25 juillet 2007

Trio Chilien

Titre intrigant mais si finement choisi, Ma femme de ta vie de Carla Guelfenbein est sûrement un des titres du moment à glisser dans son sac à main, à lire les pieds dans le sable ou au chaud en attendant que la pluie cesse, tout dépend de votre destination estivale!







C'est l'histoire de Théo, un étudiant anglais fan de sociologie, qui tombe amoureux de Clara, grande amie de son meileur ami chilien Antonio... Et oui l'histoire est vieille comme le monde, deux hommes amoureux silencieux de la même femme, vous vous en doutez... Et pourtant, le style de Carla Guelfenbein, la construction du roman qui mêle habilement les points de vue, et surtout l'arrière fond politique et sociale (dictature au chili, et retour à la démocratie) donnent au roman une fraicheur, un ton différent, et un suspense prenant.

C'est un livre sur l'ambiguité des sentiments, sur la loyauté, sur l'honneur, et sur la fidélité. C'est bien sûr un livre sur l'amitié et sur l'amour. Mais pour moi, c'est aussi un livre sur "l'instant", ce qu'il enferme de notre passé et de notre futur. Ce qu'il irradie dans le moment présent, ce qu'on en garde ou qu'on oublie.

10 juillet 2007

Doremifasolasido

C'est un livre qui cache des notes de musique à l'intérieur. Un livre dont s'échappe de la légereté, du bien être, et une douce mélodie apaisante.

Sur la couverture, on peut y lire: Ma vie avec mozart, et un nom d'auteur en forme de signature: Eric-Emmanuel Schmitt.

C'est comme une confession, un journal intime, sous la forme de lettres à un ami presque imaginaire, mais pas tout à fait, puisque vous l'aurez compris il s'agit du grand MOZART.

On retire de cette lecture, l'envie d'écouter du Mozart bien sûr, mais surtout de la musique classique en général: Attention, pas en passant, pas par distraction, mais vraiment écouter les yeux fermés, et s'envoler peu à peu ailleurs.

Ce livre renferme aussi de sublimes pages sur l'enfance, écrites dans un style simple mais étincellant.

Merci donc à Stéphanie pour ce beau cadeau.

J'écoute le CD du livre en boucle en ce moment. Et j'ai même été recherchée mon premier CD reçu à 12 ans: Les concertos pour violon 4 et 5 de Mozart. Du bonheur!!!!

Alors si vous avez besoin de vous relaxer pendant les vacances, voici ma prescription:
Quelques minutes de Mozart, quelques pages de Schmitt (à renouveler dès que la fatigue réappartait...)

03 juillet 2007

BD en action!

Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler de B.D.

Parmi mes préférées figure PERSEPOLIS. Une histoire de l'Iran revue et corrigée par la perspicace et sensible M. Satrapi. A lire sans modération ou à regarder depuis peu sur vos écrans! Je viens d'aller voir Persepolis au cinéma! Extra!!!!


Et puis, pour ceux qui préfèrent la couleur au noir et blanc, je recommande une autre B.D.: Le photographe (E. Guibert et D. Lefevre). Cette fois, c'est un voyage pour le Pakistan et l'Afghanistan, en photo et en dessins, histoire d'accompagner une caravane de MSF qui passe la frontière entre ces deux pays pour aller mettre en place un hopital de fortune... Non seulement ce livre est une oevure d'art, mais il est aussi un témoignage très fort sur les changements géopolitiques qui bousculent notre petit monde moderne... En trois volumes, vous serez plongés dans les montagnes arides, au milieu de la souffrance, de l'extremisme, mais aussi au centre d'une très forte solidarité de la misère... A lire absolumment, si vous vous intéressez à l'humanitaire, au développement, et au sort de cette région agitée.



Enfin pour finir sur une note plus légère: deux séries de B.D. à découvrir pour rire et se détendre!


-Le combat ordinaire (Larcenet)

-Le retour à la terre (Larcenet, Ferri)

25 juin 2007

Bien peu de choses...




Je viens de refermer Les choses de Perec. Ce court roman est une critique de la société de consommation. Il nous présente un jeune couple en quête d'assouvir ses désirs matérialistes. Pas de recherche de créativité, pas de curiosité, pas d'art dans leur petite vie, mais la quête de la possession d'objets. Perec donne d'ailleurs aux objets un rôle clé tout au long du roman, ce qui fait du livre un inmanquable du jeu de style... à la Perec.

