25 avril 2009

Des bulles de Pologne...




Laissez-moi vous présenter Marzi! Elle a les cheveux roux, de grands yeux bleus d'enfant, une curiosité hors norme, et un regard fin sur le monde des adultes qui l'entoure. Elle vit en Pologne, au moment où Solidarnosc se développe et organise des grèves pour faire chuter le régime communiste imposé par l'URSS. Elle regarde le monde depuis sa tour d'immeuble toute grise en béton sovietique ou depuis le fin fond des champs de fraises de la campagne polonaise.


Marzi est l'héroïne d'une B.D. dont je viens de refermer le Tome 4 avec grand plaisir. Son titre: Le bruit des villes.


Cette B.D. est composée à quatre main: Il y a pour le récit, les souvenirs d'enfance de Marzena Sowa, et pour les dessins les traits vivants de Sylvain Savoia.


On enchaîne des petites histoires anecdotiques et amusantes qui éclairent à chaque fois un des aspects du vécu de Marzi et sa famille. Couleurs vives, voix off, et quelques bulles, et c'est parti, nous voilà dans les années 1970...


En B.D., Marzi nous initie à l'histoire de la Pologne, les grèves, les rationnements, les modes collectifs de survie (un congelo pour tout l'immeuble, et en cas de panne de courant, il y a une vache entière à manger d'un coup!). Elle aborde aussi les points sensibles, comme le massacre de Katyn. A ce propos, je vous recommande vivement le film qui vient de sortir à ce sujet. A Katyn, les officiers de l'armée Polonaise furent tués un à un par une balle dans la nuque par l'armée russe. Les soviétiques en prenant le pouvoir en Pologne ont alors construit un mensonge d'Etat, affirmant que les nazis avaient fusillé les officiers polonais. Bien sûr, toute la population ne fut pas dupe...


Marzi m'a rappelé Marjane Sartrapi et son Persepolis. Grâce au regard de l'enfant, on peut découvrir le régime vu d'en bas, mais aussi les non-dits des adultes, les peurs, les espoirs, etc.


Une B.D. que je recommande à ceux qui voudraient faire un voyage dans le temps, à l'époque du rideau de fer...


Une B.D. pour les curieux des autres!




20 avril 2009

Valsez-vous?




Voici un roman tout droit fait pour ma rubrique "Musicalement vôtre". Il s'agit de La Quatorzième valse de Tubeuf, aux éditions Actes Sud.


André Tubeuf nous transmet sa passion pour la musique et les musiciens à travers ce roman, qui raconte les derniers jours du pianiste Dinu Lipatti, et en particulier son dernier enregistrement, et son dernier récital à Besançon. Tubeuf s'appuie sur des éléments réels de la vie du célèbre pianiste pour construire une intrigue intimiste autour de la musique, comme moyen d'affronter la souffrance et la mort.


Dinu Lipatti se meurt dans d'affreuses souffrances, mais une lettre anonyme de fans va lui donner la force d'aller au-delà de lui pour faire jaillir sous ses doigts une dernière version de ses oeuvres préférées de Bach et de Chopin... Sous la plume de Tubeuf comme sous les doigts de Lipatti se joue quelque chose de divin, mystique, quelque chose de l'ordre de la foi.


Ce qui fait la beauté du texte, c'est l'immersion totale dans le vécu physique et psychologique du pianiste, en scène, entre deux enregistrements, ou seul face aux doutes. Il y a notamment des pages très impressionnantes sur le ressenti de l'interprète en action. Avis aux mélomanes, vous ne serez pas déçus du spectacle...


"Je me suis dit que j’y allais comme en vacances ; que j’y avais bien droit. Madeleine aime conduire. Alice en vacances dans le Midi nous laisse son auto pour la quinzaine. D’ailleurs nous ferons étape à Soleure pour la nuit, chez les chers Dunand : j’ai promis mon concours – gracieux – à un tout petit concert dans leur salle des fêtes, une réunion de famille pour mieux dire, ou paroissiale, en fin d’après-midi. Je le leur dois bien, ils sont de ceux qui nous ont tendu la main quand nous débarquions de Roumanie, Madeleine et moi, avec cinq francs à nous deux. Je leur jouerai Bach, des chorals transcrits. Ils me demanderont Jésus que ma joie demeure, naturellement. C’est devenu (pour autant que je suis, moi, quelqu’un) ma signature. Mais d’abord c’est Bach. En pas même trois minutes, tout Bach : son ordre, sa piété, sa chaleur simple et fraternelle – Dieu qui parle, mais sans les nuées. J’aime ces publics sans sophistication ni snobisme, qui ne savent même pas qu’ils sont le public. Ils ne demandent rien, ils attendent tout. Ils sont là comme s’ils priaient, ou espéraient, de leurs seules oreilles. Ils sont comme je suis resté, je crois, Dieu merci, ils n’en ont pas fini avec la merveille. Mais je n’oserais pas, à eux, jouer tout entière la première Partita, qu’il faudrait quand même que j’aie essayée une fois en public en entier, avant de la donner à Strasbourg en festival, un festival Bach, en plus ! C’est un peu long pour eux, ils pourraient trouver ça sec, ou abstrait. Abstrait, Bach ?! Lui, si sensible, si constamment et mystérieusement incarné ! Mais ils pourraient s’impatienter, et serrés dans ce cadre je les sentirais qui n’osent pas remuer sur leurs chaises, de peur de grincer, déranger, se faire remarquer. Mieux vaut l’éviter. Personne n’écoute avec plus de ferveur, de gratitude anticipée, que ces auditoires de fortune, habituellement privés de musique. Mais ils ne savent rien des manières, des rites. Ils sont assez ouverts pour sentir quelque chose, qui va leur prendre la gorge ; mais ils ont peur de s’y trahir, en toussant, en étouffant ; alors ils se raclent la gorge. La peur de la peur. Eux aussi ont ça. Il n’y a pas que le pianiste."

