26 septembre 2006

Panoramusical!

J'ai eu l'envie de lire pour la première fois du Pascal Quignard! Vous connaissez peut-être, car c'est lui qui a écrit Tous les matins du monde, immortalisé ensuite à l'écran par un bien joli film!Ne sachant trop par quel bout entrer dans cet univers, j'ai commencé par le dernier de ses romans: Villa Amalia, que je viens tout juste de finir...





J'ai beaucoup aimé le début. Dans un style très musical ("toute l'atmosphère se tendait de nouveau comme une corde de violon sur la touche") et elliptique (usage de quelques mots entre parenthèses pour nous faire humer ce que dégustent les personnages dans un petit restau, ou tout simplement pour indiquer les motifs du papier peint au mur!), Pascale Quignard nous invite à suivre une jeune femme qui décide de tout quitter et de se construire une vie nouvelle. Elle vend sa maison, ses meubles, change de vêtement, se coupe les cheveux, jusqu'à se perdre un peu peut-être, et part en Italie. Là, elle tombe sous le charme d'une vieille villa où elle refait peu à peu sa vie.

C'est le fameux mythe de la vita nuova... l'idée qui peut parfois nous traverser l'esprit de tout quitter, de partir ailleurs, de tout laisser, de disparaître, de changer, réécrit ici tout en musique et en intensité.

"Tous les amants ont peur. Elle avait terriblement peur de ne pas convenir à la maison. Elle eut peur de ne pas savoir s’y prendre en lançant les travaux. Peur d’en altérer la force. Peur de rompre la force. Peur aussi d’être déçue. Peur de ne pas être aussi heureuse qu’elle pensait qu’elle allait l’être quand elle avait découvert la villa pour la première fois.Le printemps balaya la peur.Ce furent les grands jasmins sauvages. Ce furent les buissons de roses. Ce furent les anémones sans nombre, aux couleurs si profondes, aux beautés de soie. Ce furent les pavots."

1 commentaire:

Sophie a dit…

Quignard, je l'ai rencontrée adolescente, âge où je recherchais dans la littérature un mélange de rêve et de sensualité. J'ai commencé par Terrasses à Rome, et je n'ai pas été déçue. Plus tard, j'ai lu La Leçon de musique, qui a beaucoup travaillé mes émotions de musicienne troublée par ses propres interpétations!...
Bref, Quignard, c'est intelligent, poétique, émouvant...
A cette époque-là, je voulais être touchée au fond de moi, me reconnaître moi-même dans l'écriture de l'autre. Quignard, qui est un homme, m'a alors troublée: il écrit avec sa masculinité, avec ce qu'il faut de pudeur et de franchise, et j'ai été déroutée de ressentir à la foisn de la complicité et de la différence.
Pour autant Quignard n'est certainement pas un auteur pour ado, et tu me donnes envie de m'y remettre...
Merci!