"Il leur semblerait parfois qu'une vie entière pourrait harmonieusement s'écouler entre ces murs couverts de livres, entre ces objets si parfaitement domestiqués qu'ils auraient fini par les croire de tout temps créés à leur unique usage, entre ces choses belles et simples, douces, lumineuses."

Parfois ces personnages sont beaux bobo... Parfois ils nous semblent nous miroiter et cela même si le livre a maintenant 40 ans. Visionnaire ce Perec!

En fait, ce roman est une vraie analyse sociologique à deux niveaux. Perec fait une analyse sociologique du mode de vie des personnages, à travers l'étude de leur comportement... Et les personnages ont un métier: socio enquêteurs... Amusant non?

Un roman à recommander à tout ceux qui font de la pub ou du marketing, à tout ceux qui font de la socio et veulent garder un regard critique sur le monde.

15 juin 2007

Nemo

C'est un livre magique: on est comme soulevé quand on tourne les pages, on s'envole... C'est un livre tout en photo des pochoirs parisiens de NEMO...



Mais c'est aussi des paroles humaines et sensibles, celles de PENNAC, grands connaisseurs des rues et ruelles de Belleville... et donc des pochoirs de NEMO qui s'y promènent!

Ca s'appelle tout simplement Nemo par Pennac.





C'est avant tout l'histoire d'un père, qui racontait des histoires à son fils avant qu'il ne s'endorme, et qui dessinait la nuit secrètement la suite de l'histoire en pochoir sur les murs du quartier, pour rendre le trajet vers l'école moins pénible pour le petit.

C'est donc un livre qui dégage de la tendresse, du rêve, de l'enfance. Un livre qui donne envie de rester léger et créatif.

C'est aussi un livre qui donne envie d'aller marcher dans Paris, pour aller voir les pochoirs par soi même...

Enfin c'est un livre qui donne envie de se replonger dans les Pennac: La fée carabine, La petite marchande de prose, Monsieur Malaussène, Merci, Le dictateur et le hamac. Que de bons moments passés! Si vous ne connaissez pas encore Pennac, vous avez bien de la chance car vous allez pouvoir découvrir un style populaire hors du commun, une saga familiale hors norme, et tout ça dans un belleville où planne du suspense... la police... (Mais que fait la police?) au milieu des odeurs de couscous, des photos de Clara, des égarements de Thérèse, et des cris du petit...

Bon, amis lecteurs, tu ne regretteras pas cette excursion dans les pensées farfelues de Pennac et les images oniriques de Nemo...

11 juin 2007

Sans queue ni tête!

C'est un livre étrange, où figure sur la couverture la photo d'un robot, de deux adultes à tête de citrouille accompagnés d'un enfant à tête de fer à repasser... Si, si je suis très sérieuse. Le titre de ce recueil de nouvelles de Aimee Bender: Des créatures obstinées (ou en anglais pour la VO Willful creatures).

Ce sont de courtes histoires dignes des nouvelles de Mérimée, très étranges, toujours surprenantes, et qui ont le don de laisser une émotion méconnue sur les lèvres du lecteur.

Par exemple, vous suivrez les aventures d'un animal domestique étonnant: un homme en mignature. Vous rencontrerez une dame qui crée des mots liquides, solides ou gazeux (c'est ma nouvelle préférée du receuil!) Vous verez ce qui arrive à l'homme dont un Dieu ingrat interdit toute activité artistique, etc.

Son style repose sur des apositions signifiantes. Par exemple page 74: "J'aime toutes ces femmes, se disait-il. Il aimait essayer des chapeaux dans des magasins." En une phrase venue de je ne sais pas où, Aimee Bender décrit à merveille le rapport de son personnage à la gente féminine.



Elle a aussi le don pour le sarcasme: page 77 "Les planchers étaient bruns et brillants, les coussins sentimentaux, et les magazines jamais lus"



De temps en temps, on se croirait dans un film de Tim Burton, à cause du ton ironique sur la société américaine dont elle est issue, mais aussi parfois à travers des échos très marqués, comme dans la nouvelle où elle raconte l'histoire d'un jeune homme qui a des clés au lieu de doigts (Edouard aux mains d'argent n'est pas loin!)