10 avril 2009

Un délice de cocasserie littéraire...




C'est l'histoire d'un libraire et de sa librairie ouverte 24h sur 24... Une librairie où viennent des acheteurs de livres bien sûr, mais aussi à l'occasion Dieu, le facteur, un témoin de Jéhovah, la plus belle femme du monde, une question, et j'en passe! Une histoire farfelue et réjouissante! Un petit conte moderne, un petit théâtre bien surprenant!


Le titre du roman: Le libraire, et son auteur Régis de SaMoreira.


Vous y rencontrerez des jeunes filles qui ont le syndrôme de la dernière page (elles s'y précipitent en cachette), des groupes qui n'arrivent pas à passer entre les rayons... et toujours le poudoupoudoupoudou de la porte et les tisanes qui rythment les heures du libraire.


Ce roman me fait penser à Prévert, à Ionesco, et à Queneau à la fois! C'est si décalé, que ça prête à lire avec un grand sourire.


Parfois on tombe sur une réflexion philosophique, parfois sur une méditation sur la place des livres, parfois sur une phrase sortie de la méthode assimile pour apprendre une langue inconnue.


C'est une sorte d'inventaire fou de toutes les petites scènes du quotidien d'une librairie, en version surréaliste. A faire pâlir ou rougir les libraires!


Un extrait:


"-Avez-vous un livre sans aucun appareil electro-ménager?

- Voyons... même pas un frigo?

- Surtout pas un frigo!"


Un roman surprenant donc, fait pour les amateurs d'OVNI littéraire à la E. Loe.


Un roman en clin d'oeil aux passionnés de littérature tant les références sont nombreuses et habilement distillées...


Des mots et un style, qui nous portent ailleurs... au bord du monde... dans un grand navire onirique et déjanté...

06 avril 2009

Mystère à Fjällbacka...




Dans un petit port suédois, on avait découvert une femme morte mystérieusement, et nous avions été embarqués dans une intrigue du nord comme on les aime: La Princesse des glaces nous avait tenus le souffle court! Pour ceux qui ne s'en rappelle plus, c'est !


Il faut croire qu'avec Le prédicateur, Camilla Läckberg a encore frappé! Nous retrouvons avec plaisir l'inspecteur Hedström et sa chère Erica, embarqués cette fois-ci dans une affaire d'ossements retrouvés en tas non loin de la côte, sous un corps de femme nue et morte il y a peu. Je ne vous en dit pas plus!


Allez, si, peut-être, un scoop: Erica attend un enfant!


Bref, un polar de chez Actes noirs ACTES SUD, qui mérite de faire les têtes de gondole. Bien construit, avec comme pour La princesse des glaces, un récit qui entremêle le point de vue des victimes en italique et celui des enquêteurs en normal.


Une histoire assez sombre, dans un milieu provincial très étroit, une famille où les haines et les mensonges sont rois, les Hult. Leur caractéristique: Le grand-père était réputé pour ses pouvoirs de guérisseur et de prédicateur, qu'il aurait peut-être transmis à ses fils. Mais le doute planne sur ce gourou et ses héritiers ou déshérités...


Je recommande ce roman à tous ceux qui se trouvent en manque de Millenium (suite au récent poisson d'Avril de Rue 89 annonçant un Tome IV!).


Je conseille ce roman au fan de Mankell, ou Indridason.


Un roman qui ne vous lâche plus, jusqu'aux révélations finales... à faire frémir!


01 avril 2009

Une obscure clarté




C'est un roman fait pour les amoureux d'actualité, les fan de géopolitiques, les curieux de l'ONU, entre autres! Ca s'appelle les Eclaireurs, et c'est la suite des Falsificateurs, tous deux signés Antoine Bello.


Un bref rappel de l'histoire des falsificateurs: un jeune sociologue islandais, Sliv, se fait recruter dans un cabinet de conseil, pour mener des études environnementales. Très vite, on lui demande de modifier son rapport de mission, de changer quelques faits historiques ici ou là. Il se retrouve alors embarquer dans une toute autre aventure: Il découvre qu'une organisation internationale secrète, le CFR, opère derrière son entreprise, et falsifie les faits du passé ou du jour, pour changer l'avenir. Il y est recruté... sans trop savoir sa finalité!


