donner au code dans un monde révoltant?

Merci Anouck pour ce beau conseil!


08 octobre 2017

le prodigieux destin de Peter



Peter Peton, tout simple et fragile, est né dans une famille pauvre, qui vit dans un bidonville en France. Un jour alors qu'il gribouille sur un vieux journal, son père y lit une annonce pour un poste de concierge dans une usine de chanson pas loin. Avec un tel nom de famille, le voici parti pour une nouvelle vie.

La famille Peton vit sous le toit de l'usine, là où se trouve la chaudière à caoutchouc pour les semelles des pantoufles. Mais un jour, voici que tout explose, et Peter entre dans le coma...

Il en sortira avec des grosseurs qui poussent dans le dos...

Des ailes vont émerger de sa colonne vertébrale, qui l’emmèneront loin... sous le chapiteau du cirque des merveilles!

Un très beau roman jeunesse sur la différence et la singularité.

Un roman qui montre combien le cirque, l'amitié et le rêve peuvent permettre de sortir de sa condition sociale.

Des pages vraiment merveilleuses, avec un style proche du conte qui fait sourire au détour des aventures...

05 octobre 2017

La milléclat dorée



Voici un livre pour enfant que j'ai eu beaucoup de plaisir à offrir cet été: La milléclat dorée!

Renard apprend qu'il existe une fleur magnifique et très rare, de la famille des Biencachées, que l'on peut trouver en haut des montagnes! Il se met donc en quête et rencontre lors de sa randonnée de nombreux animaux et de jolis paysages.

C'est un album pour les amoureux de botanique et de marches en montagne!  On apprend plein de choses sur la flore, les différentes parties d'un paysage de montagne, et ce avec de belles illustrations.

Un petit peu de grand air et de poésie, à l'arrivée de l'automne!

Avis aux petits et aux grands!





27 septembre 2017

Les vies de papier



Un roman très touchant, sur la vieillesse, le Liban, les femmes et la littérature!

Aaliya Saleh a 72 ans et les cheveux bleus, par mauvaise manipulation d'un shampoing! Elle a vécu libre et forte, à Beyrouth toute sa vie, par temps de pais comme par temps de guerre et de chaos. Dans son appartement: des livres mais aussi des pages et des pages de traduction d'ouvrages, des tas de souvenirs, des disques de Chopin.... Elle nous promène dans sa ville, elle nous fait entendre la bande son des lieux, les odeurs des quartiers.

J'aime vraiment ce personnage! Et j'aime le sens de l'anecdote de Rabih Alameddine. Il y a notamment une scène de fuite d'eau mémorable dans l'immeuble! Le texte grouille de citations littéraires et musicales. Le flux de la narration est envoûtant bien que passant du coq à l'âne, au gré de la mémoire.

Un livre pour tous ceux qui veulent découvrir le Liban, son histoire, son ambiance!

Un roman pour les amoureux des librairies et des mots.

Un roman sur la liberté, les choix et le destin.

Ce roman a eu le prix Fémina étranger en 2016 et c'est mérité!

Merci beaucoup Anouck pour ce très beau cadeau!

En plus ce livre bat tous les Libellés de ce blog: Littérature libanaise, Au féminin, Découvrir un pays, Roman d'immeubles et Livres dont les libraires sont les héros! Avis aux amateurs!


24 septembre 2017

Sally Jones




C'était la première fois que je lisais un roman dont l'héroïne et la narratrice était une gorille. Mais j'ai adoré et je m'en viens chaudement vous recommander de faire la connaissance de Sally Jones.

Sally Jones est très intelligente. Elle vit à bord d'un bateau où elle est aide mécanicienne. C'est celui d'Henri Koskela, un ami et capitaine que Sally Jones appelle Chef. Elle y a appris à lire et à écrire.

Mais un jour, alors qu'ils manquent de travail, Henri Koskela va accepter une mission peu recommandable et qui va mal tourner... Il se retrouve en prison, et Sally Jones ne va avoir qu'un objectif: prouver son innocence et le faire libérer.

Commence alors une longue histoire, à Lisbonne, puis en Inde... Une histoire au son du Fado et de l'accordéon.

C'est un roman captivant, plein de rebondissements, d'exotisme, d'amitiés.

En plus le roman est illustré, ce qui rend l'objet hors du commun.

Il y a des passages mémorables avec un Maharadja! Je ne vous en dis pas plus!

Ce livre a remporté le prix August en Suède, car son auteur en est natif.