Un livre rafraichissant pour tous les déjantés, les en-manque-d'extraordinaire. Attention cependant: Elle fait preuve d'une bonne dose de cruauté!

01 juin 2007

N'attendez plus...

C'est un magnifique petit livre, qu'on a envie d'offrir: Moi, j'attends... de Davide Cali et Serge Bloch.

C'est plein de poésie, le trait du dessin est élégant, et la leçon qu'on en tire est riche d'enseignement! Le texte est simple mais fort. Le fil rouge est porteur: on a envie de débobiner, de rembobiner, de démêler, de rattacher,...

Ce petit livre, c'est comme recevoir une lettre qui nous parle, nous fait sourire du coin des lèvres. Une lettre qu'on aurait envie de déguster et de garder précieusement, pour la relire de temps en temps.



16 mai 2007

Court et Cocasse

Ca s'appelle Le magot de Solange, de Mouloud Akkouche, aux éditions de la Porte d'à Côté... et C'est COURT et COCASSE!

32 pages pour une chute étrange...

Une très belle couverture jaune orangée pour une petite aventure ordinaire qui tourne à l'étrange.

Un beau cadeau de Marie-Louise, merci de m'avoir fait découvrir cet auteur!




On n'a pas envie d'en dire plus, si ce n'est: surtout ne lisez pas la dernière page avant son heure!

Cette nouvelle a reçu le prix des Lecteurs du Salon du Livre d'Orthez 2006...

14 mai 2007

Et tout commença par l'oubli

Tout commence par l'oubli. Un oubli de taille. Elle se réveille un matin, et elle se souvient uniquement d'une rencontre, d'un coup de foudre, mais c'est tout... Quand soudain, elle réalise qu'elle est mariée depuis 12 ans et qu'elle a des enfants.

Frédérique Deghelt, à travers son dernier roman, nous plonge dans une vie amoureuse trouble: la vie d'une femme, d'une épouse et d'une mère, qui a perdu le sens de son existence en oubliant ce que furent ses dernières années, celles qui ont suivi sa rencontre, son mariage et ses grossesses successives.




Dans La vie d'une autre, Frédérique Deghelt nous offre une réflexion sur le souvenir et l'oubli, sur la construction d'une vie de couple, sur nos rapports aux autres et à nous-même.

Ce n'est pas la première fois que des écrivains ou des scénaristes jouent sur les mystères de l'amnésie, mais c'est la première fois que l'amnésie sert à construire une analyse du couple et de ses fonctionnements.

Curieux roman que ce roman si frais, si ravigorant, si plein de vie et d'envie et cela malgré le doute, le vide et l'effacement. Beau roman qui nous emporte de pages en pages au fond de ce monologue intime.

Si vous avez aimé Alice Ferney ou Anna Gavalda, vous serez enchantés, j'en suis sûre!

Encore un beau succès pour cette collection d'actes sud "un endroit où aller". On ne se lasse plus de cette couverture douce, et de sa typo soignée.

07 mai 2007

Un petit tour du côté de Berlin...

Je viens de lire Russendisko de Wladimir Kaminer, histoire de me rappeler les bons moments Berlinois, Prenzlauerberg, etc. Je ne fus pas déçue du voyage!



Wladimir Kaminer est un émigré russe qui pose un regard neuf sur Berlin. Il a un ton nouveau, plein de cet humour russe du désespoir, un humour où tout est pris au pied de la lettre, et où les raisonnements n'aboutissent pas toujours comme on pourrait le penser a priori.

Il offre à notre regard les différents visages du Berlin, ville ouverte. Ce n'est pas "un train peut en cacher un autre", mais "une culture peut en cacher une autre", comme ces restaurants vietnamiens tenus par des chinois, ou ces restaurants russes tenus par des turcs, à moins que ce ne soit l'inverse. Ce qui compte c'est le mélange des genres, l'imprévu, les décalages.

Parallèlement Russendisko est aussi l'histoire de sa vie, l'histoire de sa famille, de ses amis, l'histoire de ses rencontres. Moitié artiste, moitié journaliste, il transforme son quotidien en des petits flash souvenirs, qui sont parfais de vraies épopées kafkaiennes...