Dans Les Eclaireurs, nous allons enfin pouvoir approcher de plus près le mystérieux Consortium de Falsification du Réel et son fonctionnement... et qui sait découvrir qui se cache à sa tête! Mais je ne vous en dit pas plus!!!! Tout ça sur fond de 11 septembre et de guerre en Irak! Il se pourrait même que des traîtres opèrent pour leur propre compte au sein du CFR... Le suspense est à son comble.


On ne peut pas dire qu'Antoine Bello ait un grand style littéraire. Il maîtrise surtout l'art du dialogue et des comptes-rendus de réunion.


Par contre, son point fort est de mêler très habilement la fiction et le réel, si bien qu'il nous fait réfléchir à l'impact de l'un et de l'autre sur nos vies, mais aussi à leurs liens. Le Pentagone n'est jamais très loin d'Hollywood!


En plus, je trouve que ces deux romans nous offrent une réflexion très intéressante sur les idées, leurs circulations, leurs manipulations. Pourquoi une idée particulière devient-elle un jour importante ou dominante, tandis que d'autres s'évanouissent dans le vide sidéral médiatique?


Enfin, je pense que tous ceux qui s'interrogent sur éthique et politique seront ravis, ainsi que ceux qui sont intéressés par le monde diplomatique.


Une série de romans à recommander pour garder un regard critique sur le monde...


30 mars 2009

Trente petites minutes d'éternité...





De la collection "littérature en piccolo" de chez Liana Levi, je viens de lire Mon voisin, de Milena Agus. Cette collection est faite pour les amateurs de romans courts, pour les pressés, les entre-deux trains ou entre-deux métros. Les histoires se lisent en trente minutes maximum, et ce sont des petits bijoux!

Dans Mon voisin, j'ai retrouvé le style direct de Milena Agus, que j'avais déjà tant apprécié dans Un mal de pierre.

Mon voisin est l'histoire d'une femme qui n'a plus aucune envie de vivre. Elle élève seule son petit enfant, qui ne marche pas et ne parle pas... Elle cherche la meilleure façon de se suicider. Quand, un jour, elle rencontre son voisin, un autre monde s'ouvre devant elle... Son existence basulera-t-elle ou pas? Je vous laisse face à ce mystère...

"Elle avait raison de boire l'eau jamais vidangée de la citerne en espérant le typhus, et de manger les conserves périmées en se souhaitant le botulisme, et de toujours marcher du côté de la route où les autos passaient et pouvaient l'écraser. Mais c'était le printemps maintenant, et au printemps on regarde dehors, une fois les vitres nettoyées."

Avis à ceux qui souhaiteraient mettre un brin d'Italie et de soleil dans leur quotidien...

23 mars 2009

Entre l'ombre et la lumière




Quel est le roman qui détrône en ce moment la série des Harry Potter en nombre de ventes? Et oui, c'est la série des Twilight de Stephenie Meyer!


Curieuse que je suis, je viens de lire le Tome 1.


Bilan de ce bestseller: une très belle histoire d'amour platonique entre deux ado comme on n'en fait plus!


Un petit univers à soi, qui n'est pas celui de la magie, mais des vampires!


Une histoire bien montée qui prend chapitre après chapitre.


Qu'en retient-on? Que souvent nos désirs les plus fous nous font peur... Qu'il était bon être innocent, jeune, croyant à cent pour cent en la possibilité d'une relation amoureuse noble, forte, et merveilleuse!


Bref, un roman pour ceux qui veulent faire une petite régression fort agréable à l'âge du grand amour et des grands rêves! Un roman pour ceux qui voudraient en savoir plus sur les vampires! Enfin, un roman pour ceux qui ont de longues heures à tuer... On ne voit pas le temps passer si on se prend au jeu! A en rêver de croiser un beau vampire dans les rues tard le soir!


22 mars 2009

Conte pour fées printanières




C'est un petit conte de fée printanier, à quelque chose près. Un roman empli de tendresse, de douceur, d'espoir et d'amour, ou presque. Il est comme un petit bouquet de fleurs, avec quelques boutons de Ensemble c'est tout, et quelques feuilles de L'élégance du hérisson. Son titre: La grand-mère de Jade. Son auteur: Frédérique Deghelt.


Jade, triste d'entendre que ses tantes veulent placer sa grand-mère en maison de retraite suite à quelques signes de faiblesse de l'âge, décide de l'enlever et de l'emmener vivre avec elle à Paris. C'est un peu comme dans Ensemble c'est tout d'A. Gavalda, elles découvrent les joies des moments partagés. Et puis c'est aussi comme L'élégance du hérisson de M. Barbery, car Jeanne, la grand-mère de Jade, a un secret: derrière son apparence de mamie savoyarde sans éducation, elle câche une passion pour les livres et une érudition littéraire hors norme.


Vous l'aurez compris La grand mère de Jade de Frédérique Deghelt se lit tout seul, de même que son roman précédent La vie d'une autre, que j'avais lu d'un coup.