Un livre pour ceux qui ont envie de prendre la mer!

Un roman qui fait du bien...

Un petit extrait pour la route:

"Il y a quelques jours, le Chef m’a fait cadeau d’une vieille machine à écrire. Une Underwood n° 5, modèle 1908. Il l’a achetée à un brocanteur ici, sur le port de Lisbonne. Le levier de retour manquait et plusieurs touches étaient cassées. Le Chef sait que j’aime bien bricoler les vieux objets.
Il m’a fallu quelques soirées pour réparer mon Underwood n° 5. Aujourd’hui je m’en sers pour la première fois. Certaines touches sont toujours difficiles à enfoncer mais je devrais pouvoir y remédier à l’aide d’une pince et d’un peu d’huile.
À travers mon hublot, je vois que la nuit est déjà tombée. La lumière des navires au mouillage étincelle dans l’eau noire du fleuve. J’ai installé mon hamac et je ne vais pas tarder à aller me coucher.
Cette nuit, j’espère échapper aux cauchemars.
C’est de nouveau le soir."

06 septembre 2017

L'étrange disparition d'Esme Lennox



C'est l'histoire de deux générations de femmes à travers deux d'entre elles, Iris et Esme. Comme ça rien ne les sépare. Elles sont toutes les deux un peu frondeuses, toutes les deux fortes. Mais pourtant elles sont de deux époques : Iris vit aujourd'hui dans un monde d'ouverture aux autres, de liberté et d'autonomie des femmes dans leur vie amoureuse, familiale et professionnelle; Esme, elle, a grandi dans les carcans, les non-dits, de l'Inde puis de l'Ecosse des années 30.

Tout commence à Édimbourg, quand Iris apprend qu'elle a une grande tante enfermée dans un asile qui va fermer, Esme. Alors qu'Iris essaie de comprendre comment avancer elle-même dans ses choix amoureux, elle va se retrouver en charge d'Esme, qui porte de lourds secrets de famille. Pourquoi Esme a-t-elle donc été internée tant d'années? Que s'est-il passé dans sa vie et dans celle de la famille?

Tout commence aussi en Inde, quand la jeune Esme apprend qu'elle va devoir regagner l'Ecosse où elle va maintenant vivre. Tout bascule quand elle doit se mouler dans des codes sociaux qui la dépassent, des habits trop serrés et une éducation trop rigide.

Par un mélange de souvenirs et de discussions, nous allons peu à peu découvrir la vie d'Esme, et une partie de l'histoire de l'Ecosse du début du vingtième siècle longtemps oubliée. Les liens entre Iris et Esme vont se resserrer tout en douceur.

C'est un roman qui donne à voir l'absurdité des normes de contrôle social.

C'est un livre qui questionne la solitude, les silences, les déchirures familiales.

Un roman sur la fratrie, les liens de filiation.

J'ai beaucoup aimé le mélange de ces monologues intérieurs familiaux. Un très beau style, sans un mot en trop.

C'est clairement un livre pour la catégorie AU FEMININ de ce blog. Merci Christine pour cette belle découverte.






01 septembre 2017

Le passage du diable



On reste dans la littérature jeunesse, avec Le passage du diable de A. Flinne.

Daniel, dès ses plus jeunes années, a toujours vécu reclus dans la maison de sa mère. Prétextant qu'il était malade, cette dernière l'a gardé complètement isolé du monde et de la société. Elle l'a fait vivre dans le mystère de ses origines, de sa famille. Etouffé par cette mère possessive, Daniel a vécu dans l'ignorance de tout.

Mais un jour le docteur Marlow qui est voisin de la maison découvre l'existence de Daniel et décide de le soutirer à sa mère. Il le loge avec sa petite famille tandis que Daniel perd sa maman, qui, internée a préféré se donner la mort.

Il ne reste à Daniel que sa maison de poupées. Il y a du sinistre, de l'étrange et du fantastique dans cette maison. Quand Daniel joue avec les poupées, il peut se sentir comme possédé. Pourtant cette maison est la seule piste pour le docteur Marlow qui s'est mis en quête de la famille de Daniel...  Je ne vous en dis pas plus!

Un roman un peu à la Hitchcock, un peu gothique, pour les ado qui aiment les histoires qui font peur!

Un roman d'ambiance de châteaux lugubres, de vieux manoirs anglais délabrés... mais aussi un roman sur la solidarité, l'altérité, le devenir adulte.

