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19 janvier 2026

Biotanistes

 

En tant que prospectiviste, je m'interroge sur le temps long et le futur. Je lis donc aussi des romans qui se projettent dans des univers lointains pour voir quels sont les imaginaires d'avenir que l'on explore en SF en ce moment en France ou ailleurs.

Dans Biotanistes de Anne-Sophie DEVRIESE, La terre est sèche, la faune et la flore sont très peu présentes encore. De petits cercles d'humains survivent dans les dernières oasis disponibles, ici ou là. La domination masculine n'existe pas et le matriarcat s'est développé parce que les femmes semblent être les seules à survivre à une maladie qui décime l’humanité...

Des femmes sorcières dans un couvent font des voyages temporels dans le passé pour découvrir comment on soignait avant, ce qu'on écrivait, et comment en tirer des idées pour être plus résilients.

Un roman qui montre les conséquences du changement climatique, l'impact possible de pandémie sur la société, l'importance de l'histoire entre autre.

Un texte qui alterne des flashback dans différents passés (inquisition puis jungle de Calais, etc) et des luttes mystérieuses au sein du monastère et entre les sorcières et le reste du monde.

Suspenses, énigmes, espionnage, tout est là pour nous tenir en haleine. 

Bref, un livre complexe mais qui tient de bout en bout car on s'attache aux personnages: Rim, la jeune sorcière, Ulysse le conteur, Antho et son lien au vivant, etc. 

Merci à Flavie pour le cadeau.

A lire dès 16 ans.

Un livre pour ceux qui aiment les romans post apocalyptique. Un roman pour ceux qui aiment le rayon fantasy. 

 


13 novembre 2025

Le jardin secret

 

Mary Lennox est une petite fille élevée par des nourrisses en Inde. Privée de l'affection de ses parents, elle n'a jamais appris à sourire et à traiter les personnes autour d'elle avec respect. 

A la mort de ses parents, emportés brutalement par une épidémie de choléra, Mary quitte l'Inde où elle avait toujours vécu. Elle se retrouve exilée dans le manoir anglais d'un vieil oncle taciturne et toujours absent. Mary trouve du réconfort dans les liens d'amitié qu'elle apprend à tisser. 

Elle va aussi se mettre à aimer un rouge-gorge, et découvrir un merveilleux secret: un jardin oublié de tous...

Un classique de la littérature jeunesse anglaise.

Une ode à la nature, avec une observation fine des plantes, de leurs évolutions, et de la joie de cultiver son jardin, dans tous les sens du terme.

Un roman "feel good" où tous les personnages se développent pour le meilleur. Un livre rafraichissant avec des petits héros attachants et authentiques. On y sent la spontanéité de l'enfance.

Un livre qui plaira à tous ceux qui aiment le charme désuet des maisons avec domestique, des mystères de famille anglaise dans leur grande demeure, entre autres.

Un roman écrit avant les deux guerre mondiales, mais qui reste vraiment agréable à lire.

Je conseille à petits et grands!

Merci à la librairie La plume vagabonde pour ce précieux conseil. 

 

 

06 novembre 2025

Et le désert disparaitra...



Samaa vit dans un monde qui pourrait être le nôtre dans quelques siècles. La vie a presque entièrement disparu de la surface de la Terre. Le sable a tout dévoré. 

Elle appartient à une tribu nomade. Pour survivre, son peuple traque les derniers arbres et vend leur bois.
Samaa aimerait être une chasseuse, elle aussi, mais c'est une charge d'hommes.  Alors, un jour, elle désobéit et suit les chasseurs. 

Mais le désert a mille visages. Elle se perd, et tombe dans une trouée. Au fond, un arbre. Gigantesque. Coincée là, blessée, Samaa va peu à peu réaliser que tout ce en quoi elle croit est faux. Et que peut-être les arbres ne sont pas à chasser... mais à préserver...

Ce roman plaira à ceux qui s'intéresse au respect de l'environnement, la préservation de la nature et la survie de l'espèce humaine. 

C'est aussi une dystopie qui permet d'aborder le thème du courage et de la détermination, pour pouvoir changer son destin et peut-être aussi d'en inventer un meilleur pour la communauté et la planète. 

Un texte qui souligne le poids des traditions, les règles sociales et leur impact.

Un suspens qui tient le lecteur de tout âge en haleine. 

Un roman jeunesse très bien écrit. La trouée, l'oasis dans laquelle Samaa se retrouve, est magnifiquement décrite, les sentiments de l'ado transcrits avec finesse, le tout dans un style épuré. La personnification des éléments naturels et les monologues que Samaa entretient avec eux sont particulièrement intéressants.

