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31 août 2026

La guérisseuse de Catane

 

Ce roman raconte l'histoire de la première femme médecin, en Italie, en Sicile au XIVe siècle. Virdimura, car c'est son nom, va tout apprendre de son père. Un homme fascinant, droit, juste, aux services des indigents, ouvert sur le monde.

"Pour lui, les règles de la guérison étaient au nombre de six : lux et aer (lumière et air), cibus et potus (nourriture et boisson), motus et quies (mouvement et repos), somnus et vigilia (sommeil et veille), secreta et excreta (sécrétions et excrétions), affectus animi (sentiments et émotions)"

 Son art de la médecine au service des patients, il le résume ainsi pour sa fille:

"Soigne-les sans sous-évaluer les obstacles, en donnant plus d'importance à ce qui est caché qu'à ce qui est visible. Et sils guérissent, dis-leur qu'ils se sont améliorés tout seuls. Sils meurent, dis aux parents que c'est à cause de ta négligence. Prends sur toi les fautes que tu n'as pas commises et oublie tes mérites, mais surtout, aime-les, ma fille" 

Simona Lo Lacono a extrêmement bien construit son récit, avec un mystère bien cousu, celui de la mère de Virdimura. Qui était-elle? Pourquoi n'est-elle plus là?

Un roman sur la passation des savoirs, un texte sur le soin, une plongée dans la Sicile de l'époque...

Merci à Fanny pour ce beau cadeau! 

 

 

 

 

31 août 2023

D'où nait le vent, la vie de Nellie Bly

 


Magnifique histoire que celle de Nellie Bly, que j'ai pu découvrir lors d'un voyage en Italie. 

De son vrai nom Elizabeth Jane Cochrane, elle nait aux Etats-Unis en 1864 et meurt en 1922. Elle sera parmi les toutes premières femmes journalistes d'investigation.

Elle est également la première femme à avoir accompli un tour du monde sans être accompagnée d'un homme.

Ce livre fut un régal. C'est une biographie, très bien documentée, très bien narrée Nous sommes vraiment au plus près de Nellie, de ses colères, de ses réussites. Nicola Attadio est un journaliste et on ressent sa volonté de mettre en valeur le travail de cette toute première reporter en citant ses travaux ou les articles qu'ils ont suscités sur elle.

J'espère que cet ouvrage sera bientôt traduit en français. Et en attendant n'hésitez pas à aller lire en français dans le texte: le tour du monde en 72 jours écrit par Nellie Bly elle-même. Elle y raconte sa découverte de nombreux pays et cultures. Ou la BD Nellie Bly dans l'antre de la folie, qui s'appuie sur le reportage qui a fait connaitre Nellie Bly: son immersion en douce dans une sorte d'asile pour femmes. Souvent elles étaient accusées à tort par leur mari de folie et enfermées ici, subissant un grand nombre de mauvais traitements. Pour dénoncer cette situation, Nellie va jouer la folle pour être internée. Bouleversant!

Bonne découverte de cette femme forte et engagée!





10 juillet 2023

C era due volte il barone lamberto


 

Un petit roman jeunesse en italien. Un régal!

Nous sommes au lac d'Orta. Et le fameux Baron Lamberto qui est très âgé a toujours mal quelque part. Si bien que tous ses maux sont numérotés méticuleusement par son major d'homme préféré. Pour être sûr d'aller bien et même de rajeunir, il fait répéter son nom en boucle par une série de personnes qui se relayent: LAM BER TO... LAM BER TO... Un élixir de jeunesse hors pair.

Jusqu'au jour où des brigands débarquent!

Jubilatoire.

Un peu le même humour que dans les contes de la rue Broca de Pierre Gripari.

A lire sans modération. 

Le titre en français: Il était deux fois le baron Lambert

Un grand merci Ele!



29 janvier 2023

L'île des âmes


Voici un polar ethnique qui se passe en Sardaigne, et où les enquêtrices sont deux fortes têtes, essayant de digérer certaines douleurs de l'existence par l'humour et les jurons.

Des corps de jeunes femmes sont retrouvés, après des meurtres rituels étranges. Mais l'omerta règne. Les inspectrices Eva Croce et Mara Rais vont faire équipe pour dépoussiérer les archives et trouver les coupables. Elles ne sont pas en bonne situation... Genre légèrement placardisées! Mais la survenue de nouveaux meurtres va les amener à jouer un rôle clé pour résoudre les mystères de l'île! 