Merci à la librairie Chante livre pour la découverte!


22 août 2017

Mon coup de coeur



Aujourd'hui, mon coup de cœur de l'été: Christelle Dabos et les trois premiers tomes de son passe-miroir! Autant vous dire que j'ai enchaîné les trois tomes, cul sec!

Suite à un événement mystérieux appelé la déchirure, les gens vivent non plus sur terre mais dans des arches flottantes, qui ont chacune un esprit de famille, des codes, des règles et des pouvoirs magiques. C'est comme lorsque j'avais découvert Harry Potter à sa sortie. Tout un univers, avec son vocabulaire, ses rites, et ses illusions!

L’héroïne, Ophélie, est très chouette. Un peu maladroite, un peu jeune, un peu gauche, mais avec plus d'un tour dans son sac, comme de pouvoir lire le passé des objets, d'animer les choses autour d'elle en fonction de ses sautes d'humeur, traverser des miroirs, etc! Et elle doit quitter son arche pour un autre, dans le cadre d'un mariage arrangé et forcé. Elle va du coup devoir découvrir une autre société, son futur époux, et plein d'autres choses encore! Derrière son côté anodin et effacé, les lecteurs vont alors découvrir chez Ophélie une jeune femme forte, décidée et engagée!

On a peine à croire que c'est un premier roman! Tout est si bien pensé, si ingénieusement tourné! C'est merveilleux de détails réjouissants!

Un roman d'émancipation avec plein de rebonds!

Une jolie histoire d'amour!

Un roman sur les livres, la littérature, l'Histoire, les codes sociaux, la censure, Dieu, et plein de petites et grandes choses encore!

Certainement un livre pour les fous d'Harry Potter ou d'Alice au pays des merveilles.

Un roman pour jeunes et moins jeunes!

Un "page turner" comme on dit, pour ceux qui ont un long vol en perspective ou une longue attente, une convalescence. Ça se lit facilement, ça prête à sourire, ça grouille d’ingéniosité!






11 août 2017

En attendant Bojangles



C'est un premier roman très haletant, vivant, décalé! Un brin de féerie dans un monde de brutes, et des gouttes de pluie au milieu des soleils...

Voici un texte qui est marqué par le regard d'un enfant sur ses parents, fous amoureux. Louise et Georges dansent sur Nina Simone, reçoivent à toute heure du jour et de la nuit, enchaînent les cocktails, partent sur un coup de tête en Espagne. Tout est fantasque, foutraque et joyeux. Ce qui rend le petit tout aussi amusant, surréaliste et attendrissant!

Si l'école est ennuyeuse, on n'y va pas. Si le courrier s'accumule, on ne l'ouvre pas... Si un oiseau veut vivre dans l'appartement, on l'accueille à bras ouverts! Rien n'est dans la contrainte sociale, tout est dans le rêve, le désir, à l'état pur.

D'ailleurs à chaque jour son brin de folie! Le père affuble à chaque heure la mère d'un autre prénom. Tout va, vit, devient...

Rien n'est sérieux, ni la maladie, ni la mort, ou presque! Car derrière le pétillant et l'étrange, se cache bien sûr la réalité, beaucoup moins tendre!

Un roman pour ceux qui aiment mêler le rire aux larmes!

Un roman pour ceux qui s'intéressent au normal et au fou!

Un livre court pour juste quelques heures d'été, une petite coupe de champagne grisante et pourtant sérieuse...

Merci à Julia pour ce beau cadeau, qui plaira aux cœurs légers et aux cœurs lourds!

Et d'ici là, n'oubliez pas de réécouter Nina Simone!



08 août 2017

A boire et à manger



Guillaume Long a un bon coup de fourchette et un bon coup de crayon.

En B.D. il nous fait découvrir ses aventures culinaires, avec des planches qu'on n'oublie pas: comme celle avec tous les types de tomates qui invite à la dégustation!

Il passe d'un thème à un autre, avec à chaque fois l'humour qu'il faut pour faire sourire tout en faisant saliver.

Aujourd'hui il en est à trois tomes et ça fait plaisir de se dire qu'il continue l'aventure! Il a aussi un blog!

Merci à Etienne pour la découverte, et avis aux gastronomes!

Une BD pour tous les amateurs de bons petits plats!

A mettre dans les bibliothèques des bons vivants amateurs d'illustrations amusantes!

24 juillet 2017

Mères Filles...