Un roman de plus de chez Actes Sud, un endroit où aller, ma petite collection bien aimée qui va rejoindre ma catégorie Au féminin sans hésitation!
La grand-mère de Jade est un roman qui donne envie de lire ou relire les classiques, de vivre en mot, d'écrire. C'est aussi un texte qui illustre pas mal la difficulté pour les jeunes auteurs d'être édité. Par ailleurs, je trouve qu'il est salutaire de montrer à quel point un écrit avant de devenir un roman doit être relu, retravaillé, revu, maintes et maintes fois.


Enfin, je voudrais ajouter que pour moi la grandeur du roman vient de sa fin... Que je l'aurais moins aimé sans ses dernières pages! Mais ne trichez pas! Ce serait tout gâcher!!!!


Bonne lecture au soleil!

17 mars 2009

Petites et grandes foulées




Courir
de Jean Echenoz se lit comme on écoute un journaliste sportif haletant commenter les exploits des marathoniens. C'est très factuel, et pourtant on se laisse prendre, on veut savoir si Emile arrivera premier, s'il battra un nouveau record, s'il décrochera une médaille. On sert les dents et l'on tremble pour lui.

Emile, c'est Emile Zatopek bien sûr. Célèbre courreur vainqueur du 10.000 mètres en 1948. Mais l'on découvre bien plus que les courses, on se plonge dans l'envers du décors. Son travail chez Bata, si si... Sa façon bien à lui de se positionner par rapport au régime tchèque.

Courir est un roman écrit par un homme pour les hommes. C'est très narratif. Il n'y a que peu de places pour les sentiments. Son histoire d'amour avec Dana est presque aussi mécanique qu'une course.

Ce qui reste touchant pourtant, c'est qu'Emile n'a pas l'etoffe des héros. Il est simple, honnête, juste avec lui même. Il ne change pas sa méthode ou sa façon de courir en fonction des autres. Il suit son cap, par tous les temps.

Ce roman pourrait tout à fait être adapté au cinéma dans le courant actuel des biopic.

Ce qui frappe au niveau du style, c'est la répétition du prénom, comme dans un rapport circonstancié. Emile fait ceci. Emile fait cela. Emile encaisse.

Echenoz fait presque de l'écriture une course. Ponctuant la cadence.

En outre, on a l'impression qu'une autre course se joue en parallèle, celle des chars, qui avancent.

Etrange objet que ce roman, biographie romancée à la Ravel mais pas seulement. C'est comme si l'intensité de la course marquait les pages, le rythme, et le style.

Avis aux amateurs de parcours biographiques en roman, mais aussi à ceux qui aiment les romans mêlant les histoires singulières à l'histoire des sociétés.

16 mars 2009

BD italienne...




Aujourd'hui, je m'en viens vous parler de Bandes Dessinées italiennes. Quand j'ai débarqué en Italie, on m'a dit que le pays était moins tourné B.D. qu'en France. Mais, je peux vous confier maintenant que ce n'est pas totalement vrai. La B.D. italienne compte une jeune génération très active.

Parmi mes trouvailles, Sualzo, et sa B.D L'improvisateur.

Sualzo vient de Peruge, où d'ailleurs son pseudo correspond dans le patois local à un oiseau au pouvoir magique. Quant à son personnage principal, Elia, il n'a rien d'extraordinaire. C'est plutôt le trentenaire italien, looser, qui se rêve saxophoniste star, alors qu'il est prof en retard.

Il veut partager la scène avec les plus grands et se retrouve en studio pour enregistrer des pubs, déprimant! En drague, il n'est pas non plus au top. Bref, un regard assez juste sur certains profils masculins de la botte!

Ce qui m'a plu chez l'improvisateur, c'est la place faite à la poésie, dans l'histoire mais aussi dans les citations littéraires qui introduisent les chapitres. (Avis aux amateurs de Pessoa!) D'ailleurs, cette structure en chapitre permet une lecture fort agréable, et une progression dans le temps et les lieux à l'ancienne qui n'est pas sans déplaire.

La palette de couleurs choisie se marrie bien avec l'univers du jazz. Le trait aussi!

Enfin, j'apprécie tout particulièrement les décors des villages à l'italienne. Les murs jaunes, les volets verts ouverts en persienne, les places, où il fait bon discuter dehors le soir, à la fraîche. Je trouve que l'ambiance est bien retraduite en image, dans les scènes nocturnes.

On attend donc de voir la suite des aventures d'Elia... et pour patienter on se met à écouter du jazz...

15 mars 2009

Littérature en série




Oui, bon, c'est pas très avouable mais je me délecte en ce moment en lisant la suite de la série des Sunday Philosophy Club d'Alexander Mc Call Smith. C'est bon d'ouvrir un roman en connaissant déjà tous les personnages, le décor, le style. C'est comme retrouver les héros d'une série télé qu'on a aimée!


J'en suis au quatrième et avant dernier tome! Pour ceux qui ne connaitraient pas, l'héroine est Miss Isabel Dalhousie, philosophe, vivant à Edinbourg. Elle pratique la philosophie éthique ou morale, comme elle respire. En outre, elle est extrêmement curieuse, et fourre donc systématiquement son nez dans des affaires mystérieuses qu'elle ne manque pas de résoudre brillament. Je les lis en anglais pour la douceur du style. Des mots qui entrent sans lutter dans l'esprit et qui ne laissent pas de traces. Bref, juste de la pure détente de dimanche!