Vous croiserez des universitaires, des néo nuragiques qui croient que les monuments millénaires sont des sites de connexion avec le cosmos, des flics désabusés, des procureurs pressés, et j'en passe! 

Un roman noir à l'italienne qui plaira à ceux qui aiment la langue populaire des dialectes, ceux qui s'intéressent aux croyances locales, et qui apprécient l'ambiance des villages de taiseux!

Cet ethno polar est très bien construit : nombreux rebondissements, surprises et autres tournants déroutants dans l'enquête! Et tout cela soupoudré de mysticisme, de luttes internes entre service, de coutumes locales tordues!

Amateur de crimes non élucidés et de Sardaigne, ce livre est pour vous!

Merci au Divan pour le judicieux conseil!

Il parait que la suite des aventures des deux enquêtrices vient de sortir en librairie!



11 novembre 2021

L'éblouissante lumière de deux étoiles rouges




Nous sommes en 1941 au moment où l'Allemagne nazie s'apprête à envahir l'URSS. Dans les grandes villes russes, les parents s'organisent pour envoyer leurs enfants à la campagne pour les protéger. C'est ainsi que Nadia et son frère Viktor vont être pour la première fois séparés de leurs parents, qui travaillent au musée de l'Hermitage à St Pétersbourg. Ils doivent d'urgence partir dans un train pour Kazan, tandis que leurs parents tentent de sauver ce qu'ils pensent pouvoir l'être au musée.

Nadia et Viktor partent avec des carnets pour tenir un journal de ce moment si unique.

Mais bien sûr le plan déraille. Ils ne se retrouvent pas mis dans le même train et se perdent de vue.

C'est la guerre. On suit chacun de leurs parcours à travers leurs écrits. Chacun à la recherche de l'autre. Chacun rêvant de retrouver les parents et la famille dès que possible.

Mais ce qui est assez unique dans la forme de ce livre, est que leurs carnets ont été récupérés par les services de sécurité intérieure du pays et qu'ils sont annotés par eux. 

Voici donc un pavé jeunesse très intéressant à lire. Comme toujours avec Davide Morosinotto! Je dirais que ça peut se dévorer à partir de 13 ou 14 ans, pour comprendre le communisme, la guerre, le goulag, les kolkhozes, etc.

Je trouve les personnages des deux adolescents merveilleux d'audace, d'imagination, de solidarité, d'espoir. J'aime aussi qu'on retrouve quelques images ou traces d'objets en plus des carnets annotés.

Bref, gros coup de cœur jeunesse!

Un livre qui plaira à ceux qui aiment les récits d'aventure en temps de guerre!

Un roman pour ceux qui aiment voir en mots l'amitiés entre de jeunes amis engagés!

Si vous avez aimé Le passeur, ou encore Les mondes d'Ewilan, c'est pour vous!

16 octobre 2021

Les frères Lehman


C'est écrit comme un long poème qui commence en 1844, au moment où Heyum Lehmann débarque à New York. Il quitte la misère à Rimpar en Bavière, il a perdu 8 kg en 45 jours de traversée de l'Atlantique. Il arrive pour se lancer dans le business. Très vite il est rejoint par ses deux frères.

Tout commence petit. Mais comme vous le savez tout va grossir en même temps que le capitalisme va se développer. Car oui il s'agit bien de l'histoire des Lehman brothers, ceux dont la banque disparaitra le 15 septembre 2008!

Commençons par dire que c'est très bien écrit! Il y a du rythme dans ce texte, des mots de yiddish, des mots d'anglais, des mots d'allemands. Des mots qui font mal et des mots qui font rire. Ca chante, ça déclame. Ajouter à ça une pincée d'humour juif, de la précision mathématique, et vous aurez un objet littéraire hors norme qui vaut le détour! Certains passages sont théâtraux, d'autres picturaux dans l'image et le cadrage!

On suit à la fois les fournisseurs de cotons, les prix et les cours, mais aussi les histoires de cœur, la naissance des enfants. Ce livre est une saga familiale assez insolite. Une histoire d'ambition, d'entreprenariat, une petite et une grande histoire !

Un texte pour ceux qui osent la fantaisie même sur un thème bancaire!

