Vue sur la littérature d'ici ou d'ailleurs, à la recherche de petites pépites à partager, pour ré-enchanter nos imaginaires d'avenir... Mon site web de prospective: pan-or-amiques.com
14 octobre 2018
Les autodafeurs - Mon frère est un gardien
Et encore un petit bonheur au rayon jeunesse!
Auguste a 14 ans quand son père décède d'un mystérieux "accident". Il va très vite découvrir qu'il n'en est rien, et que son père a bien été assassiné par des personnes qui cherchent à l'empêcher de sauvegarder et archiver des manuscrits anciens. Il va alors être initié à un autre regard sur le monde, derrière celui qu'il connait, où des autodafeurs tentent de détruire les livres et où les gardiens s'opposent à eux.
Le récit est vraiment plein de petites phrases qui font sourire. On alterne entre le point de vue d'Auguste et celui de sa sœur autiste, Césarine.
J'ai eu un gros coup de cœur pour les pages du journal de Césarine. Du haut de ses 7 ans et de son syndrome d'Asperger, elle nous offre une vision bien à elle de la vie:
"Dans mon groupe, il y a douze enfants et six éducateurs. Je n'ai pas levé la tête, mais je le sais parce que j'ai compté les différents pieds et qu'il y en avait vingt-quatre petits et douze grands. Bien sûr, il est possible qu'un des adultes soit nain. Dans ce cas, ça ferait onze enfants et sept éducateurs. Ou alors un enfant peut avoir de très grands pieds, ce qui ferait treize enfants et cinq éducateurs. Ou alors il y a peut être des unijambistes.. mas ça m'étonnerait parce que, dans ce cas là, j'aurais vu deux chaussures très différentes que ne faisaient pas la paire et ce n'est pas le cas. Demain, si j'ai moins peur, je compterai les têtes, comme ça je serai sûre."
Marine Carteron a le don de mélanger un polar, avec un ton sincère et touchant, et une réflexion sur ce qu'on transmet, ce qu'on apprend, ce que veut dire écrire, lire, et ce qu'est la solidarité, le collectif, le vivre ensemble.
Un tome 1 qui donne envie de lire la suite!
Merci Anouck pour la belle découverte!
09 octobre 2018
Un avion sans elle
Un petit roman qui ne mange pas de pain: Un avion sans elle.
Ce n'est pas de la grande littérature, mais on est pris dans le suspense dès le début et jusqu'au bout.
Un 23 décembre, un avion s'écrase au sol dans le Jura. On retrouve un bébé qui miraculeusement a survécu à la catastrophe et deux familles se déchirent en disant que la petite est à eux.
Elle a 18 ans quand on la retrouve avec des questions sur ses origines et un mystérieux détective privé qui lui aussi essaie de trouver la solution à cet énigme. Nous sommes avant l'arrivée des tests génétiques en 1980 quand son enquête a commencé et nous voyons comment pas à pas il cherche à trouver des clés sur l'enfant miraculée.
Un livre qui se lit tout seul...
Pour ceux qui aiment les enquêtes, les rebondissements, les drames familiaux!
30 septembre 2018
Meurtres à Pékin
Un bon petit polar en cette rentrée: Meurtres à Pékin de Peter May, un excellent conseil d'Amélie (merci!).
Margaret Campbell, américaine, médecin légiste, vit des moments si difficiles dans sa vie personnelle, qu'elle accepte de partir en Chine donner des conférences, juste pour s'éloigner un peu de sa douleur. Alors qu'elle est en plein choc des cultures à son arrivée en Chine, un cadavre carbonisé est retrouvé dans un parc. Elle va alors être amenée à travailler avec Li Yan, jeune chinois fraîchement promu commissaire.
Comme vous vous en doutez, ils se détestent mais vont finir par s'aimer!
Un roman qui donne à voir la Chine d'aujourd'hui, avec un regard acéré sur les choix technologiques et politiques du pays. Le développement mais à quel prix?
Un livre qui donne envie de découvrir Pékin, sa bonne cuisine et ses bonnes adresses!
C'est le premier tome d'une série!
Avis aux amateurs!
Les personnages sont très attachants, leur dialogue mordant et l'intrigue pleine de suspense!