En français, vous les trouverez chez 10/18: Le club des philosophes amateurs (tome 1); Amis, amants, chocolat (tome 2); Une question d'attitude (tome 3); Le bon usage des compliments (tome 4).


Alexander McCall Smith est aussi l'auteur d'une autre série que j'avais dévorée: celle de Mma Ramotswe, détective, au fin fond du Botswana. Je ne peux que vous la recommander!


Enfin, je voudrais vous signaler l'excellent site internet d'Alexander McCall Smith: tout y est, les livres, des interviews filmés de l'auteur, etc.


Une vraie machine à faire des petits pains chauds qu'on déguste en un rien de temps...

11 mars 2009

A la pêche!




Lire la B.D. Paul à la pêche de Michel Rabagliati, c'est comme partir en vacances quelques semaines au Québec, Tabernacle! Mais pas que! Au-delà de toutes les petites expressions joyeuses des québecquois, on y trouve un vrai talent de narrateur et de dessinateur, qui manie aussi bien la description des lieux dans leur moindre détail dans des grandes cases que la satire quand il se doit dans des plus petites (voir notamment les bulles concernant Apple!).

On y suit une petite chronique de la vie comme elle va, quand on part pêcher à la mouche avec des amis... ou plutôt quand on part à la pêche au mouflet... car sous ce titre se cache en fait le récit de la grossesse de la compagne de Paul. Or cette grossesse n'est pas sans attente, sans fausse joie, sans épreuve, comme celle du pêcheur dans sa barque. Les pages se tournent avec suspense et on est de plus en plus touché et ému par les aventures du couple. Sur 200 pages, on est emporté dans les pensées de ces trentenaires, finalement pas si loin de nos soucis et de nos joies quotidiennes à nous quand on y pense, même si nous ne sommes pas du même côté de l'Atlantique.

Le dessin en noir et blanc est assez proche de celui que l'on peut trouver chez Guy Delisle, par exemple dans Chroniques Birmanes. La même auto-dérision aussi, sur la place et le rôle des pères.

Cette B.D. est l'un des nombreux albums de la série des Paul: Paul dans le métro, Paul à la campagne, etc. La naïveté des titres à la Martine cachant souvent un propos très subtile sur nos petites existences.



Les forces de Michel Rabagliati: sa façon de brosser le portrait des gens qui l'entourent, de les cerner en trois coups de crayons; sa facilité à raccrocher des anecdotes amusantes à une trame parfois pas toujours évidente à raconter; sa capacité à mêler critique sociale, psychologie et humour. Michel Rabagliati connaît un immense succès au Canada avec sa série des Paul. Je pense qu'il en sera de même en France!

Alors, si vous avez aimé Guy Delisle, jettez-vous sur les Paul! Et dites-moi ce que vous en aurez pensé!!!

08 mars 2009

INTERACTIF 3




Revoilà un petit INTERACTIF pour vous soliciter fidèles lecteurs de ce blog! INTERACTIF vous permet, pour rappel, de faire partager vos coups de coeur. Après la plus belle histoire d'amour dans un roman, et les plus beaux romans courts à glisser dans un sac, le thème en est: Littérature venue d'ailleurs.


Il s'agit de conseiller des romans venus de pays dont on ne lit presque jamais de romans... par exemple des romans du fin fond de l'Afrique, des romans du fin fond du Népal, d'Arménie, ou du fin fond d'Equateur... Bref, des perles rares que vous auriez découvertes et qui vous auraient emmené très loin dans un recoin de la planète que vous aimeriez nous faire connaître!!!


A vos plumes!!!!


NB: Depuis peu, pan-or-amiques s'est doté d'une nouvelle rubrique: ATTENTION BESTSELLER! Pour ceux qui aimeraient lire les petits pains qui se vendent bien...

05 mars 2009

A hauteur d'enfants...


"Quand Rose a rencontré mon père, mon gentil père, le directeur du cirque, quand Rose a rencontré son Monsieur Loyal, elle était déjà enceinte de moi.

Mais elle avait le ventre si creux - les os magnifiques de ses hanches créaient comme une bassine en leur milieu -, elle avait le ventre si creux que mon père ne me soupçonna pas."


L'histoire de Rose commence ainsi. ou presque...


Dans Déloger l'animal, de Véronique Ovaldé, nous suivons une narratrice de 7 ans ou peut-être 12, on ne le sait pas. Une petite fille qui essaie de comprendre d'où elle vient, et ce que font les adultes aux comportements parfois si mystérieux.


On ne fait que lui mentir, et elle ne fait que réécrire son histoire, en décousant les uns après les autres les mensonges des adultes qui l'entourent.


Ce roman est proche du film Stella. Pour l'un comme pour l'autre, c'est avant tout le regard d'un enfant porté sur un milieu populaire, autour duquel il construit son imaginaire. Dans les deux cas, le langage cru fait partie de la vie et de l'univers reconstruit et réinterpreté sans cesse.