Juliet Nicolson est la petite fille de Vita Sackville-West, une écrivain dont j'ai déjà dit combien j'aimais le style. Elle raconte dans Mères-Filles, sept générations, la vie de sa propre famille sur sept générations, en s'attardant sur les liens entre mères et filles, et ce qui peut se reproduire d'une génération sur l'autre. C'est un livre qui interroge la transmission, les héritages, les lignées, la féminité, la maternité, et j'en passe.

Chaque partie est consacrée depuis le dix neuvième jusqu'à nos jours à un lien mère-fille. On passe d'une danseuse en Espagne, à une ambiance toute britannique à la Downton Abbey, puis à Washington et la diplomatie, pour revenir en Angleterre. Des photos marquent le texte, qui donnent corps aux figures incroyables que l'on découvre pages après pages.

On s'attache aux personnages, aux décors, aux traces qu'ils ont laissées ou pas. On est pris dans l'intime, tout en gardant du coin de l’œil une portée universelle et forte. Chacune des femmes doit s'affranchir de sa condition sociale, économique, des préjugés, des tensions. Chacune doit faire face à ses démons, ses faiblesses, ses peurs.

C'est un texte franc, sans détour, et qui pose la question de la psychogénéalogie.

C'est un témoignage poignant et juste, sur ce que peut vouloir dire être femmes à travers l'histoire.

On revisite le présent autrement après avoir parcourue la vie des aïeules.

Un livre Au Féminin!

Merci à Anouck pour la belle découverte!







18 juillet 2017

Quand sort la recluse...



Ah un petit Fred Vargas, que c'est bon cette bouffée d'humanité intuitive, ce retour à Danglard, Adamsberg, au chat sur la photocopieuse, aux oisillons dans la cour du commissariat!

Cette fois-ci nous retrouvons le commandant face à des morts suspectes, qui pourraient laisser croire qu'une araignée empoisonne des petits vieux... Mais ce serait oublier la sagacité du flaire policier de nos héros bien aimés!

Un polar qui comme toujours mêle chez Fred Vargas Histoire avec un grand H et réalité caustique des faits divers. Un délice, avec ce qu'il faut de boules à neige, de nature, de suspense, et de bons petits plats du terroir... On est emporté!

Quelques nouveautés au programme, notamment des tensions nouvelles entre Danglard et Adamsberg... Mais je ne vous en dis pas plus!

Laissez vous emporter, en douceur et loin!




16 juillet 2017

Désorientale...



J'ai pris beaucoup de retard sur mon blog... Alors je me rattrape en ce début d'été!

Je m'en viens vous parler de Désorientale de Négar Djavadi.

Un très bon conseil de la librairie de Paimpol!

C'est un livre qui n'est pas sans rappeler Persépolis. On y retrouve l'histoire de l'Iran, avec un grand et un petit H. Tout commence comme un conte et tout continue avec beaucoup plus de détours que chez les fées.

L'héroïne Kimia est né à Téhéran, puis s'est exilée en France. Elle nous raconte sa famille, ses identités, ses luttes, ses espoirs.

Ce roman est un hymne à la liberté!

Il se lit d'une traite, il emporte loin et près de nous.

Quel premier roman!

J'aime la place qu'elles donnent aux femmes dans le récit.

On frémit avec son père, dont les engagements politiques le mettent en risque pour sa vie.

La construction du récit est forte aussi, car un pays et une famille se déploient dans une salle d'attente...  dans un hôpital! Le fil narratif part du passé et du futur pour ne faire qu'un pages après pages, et pour construire un avenir.

Je ne vous en dis pas plus!

Bon voyage à ceux qui iront tourner les pages!









15 juillet 2017

Une autre pentalogie délicate de Aki Shimazaki...



Après avoir vraiment beaucoup aimé la première pentalogie de Aki Shimazaki qui portait sur Nagasaki (avec les courts romans: Tsubaki, Hamaguri, Tsubame, Wasurenagusa et Hotaru), je me suis régalée de: Mitsuba, Zakuro, Tonbo, Tsukushi et Yamabuki.

Cette fois ci, la pentalogie parle des codes sociaux japonais au travail, dans les grands groupes, et des mariages et histoires de famille qui y sont liés.

Takashi, qui travaille dans un grand groupe japonnais d'import export est tombé amoureux de Yuko, qui travaille à l'accueil. Ils se retrouvent au café Mitsuba avec délice. Mais le sort des familles et des carrières n'est pas dans les mains des personnes qui les construisent...