Merci à la librairie L'instant dans le 15e arrondissement de Paris, pour le précieux conseil! N'hésitez pas à y passer, on peut même y prendre un café ou y acheter des jeux de société pour petits et grands...


26 mars 2025

Lettre à l'éléphant

 


 Et voici la naissance d'une nouvelle maison d'édition: L'éclaireur!

Avec la découverte d'un joli texte de Romain Gary: Lettre à l'éléphant.

A travers une lettre adressée à "Monsieur et cher éléphant", Roman Gary revisite son histoire de vie en lien avec cet animal. Depuis le doudou enfant, en passant par une rencontre avec la bête qui lui a fait très peur!

Mais ce n'est pas tout. Clairement, ce texte questionne l'exploitation de la nature par l'homme, le risque de disparitions de certaines espèces. 

Plaisir de découvrir ce court texte, et envie de lire d'autres lettres à d'autres bestioles petites ou grandes!

Merci à Frédéric Monlouis-Félicité pour la découverte et longue vie à L'éclaireur!

 

 

 

 

06 décembre 2022

Là où chantent les écrevisses


Sûrement un de mes romans préférés lus cette année!

Kya a une dizaine d'années quand sa mère ainsi que ses frères et sœurs quittent la maison. Ils fuient tous un père alcoolique et violent. Mais elle, la petite dernière, est laissée sur place, au fin fond des marais de la Caroline du Nord. Elle va faire de la nature, des oiseaux, un havre de protection, son univers pour apprécier la vie. Elle va rencontrer Tate, un jeune homme très bienveillant, qui décide de lui apprendre à lire et écrire. Mais elle va aussi croiser des êtres bien moins humains et gentils… Elle va trouver un chemin, son chemin singulier et bien à elle d'existence.

Un roman très beau sur le lien à la terre, à l'eau, aux animaux, aux plantes, aux coquillages, aux plumes, avec un style sublime et épuré. Un hymne à la nature, puissant et poétique! 

Un livre sur la solitude, sur le devenir, sur nos façons d'être et de rester vivant!

Un texte qui mêle à l'intrigue de roman d'émancipation une trame pleine de suspense, puisqu'un mort va être retrouvé à proximité, et que Kya, la paria du marais, va être accusée du meurtre.

Delia Owens nous offre donc un premier roman très doux et fort à la fois. 

Je ne peux que vous conseiller de le lire pour les fêtes! C'est bien simple, j'ai envie de l'offrir à tout le monde!

Merci à Koralie pour ce très beau conseil de lecture!




17 mars 2022

Dans la forêt


Un roman qui m'a beaucoup marquée en ce début 2022 est Dans la forêt de Jane Hegland. On y suit deux sœurs, qui tentent de survivre dans une maison, près d'une forêt aux Etats-Unis. On ne sait pas vraiment quel cataclysme vient d'avoir lieu, mais l'électricité est de moins en moins présente, il est de plus en plus difficile de récupérer des vivres.

Plus d'ordinateur. Plus de musiques pour danser. Plus d'informations. Que quelques rumeurs du monde autour. Et le retour à la nature se fait brutal, mais quelque part doux aussi... et plein d'espoir!

C'est le chemin que vont poursuivre ses deux sœurs. Celui vers l'autonomie, le lien à la terre et à l'autre. Elles vont redécouvrir aussi ce que leur ont transmis leurs ancêtres, leurs parents.

Un livre puissant, qui touche à l'humanité, à ce qui nous fait naitre et mourir, croire ou baisser les bras.

Un grand merci Christine pour cette belle découverte!

Un roman qui plaira à ceux qui s'interroge sur leur résilience, leur préparation à la catastrophe, leur lien à la nature et à sa diversité.

Un texte qui reste poétique, intense, tout du long. Avec des scènes vraiment marquantes et qu'on garde en mémoire longtemps.

Un livre qui montre deux passions, celle d'aller étudier à Harvard et celle de devenir danseuse étoile et comment ses passions ardentes vont être détournées, retravaillées, pour aboutir à une évolution personnelle des deux personnages tout à fait singulière, hors du cadre social établi, hors de l'escalator qui semble se déployer dans une routine de normalité.

Magistral!



26 juin 2018

Sirius



Beaucoup de romans racontent des situations post apocalyptiques, où la terre a été détruite et des gens tentent de survivre.

Celui-ci est touchant, car il est un hymne à la cohabitation entre hommes et animaux.Une sorte de fable sur notre rapport à la nature à réinventer.

Avril, une jeune fille et son frère Kid sont réfugiés dans une forêt et tiennent loin de tout, loin de la ville détruite et des étoiles noires, sorte de milices.

