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23 septembre 2025

Todesstrand

 

Un polar en Allemand pour rester dans l'ambiance de mes vacances sur la côte nord, entre Rostock, Wismar et Hannovre.

Emma est une policière qui a réchappé de peu à un criminel qui a tenté de se débarrasser d'elle en la noyant. Elle vit donc cacher sous une nouvelle identité et travaille comme détective privée.

Mais un jour, l'enquête sur laquelle elle doit travailler sous sa nouvelle identité la ramène aux mêmes réseaux criminels...

Un roman policier où l'on retrouve les lieux, les villes, les rues.

Un suspens intense et une enquête rondement menée...

Ce livre fait partie de toute une série de polars de bord de la mer de la même autrice.

Une lecture facile de vacances!

 

07 juillet 2019

Die Herrenausstatterin



Un petit roman en allemand (Merci Annet et Joachim!).

Mariana Leky est une auteur qui vit à Berlin et qui pour ce roman nous plonge dans la vie de Katja. Elle tombe amoureuse de son dentiste, se marie, et tout s'achève brutalement.. Tromperie, décès... bref, elle se retrouve seule chez elle et pas au mieux de sa forme.

C'est alors que deux hommes apparaissent dans sa vie. Un vieux monsieur et un jeune plombier.

On ne sait pas trop d'où ils sortent, pourquoi ils sont là... Mais ce trio va la sortir de là !

Le ton est très décalé et amusant.

L'histoire est bourré d'anecdotes joyeuses et étranges... De comment faire quand on reçoit un grand flamand rose en métal comme cadeau de mariage, à comment vivre avec un fantôme!

Je ne vous en dis pas plus.

Ça m'a un peu fait penser dans le ton et l'écriture à La journée de la vierge.

Le roman existe aussi en anglais pour ceux qui ne liraient pas l'allemand!

Un livre qui parle de deuil et de reconstruction.

Un roman sur la singularité comme beauté!





10 mars 2015

Une nuit pour tout dire et taire


Gila Lustiger nous fait vivre dans Cette nuit-là une nuit de discussion entre deux soeurs , Lisa et Tania, juste après le décès de leur oncle. Elles s'aiment, se jalousent, se taisent, se plaignent, s'énervent. Tout rejaillit dans cette maison familiale, des petites mesquineries aux grands rêves.

En toile de fond, leur oncle qu'on devine par touches fines, qui les réunit et les désunit tour à tour.

Un livre sur le deuil, sur la famille, sur le pardon, sur l'amour.

La forme du livre est intéressante. Chaque chapitre permet une alternance de point de vue entre Lisa et Tania.

Une ambiance allemande et universelle à la fois.

C'est aussi un roman sur la maladie, les aidants, les soins, la douleur.

"Les premiers temps, elle avait apporté le savon, tenu le thermomètre et la serviette sans pouvoir jeter un regard au corps dénudé et décharné de son oncle. Depuis que la maladie s'en était emparé, tout ce qui, en lui, avait un jour été rond et massif était devenu anguleux et desséché. C'avait été un choc la première fois qu'elle l'avait vu, et elle n'avait jamais pu s'y habituer. Quand en plus on laissait trainer quelques pommes sur la table de nui (paraît-il que cela favorise le sommeil...) elle ne pouvait s'empêcher de penser à Cézanne, et à sa nature morte au crâne."

Merci à Sylvie pour le cadeau.

18 septembre 2014

Road trip... à la vie à la mort...



Un roman allemand: Nächsten Sommer, de Edgar Rai.

Ça a l'air d'un roman tout simple d'été ! Un groupe d'amis qui part en bus Volkswagen vers le sud de la France. Au programme: des conversations sur la vie, la famille, la musique, l'enfance... Et puis des rencontres, autostoppeuse, ou autres. Bref un livre feel good...

Mais derrière ce road trip, chacun des personnages va se révéler et affronter son rapport à la mort et à la vie...

Je ne vous en dis pas plus.

Un roman sur le devenir adulte, sur les petits drames et grandes catastrophes, sur la liberté, l'amour.

Un roman sur ce qu'on hérite ou pas.

Merci Claire Damon, pour ce joli conseil de lecture en allemand!

Je l'ai lu en repensant à nos conversations.

Et pour les amateurs, le livre existe aussi à écouter en CD.




16 juin 2014

1913



L'année 1913 fut une année de basculement pour l'Europe et le monde. Florian Illies l'explore avec beaucoup de talent documentaire dans le livre: 1913, der Sommer des Jahrhunderts.