De "comment sa mère a visité l'Europe en Bus", à "comment un célèbre médecin russe propose ses analyses sur Radio Multikulti", en passant par "les étranges conséquences que peut avoir le fait de rouler sans ceinture à Berlin"... vous ne vous ennuirez guère à suivre Wladimir Kaminer au détour des rues berlinoises ou au fin fond des méandres de sa mémoire!

26 avril 2007

Un chef d'oeuvre

Je viens de lire Le Chef d'Oeuvre d'Anna Enquist. C'était la première fois que je lisais un livre écrit par un auteur néerlandais. Et c'était aussi la première fois que je lisais un roman écrit par une psychanalyste, un roman où les personnages sont pour ainsi dire disséqués jusqu'à la moelle.







Elle analyse dans une langue très percutante les liens qui peuvent se nouer au sein d'une famille. Il y a le père, disparu, peintre. Le fils ainé, le fils râté, dédaigné par sa mère, et le fils cadet, le génie, le grand artiste successeur du père. Il s'agit de célèbrer l'oeuvre du fils cadet lors d'une grande exposition... Mais peu à peu la tension monte. Le père resurgira-t-il? Les frères seront-ils affronter leur jalousie?

C'est rare d'avoir un tel personnage de mère cruelle dans un roman, et une telle émotion à lire l'histoire de la belle-fille... Je ne vous en dirais pas plus... mais le suspense monte tout seul au fil des pages.


Ce roman en trois partie est comme un opéra tragique, avec une ouverte pour entrer en matière, une deuxième partie où tout se noue, et un dénouement tant attendu sur lequel je ne dirai rien pour ne pas gâcher la lecture. Et tout est construit à l'aide de symbole, comme dans des rêves. Les poissons ont un rôle hors du commun par exemple. Ainsi que les petits gestes du quotidien qui trahissent, plus ou moins. On retrouve les non-dits, les actes manqués. C'est très étrange comme la psychologie est le moteur de toute l'action, et de toute la tension.

Alors, si vous voulez vous plonger dans les émotions, les tensions, et rejoindre les poissons de la première à la dernière page... ouvrez le chef d'oeuvre!

20 avril 2007

Book Crossing!

Un drôle d'événement vient d'avoir lieu en Belgique: un laché de livre.

Des anonymes ont laissé des livres un peu partout, dans les trains, les cafés, les parcs, la semaine dernière, avec écrit dessus: "Je ne suis pas perdu, je suis libre". Ceci fait parti du mouvement actuel de BOOK CROSSING.

Des personnes amateurs de littérature libèrent dans la nature des livres, gratuitement. L'idée est alors de suivre le parcours du livre, grâce à internet.

Les "3 Règles" du BookCrossing...

- Lisez un bon livre

- Enregistrez le livre (avec vos commentaires) sur Bookcrossing.com et obtenez un code BCID unique (BookCrossing ID), puis collez-lui une étiquette avec ce numéro

- Relâchez le livre afin que quelqu’un le lise (donnez-le à un ami, laissez-le sur un banc public, dans un parc, faites-en don à une œuvre de bienfaisance, « oubliez-le » dans un café…), et soyez prévenus par e-mail chaque fois que quelqu’un vient enregistrer un commentaire sur ce livre ! Et si vous faites une Release Note (note de libération), d’autres pourront partir à sa recherche et tenter de le trouver.

Avis aux amateurs...

Et si vous venez de trouver un livre en France, allez sur: http://bookcrossingfrance.apinc.org/
Avec son numéro, vous pourrez en apprendre beaucoup sur son périple!

01 avril 2007

Une Sicile immaginaire?

J'ai fait la découverte du Izzo italien, ou plutôt devrais-je dire sicilien: Andrea Camilleri. Vous y retrouvez le même goût pour les intrigues noires, les ruelles populaires, les bons petits plats du coin. (Ca donne très envie de manger des pâtes avec une bonne petite sauce maison bien sûr!)



A la différence des polars venus du nord, les policiers ne sont pas toujours les gentils! Et ça donne du piment à l'intrigue. Disons que Camilleri nous introduit vraiment dans les relations siciliennes de quartier, de famille, de fonctionnaires plus ou moins pourris, et tout ça dans une langue du coin très typique et soignée, dont le traducteur en français s'efforce de rendre compte au mieux.

Les personnages de Camilleri sont haut en couleur et en tempérament. Ils ne sont pas dupes du système et conservent une ironie salvatrice par les temps qui court.