Mais avant tout, Déloger l'animal est l'histoire de la disparition d'une mère, dont Rose attend désespérement le retour, sur le toit de l'immeuble où elle habite avec Monsieur Loyal:


"J'apercevais l'horizon, un horizon de toits terrasse, un bric-à-brac d'antennes de télé, de paraboles, de réservoirs d'eau, de jardins clandestins avec bambous, barricades, bassines pour récupération de pluies d'acide, chaises, caisses repose-pied, frigo pour bière, générateur turbinant nuit et jour, il y avait aussi les chats errants, les mouettes, les sirènes et les essoufflements du port, le bruit des rues qui montait jusqu'à nous par spasmes paresseux. Je me disais toujours, ils pourraient bien tous mourir en bas, ils pourraient bien tous attraper la peste, je n'en saurais rien avec mes lapins.

Les lapins étaient tapis à l'ombre de la cheminée. Ils bénéficiaient de petits ventilateurs pour leur assurer un minimum d'air, pour qu'ils ne tournent pas de l'oeil et continuent de scruter l'horizon toit terrasse tout devant.

Nous noous entendions à merveille, les lapins et moi."


Ce roman est très touchant, car derrière ses tentatives pour comprendre le monde, on lit toute la souffrance de Rose, qui parfois enfile sa petite cape noir et fushia pour sauter de l'immeuble. Entre vie rêvée et vie réelle, Véronique Ovaldé interroge avec talents le monde des enfants, des adolescents et des adultes.


Un roman dont la force est dans le style unique, imagé, naïf, tendre.


Un roman qui a su créer tout un univers coloré, de cirques, de glaces et de bonbons, là où se tiennent les réalités pas toujours reluisantes des adultes.


Un roman qui mélange humains et animaux, les intervertit. Qui sont les lapins en cage, qui est le lion du cirque... Et quel est cet animal à déloger?


Je vous laisse découvrir!


27 février 2009

Le livre dont le fleuve est le héros...



Pour la première fois, j'ai lu un roman dont le personnage principal est un fleuve... C'est lui qui innonde le paysage, fait les premiers amours, les accidents, les décès. C'est lui qui tour à tour rassemble ou divise. C'est lui que l'on peut remonter, regarder couler, craindre ou aimer.


A côté, les hommes ne sont rien ou presque. A la limite du troublant, de l'ineffable. Le fleuve fait leur destin.


Un roman très italien dans les rapports entre les personnages.
Un roman de petits villages, de campagne et de pêche.
Un roman écrit d'une plume de maître.


Mes pages coups de coeur:


"Tout petit déjà, mon fils me demandait de lui expliquer l'amour, comment on pouvait le dessiner ce qu'on éprouvait pour les grands-parents ou pour les parents et pour m'en sortir, je lui racontais qu'il existait, mais qu'on ne pouvait pas le voir et encore moins le dessiner. Lorsqu'il alla en ville pour faire ses études de médecine il m'écrivit qu'il faisait des tas d'autopsies et que chaque fois il essayait, en vain, de le trouver caché quelque part. Et que pourtant il y était. Ainsi depuis des années, il m'envoie de Borrello des caisses pleines d'amour rien que pour moi et il les remplit toujours de paille pour qu'il arrive là encore intact."


"Il avait appris cela de sa fille Paoletta. Elle n'avait pas encore deux ans et le soir pour s'endormir ou dans les moments de tendresse, elle sortait à peine son pouce de sa bouche, murmurait 'morceau', tendait la main vers le cou de sa maman, frôlait la peau comme pour saisir dans sa paume un petit morceau de corps et approchait son petit poing fermé de son visage, pour en garder jalousement le contenu. Très vite, elle avait commencé à prendre un morceau de son papa quand il partait travailler. Elle courait après lui jusqu'à la porte, le prenait derrière son oreille et le mettait dans sa poche ou dans son tee-shirt. Un peu plus tard, elle commença sans bruit à en prendre à ses grands-parents quand ils lui racontaient des histoires, à ses petites cousines pendant leurs jeux, aux amis de ses parents qui la faisaient jouer. Il était évident maintenant qu'elle n'en prenait qu'à ceux qu'elle aimait."


Ce roman a eu le prix bacchelli, prix du premier roman.


25 février 2009

Et ce monde étrange continue de tourner...











Paul Auster nous montre avec Seul dans le noir, que son monde étrange continue de tourner... Comme toujours chez lui, c'est le quotidien mais tout est différent, comme dans un mauvais rêve, ou un pur cauchemard, mais on ne le sait pas encore!






Il nous raconte l'histoire de trois individus qui partagent la même maison et la même douleur face à l'existence: Il y a August Brill, le grand-père, critique littéraire qui invente une histoire pour lutter contre son insomnie... qui est veuf, et en plus accidenté de la route. Il y a sa fille, qui est en train d'écrire sur une poétesse pour essayer de se remettre de son divorce. Il y a sa petite fille, dont le copain est mort en Irak, et qui du coup ne vit plus, sauf à enchainer les DVD de vieux films.