Libellés :
Découvrir un pays,
Littérature anglo-saxonne,
Polars
16 septembre 2018
Cartes postales de Grèce
Un livre léger qu'on peut glisser facilement dans sa valise quand on part en Grèce: Cartes Postales de Grèce de Victoria Hislop. Pas de la grande littérature, juste une petite lecture d'été!
Ellie qui vit une existence plutôt morne à Londres trouve tous les jours son quotidien égayé par des cartes, qui atterrissent dans sa boîte bien qu' adressées à l'ancienne locataire. Toutes les cartes postales viennent de Grèce. Alors qu'elle n'en peut plus au travail, elle décide de partir là-bas. Et le jour de son départ, elle reçoit un carnet qui est en fait le récit de voyage de l'homme aux cartes postales. Elle part alors sur ses traces.
On oscille donc entre la vie d'Ellie, le récit de voyage de l'homme aux cartes postales (Anthony, qui tente de se remettre d'une histoire d'amour qui a mal fini) mais aussi les comptes ou courtes nouvelles qu'il écrit au fur et à mesure de ses rencontres avec des Grecs. Certaines histoires qu'ils narrent font rire, d'autres sont dignes d'un film d'horreur!
On sent que Victoria Hislop vit une partie de sa vie en Grèce, pays qu'elle a envie de faire aimer, tout simplement.
J'ai beaucoup apprécié toutes les anecdotes grecques qui servent de base aux histoires courtes d'Anthony, et qui sont toujours liées dans le livre à une photo.
Un roman qui parle de pauvreté, de traditions, de légendes, de solitude, d'amour.
Un regard polyphonique sur la Grèce d'hier et d'aujourd'hui.
C'était particulièrement amusant de le lire sur place, en Grèce.
Merci à Anouck pour la découverte!
04 septembre 2018
Nous les menteurs!
Nous sommes dans le monde parfait de la famille Sinclair. Ils sont beaux, riches, intelligents. Tout semble formidable sur l’île privée au large du cap Cod où vit la joyeuse troupe.
Cadence, l’aînée des petits enfants, y raconte sa vie avec son groupe de cousins. Ils se sont nommés eux-même: les menteurs! Ils font un peu les quatre cent coups. Ils ont leurs codes, leurs habitudes, leurs clins d’œil.
Tout commence par un accident. Elle a quinze ans... et tout finit là aussi.
Mais je ne vous en dis pas plus.
Roman bien écrit, très bien construit.
De temps en temps la narratrice nous livre un conte pour enfant qui en dit long sur sa famille. De temps en temps, elle nous parle de son amour pour Gat, qui semble la fuir. De temps en temps, ça parle d'argent, d'héritage, et de succession. De temps en temps de rêves.
On collecte page après page de maigres indices. On sent poindre le flottement. Et on continue à tâtons.
Une histoire qui fonctionne, les emporte.
Un livre qui plaira à ceux qui aiment les histoires de famille, la psychanalyse, les secrets et les tabous.
Un livre qui interroge le drame familiale.
Fin magistrale!
Merci à la librairie l'Attrappe-coeur dans le 15e pour ce conseil de lecture!
08 juillet 2018
L'aube sera grandiose
C'est une histoire de mère et de fille, de secret de famille, et de liberté.
Nine s'apprête à aller à la fête de son lycée, quand sa mère l'embarque contre son gré, pour aller dans une cabane au bord d'un lac, dont Nine n'a jamais entendu parler.
Elles vont y passer la nuit à discuter, pour finir par détricoter et retricoter toute l'histoire de la famille.
Le roman est construit autour de flash-backs d'un côté, des années 1970 à ce jour, autour de l'histoire de la mère.... Et de l'autre, avec l'heure qui avance dans la nuit du samedi au dimanche, pour marquer la progression du récit de la mère à sa fille, dans ce huit clos de l'isolement des bois.
Par ailleurs des dessins se greffent aussi au détour des pages mais je ne vous dis pas pourquoi!
C'est vraiment de l'humain, des relations familiales, des fuites et des retrouvailles.
Le livre interroge ce qu'on transmet, ce qu'on répète, ce qu'on ose inventer.
Le texte nous renvoie aux objets du temps passé (minitel, etc) et présent (smartphone, etc).
Pas mal de suspense aussi...
Merci à la librairie l’attrape-coeur pour le conseil!
02 juillet 2018
La daronne
Un coup de cœur polar pour commencer juillet: La Daronne, d'Hannelore Cayre.