Je vous conseille de commencer par Le Voleur de Goûter pour faire la connaissance du personnage récurrent des intrigues de Camilleri, le commissaire Montalbano, et de son village imaginaire le plus connu de Sicile, Vigata.


Même si Camilleri précise que tout est faux, le nom du village, les morts en pagaille, les histoires du coin, tout semble plus vrai que nature! C'est sûrement pour cela qu'il a besoin de préciser que toute ressemblance avec un lieu ou fait réel est tout à fait fortuite!

Sachez aussi que Camilleri a une deuxième passion: le roman historique. Personnellement, je n'ai pas encore essayé, mais s'ils sont à la hauteur de ses romans policiers, ça vaut sûrement le détour!

26 mars 2007

Un petit tour en russie...

On a tous en tête l'histoire du Koursk, ce sous-marin nucléaire où périrent des jeunes russes, il y a quelques années. Marc Dugain, lui, en a fait un roman: Une exécution ordinaire.

Il y raconte comment le régime a laissé mourir ses soldats pour sauver la face, alors qu'il aurait pu les secourir à temps. Mais pas seulement! Il nous emporte en fait dans les méandres du stalinisme, puis dans le cynisme des années Poutine, comme pour mieux nous plonger en eau trouble, jusqu'à nous immerger complètement!






Ce ne fut pas une joie de lire ce roman, ce fut comme se perdre dans un long labyrinthe sombre et kafkaïen d'un sous-marin, sans oxygène. Cette immersion dans un monde qui affiche un dédain totale pour la personne humaine est rude. J'ai été choquée bien sûr par la cruauté dans la banalité, qui caractérise les régimes totalitaires, mais aussi par le fait que tout est marqué par un double language, pour survivre tout en donnant le change... ou pour s'afficher contre le régime tout en en bénéficiant. En fait, ce livre est assez proche d'un film que j'ai beaucoup aimé récemment: La vie des autres. Que ce soit les services de la RDA ou le KGB, on retrouve les mêmes mécanismes surnois, la même absurdité, la même machine!


En tout cas, le roman de Marc Dugain reste un puzzle très riche à observer, pour comprendre la dérive d'un régime et d'une idéologie, mais aussi les traces qu'ils laissent après leur chute.


Je pense que vous aimerez ce livre si vous vous intéresez à comprendre comment l'Histoire et l'intime se croisent. Vous aimerez aussi ce livre si vous préférez les dialogues percutants aux longues descriptions. Je pense que vous aimerez enfin ce livre si vous êtes curieux de savoir par quoi sont passés les Russes pour en arriver là où ils en sont aujourd'hui.

22 mars 2007

Un Jour(Nal) pas comme les autres!

Aujourd'hui, un journal à lire: Libération Le Roman d'Un Jour... et oui, pour l'inauguration du salon du livre, le journal Libération a demandé à 54 auteurs d'écrire l'actualité! Et ça donne quelque chose de très étonnant!

On n'est pas habitué à trouver d'autres mots, d'autres expressions, que ceux des journalistes sur les pages de nos quotidiens. Tout d'un coup, on se retrouve face à un langague neuf. On entend un autre ton. Tout est altéré! Certains ont même parlé de Putsch littéraire! Alors, je me suis dit que ça valait bien un message un peu différent, le lendemain du printemps et la veille de l'ouverture du salon du livre au grand public!







Tout ça pour vous donner encore et toujours envie de lire...


Et puis ce soir, sur France 5, grande soirée du livre...

Ca me ferait presque regreter d'être en Belgique!!!

En tout cas profitez bien, ouvrez grand l'esprit, et inspirez! C'est pas tous les jours que la littérature passe furtivement au devant de la scène et nous salue bien bas!

13 mars 2007

Une hirondelle ne fait pas le printemps...




A tous ceux qui trouvent que nous avons déjà un temps digne des plus beaux printemps, je m'en viens parler d'hirondelles... d'hirondelles de Kaboul!

Je viens de refermer Les hirondelles de Kaboul, premier roman d'une trilogie écrite par un écrivain algérien: Yasmina Khadra. Sous ce pseudonyme féminin se cache en fait un militaire, qui depuis son Algérie natale écrit sur notre monde et ses dérives: En Afganisthan, en Palestine, puis en Irak pour le troisième tome.