En fait, tout semble normal a priori, comme dans La trilogie new yorkaise. Cependant, des évènements curieux viennent semer le doute. Cette fois-ci, les incroyables étrangetés n'arrivent pas directement au narrateur, August Brill, mais au personnage du livre qu'il conçoit dans son esprit, le caporal Brick. Ce dernier se retrouve dans des Etats-Unis en pleine guerre de cessession, où aucun 11 septembre n'a eu lieu. Il a pour mission de tuer August Brill, le narrateur du roman, qui l'a conçu ainsi que cette guerre civile atroce...








Ce qui fait dire au narrateur: " l'histoire est celle d'un homme contraint de tuer l'individu qui l'a créé, et à quoi bon prétendre que je ne suis pas cet individu? Si je me mets dans l'histoire, l'histoire devient réelle. Ou bien c'est moi qui devient irréel, une création supplémentaire de mon imagination."








Une mise en abîme digne de Paul Auster! Nul doute! Si bien que l'on se demande quand la fiction va faire son apparition dans le réel... et si c'est le réel qui fait son entrée dans l'imaginaire...








A part le jeu de l'esprit qui fait concevoir des échos très judicieux entre la vie du narrateur et celles des personnages de sa fiction, je dois dire que j'ai moins été séduite par la guerre civile recomposée par Auster, que par la vie des trois déchirés de l'existence, reclus dans leur maison du Vermont. Certes, l'invention imaginaire du grand-père seul dans le noir nous emporte comme a pu le faire La jetée de C. Marker ou son remake L'armée des douzes singes... Cela dit, je n'ai pas été totalement convaincue... Alors que les discussions familiales m'ont touchée, surtout sur la fin.








En fait, ce qui fait la beauté de ce Paul Auster, c'est sa reflexion sur l'écriture et les mises en abîmes de l'esprit.








Ensuite, c'est toujours et encore sa façon de questionner le normal qui nous entoure, et ses limites.








Enfin, j'aime toujours autant sa façon de faire entrer le cinéma dans ses lignes, avec des analyses de scènes de grands classiques, qui donnent très envie de les voir ou de les revoir!








Un roman qui donne envie de regarder des vieux films donc, de réfléchir à des portes pour sortir de son univers ou y entrer, bref, un Paul Auster, pas si mauvais que la critique veut bien le dire!








A vous de juger!












24 février 2009

A travers la vitre



Ma route a croisé Le boulevard Périphérique de Henry Bauchau, chez Actes Sud. J'ai été très émue et touchée par le justesse du propos de l'auteur. A nul instant celui-ci ne tombe dans la sensiblerie, et pourtant!


Il nous raconte les va-et-vient sur le périphérique d'un homme qui rend visite à sa belle fille à l'hopital jour après jour. Celle-ci se meurt d'un cancer, mais il faut garder l'espoir. Le serrer très fort. Lors de ces déplacements géographiques d'un bout à l'autre de Paris, le narrateur voit défiler bien plus que le paysage. Ce sont les années qui filent, que le trafic soit fluide ou bouché, que le RER remplace la voiture en panne ou pas. Il revit sa jeunesse, et surtout une amitié particulière qui l' a uni avec Stéphane, son compagnon d'alpinisme. On est alors transporté à l'époque de la seconde guerre mondiale et de la résistance.


On sent que ce roman est écrit par un psychanalyste qui guette les lapsus, les actes manqués, les regards complices, les gestes qui en disent long et loin au détour de nos carrefours du quotidien. Il est sans complaisance. C'est un texte construit autour de l'instrospection, des associations d'idées, des liens que l'on fait entre son histoire et son quotidien. Avec subtilité, le narrateur nous fait coller à son humeur, à ses mouvements de l'âme, au plus profond de l'intime.


Enfin, ce roman est une reflexion sur la mort, l'existence, et le sens que l'on veut bien donner à ces deux mystères. Ce roman nous plonge tour à tour dans l'ombre et la lumière, le bien et le mal. Tenues sont les frontières.


Henry Bauchau a eu le prix du livre Inter en 2008 pour Le boulevard périphérique. Et cela ne me surprend pas. Ce roman nous parle à nous, êtres singuliers, qui parfois assis dans le bus ou dans la voiture voyons passer à travers les reflets de la vitre bien plus que des images et des mots.

Je conseille ce livre emplis de sagesse à ceux qui sont en quête d'eux-mêmes et qui tentent de comprendre un brin de sens à ce qui nous échappe jour après jour.

Je recommande ce roman à ceux qui aiment lire des histoires liées à la seconde guerre mondiale, à l'occupation, à la résistance mais aussi aux amateurs de haute montagne, d'escalade, et de défis physiques.

Le boulevard périphérique est le roman d'un homme mûr, qui ne tourne pas en rond, mais nous invite à avancer avec lui au milieu des espaces intenses de nos intérieurs insondables.

22 février 2009

A vif!



De la chair à vif, voilà ce que nous propose Olivier Adam dans Passer l'hiver. Des personnages qui font face aux gerçures, aux égratinures et toutes les autres petites brûlures de la vie. Ca fait mal.


Ce sont de courtes nouvelles, qui nous grattent là où on ne pensait pas.