Merci à Nadia pour la découverte!



06 mai 2018

Le célèbre catalogue Walker & Dawn



Une belle épopée Jeunesse en ce mois de Mai! Captivante et joyeuse!

P'tit Trois, JoJu, Min et Eddie sont des enfants du bayou au cœur de la Louisiane au début du vingtième siècle. Inséparables, ils jouent en cachette de leurs parents près de leur cabane secrète. Un jour ils trouvent une vieille boite de conserve et dedans: trois dollars!

Ils décident d'acheter quelque chose dans le Célèbre catalogue de vente par correspondance Walker & Dawn.

Et c'est le début d'une grande aventure... qui va les emmener en voyage! Ils vont devoir faire preuve de débrouillardise et de courage pour aller au bout de leur rêve!

Davide Morosinotto nous fait découvrir les Etats-Unis au moment de la première voiture, du premier hotdog...

Le roman est en quatre parties, chacune avec une mise en forme intéressante et un narrateur différent.

Le rythme est maintenu du début à la fin. Les personnages sont très attachants.

Du bonheur!

Un livre pour tous les petits et grands curieux du monde, qui n'ont pas peur de tout oser pour se sortir de leur condition....

Un roman qui n'est pas sans rappeler Sally Jones, et autres épopées jeunesse haletantes si précieuses pour aimer les livres quand on est pré-ado.

Merci à l'Ecole des Loisirs!




05 mars 2017

Amours musicales



Dans Une étrange histoire d'amour, de Luigi Guarnieri, nous lisons une longue lettre fictive de Johanes Brahms à Clara Schumann. C'est une missive qu'il lui adresse de retour de ses funérailles, pour évoquer toutes leurs années de liaisons secrètes, et toute la folie de leur histoire à trois musiciens (Robert Schumann, Clara Schumann et Brahms).

Tout commence en 1853. Brahms n'a qu'une vingtaine d'année quand il se présente chez les Schumann. Il veut faire écouter une de ses compositions. Il est sans un sous. Il voit Robert Schumann comme un maître, un modèle. Parallèlement, il tombe sous le charme de Clara. Peu à peu Robert perd la tête et finit dans un asile, tandis que les liens entre Clara et Brahms se nouent.

C'est un texte qui regorge de références documentaires sur l'oeuvre de ses trois musiciens et leur vie. C'est un roman qu'on lit d'une traite. Pourtant ça reste étrange de se dire que c'est aussi une fiction, qui peut-être parfois n'est pas fidèle aux personnages historiques. C'est donc un peu comme mieux les connaitre dans leur intimité, tout en se fourvoyant dans les jeux de miroirs du roman, qui construisent et déconstruisent les destins.

Des pages très belles sur la relation de Brahms aux enfants du couple...

Des pages écrites pour pianistes sur le style, les différentes façons d'être instrumentistes face à un piano.

Une interrogation sur la folie aussi... sur la passion... et sur la Musique. On peut voir comment les trois se nourrissent mutuellement.

Un livre pour les grands romantiques!

Un roman pour les musiciens, qui ré-écouteront Brahms ou Schumann autrement!







02 janvier 2017

Dix minutes par jour



Je commence l'année avec ce roman italien (qui existe aussi en français): Per dieci minuti de Chiara Gamberale! (Titre français: Dix minutes par jour)

En pleine séparation amoureuse difficile, Chiara se retrouve presque en dépression, jusqu'à ce que sa psy lui propose un traitement original. Cela consiste à utiliser dix minutes par jour pour faire quelque chose qu'elle n'a jusqu'alors jamais fait de toute sa vie! Cela peut être n'importe quoi, une toute petite chose comme une grande. Le tout est d'expérimenter du nouveau!

Chaque chapitre raconte donc ces fameuses dix minutes, depuis voler dans un magasin jusqu'à marcher à reculons, tout y passe! On rit avec Chiara, on sent le vécu derrière le récit de ces expériences de vie.

Un grand merci à Eleonora pour ce beau cadeau.

Et avis aux amateurs: même pour une semaine, l'expérience peut s'avérer marrante en ce début d'année de résolutions!

04 décembre 2016

L'amie prodigieuse



Vous avez sûrement tous entendu parlé d'Elena Ferrante! Le mystère qui entoure ce nom fait souvent la une des médias. Qui serait l'écrivain derrière ce pseudonyme? Toutes les spéculations sont possibles!