C'est l'histoire de Patience Hortefeux, qui est une femme de 53 ans vivant seule, et qui a pour principal passe-temps de prendre soin de sa vieille maman en EPAD. Elle est une traductrice d'un genre un peu particulier: elle s'occupe des conversations des dealers d'arabe en français pour la police. Elle sort d'ailleurs avec un flic de temps à autre.
Elle est une vraie observatrice de la justice, des échanges entre les dealers et leurs mamans, des voisins chinois de son immeuble, des assistantes soignantes de la maison de retraite....
Elle a aussi de l'humour, une vision décalée de la vie qui lui vient d'une enfance assez hors norme, avec un père un peu bandit...
Elle a envie de pouvoir mettre ses deux filles à l'abri du besoin alors même qu'elle ne roule pas sur l'or.
Et c'est là que tout bascule, quand elle découvre qu'un des dealers qui est sur le point de se faire attraper par la police, n'est autre que le fils de l'aide soignante préférée de sa mère. Que va-t-elle faire?
Je ne vous en dis pas plus!
Le ton est un régal, le personnage aussi.
Des scènes incroyables qu'on garde en tête après avoir refermé le livre.
On s'amuse, on tremble et on sort réjoui.
On sent le sens de l'anecdote, du quotidien qui nous joue des tours à chaque page.
Un vrai regard sur les questions d'aujourd'hui: comment prendre soin de ses enfants et de ses parents âgés? Comment lutter contre les trafics de drogue? Que veut dire écouter des terroristes? entre autres.
Merci à Anouck pour cet excellent conseil de lecture!
De l'humain, du suspense, de l'humour, du tragique, tout y est!
26 juin 2018
Sirius
Beaucoup de romans racontent des situations post apocalyptiques, où la terre a été détruite et des gens tentent de survivre.
Celui-ci est touchant, car il est un hymne à la cohabitation entre hommes et animaux.Une sorte de fable sur notre rapport à la nature à réinventer.
Avril, une jeune fille et son frère Kid sont réfugiés dans une forêt et tiennent loin de tout, loin de la ville détruite et des étoiles noires, sorte de milices.
Ils vont de temps en temps se ravitailler à un lieu précis et en profite pour voir une vieille dame qui survit isolée. Elle a pu garder des livres qu'Avril lit à voix haute sur un magnéto à pile pour elle.
Jusqu'au jour où tout bascule et où Avril et Kid doivent fuir vers la Montagne.
On découvre alors que Kid peut parler avec les animaux, ou du moins les comprendre étrangement....
Stéphane Servant nous sert ici une critique de la société de consommation, carnivore à outrance et qui va à sa perte.
Les chapitres s'égrainent dans le sens inverse. 69, 68, 67...
On croise de la poésie, un conteur, un âne, un ours. De la philosophie et de la sagesse...
Un livre qui pose la question de la confiance, du rapport au vivant et aux morts.
Libellés :
Amour de la nature,
Forêt,
Littérature française,
Pour Ado
03 juin 2018
Sauveur et fils
Coup de cœur au rayon jeunesse: Sauveur et Fils de Marie-Aude Murail. Une saga très sympathique dont quatre saisons sont déjà sorties chez vos libraires!
Sauveur Saint-Yves est psy pour ado. Et son fils Lazare qui a 8 ans aime écouter à la porte les jeunes patients que son père suit. Selon les jours, c'est Margaux, 14 ans, et qui se taillade les bras, ou Ella 12 ans qui se sent plus garçon que fille,...
Et pourtant ce n'est pas lourd, c'est juste la vie qui défile...
Quatre tomes après, je me suis attachée à tous ces personnages qui passent au 12 de la rue des Murlins à Orléans. J'aime autant la vie privée de Sauveur que son travail de clinicien. Lui aussi a des doutes sur son rôle de psy, sur ses amours, sur le choix d'adopter ou pas des hamsters... mais je ne vous en dis pas plus pour vous garder des surprises sur les habitants de cette maison aux portes grandes ouvertes. Vous ne serez pas dessus du voyage!
Marie-Aude Murail nous montre l'humain dans toute sa singularité et sa beauté. Elle nous raconte avec finesse tout ce que les jeunes d'aujourd'hui portent de notre société (terrorisme, tablettes et smartphones, etc) et de nos évolutions sociales (migration, familles recomposées, hyperactivité, etc); et toujours avec humour et bienveillance, et surtout sans tomber dans la caricature!