La pentalogie va nous conduire à mieux comprendre comment différents personnages de l'entreprise ont eux même été soumis à des pressions et des détours...

Alors, nos deux amoureux parviendront-ils à s'aimer au-delà des contraintes sociales?

Quelle joie de retrouver le style du court roman épuré, avec des jeux d'échos entre les tomes!

J'aime aussi beaucoup la délicatesse des couvertures.

Des petites perles d'eau...



08 mai 2017

Nucléaire



J'ai eu la chance de lire Sorbonne plage dans le train au Japon entre Hiroshima et Tokyo et le train qui me conduisait de Paris à Paimpol. Quel clin d’œil! Ce roman raconte en effet l'histoire d'un groupe de scientifiques du nucléaire qui avaient pris l'habitude de se côtoyer sur la presque île de l'Arcouest!

Le talent d'Edouard Launet est de nous raconter l'humain de ce petit groupe, leurs croyances en l'énergie nucléaire mais aussi les bombardements d'Hiroshima et de Nagasaki.

Il pose la question du rôle des intellectuels et de la science. Il montre l'importance des réseaux, des contacts et des liens dans la mise en place d'une théorie et dans le développement de connaissances.
Il souligne le paradoxe de ces hommes plein de bonne volonté mais capable de créer le pire du pire.

Un texte à lire si vous aimez la Bretagne, si vous vous intéressez aux enjeux énergétiques, au principe de précaution, etc.

Merci à Christine pour la belle découverte!




04 avril 2017

Seul le grenadier



Mon tout premier roman Irakien: Seul le grenadier de Sinan Antoon. Un titre poétique, une image mystérieuse mais qui prendra tout son sens à la lecture...

Jawad est un jeune home d'une vingtaine d'années qui vit à Bagdad. Il aime dessiner et rêve de devenir un grand artiste renommé. Il fait l’académie des beaux arts... Il admire Giacometti... Il est amoureux de Rim...

Mais c'est à un tout autre métier que son père le destine: laveur de mort. Il s'agit de suivre le rituel qui précède la mise en bière. Il s'agit d'accompagner le défunt, de soigner le cadavre pour le rendre présentable, d'avoir les paroles rituelles...

Et entre temps la guerre Iran-Irak, l'arrivée des Américains... toute l'Histoire chaotique du pays y passe.

Un roman extraordinaire, avec de la finesse, de la justesse, de l'humanité.

Cela n'est pas sans rappeler les deux documentaires Homeland I et Homeland II qui racontaient aussi le quotidien d'une famille irakienne avant et après la chute de Saddam Hussein.

Ce qui est très fort, c'est que pour nous parler de violences, de guerres, d'humiliations... Sinan Antoon nous parle de la mort dans son quotidien, ses visages, ses histoires et comment elle se mêle tous les jours à la vie.

On se met à ressentir pages après pages ce que veut dire la fin de l'Etat de droit, la perte des limites sociales, et l'impasse au quotidien.

La construction du récit est riche, avec des aller-retour entre le présent et le passé, le réel et les cauchemars des courtes nuits, entre l'image interne et externe du pays, entre espoir et fin de non recevoir.

A lire la quatrième de couverture, je me disais que ce roman avait vraiment l'air étrange.Ne la lisez pas, plongez-vous dans les premières pages, et vous serez emportés jusqu'à la fin.

Un livre pour ceux qui s'interrogent sur ce que l'on peut vraiment décider dans la vie ou ce que l'on subit...

Un livre qui pose la question des émotions, de l'horreur et le vivre avec ou sans.

Un grand roman sur l'Irak et la vie des Irakiens, dans les rues, dans les Universités, dans les maisons.

Un ode au pouvoir de l'écriture, de la fiction, de l'art.

Merci à Anouck pour cette très belle découverte...




30 mars 2017

Petit pays...



Petit Pays est un roman de G. Faye dans lequel on entre doucement. Les débuts ont un goût d'enfance dans un petit pays d'Afrique,  ponctuée de jeux dans la rue entre garçons et de mangues mûres.

Mais tout bascule et on referme le livre en se disant qu'il est magistral! En effet, le petit Gabriel que nous suivons vit au Burundi. Et si son père est français, sa mère vient du Rwanda, où le génocide commence...

Un roman qui passe du calme et du confort d'un quartier d'expatriés à l'arrivée du chaos, des règlements de compte, et de la mort au coin de la rue.