Je dois dire que Les hirondelles de Kaboul est un livre marquant! Il mêle cruauté et poésie, comme il mélange amours et talibans... des mots qui ne riment pas entre eux.

J'ai trouvé très intéressant d'être plongé dans le quotidien de Kaboul à travers l'histoire de deux couples, un pauvre, un plus riche, mais qui tous deux traversent une crise existientielle liée au passage au pouvoir des talibans. Cela fait réfléchir aux évolutions des sociétés et des croyances, au rapport hommes-femmes, au mélange de l'intime et du social, bref, c'est une mine ce roman...

Pas seulement une mine de découverte, mais une mine explosive, qui je pense, ne laissera aucun lecteur indifférent!

27 février 2007

Pollars venus du froid, la suite!

Après la découverte de l'excellent auteur de pollars islandais A. Indridason, j'ai pu lire dans la presse que Henning Mankell avait du soucis à se faire, lui qui était jusqu'à l'apparition de ce dernier petit génie du genre l'un des plus célèbres auteurs de polars à succès nordique (il est suédois), traduit dans plus de 2O langues! Alors j'ai craqué, et j'ai lu La muraille invisible de H. Mankell, en deux jours! C'est vous dire comme ces deux auteurs ont tout simplement un talent formidable pour nous emporter avec eux, dans le froid des enquêtes scandinaves!







Le personnage récurent de Mankell est l'inspecteur Wallander, un inspecteur très intuitif, parfois impulsif, mais qui sait sentir quand le monde lui échappe.

La richesse de Mankell est d'avoir pas mal vécu en Afrique, et de pouvoir mêler des univers parallèles, nordique ou africain, à l'image de la globalisation du crime et du terrorisme. Avec La muraille invisible, il nous offre un roman d'actualité autour de la protection des "infrastructures critiques". En effet, l'Union Européenne réfléchit depuis peu à comment se protéger d'attaques sur les réseaux d'électricité, d'eau, de gaz, etc. qui pourraient entrainer un blocage totale de nos sociétés. Il est intéressant de voir que Mankell y pense lui déjà depuis 1998!

J'en profite pour signaler aux fanatiques de polars, qu'il existe un site très bien pour se documenter sur les auteurs, les sorties, etc. Cliquer ici si ça vous intéresse!

24 février 2007

Objet Textuel Non Identifié


Je viens de refermer le dernier Paul Auster: Travels in the scriptorium (et pour tous ceux qui voudraient lire la version française, le titre est: Dans le scriptorium)

La couverture du livre que j'avais trouvé m'avait intriguée: un cheval blanc, dans une chambre blanche, avec un lit blanc, des feuilles blanches sur le bureau... et en blanc le titre et le nom de l'auteur...

Et là, je commence à lire les premières pages, et je me retrouve à observer les faits et gestes d'un homme âgé, qui n'a plus toute sa tête. Il s'appelle Mister Blank, Monsieur Page Blanche, en quelques sortes... Il est angoissé, il se sent enfermé, même s'il n'est pas sûr de cela, en fait il n'est sûr de rien! Est-il un personnage de roman enfermé en noir sur ces pages blanches?

On lui fait prendre des pillules, et il est filmé en permanence: Est-ce une allusion à nos sociétés modernes, pleines de consommateurs de médicaments et de vidéosurveillance?

Comme il n'a plus toute sa mémoire, il devient enquêteur! A chaque fois qu'un homme ou une femme passent la porte, il essaie d'en savoir plus. Et étrangement, les noms des personnages qui entrent et sortent me rappelle les personnages de la trilogie New Yorkaise, un des premier succès de Paul Auster. Est ce qu'il fait donc entrer d'autres êtres de papier dans ce roman mystificateur, êtres qui voyagent depuis leurs pages à eux, sur ces pages blanches nouvelles? Est ce un clin d'oeil à ses fidèles lecteurs, pour nous connecter d'une lecture à une autre, nous replonger dans son univers?

Mais peu à peu, on se rend compte que la principale occupation de Mister Blank est la lecture d'un manuscrit qu'il a trouvé sur la table de sa chambre: un texte qui parle de la guerre, et de comment on conduit des hommes à être convaincus qu'il faut faire une guerre contre des "Aliens", Ah! Donc ce serait bien une critique des Etats-Unis, et de la guere en Irak, à mots couverts?