Un livre qui plaira au fan de la série In treatment, à ceux qui ne se prennent pas trop aux sérieux, à ceux qui ont le cœur sur la main...
Un roman qui pose la question: que veut dire aider l'autre? mais aussi que veut dire s'aimer soi-même pour ce qu'on est vraiment.
13 mai 2018
Le quatrième mur
Un coup de poing dans le ventre!
Le quatrième mur est avant tout une histoire de rencontre à Paris entre George, un étudiant militant très à gauche qui fait du théâtre engagé et Sam, un juif grec, metteur en scène qui a fui le régime des colonels. Ces deux-là vont faire un tandem qui va questionner ce que veut dire porter une parole de résistance.
Alors que Sam est frappé par la maladie, il va demander à George d'aller monter pour lui Antigone d'Anouilh à Beyrouth. Mais cela veut dire en plein début des années 1980 convaincre Phalangistes, Palestiniens, Druzes, etc de jouer ensemble. Une utopie, un rêve, une folie, tout à la fois. George va relever le défi et nous allons embarquer avec lui pour le Liban en guerre.
C'est magistral. On est pris aux tripes. On ne peut plus quitter les pages des yeux.
Un roman qui questionne les luttes, la guerre, le pardon, la résistance.
Un livre sur le théâtre aussi, et ce qu'il peut porter de politique. Moi qui avait tant aimé Antigone d'Anouilh, j'ai eu le plaisir de redécouvrir la pièce par le roman.
Une façon d'apprendre à découvrir le Liban et son histoire.
Un livre qu'on n'oublie pas...
Libellés :
Découvrir un pays,
Littérature française,
Roman de guerre
06 mai 2018
Le célèbre catalogue Walker & Dawn
Une belle épopée Jeunesse en ce mois de Mai! Captivante et joyeuse!
P'tit Trois, JoJu, Min et Eddie sont des enfants du bayou au cœur de la Louisiane au début du vingtième siècle. Inséparables, ils jouent en cachette de leurs parents près de leur cabane secrète. Un jour ils trouvent une vieille boite de conserve et dedans: trois dollars!
Ils décident d'acheter quelque chose dans le Célèbre catalogue de vente par correspondance Walker & Dawn.
Et c'est le début d'une grande aventure... qui va les emmener en voyage! Ils vont devoir faire preuve de débrouillardise et de courage pour aller au bout de leur rêve!
Davide Morosinotto nous fait découvrir les Etats-Unis au moment de la première voiture, du premier hotdog...
Le roman est en quatre parties, chacune avec une mise en forme intéressante et un narrateur différent.
Le rythme est maintenu du début à la fin. Les personnages sont très attachants.
Du bonheur!
Un livre pour tous les petits et grands curieux du monde, qui n'ont pas peur de tout oser pour se sortir de leur condition....
Un roman qui n'est pas sans rappeler Sally Jones, et autres épopées jeunesse haletantes si précieuses pour aimer les livres quand on est pré-ado.
Merci à l'Ecole des Loisirs!
Libellés :
Littérature italienne,
Pour Ado,
Roman d'émancipation
01 mai 2018
Le Chardonneret
Theo Decker a treize ans et vit à New York avec sa mère. Alors qu'ils visitent ensemble le Metropolitan Museum, un attentat bouscule tout. Theo va fuir les lieux en volant un tableau: Le Chardonneret de Fabritius, peint au dix-septième siècle. Sa mère va périr sous l'effet de la bombe, et le roman va nous compter l'après, la vie d'un enfant qui cherche avec difficulté un sens à tout cela....
Les personnages sont très marquants. L'ambiance est plutôt noire. Surtout pour la partie à Vegas.
Le tableau va être un miroir pour Theo, un compagnon, et plus encore.
Un roman qui questionne ce que veut dire être survivant.
Un livre qui nous plonge chez les amateurs d'art, d'antiquité, et de pièces rares. Mais aussi chez les trafiquants en tout genre.
Je trouve que le rôle d'Hobbie est magnifique. Lui qui a perdu un des siens dans l'attentat va tenter d'aider Théo à sa façon en lui apprenant la menuiserie.
D'autres rôles sont plus tragiques ou fourbes, comme le père qui réapparaît dès qu'il s'agit d'argent ou Boris, qui apprendra tout de l'alcool et la drogue à Théo.