Ils vont de temps en temps se ravitailler à un lieu précis et en profite pour voir une vieille dame qui survit isolée. Elle a pu garder des livres qu'Avril lit à voix haute sur un magnéto à pile pour elle.

Jusqu'au jour où tout bascule et où Avril et Kid doivent fuir vers la Montagne.

On découvre alors que Kid peut parler avec les animaux, ou du moins les comprendre étrangement....

Stéphane Servant nous sert ici une critique de la société de consommation, carnivore à outrance et qui va à sa perte.

Les chapitres s'égrainent dans le sens inverse. 69, 68, 67...

On croise de la poésie, un conteur, un âne, un ours. De la philosophie et de la sagesse...

Un livre qui pose la question de la confiance, du rapport au vivant et aux morts.




20 septembre 2015

Calpurnia



Culpurnia Tate est une jeune fille américaine qui en 1890 fait face aux exigences de sa mère: apprendre à être une bonne cuisinière, réussir ses broderies, tricoter des chaussettes pour ses frères à Noël. Mais elle ne s'y intéresse pas. Ce qu'elle veut c'est observer les sauterelles, les fourmis ou les opossums. Se poser des questions scientifiques et devenir une savante!

Heureusement, dans son fin fond du Texas, Calpurnia a un allié: son grand-père! Un personnage intrigant, qui passes ses journées à essayer de faire de l'alcool de noix de pécan par distillation, ou à trouver une nouvelle espèce de plante à déclarer au Smithonian.

Un jolie roman à l'école des loisirs sur les liens entre un grand-père et sa petite fille, sur l'éducation des jeunes filles dans une société puritaine et sur la démarche scientifique, comme porteuse de liberté, de curiosité et d'innovation!

Avis aux amateurs de longue journée d'été à observer les papillons, avis aux curieux de nature et d'évolution, avis aux esprits libres!


23 décembre 2012

L'enfant des forêts devenu poète...




C'est l'histoire d'une vie, comme le dit le titre, celle d'Appelfeld. Et quelle vie!

Il est né dans une famille juive des Carpates juste avant la seconde guerre mondiale. La vie s'écoule doucement, avec les paniers de fraises, la douceurs familiale. Puis c'est la rupture, les camps, la peur.

Appelfeld n'aimerait pas qu'on dise qu'il est un écrivain de la Shoah, pourtant son écriture est une tentative de mettre en mot l'indicible, et il réussit avec un immense talent!

Les moments les plus marquants sont ceux où enfant il fuit les camps en se réfugiant dans la forêt. Il se retrouve à vivre comme un petit animal, qui cherche à boire, à manger, contemple la nature aux aguets pour éviter les prédateurs, les humains, et survivre.

Un autre moment très fort est celui qui suit la libération des camps. Les enfants sont la proie des pervers, des impressarios, des meneurs, des commerçants, et j'en passe.

Je ne vous en dis pas plus, tant ce livre est un trésor d'expériences, à la limite de l'humain.

Le ton est épuré, simple, sincère.

"Je vécus deux ans dans les champs, entouré de forêts. Il y a des visions qui se sont gravées dans ma mémoire et beaucoup a été oublié, mais la méfiance est restée inscrite dans mon corps, et aujourd'hui encore je m'arrête tous les quelques pas pour écouter. La parole ne me vient pas facilement, et ce n'est pas étonnant: on ne parlait pas pendant la guerre. Chaque catastrophe semble répéter: qu'y a-t-il à dire? Il n'y a rien à dire. Celui qui a été dans un ghetto, dans un camp ou dans les forêts connait physiquement le silence. Durant la guerre on ne débat pas, on n'insiste pas sur les divergences. La guerre est une serre pour l'attention et le mutisme. La faim, la soif, la peur de la mort, rendent les mots superflus. A vrai dire, ils sont totalement inutiles. Dans le ghetto et dans le camp, seuls les gens devenus fous parlaient, expliquaient, tentaient de convaincre. Les gens sains d'esprit ne parlaient pas.
J'ai rapporté de là-bas la méfiance à l'égard des mots. Une suite fluide de mots éveille ma suspicion. Je préfère le bégaiement, dans lequel j'entends le frottement, la nervosité, l'effort pour affiner les mots de toute scorie, le désir de vous tendre quelque chose qui vient de l'intérieur."

Un texte à mettre dans les mains de ceux qui veulent être porteur de mémoire.

Un texte à recommander pour ceux qui aiment la poésie et les poètes.

Un texte pour comprendre ce que peut vouloir dire avoir été un enfant des camps, qui arrive en Israël orphelin sans avoir été à l'école pour tenter d' écrire sa vie...

Un grand merci à Christine, qui me permet d'ouvrir une nouvelle catégorie: Littérature israélienne!