On suit mois par mois de grands intellectuels, des artistes, des hommes politiques européens afin de comprendre l'esprit de l'époque, les rouages des transitions artistiques, politiques ou psychologique.
Qu'il est doux de voir Kafka éperdument amoureux, Freud révolutionner la psychanalyse, entre autres surprises.

C'est avant tout une plongée dans un microcosme qui a fait l'Europe, par le détail, l'anecdote, les journaux, les correspondances intimes et autres documents. On sourit, parfois on se lasse, d'autre fois on n'a l'impression de découvrir l'envers du décor.

C'est un texte qui se picore, qui met en parallèle des moments de l'histoire qu'on n'imagine pas toujours simultanés!

On peut le lire au fil des mois qui passent pour découvrir ce qui se passait il y a un siècle. 

Merci à Chiara pour le conseil de lecture!





05 décembre 2010

Une maison un été




Peu de romans nous donnent envie d'une vielle maison avec un grand jardin, où ramasser les pommes pour la compote... une maison pas loin d'un lac pour se baigner... une maison pleine de souvenirs, et de vieilles robes dans les placards. Mais Le goût des pépins de pomme (ou plutôt devrais-je dire Der Geschmack von Apfelkernen) de Katharina Hagena est de ceux-là.


Peu de romans apportent douceur mais aussi acidité sur les liens de famille, entre tantes, cousines, et grand-mères.


Une histoire de femmes. Qui sent bon l'été. Juste comme ça.


Une histoire qui interroge les héritages, le passé, la mémoire.


Un livre qui donne envie de déguster des pommes différentes, de comparer leurs goûts.


Tout commence par une réunion chez le notaire, où la narratrice hérite de la maison de sa grand-mère au détriment de sa mère et ses tantes. Ne sachant que faire de cette maison, elle s'y installe provisoirement quelques jours pour faire son deuil et réfléchir à son histoire. Elle parle avec un vieil ami de sa grand-mère, elle retrouve certains compagnons de son enfance. Elle est à un tournant de sa vie. Elle se laisse porter, entre lâcher prise et quête plus ou moins consciente du passé. Tout est-il bon à garder?


Un roman plus d'été que d'hiver, avec un style simple.


A conseiller aux germanistes, à conseiller aux amoureux des vieilles maisons de famille, à consommer sans modération les pieds dans l'herbe une pomme à la main.


Un livre pour la rubrique AU FEMININ!






28 octobre 2009

Résistant




C'est un petit univers de peur à l'atmosphère étouffante, où personne ne peut faire confiance à personne, où tout est basé sur l'image et le mensonge, où tout le monde doit jouer un jeu habile pour survivre, où tout peut basculer et très vite.

C'est à Berlin en 1940, juste après la défaite française. La Gestapo, les SS et les commissaires sont partout, ainsi que les membres du parti. Il n'y a pas d'issue, pas de justice. L'arbitraire est omniprésent.

Pourtant, au milieu de tout ce dédale de propagande, un vieux couple tient bon. Les Quangel. Ils viennent d'apprendre la mort de leur fils au front, et cela crée chez eux comme un électrochoc pour entrer en résistance...

Un roman réaliste sur l'Allemagne nazie qui illustre toutes les dérives d'un régime totalitaire.

Un roman construit autour de la vie d'un immeuble, comme l'immeuble Yacoubian et les secrets d'un petit monde, et qui donne au genre tout son sens entre les rumeurs et les dénonciations de cages d'escalier. C'est d'ailleurs le lieu où tout se joue ou presque. Comme si l'immeuble en lui même se faisait l'écho de la société et de ses vices. Il y a ceux qui se jettent des fenêtres, ceux qui se cachent, ceux qui épient par les judas, ceux qui déposent des cartes postales dénonçant le régime au détour d'un appui de fenêtre,...

Un livre qui plaira à ceux qui ont lu Une femme à Berlin. La plume est si proche du quotidien qu'on en dirait presque un témoignage au-delà de la forme romanesque.

Un livre qui fait réfléchir sur l'homme et son pouvoir en société. Sur le mal. Et qui n'épuise pas le sujet, mais le ravive bien au contraire.

Un livre hommage aux résistants de tout bord. Un grand livre, comme le disait Primo Levi, à juste titre...

Son titre en allemand Jeder stirbt für sich allein (en français dans le texte: Chacun meurt pour lui tout seul). Tout est là.