800 pages qui s’enchaînent en mettant en avant les faux semblants, les biens pensants, les doutes et les regrets.
Une grande fresque un peu comme dans la littérature du dix-neuvième siècle.
Merci à Anouck pour la découverte!
03 avril 2018
Certaines n'avaient jamais vu la mer....
Puissant roman polyphonique que Certaines d'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka!
Les voix sont celles de ces japonaises qui ont été mariées à distance avec des hommes vivants sur le sol américain au vingtième siècle, avant la seconde guerre mondiale... et qui ont traversé les océans pour se retrouver à travailler la terre, à être servantes quand ce n'est pas pire.
Nous sommes face à un chœur, à ces témoignages collectifs de l'exil. Toutes leurs histoires s'entremêlent: toutes leurs nuits de noce, toutes leurs grossesses, toutes leurs peurs,...
Qu'il est rare et précieux ce "nous", ce collectif de femmes.
Un roman pour mieux comprendre l'histoire du Japon, la migration, et ce sujet tabou que fut celui des émigrés japonais pendant la seconde guerre mondiale sur le sol américain.
Un livre résolument Au féminin, qui parle d'humiliation, d'oppression et de petites lueurs d'espoirs infimes.
Un roman qui se lit d'une traite, intense et resserré.
Merci à Céline pour la recommandation!
09 mars 2018
Euphoria
Une plongée dans la Nouvelle Guinée des tribus, sur les berges du fleuve Sepik en 1933, c'est ce que nous propose Euphoria de Lily King. On y retrouve trois jeunes et brillants anthropologues qui sont en train de faire naître la discipline, de publier les premières analyses sur les rites, le rapport au corps, etc.
C'est un roman sur Margaret Mead, qui a osé publier sur la vie sexuelle des indigènes à un moment où la société occidentale était pleine de tabous. On y retrouve ses passions, ses désirs, ses amours. Alors oui c'est une fiction, les noms sont différents mais c'est vraiment très bien documenté et on ne s'y trompe pas, ça parle bien de ces vies là qui ont changé la façon de concevoir l'observation des cultures.
Un roman envoûtant, tellement humain, qui souligne les liens ténus entre les chercheurs et leurs sujets de recherche.
Un livre où se mêlent deux voix: celle de Bankson, qui admire son couple d'amis Fen et Nell, tout en tombant amoureux de Nell... et celle de Nell à travers des extraits de son journal intime.
C'est un roman sur la liberté et ses limites, une grande histoire d'amour, une exploration du vivre ensemble.
Libellés :
Exotique,
Littérature anglo-saxonne,
Roman historique
04 mars 2018
Six degrés de liberté
Un roman à l'accent québécois très original : Six degrés de liberté de Nicolas Dickner.
Et on se doute bien dès le début que tout ça est connecté dans un monde globalisé... mais je ne vous en dis pas plus!
Un roman sur le cyberespace, sur la frontière et les passagers clandestins! Un roman qui nous fait entrer dans les coulisses de notre économie, avec tous les conteneurs qui nous livrent des meubles, des pommes, etc. Et des milliers circulent en permanence dans nos océans!
Un roman qui nous montre aussi l'importance des poubelles, des vieilleries et des traces qu'on laisse, à côté même de la civilisation Ikéa du remplacement permanent.
Un roman qui s'amuse de nos acronymes, et de la place qu'ils tiennent ou pas dans nos interactions sociales.
Un roman sur la liberté! Ce qu'on peut faire pour garder du sens et de la poésie dans son existence.
Jay ou Lisa ne sont pas sans rappeler Lisbeth Salander dans Millenium. On trouve vraiment un côté polar dans le récit, qui est très subtilement synchronisé entre les différentes vies des personnages.
Ce roman a remporté le prestigieux prix Canadien du gouverneur général en 2015.
Un livre à conseiller à tous ceux qui aiment le lien entre objet technique et scientifique et rêverie poétique!
Un roman pour ceux qui aiment des personnages attachants, un peu perdus et pourtant plein d'imaginations!
Merci Anouck pour la découverte!