Je viens pour ma part vous parlez de son roman L'amie prodigieuse.

C'est l'histoire d'Elena et de Lila, deux grandes copines qui vivent dans un quartier pauvre de Naples. Elles sont toutes les deux écolières et très douées pour les études, mais le milieu social dont elles viennent rende leur accès au savoir compliqué. Alors qu'Elena va avoir le soutien de ses instituteurs pour pouvoir poursuivre son chemin scolaire grâce à des bourses, Lila va finir à la boutique de cordonnerie de la famille...

Mais ce roman est bien plus encore que ces deux personnages attachants. C'est un morceau de vie, un puzzle dans un milieu étroit où tout le monde se connait et où toutes les combinaisons sont possibles de mariage et de lutte pour parvenir. C'est une ambiance, un goût d'italie du sud.

C'est aussi un mystère, car Lila a disparu récemment et qu'on replonge dans ce passé et l'adolescence pour comprendre ce qui a pu la pousser à faire un tel geste... Mais patience, il nous faut attendre le tome 2 pour savoir...

Alors avis à ceux qui veulent se faire une plongée dans l'italie des années 50!

Merci Christine pour la belle découverte!

16 février 2013

Je est un autre en Inde



Dans Nocturne indien, le narrateur part en Inde à la recherche de Xavier. Il descend dans les hôtels où il pense que Xavier a pu dormir, il va dans les hôpitaux que Xavier aurait pu fréquenter,...

La quête de Xavier donne lieu à des rencontres, où l'on ne sait pas si les êtres ont vraiment déjà connu Xavier, ou s'ils donnent le change pour de l'argent, ou juste parce qu'ils sont fous ou hors du temps.D'ailleurs, notre narrateur cherche-t-il vraiment Xavier ou joue-t-il à se trouver lui-même?

Un texte très bien écrit, sur la quête de soi et des autres, et le mystère que cela comporte.

Tabucchi nous emporte dans ce voyage, ou ce rêve d'insomniaque, sans que l'on sache justement si on est dans une inde vécue ou imaginée. Les situations sont toujours dans un entre deux, entre ce qu'elles sont dans nos nuits mouvementées et ce qu'elles pourraient être dans un pays comme l'Inde, où la réalité peut aussi dépasser la fiction.

Un roman court mais puissant.

"Méfiez vous des morceaux choisis"

du coup pas de citations pour ce très beau roman.

Tabucchi me fait penser à Paul Auster ou à Poe.

Nous sommes dans une gare, dans un grand hôtel, nous sommes avec des mendiants ou des sages, nous sommes ici bas et si loin, dans une construction littéraire magique qui donne à voir le fond de l'être, ses doutes, et ses espoirs.

Un roman dont il est difficile de parler en fait, mais dont on a très envie de recommander la lecture, pour ceux qui aiment les mises en abime, les mystères, la quête de soi en littérature.

Merci à Jean Pierre pour ce très bon conseil de lecture!

29 octobre 2012

Un peu d'italie...



Aujourd'hui, un peu d'Italie, avec un grand classique: Le jardin des Finzi Contini de Bassani.

Tout commence par la fin. Le narrateur nous raconte qu'après la seconde guerre mondiale il a repensé à la tombe monumentale de la famille Finzi-Contini qu'il aimait tant, en sachant que malheureusement elle n'abrite qu'un fils, car toute la famille a péri à Auschwitz.

C'est alors qu'il se replonge dans ses souvenirs, et surtout dans son histoire d'amour pour la fille de la maison Micol. C'est l'histoire d'un amour fou mais platonique, de deux jeunes qui se croisent à la synagogue, marchent dans les jardins,... un amour qui peu à peu est à sans unique, mais redouble de force.

On est ému de cette jeunesse qui voit monter le fascisme, de leurs discussions endiablées. La plume de Bassani, avec des phrases longues, des parenthèses, des tirets, nous emporte d'un trait. Tout reste subtile; les non-dits, les souvenirs, et les espoirs se croisent.

Merci à Christine pour ce conseil de lecture! Quelle belle langue italienne!

Et en plus, il paraît qu'il y a aussi un film!

Avis aux amateurs de romans d'amours tragiques...

Avis aux amateurs d'Italie... de Venise... de Ferrare...