Prix Goncourt des lycéens, ce premier roman nous touche par la vivacité d'esprit de son héros, jeune mais perspicace. Les personnages qui l'entourent marquent aussi comme la vieille voisine prêteuse de livres, qui va l'initier à la littérature et lui donner le goût de l'évasion au moment où tout se trouble.

Un livre pour tous les amoureux d'Afrique!

Un témoignage fort et inoubliable!

Merci à Anouck pour la belle découverte!

26 mars 2017

Grand classique!



L'oeuvre au noir de Yourcenar nous permet de suivre un alchimiste dans les Flandres, Zénon, dans trois étapes de sa vie: sa vie errante, sa vie immobile et enfin la prison.

Zénon est en quête, il cherche, il questionne le sens, son être au monde. Pour ma part j'ai préféré les parties deux et trois qui poussent à l'exploration de l'introspection. Des pages magnifiques sur la méditation!

Ce roman vous offre un voyage vers la Renaissance! Vous pourrez y explorer la société de l'époque, le rapport au religieux, à la richesse, au savoir!

Le personnage de Zénon est vraiment à connaitre, comme figure du soignant, du penseur, bref, un héro de la littérature très riche! Il questionne le sens de la croyance et de la foi.

Un livre pour ceux qui veulent affiner leur connaissance historique !

Un grand classique à ne pas manquer dans ses explorations littéraires!

Merci à Claire !






05 mars 2017

Amours musicales



Dans Une étrange histoire d'amour, de Luigi Guarnieri, nous lisons une longue lettre fictive de Johanes Brahms à Clara Schumann. C'est une missive qu'il lui adresse de retour de ses funérailles, pour évoquer toutes leurs années de liaisons secrètes, et toute la folie de leur histoire à trois musiciens (Robert Schumann, Clara Schumann et Brahms).

Tout commence en 1853. Brahms n'a qu'une vingtaine d'année quand il se présente chez les Schumann. Il veut faire écouter une de ses compositions. Il est sans un sous. Il voit Robert Schumann comme un maître, un modèle. Parallèlement, il tombe sous le charme de Clara. Peu à peu Robert perd la tête et finit dans un asile, tandis que les liens entre Clara et Brahms se nouent.

C'est un texte qui regorge de références documentaires sur l'oeuvre de ses trois musiciens et leur vie. C'est un roman qu'on lit d'une traite. Pourtant ça reste étrange de se dire que c'est aussi une fiction, qui peut-être parfois n'est pas fidèle aux personnages historiques. C'est donc un peu comme mieux les connaitre dans leur intimité, tout en se fourvoyant dans les jeux de miroirs du roman, qui construisent et déconstruisent les destins.

Des pages très belles sur la relation de Brahms aux enfants du couple...

Des pages écrites pour pianistes sur le style, les différentes façons d'être instrumentistes face à un piano.

Une interrogation sur la folie aussi... sur la passion... et sur la Musique. On peut voir comment les trois se nourrissent mutuellement.

Un livre pour les grands romantiques!

Un roman pour les musiciens, qui ré-écouteront Brahms ou Schumann autrement!







26 février 2017

Les trois Adolf



Voici un manga qui est un grand classique du genre: Les trois Adolf de Osamu Tezuka. En pleine seconde guerre mondiale, cette BD nous raconte l'histoire de trois Adolf entre le Japon et l'Allemagne. L'histoire de ces trois personnages s'entremêle habilement, avec beaucoup de suspense et plein de rebondissements. L'un est Adolf Hitler bien sûr, l'autre est un jeune garçon métisse entre un diplomate allemand et sa mère japonaise et qui vit au Japon. L'autre est un de ses camarades de classe, fils d'un communiste tenancier d'une boulangerie.

On suit Sohei Toge qui est un reporter envoyé en Allemagne pour suivre les Jeux Olympiques de Berlin. Après son arrivée, son frère étudiant en Allemagne prend contact avec lui pour lui remettre des documents secrets sur Hitler qui permettraient de prouver qu'il est juif. Malheureusement il trouve son frère mort et lui-même se retrouve menacé par les mêmes individus masqués. Il est aidé par la mère japonaise du jeune Adolf... ce qui permet de faire le lien... et vous voilà partie pour plusieurs tomes époustouflants!

A découvrir absolument!

Merci Etienne, pour cette très belle découverte!






21 février 2017

Des enfants particuliers...