18 février 2018
Le musée des merveilles
Ben, un ado réservé, se retrouve orphelin au décès de sa mère.N'ayant jamais connu son père, il est confié à la famille de cette dernière, auprès de laquelle il se sent assez seul. Une nuit d'orage, il retourne en douce dans sa maison, pour tenter de recueillir des informations sur sa mère, et de retrouver des traces de son bonheur perdu. C'est alors que tout bascule... La foudre tombe sur la maison et fait perdre en partie l'audition à Ben... au moment où il avait enfin trouvé une piste qui le conduisait jusqu'à New York pour retrouver son père...
Parallèlement, on suite Rose, qui vit cinquante ans plus tôt, en 1927, à New York et qui est une enfant sourde, dont les parents ont décidé qu'il était trop dangereux qu'elle sorte en ville seule. Celle-ci fugue pour aller au cinéma, ou pour retrouver son frère qui travaille dans un musée...
Les deux histoires se suivent en parallèle, celle de Ben écrite et celle de Rose dessinée en noir et blanc, ce qui rend le livre vraiment unique. La surdité des personnages se prêtent bien à la lecture de dessins silencieux je trouve.
Et comme vous vous en doutez, peu à peu des liens vont apparaître entre les deux histoires.... pour n'en faire qu'une!
C'est un magnifique roman d'apprentissage, qui est une ode à l'autonomie, au musée, à la collection, à New York et à la créativité.
A la fin du livre, Brian Selznick nous raconte tout ce qui lui a permis de l'écrire, toutes les rencontres, découvertes, lieux, et on réalise que tout est très documenté. Ça rend encore le livre plus beau de pouvoir se rendre compte du voyage qu'a fait l'auteur pour le réaliser.
Un livre à offrir pour sa forme et pour la beauté de l'histoire. Les personnages sont émouvants, attachants et le livre se lit tout seul.
Un roman sur la culture des personnes mal entendantes, sur l'histoire de l'éducation des enfants sourds à travers les générations.
Un roman sur les origines, les filiations, les héritages, la transmission.
Apparemment, le livre était sorti une première fois en français sous le titre Black Out, puis il est ressorti sous le nom Le musée des merveilles, au moment où le film qui en est tiré est sorti en France.
Libellés :
Littérature anglo-saxonne,
Out of the box,
Pour Ado,
Roman d'émancipation
17 février 2018
Aucun de nous ne reviendra
Une comète que ce livre: Tome 1 Aucun de nous ne reviendra de Charlotte Delbo.
Une écriture sublime pour raconter le pire: Auschwitz.
L'écriture ou la vie m'avait marqué à jamais. Aucun de nous ne reviendra aussi.
Autour de scènes du quotidien qui n'en est pas un, Charlotte Delbo nous replonge dans l'horreur du nazisme et des camps, par flash qui se succèdent tous aussi insoutenables les uns que les autres. Elle y montre la déshumanisation totale de ces femmes de partout en Europe. Elle fait très bien ressentir comme il en devient difficile de rester dans la vie, l'espoir, quand tout est décharnement, non sens, épuisement, petites et grandes humiliations.
Ces instantanés du souvenir s'encrent à jamais en nous, comme le parallèle qu'elle fait entre des mannequins de boutique et le transport des corps humains défaits et désarticulés à l'extrême. Ou encore la description de la soif... mise en mot avec une telle force. Les solidarités aussi: une femme qui en cache une autre pour qu'elle puisse pleurer.
Une des écritures les plus fortes qu'il est donné de lire...
Presque impossible à chroniquer ici, tant c'est une écriture de l'absolu!
A lire tout simplement.
Merci Marie pour le conseil de lecture!
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16 février 2018
Songe à la douceur
Un roman dont rien que le titre fait du bien! J'ai dévoré d'une traite, et j'en suis sortie avec une certaine nostalgie!
Magnifique histoire d'amour entre Tatjana et Eugène. Lorsqu'ils se rencontrent, c'est l'été, elle a quatorze ans et lui dix-sept... Lorsqu'ils se re-rencontrent par hasard, dans le métro, c'est dix ans plus tard, à la station BNF... Que c'est doux, que c'est bon....
Tout le récit est inspiré d'Eugène Ounéguine de Pouchkine, tout est en vers. J'aime beaucoup le flot et le rythme des mots, le dessin des pages, le lyrisme. Ça se lit presque trop vite!
J'ai trouvé intéressant la figure de la narratrice omnisciente. L'humour ou l'ironie que cela permet. C'est bien vu.
