23 novembre 2020

Comme un empire dans un empire




Une lecture en boitant... Un roman pour lequel deux héros alternent à tour de rôle de chapitre en chapitre, et je n'ai marché qu'avec l'un deux!

Nous suivons Antoine, tout frais sorti de sciences po. Il est assistant parlementaire d'un député PS, qui lui demande de mieux comprendre les gilets jaunes... et lui jeune homme plein d'ambition qu'il est, il rêve de publier un ouvrage sur la guerre d'Espagne. Il tend vers de la grandeur dans l'engagement politique, et ne le trouve pas vraiment là où il est.

Et an parallèle nous sommes aussi auprès de L, une hackeuse engagée, qui vit avec Elias, hackeur tout comme elle. Tous les deus vivent leur engagement par des attaques ciblées sur des boites qu'ils n' estiment pas à la hauteur.

Même si Alice Zeniter s'est clairement beaucoup documentée, le roman ne prend pas complètement, je trouve. Si L garde une certaine richesse, Antoine tourne très vite en rond et à plat.

Quel dommage, car j'aimais le thème du roman, qui n'est pas sans rappeler celui de La condition humaine de Malraux, où chaque personnage s'engage d'une façon ou d'une autre.

Et puis, j'aimais l'idée qu'une écrivain questionne notre époque, le monde du dedans de l'internet comme elle le dit, le monde du dehors des engagés sous différentes formes.

Alors, voilà, je vous en parle quand même, car je trouve riche de mettre les enjeux de cyber sécurité en roman. Je suis convaincue que le sujet de l'engagement est un bon angle pour écrire en ce moment... Mais ne vous attendez pas à aussi bien que L'art de perdre, son roman précédent, qui était selon moi bien plus abouti que ce dernier.

18 novembre 2020

Avant que j'oublie...


 


Je viens de lire le Prix du Livre Inter de l'année: Avant que j'oublie de Anne Pauly.

Anne Pauly raconte à travers ce roman le décès de son père, et les jours qui suivent: tout y passe du choix du cercueil au tri des affaires dans la maison à vider... et surtout ce moment où il faut tenir bon, continuer à vivre, malgré le deuil, malgré la souffrance, alors que tout est plus lourd et vide. Le livre montre aussi les liens de fratrie face au départ d'un parent, et là aussi les décalages, les doutes, les colères, la tendresse.

J'ai beaucoup aimé son style, son sens du détail qui fait sourire ou rend mélancolique! J'aime les listes d'objets de son défunt père, j'aime la liste des questions qu'elle aimerait qu'on lui pose quand on l'appelle au téléphone. Bref, j'aime son sens de tous ces petits grains des jours auxquels on se rattache ou tente de se rattacher en vain. J'aime la singularité du regard qu'elle pose sur son monde.

Le livre est riche car son rapport au père est complexe. On sent qu'il a pu être alcoolique, violent, décevant et pourtant elle est attachée à sa figure, à son être au monde, d'une certaine manière. C'est donc tout autant le deuil qu'elle analyse que son rapport au père qu'elle passe au crible.

Ce roman est réussi aussi car au-delà des larmes, elle parvient à faire rire, à garder la pointe d'ironie toujours sous-jacente! C'est ce ton décalé et mordant qui fait qu'on ne tombe pas dans le doucereux, le pathétique, mais qu'on reste dans la perspicacité d'un vécu qui vaut d'être mis en mots et partagé.

Vous aurez compris c'est donc un premier roman que je conseille pour les amateurs d'autofiction, pour ceux qui s'interrogent sur leur rapport à la mort, au deuil, au père.


15 novembre 2020

Présumée disparue


Et encore un petit polar. Avec un côté roman sentimental par petite touche. Pas du tout un grand livre, mais plus comme une sorte de série TV avec des personnages un peu typiques du genre.

Cette fois-ci on traverse la manche. Nous voici à Cambridge. Edith Hind, étudiante brillante, a disparue mystérieusement. Edith est du genre engagée, à manger bio, à militer pour un monde meilleur. Elle est la fille de Lady et Sir Hind, le chirurgien de la famille royale, proche de certains ministres. 

Un roman policier à la construction somme toute assez traditionnelle: avec suspens, rebondissements, découvertes de pans cachés de la vie d'Edith. Bref, le classique du genre. Un rythme plutôt lent, où les preuves manquent, où les équipes de police se blaguent gentiment, et attendent des jours de rebondissements.

Mais c'est avant tout le caractère de l'enquêtrice qui fait la singularité du livre. L'inspectrice Bradshaw est une quadra, qui n'a pas la langue dans sa poche. Célibataire, elle a du mal à s'endormir et écoute pour cela la radio de la police en direct pour se laisser bercer par les commentaires des flics sur le terrain. Ses amis lui conseillent les sites de rencontres, et elle enchaine les rendez-vous sans conviction. Elle a un côté caustique et forte, et en même temps fragile et seule. Un peu perdue.

Vous l'aurez compris, pas un grand coup de cœur, mais un gentil petit polar! Comme ça, en passant, par hasard! 



08 novembre 2020

La dame de Reykjavik


 


Un petit polar islandais de Ragnar Jonasson: La dame de Reykjavik.

Avis à tous les amateurs de la série The killing sur Arte. Ce roman est pour vous!

L'héroïne s'appelle Hulda, et elle est presque sur le point de prendre sa retraite d'inspectrice de police. Très fine et intuitive, elle va tomber sur une affaire non résolue au sujet de la mort mystérieuse d'une jeune femme Russe. Hulda n'a que quelques jours avant de vider son bureau. Elle va tout donner pour résoudre l'énigme.

Un roman qui touche au sujet des migrants, des trafics de femmes, des violences familiales, des enjeux politiques et hiérarchiques dans la police. Un roman qui parle aussi des abus sur mineurs. Un texte qui questionne la justice. Un livre sur la colère.

Merci à Dominique pour le conseil!