30 août 2011

Roman de taiseux












Je viens de refermer le dernier E. de Luca. C'est un roman de taiseux, de montagnard, d'amoureux de la nature et des bêtes. Un roman d'odeurs, de bruissements, de silences.








C'est aussi et surtout l'histoire d'un chamois et d'un braconnier, tous les deux amoureux des Alpes et de leur territoire, mais dont l'affrontement semble inévitable.








Devant ce duel, on sent le tragique, la tension et l'approche furtive de la fin de vie.








Un texte court, compact, taillé dans le bois, la mousse et la pierre.








A mettre entre les mains d'amoureux des grands espaces, de la faune et de la flore, et du bon air.








Un livre pour tous les avides de poésie contemplatrice.








Un roman où on ne sait si le chamois ou l'homme n'est le héros.

11 mars 2011

Un petit coin d'Italie




C'est un texte ancré dans un territoire, un dialect. Un style raboté pour ne garder que l'essentiel.

Ce sont deux enfants malmenés par la vie qui se retrouvent, un cordonnier exilé et bossu qui répare les vielles godasses du village, mais partout des ailes pour gagner sa liberté, comme une promesse qui s'elabore en secret.

Montedidio de E. de Luca est vraiment un roman entre ciel et terre. Les courtes sections qui s'enchainent tombent juste en peu de mots.

Un livre pour ceux qui aiment les villages, la mer, Naples et la sinplicité des choses.

Une écriture à découvrir et à faire partager...

28 septembre 2009

Inadéquation




La solitude des nombres premiers
... Un très joli titre pour un roman fort et poignant.

C'est l'histoire de Mattia et Alice. Tous deux ont vécu des moments traumatisants dans leur enfance, et on les suit adolescents puis adultes... On les voit se débattre avec la vie. Mattia rejette le monde, Alice se sent rejeter par le monde. Et tous deux tentent bon an mal an d'avancer. L'un est surdoué, l'autre boite suite à un accident, et chacun vit les décalages et inadéquations de son âme et de son corps face à la société, à la famille et aux amis.

Le ton est juste. L'histoire n'est pas celle d'un conte de fée, mais elle colle au vécu et au sensation des personnages avec brio. Si bien qu'on arrive aussi à poursuivre avec eux pages après pages malgré la dureté du propos.

Un premier roman d'un thésard en physique qui vaut le détour! On ressent bien toutes les petites humiliations, tous les rejets, toutes les blessures au corps et à l'âme.

Je l'ai lu en italien, mais vous pouvez le trouver en français, anglais, etc.

La force de ce livre est de ne pas tomber dans la psychologie de bas étage, mais de démontrer comme mathématiquement les douleurs telles qu'elles sont.

Un roman qui s'attache à ce qui nous détache des autres.

Un texte qui ne cherche pas à séduire, mais qui plaît par sa différence, comme Mattia et Alice.

Merci à Ele, Fede, Ricardo et Simon pour ce très beau cadeau de fin de thèse!

30 mars 2009

Trente petites minutes d'éternité...





De la collection "littérature en piccolo" de chez Liana Levi, je viens de lire Mon voisin, de Milena Agus. Cette collection est faite pour les amateurs de romans courts, pour les pressés, les entre-deux trains ou entre-deux métros. Les histoires se lisent en trente minutes maximum, et ce sont des petits bijoux!

Dans Mon voisin, j'ai retrouvé le style direct de Milena Agus, que j'avais déjà tant apprécié dans Un mal de pierre.

Mon voisin est l'histoire d'une femme qui n'a plus aucune envie de vivre. Elle élève seule son petit enfant, qui ne marche pas et ne parle pas... Elle cherche la meilleure façon de se suicider. Quand, un jour, elle rencontre son voisin, un autre monde s'ouvre devant elle... Son existence basulera-t-elle ou pas? Je vous laisse face à ce mystère...

"Elle avait raison de boire l'eau jamais vidangée de la citerne en espérant le typhus, et de manger les conserves périmées en se souhaitant le botulisme, et de toujours marcher du côté de la route où les autos passaient et pouvaient l'écraser. Mais c'était le printemps maintenant, et au printemps on regarde dehors, une fois les vitres nettoyées."

Avis à ceux qui souhaiteraient mettre un brin d'Italie et de soleil dans leur quotidien...