Une mère coincée au travail le jour de Noël, car sa chef veut qu'elle finisse un dossier.


Entre autres.


Un extrait:


"Je me sens vide. Tout le temps, je pense à ça. Ce vide à l'intérieur. Je me dis que si je pouvais me sonder en profondeur, m'ouvrir la tête et le coeur, et voir dedans, je ne verrais rien. Rien. Du vent, un désert, un champ de glace où rien ne bouge."


Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Olivier Adam est l'auteur de Je vais bien, ne t'en fais pas, magnifiquement adapté au cinéma.


Olivier Adam, c'est du trop humain en conserve.

C'est à conseiller aux amateurs d'histoires courtes qui saisissent.
Mais aussi aux sensibles aux autres, et à leur façon de lutter au quotidien.
A éviter dans les moments de déprime totale...

12 février 2009

Une fenêtre au hasard




Un endroit où aller. Actes Sud. Une collection si émouvante derrière ses couvertures roses. Dernier lu du lot: Une fenêtre au hasard de Pia Petersen. Un livre fait pour ma rubrique Au féminin! Sans une seule seconde d'hésitation.


C'est l'histoire d'une fille très seule, standardiste, qui passe son temps à observer la fenêtre située en face de chez elle, tout en tentant d'écrire. Rien ne se passe, jusqu'au jour où quelqu'un emménage dans l'appartement vide qu'elle contemple.


"Ca fait longtemps maintenant que je m'assieds là, à mon bureau et que j'essaie de décrire la fenêtre d'en face. Trois ans. Trois ans que je recommence la même chose tous les jours, j'essaie de décrire la fenêtre en face et d'écrire quelque chose sur elle, des bricoles poétiques, peut-être, je n'en sais rien et je ne sais pas pourquoi. C'est comme ça, voilà tout. Elle est de l'autre côté de la rue. La fenêtre. La rue est étroite. La fenêtre est proche, juste en face, et parfois je me dis qu'il suffirait de tendre la main pour la toucher mais ce n'est pas vrai, elle est de l'autre côté de la rue, elle est trop loin et quand le temps est gris, je ne vois rien à l'intérieur, parce qu'elle est trop loin."


C'est un magnifique roman sur nos solitudes modernes, telles que révélées par les morts de la canicule, ou notre pratique intempestive de la télévision le soir, entre autres. C'est un livre urbain, où tout le monde se croise mais où personne ne sait rien des autres. C'est un livre sur le désir de tendresse. Un livre qui donne envie de ne pas passer à côté des gens. Et même de bannir ce mot: "les gens".


En le lisant, j'ai eu une pensée pour le film Rouge de Kieslowski, où l'on voit parfois l'héroïne croiser des voisins, des habitués du quartier, sans que jamais rien ne soit échangé. L'héroïne de Une fenêtre au hasard, comme Valentine, l'héroïne de Rouge, semble avoir une vie imaginaire. Et puis dans Rouge aussi, le personnage du juge à la retraite joué par Trintignant passe son temps à espionner les voisins.


Ce livre m'a aussi rappelé La conversation amoureuse d'Alice Ferney que j'avais tant aimée. Ces deux romans se ressemblent car ils sont chacun à leur manière des longs monologues intérieurs.


Pia Petersen est une écrivain danoise, qui a construit un paris du sensible dans Une fenêtre au hasard. Son univers comme son écriture est sans fioriture, méticuleuse.
Je conseille ce roman à ceux qui n'ont pas peur de la lenteur, des mots qui creusent le vide, le manque, l'absence.
Je recommande ce roman pour les longues après-midi d'été étouffantes, ou les soirées sans chauffage, c'est selon.
Un roman à lire si l'on veut regarder ses voisins autrement...

07 février 2009

Contes et brocante




Il se tient en ce moment une vente de livres (roman, poésie, théatre, etc.) à la maison des oeuvres de Saint Léon, 11 Place du Cardinal Amette, Paris 15e (metro la Motte Piquet Grenelle). J'y suis passée hier. Tous les livres de poche sont à 1 Euro... triés par ordre alphabetique comme dans une librairie. Tous les livres format classique sont à 2 ou 3 Euros. C'est comme un mini paradis sur terre! J'y ai passé des heures enchanteresses. Et j'y retourne de ce pas avec des amis.


Parmi les livres que j'ai pris hier, il y avait Départements et Territoires d'Outre-Mort de Henri Gougaud. C'était comme un petit moment de magie de le trouver sur les rayonnages, moi qui avait été écouter ce merveilleux conteur il y a deux semaines, dans le 18e.


Henri Gougaud est quelqu'un qui s'asseoit sur une petit tabouret et vous emmène loin comme ça, sans que vous ne preniez garde! Si vous voulez tenter l'experience, il a un site internet très bien fait. C'est ici. Vous pouvez trouver des contes en vidéo... ou voir où auront lieu ses prochains spectacles près de chez vous.


Sinon, il y a ses livres, avec des petites nouvelles ou contes, très forts. Avis aux amateurs! Tel n'est pas toujours pris qui croyait prendre! et vice-versa!