Et voilà les deux premiers tomes de dévorer: Miss Peregrine et les enfants particuliers et Hollow city de Ransom Riggs. Un roman jeunesse qui a su construire tout un monde à lui, un peu à la Harry Potter. Vous apprendrez un nouveau vocabulaire, de nouveaux pouvoirs!

On y suit Jacob, qui est ébloui par les histoires fantasmagoriques de son grand père. Autour de vieux clichés de photo, il lui fait rêver d'êtres au pouvoir surnaturels. Jacob vit aux Etats-Unis en Floride mais son papy à l'imagination débordante a encore un pied en Pologne dans ses souvenirs. Juif, il a du fuir et résister. Il se sent toujours persécuté par des monstres. A sa mort, Jacob est bouleversé. Il se demande si les vieux démons n'ont pas terrassé son grand-père... Il décide de partir sur ses traces pour l'Europe, afin de mieux comprendre son passé, et les monstres qui l'animent. Il se trouve qu'il aurait été dans un orphelinat au pays de Galle au moment où il fuyait les nazis...

Jacob Portman va trouver au Royaune Uni bien plus qu'il ne pouvait l'anticiper... Il va plonger dans un univers à vous couper le souffle, et avec ça va apprendre qui il est.

Bref vous l'aurez compris un beau roman d'émancipation, plein de fantastiques et où le suspense règne en maître. Les rebondissements sont nombreux, les personnages sont attachants et vraiment "particuliers". On oscille sans arrêt entre le réel et la fiction, entre le vrai et le supposé, entre le magique et l'ordinaire. Rien n'est ce qu'il n'y parait. Le temps s'allonge et se rétrécit, tourne en boucle...

Un texte qui est marquant aussi car son auteur l'a conçu autour de photographies chinées dans des brocantes et qu'on retrouve de page en page. Cela en fait un objet hors norme.

Un roman qui est avant tout sur la différence, la stigmatisation des autres, et ce qu'elle peut avoir de nuisible pour faire société.

Merci beaucoup à la librairie Nation Diffusion à Paris pour le conseil de lecture. Hâte de me plonger dans le tome 3!


05 février 2017

Voici venir les rêveurs...



Jende, camerounais, touche du doigt son rêve américain! Obtenir un vrai bon poste de chauffeur privé pour un banquier new-yorkais, Clark Edward, et toute sa famille! Son épouse Nenni arrive même à faire quelques "extra" chez les Edward, pour gagner de l'argent en plus de ses études et ménages habituels.

Peu à peu se tisse une certaine forme de complicité entre Clark et Jende. C'est un peu comme dans Downtown Abbey, on suit les riches et les pauvres et toutes leurs interactions sociales du quotidien... On s'attache à la routine des jours et aux petites anecdotes ! Les échanges sont parfois dures, vexants, parfois beaux et prometteurs.

On voit alors  grandir les problèmes des petites gens et des grands de ce monde. On sent le système dérailler... et tout se gripper. Les Etats-unis ne seraient-ils pas un pays pour les rêveurs?

Un livre touchant, sincère, et haletant. Jende obtiendra-t-il ses papiers? Nenni deviendra-t-elle pharmacienne?

Un premier roman à découvrir pour approfondir la question de l'immigration, pour goutter à des portraits tout en finesse, et pour mieux comprendre ce que peut vouloir dire une crise économique et financière.

Imbolo Mbue a la bonne humeur contagieuse! Elle interroge ce qu'est l'espoir, ce que veut dire le vivre ensemble, qu'elle peut être le sens des sacrifices de chacun...

Elle pose aussi la question de la filiation, de l'héritage et de la transmission.

Merci beaucoup Marie-Louise pour ce cadeau! J'ai A-DO-RE!

29 janvier 2017

La chorale des maitres boucher



La première guerre mondiale touche à sa fin. Fidelis, jeune soldat allemand, part pour l'Amérique, avec une valise de couteaux de boucher et des saucisses à revendre, pour avoir assez d'argent pour le trajet! Il se pose dans le Dakota du nord, pour lancer son affaire!

Passées les querelles entre bouchers, le roman nous déroule toute la vie de la famille, avec une pincée de mystère, un zest de social, beaucoup d'intimes, et la mayonnaise prend pour nous faire traverser les années 20, 30, 40 et 50!

Louise Erdrich sait conter les histoires qu'on n'oublie pas, avec ce qu'il faut de personnages cocasses, un vrai gout pour l'anecdote, et un don pour le roman choral! Il y a Cyprian l'équilibriste, Roy l'alcoolique, Clarisse l'embaumeuse, Un-Pas-Et-Demi la marginale..., et Delphine, la jeune femme qui est l'héroïne de l'histoire, celle à qui on s'attache...