Un extrait:

"Les Hergesell supportaient avec peine cette atmosphère dans laquelle il leur fallait vivre. Mais ils se répétaient que rien ne pouvait leur arriver, puisqu'ils n'entreprenaient rien contre l'Etat. 'Les pensées sont libres' disaient-ils. Mais ils auraient dû savoir que ce n'était même plus le cas sous ce régime."

08 septembre 2009

Au pays des morts...




Judith Hermann a une écriture du concret; une écriture du quotidien, brut; une écriture qui met en scène par le détail banal mais familier... comme le cliquetis des petites cuillères dans le tiroir quand on tend les doigts pour attrapper le tir-bouchon tout au fond derrière les couverts... ou comme les arcs dessinés sur la vitre par les essuie-glaces sous la pluie...


Dans son dernier recueil de nouvelles, elle se penche sur la question de la mort des proches à travers des gestes simples, ceux qu'on s'efforce de continuer à faire pour rester vivant quand tout nous bouleverse... ceux qu'on fait pour accompagner les autres dans la douleur sans quitter le quotidien qui semble irréel tant il est effacé par la souffrance...


Le fil conducteur entre les nouvelles s'appelle Alice. Beau personnage confronté à la mort de façon forte et différente à chaque fois...


J'ai dégusté comme toujours les nouvelles allemandes de J. Hermann. Des petites lumières dans la nuit.

08 août 2009

Terriblement fort




Parce qu'elle ne s'est jamais abandonnée elle-même en étant contrainte de s'abandonner aux autres... Parce qu'elle a su trouver les mots pour raconter l'occupation, la guerre, les privations, les viols... Parce qu'elle est restée digne... je voudrais tant vous conseiller la lecture de son journal intime intitulé: Une femme à Berlin, Journal, 20 avril - 22 juin 1945 et paru chez Gallimard.


Elle, c'est une berlinoise anonyme, qui vit la faim, l'attente, les atrocités. Elle est très cultivée, elle a beaucoup voyagé en Europe, mais là elle n'est plus rien ou presque, jusqu'à ce qu'elle trouve des pages vides pour accueillir ses pensées.


On découvre un berlin où toutes les règles, toutes les échelles de valeurs, sont renversées ou absentes. Plus de jours, plus d'heures, plus de dimanche, plus de semaines, juste un temps long qui s'étire entre deux bombardements, entre deux allé-retour à la pompe en courant.


Vous allez me dire que c'est très difficile de lire de telles choses. Et moi-même, j'ai mis du temps avant de trouver la force de lire son témoignage. Mais, ça vaut tellement la peine. Pour elle, pour elles je dirais même, mais aussi pour nous, car c'est un témoignage de force.


C'est un livre précieux pour comprendre (ou tenter de comprendre) ce que veut dire ne pas vivre en paix.


On ne peut s'empêcher de penser aux irakiennes, aux afgahnes, africaines, etc.


Un livre à mettre en toutes les mains qui veulent apprendre la vie et la mort, en face.


Un livre qui brise des tabous sans jamais tomber dans le mauvais goût.


Un livre qu'on n'oublie pas.


Un extrait:
"Faisons le compte: j'ai parcouru douze pays d'Europe, ai vécu notamment à Moscou, Paris, Londres et vu de près le bolchevisme, le parlementarisme, et le fascisme, comme simple être humain parmi d'autres êtres humains. Des différences? oui, et parfois même considérables. Mais j'ai tendance à croire qu'elles résident dans la forme et la couleur, dans les règles du jeu, et non dans le bonheur supposé inférieur ou supérieur, réservé à la majorité, comme le professait candide."

05 mars 2008

Florence, le 5 Mars 2008: Cher vous,





Ce sont des lettres qui ne nous sont pas adressées mais qui nous parlent. Ce sont des lettres qui sont d'un autre siècle, mais qui n'ont pas jauni ni pris un gramme de poussière. Ce sont des lettres sans P.S. parce que tout est essentiel, tout est dit. Ce sont les lettres d'un voyageur, d'un européen... Je suis certaine que vous avez trouvé: ce sont les Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke.



Je les conseille à tous ceux qui se cherchent et qui doutent. Tout ceux qui goutent la vie d'un oreille attentive pour y saisir du sens et du nouveau.



Morceaux choisis:



Viareggio pres Pise (Italie), le 23 Avril 1903:

''... Laissez vos jugements connaitre leur propre développement, calme, non troublé; comme tout progrès, il doit venir de la profondeur du dedans, et rien ne peut le hater ni l'accélérer. Tout doit etre porté à terme puis mis au monde. Laissez chaque expression et chaque germe de sensibilité s'accomplir en vous, dans l'obscurité, dans l'indicible...''