Clémentine Beauvais ancre très bien son roman dans notre époque, avec le rôle du net, de skype, de Google ou Facebook. On s'y retrouve! On s'en amuse.
J'aime beaucoup la B.O. du roman (liste de musiques qui figure au tout début).
Bref un roman pour oser avoir le cœur battant, en cette semaine de Saint Valentin!
Un livre qui donne envie de vivre intensément et qui plaira aux romantiques, à ceux qui gardent de la douceur en eux.
Un roman sur l'adolescence, les premiers émois, la rencontre.
Un objet textuel à offrir à ses amies pour une lecture de printemps! Une petite merveille!
Merci à Croquelinottes, ça fait du bien de découvrir des livres qui vont au bout de leur projet!
Songe à la douceur a eu le prix Libraires en Seine et La voix des bloggeurs. C'est mérité!
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Pour Ado
03 février 2018
La journée de la vierge
Un premier roman chez l'Olivier, qui est un peu un Sex and the city mais à Paris, sous la plume d'une khâgneuse à la plume fine, Julie Marx: La journée de la vierge.
Notre narratrice a décidé de rester à Paris en ce 15 Août, pour apprivoiser sa solitude. Enfin elle n'est pas vraiment seule: il y a Beethoven, sa plante verte qui ne se porte pas au mieux; il y a aussi sa voisine suicidaire... et il y a surtout toute une galerie de personnages qui font sourire!
Julie a le sens de l'anecdote et du détail, le sens de l'ironie aussi. Certaines scènes sont très cinématographiques!
J'aime tout particulièrement comment elle matérialise les gestes de la célibataire: se gratter le dos contre un mur, car personne à qui demander... Entre autres!
J'ai été intéressée aussi par le fait que chacun des personnages trouve une clé, une posture, face à la solitude, un peu comme dans La condition humaine de Malraux, chacun des personnages trouve un sens à sa vie à sa façon.
Evidemment il y a aussi un jeune homme sur le chemin, et ce qu'il faut de suspense!
Il y a enfin une réflexion sur les auto-entrepreneurs ou free lancers, les solitaires abandonnés du capitalisme?
Un roman à offrir à ses copines ou sœurs célibataires!
Un livre qui peut se lire d'une traite ou par chapitre, le soir, un peu comme on regarderait un épisode d'une série girly!
Merci à Julie pour son sens de l'observation tragique et drôle, pour son analyse de ce que le vide affectif en métropole surpeuplée de touristes peu donner et pour cette chouette signature à Libralire jeudi soir dernier.
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Au féminin,
Littérature française,
Premier roman
27 janvier 2018
Jusqu'ici tout va bien
Un roman coup de cœur en ce début d'année! On sourit et on s'attache de page en page !
On est en 1968 dans l'Etat de New York. Un jeune ado y emménage avec toute sa famille, dans une maison crasseuse, dans un bled paumé. Son frère est odieux avec lui. Son père est maltraitant... Il n'y a rien dans le coin. La ville est minuscule. Rien, non, il y a une bibliothèque et avec elle la découverte d'un monde!
J'ai adoré! C'est un roman jeunesse dur mais plein d'espoir. Une ode à l'émancipation et à la solidarité. On va de surprise en surprise. Les non-dits sont puissants et le chemin suivi pas aussi linéaire qu'on pourrait le croire au début...
On suit le rythme de l'année scolaire, avec des statistiques régulières partagées par le jeune narrateur, qui ne manque pas d'humour. A chaque chapitre son nom d'oiseaux, mais ça je vous laisse découvrir pourquoi!
Notre jeune Doug est entouré de personnages attachants ou drôles, à commencer par les prof, le proviseur, le bibliothécaire, le grand frère qui rentre très amoché du Vietnam, la veille dame écrivain à qui il livre les courses le samedi, les enfants qu'il babysitte, le patron de l'usine de papier de son père, etc.
Tout sonne juste.
Un livre qui donne envie d'aimer la vie, de goûter les détails comme un coca bien frais bu d'une traite, de dessiner, de faire son jardin.
Un roman pour ceux qui aiment observer les tableaux, les oiseaux, ou les gens.
A lire toute l'année et sans modération.
Gary D. Schmidt a eu le prix du meilleur livre jeunesse du magazine LiRE pour ce roman.
Merci à Croquelinottes, librairie à St Etienne pour la découverte!
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