Avis aux amateurs de romans vivants et humains!

Un livre sur les liens familiaux ou amicaux, un roman sur l'immigration, un texte qui montre une certaine image de l'Amérique.

Merci à l'excellente Librairie du Renard de Paimpol pour ce conseil!


15 janvier 2017

Eux sur la photo...




Hélène retrouve une photo de sa mère biologique, au moment du décès de son père et de la fin de vie de sa mère adoptive. Elle-même archiviste au musée de la carte postale, elle a soudain l'idée de poster une petite annonce avec la seule piste qu'elle a pour retrouver ses racines en espérant que quelqu'un reconnaîtra l'un des deux hommes sur la photo, qui entoure sa mère, assise. Un certain Stéphane va lui répondre, faisant naître de nombreux échanges épistolaires où l'un et l'autre font peu à peu émerger l'histoire de leurs familles.

Le roman se lit avec intensité, car on veut connaitre le fin mot de l'histoire, on veut comprendre qui sont ces êtres de papier sur la veille image figée et craquelée.

Par ailleurs, des liens forts se tissent entre Stéphane et Hélène, qui sont touchant. On se prend au jeu de l'attente des lettres, au rythme de l'avancée des recherches.

Un livre sur les secrets de famille...

Si vous avez aimé Et je danse aussi ou encore La pluie avant qu'elle tombe, précipitez-vous! On passe un bon moment... en toute authenticité!



08 janvier 2017

Petit Piment



Tout commence dans un orphelinat, en Afrique, où les enfants sont attachés au prêtre qui les fait rire, et où le communisme arrive avec tous les bouleversements sociaux et politiques. D'autres formes de pouvoir et de corruption font peu à peu loi. C'est alors que Petit Piment est amené à l'évasion pour partir vers pointe noire et une autre vie. Sous la protection d'une prostituée, Maman Fiat 500, il grandira, tâchant de quitter peu à peu l'enfance, pour une lucidité délicate.

Petit Piment de Alain Mabanckou est un roman d'émancipation unique en son genre. Le ton et l'écriture y est coloré. On y retrouve une certaine gouaille. On sent l'auteur à la limite du conte, avec toujours une forme de sourire ironique sur lui-même et sa propre enfance...

Un roman qui plaira aux amoureux d'Afrique, de style dynamique et épicé, et d'un certain regard sur ce que peut vouloir dire la pauvreté, la solitude, la condition des femmes, là bas. Un roman pas toujours optimiste malgré le ton drolatique et piquant. Un texte lucide et flamboyant qui change de registre avec les lieux et les pages.





"Chaque week-end nous attendions son arrivée avec impatience et l'applaudissions dès que nous apercevions sa 4L dont le moteur, disions-nous, souffrait de tuberculose chronique. Le prêtre se débattait pour se garer dans la cour, reprenait cinq à six fois sa manœuvre alors que n'importe quel chauffard se serait parqué au même endroit les yeux fermés. Ce n'était pas par plaisir qu'il livrait cette bataille grotesque: c'est parce qu'il souhaitait, se justifiait-il, que la tète de la voiture regarde déjà vers la sortie et qu'il n'ait pas à se compliquer l'existence deux heures plus tard lorsqu'il regagnerait Diosso, la localité où il résidait, à une dizaine de km de Loango..."

02 janvier 2017

Dix minutes par jour



Je commence l'année avec ce roman italien (qui existe aussi en français): Per dieci minuti de Chiara Gamberale! (Titre français: Dix minutes par jour)

En pleine séparation amoureuse difficile, Chiara se retrouve presque en dépression, jusqu'à ce que sa psy lui propose un traitement original. Cela consiste à utiliser dix minutes par jour pour faire quelque chose qu'elle n'a jusqu'alors jamais fait de toute sa vie! Cela peut être n'importe quoi, une toute petite chose comme une grande. Le tout est d'expérimenter du nouveau!

Chaque chapitre raconte donc ces fameuses dix minutes, depuis voler dans un magasin jusqu'à marcher à reculons, tout y passe! On rit avec Chiara, on sent le vécu derrière le récit de ces expériences de vie.

Un grand merci à Eleonora pour ce beau cadeau.

Et avis aux amateurs: même pour une semaine, l'expérience peut s'avérer marrante en ce début d'année de résolutions!