Flädiem Suède, le 12 Aout 1904:

''Voilà pourquoi il est si important d'etre solitaire et attentif, lorsqu'on est triste; car l'instant où, apparemment, rien n'arrive ni ne bouge, est celui où notre avenir entre en nous, et c'est un instant qui se trouve tellement plus près de la vie que cet autre bruyant et contingent où l'avenir nous vient comme du dehors. Plus nous sommes, dans la tristesse, silencieux, patients, ouverts, et plus le nouveau entre en nous profondément, imperturbablement, mieux nous en prenons possession, plus il sera notre destin.''



Ces lettres donnent envie d'écrire. De creuser notre solitude pour voir apparaitre sous la plume les mots justes et bons.

Ces lettres donnent envie de recevoir du courrier. Car on comprend que chaque mot, dans cet intimité partagée, est un immense cadeau.

Ces lettres donnent envie de trouver un peu de sagesse dans la torpeur du soir.

07 mai 2007

Un petit tour du côté de Berlin...

Je viens de lire Russendisko de Wladimir Kaminer, histoire de me rappeler les bons moments Berlinois, Prenzlauerberg, etc. Je ne fus pas déçue du voyage!



Wladimir Kaminer est un émigré russe qui pose un regard neuf sur Berlin. Il a un ton nouveau, plein de cet humour russe du désespoir, un humour où tout est pris au pied de la lettre, et où les raisonnements n'aboutissent pas toujours comme on pourrait le penser a priori.

Il offre à notre regard les différents visages du Berlin, ville ouverte. Ce n'est pas "un train peut en cacher un autre", mais "une culture peut en cacher une autre", comme ces restaurants vietnamiens tenus par des chinois, ou ces restaurants russes tenus par des turcs, à moins que ce ne soit l'inverse. Ce qui compte c'est le mélange des genres, l'imprévu, les décalages.

Parallèlement Russendisko est aussi l'histoire de sa vie, l'histoire de sa famille, de ses amis, l'histoire de ses rencontres. Moitié artiste, moitié journaliste, il transforme son quotidien en des petits flash souvenirs, qui sont parfais de vraies épopées kafkaiennes...

De "comment sa mère a visité l'Europe en Bus", à "comment un célèbre médecin russe propose ses analyses sur Radio Multikulti", en passant par "les étranges conséquences que peut avoir le fait de rouler sans ceinture à Berlin"... vous ne vous ennuirez guère à suivre Wladimir Kaminer au détour des rues berlinoises ou au fin fond des méandres de sa mémoire!

22 septembre 2006

Rêver d'une place ailleurs...

Littérature d'ici ou d'ailleurs: aujourd'hui littérature allemande!

Qu'il est doux de s'endormir le soir après quelques pages lues en allemand, ça berce, ça apaise, ça emporte. Et parmi mes plus belles découvertes, il y a Judith Hermann, aujourd'hui traduite en français: Rien que des fantômes (Nichts als Gespenster) et Maison d'été, plus tard (Sommerhaus, später).

Ses livres sont des recueils de nouvelles, pleines de mélancolie et de sensibilité, sur ce que rêver d'un ailleurs apporte.



Y repenser, c'est comme réouvrir un vieil album de photo. Sur l'une d'elles, je vois un couple perdu au fin fond du désert du Nevada. Ils sont assis dans un pub à côté d'un homme du coin, qui leur sourit. L'homme a ce sourire de celui qui vient d'acheter pour la première fois des baskets format bébé, si petite, si mignonne, si fragile. Eux, ils sont surpris, ils écoutent. Un jour ils montreront la photo à leur enfant, un jour peut-être...

Et puis il y a cette photo d'un bleu soutenu, glacial, une photo d'Islande. Judith Hermann la fait voyager par courrier, la fait changer la vie d'un couple, lui fait prendre sens.

Toutes ces photos sont des panoramas tronqués où l'on ne peut que deviner les manques. La lumière y est toujours fragile, fugace.

Derrière toutes ces photos, on retrouve en négatif la solitude, la nostalgie, les voyages et les rêves ou illusions qu'ils construisent, les petits mots du quotidien pour dire l'impossible.

... Et en fond sonore, les dédicaces de Judith Hermann:

"Wouldn't it be nice

If we could live here

Make this the kind of place

where we belong"

"The doctor says, I'll be alright

But I'm feelin blue"

Tom Waits