Puis on retrouve l'infirmière qui vient laver Mister Blank: S'agirait-il donc de parler de la vieillesse, des maladies dégénératives?

Plus on avance, plus c'est vertigineux, plus on se trouve pris dans une mise en abîme: entre les ennemis inventés, les médicaments, le jeux sur les identités et les mots...
On n'en finit plus de se questionner, mais où nous emmène Paul Auster avec ce roman?

Mais ça je ne vous le dirais pas, bien sûr, pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte de cet auteur de grand style! Et pour ne pas vous gâcher la chute! Sûrement les deux pages les plus intéressantes après ce voyage troublant dans le scriptorium...

22 février 2007

Le Baleinié

Un petit tracas? J'ai ce qu'il vous faut! Un petit livre tout vert en tissu, avec écrit dessus Le Baleinié, même si c'est pas facile à déchiffrer. C'est un dictionnaire des tracas, écrit ou devrais-je dire inventé cocassement par Christine Murillo, Jean-Claude Leguay et Grégoire Oestermann.







Ils se sont amusés à trouver un nouveau nom commun ou verbe pour tous les tracas du quotidien qu'on connait tous sans pouvoir les nommer, faute de vocabulaire...

Ainsi, on peut trouver à la lettre B:

Boulbos: camion qui roule devant vous sur l'autoroute et vous masque systematiquement les paneaux d'indication!

un peu plus loin:

Jagun: langage à base d'indéfinitifs, de "ils" de "elles" de "on", pour éviter à avoir à dire "tu" ou "vous" à une personne

Kpètre: bandeau accrocheur qui vous a fait acheter un livre dont vous n'avez pas besoin

Plute: prix oublié sur un cadeau

à la lettre Z:

Zoupard: distance entre le ticket de péage et le bout des doigts tendus

et le mieux bien sûr sont les exemples qu'ils donnent comme dans un vrai dictionnaire, les sens figurés qu'ils ajoutent aux nouveaux mots! Bref, on se marre, et ça fait du bien de rire de ces petits tourments du quotidien, qu'on a tous connus un jour ou l'autre!

Pour les intéressés, les auteurs de ce désormmais célèbre dico, en ont fait une pièce de théâtre Xu, que je viens d'aller voir au Théâtre du Rond Point à Paris! Que du bonheur! Et il prévoit une tournée dans toute la France, donc renseignez-vous!

(Et si vous vous le demandez: Définition de Xu: Objet bien rangé, mais où?)

20 février 2007

Un petit tour en Islande...

Il y a peu je suis entrée dans une librairie, et j'ai commencé à discuter avec le libraire, qui était un fana de romans policiers! Je lui ai dit que j'avais lu presque tous les Fred Vargas, mais qu'à par ça, je ne m'y connaissais pas trop! Il a répondu: "j'ai ce qu'il vous fait" puis il est revenu avec dans les mains La cité des jarres, de Arnaldur Indridason, un petit livre de poche tout noir, tout maussade comme le climat là-bas, mais plein de suspense, me dit-il. Un livre qui a connu un tel succès qu'il est traduit en plus de vingt langues!






C'était la première fois que je lisais un livre d'un islandais, et j'avoue que j'étais curieuse d'en découvrir un peu plus sur ce pays, cette culture, ces hommes du froid et du silence,... Et puis s'il existait un commissaire aussi charismatique qu'Adamsberg, je ne voulais pas manquer ça! (voir libellé: Polars, Message posté sur Fred Vargas pour ceux qui n'ont pas encore eu la chance de découvrir la magie de cette romacière et de son célèbre enquêteur!)

Je n'ai pas été déçue du voyage!

Tout commence par la découverte d'un cadavre, classique, mais tout continue d'une façon beaucoup moins classique, avec la découverte d'organes manquantes, d'une mystérieuse maladie génétique, bref je ne vous en dit pas plus! On en apprend du coup pas mal sur les dernières lois d'éthique et de médecine en vigueur en Islande, tout en étant plongé dans une enigme qui mêle le plus noir au plus humain!

Je pense que tous les amoureux de Fred Vargas seront heureux de découvrir qu'elle a de dignes héritiers, ici ou là!

Alors, avis aux amateurs! L'inspecteur Erlendur vous attend, avec un cadavre sur les bras, un parapluie mouillé, et une mystérieuse douleur à la poitrine qui va et vient...