27 février 2009

Le livre dont le fleuve est le héros...



Pour la première fois, j'ai lu un roman dont le personnage principal est un fleuve... C'est lui qui innonde le paysage, fait les premiers amours, les accidents, les décès. C'est lui qui tour à tour rassemble ou divise. C'est lui que l'on peut remonter, regarder couler, craindre ou aimer.


A côté, les hommes ne sont rien ou presque. A la limite du troublant, de l'ineffable. Le fleuve fait leur destin.


Un roman très italien dans les rapports entre les personnages.
Un roman de petits villages, de campagne et de pêche.
Un roman écrit d'une plume de maître.


Mes pages coups de coeur:


"Tout petit déjà, mon fils me demandait de lui expliquer l'amour, comment on pouvait le dessiner ce qu'on éprouvait pour les grands-parents ou pour les parents et pour m'en sortir, je lui racontais qu'il existait, mais qu'on ne pouvait pas le voir et encore moins le dessiner. Lorsqu'il alla en ville pour faire ses études de médecine il m'écrivit qu'il faisait des tas d'autopsies et que chaque fois il essayait, en vain, de le trouver caché quelque part. Et que pourtant il y était. Ainsi depuis des années, il m'envoie de Borrello des caisses pleines d'amour rien que pour moi et il les remplit toujours de paille pour qu'il arrive là encore intact."


"Il avait appris cela de sa fille Paoletta. Elle n'avait pas encore deux ans et le soir pour s'endormir ou dans les moments de tendresse, elle sortait à peine son pouce de sa bouche, murmurait 'morceau', tendait la main vers le cou de sa maman, frôlait la peau comme pour saisir dans sa paume un petit morceau de corps et approchait son petit poing fermé de son visage, pour en garder jalousement le contenu. Très vite, elle avait commencé à prendre un morceau de son papa quand il partait travailler. Elle courait après lui jusqu'à la porte, le prenait derrière son oreille et le mettait dans sa poche ou dans son tee-shirt. Un peu plus tard, elle commença sans bruit à en prendre à ses grands-parents quand ils lui racontaient des histoires, à ses petites cousines pendant leurs jeux, aux amis de ses parents qui la faisaient jouer. Il était évident maintenant qu'elle n'en prenait qu'à ceux qu'elle aimait."


Ce roman a eu le prix bacchelli, prix du premier roman.


07 juillet 2008

Facéties florentines...





Samedi, je suis allée dans ma petite librairie de goût du 15e: L'échappée... C'est un lieu très sympa où l'on peut trouver des livres déstockés à des prix défiés en toute concurrence (livres de cuisines, livres d'art, livres pour enfants, romans) et dans une ambiance très cool. Il y a aussi des CD à 4 EUR, des DVD, des superbes cartes postales., des petits carnets... Bref, c'est un lieu qui donne envie de tout acheter... à ne pas manquer rue des Entrepreneurs, à deux pas de la sortie du Metro Charles Michel (juste après le Piquard).


Alors que je pensais ressortir avec un paquet cadeau pour un ami, une jolie carte, et un marque page, quelle ne fut pas ma surprise en arrivant chez moi: Mélanie, la tenancière, avait glissé un livre pour moi... Très touchée par le geste, je me suis jetée dans sa lecture. Le titre: Facéties et bons mots, de Le Pogge Florentin et Le curé Arlotto...


Qu'est-ce donc me direz-vous?


Il s'agit de petits textes latins traduits en français, écrits au XVe siècle à Florence... Je vous vois déjà à faire les gros yeux... mais vous n'y êtes pas... Ce sont des farces, pour la moitié ultra-grivoises... et pour l'autre, des textes très ironiques sur l'église et les femmes! A ces italiens, je vous jure! Ils n'ont pas tellement changé avec les années!


Il y a deux sortes de facéties: l'une est de l'ordre du langage (le bon mot) et l'autre est de l'ordre de l'acte (la bonne farce)... Si vous voulez ça fait assez Beaumarchais l'insolent...


Ce sont à chaque fois des textes très brefs, comme de petites anecdotes...


Du genre, une jeune épouse qui retourne chez ses parents en larmes... Son cher et tendre époux ne serait pas pourvu du bon attirail masculin... Et voici la famille qui s'inquiète... quand le mari débarque, et devant leur inquiétude, fait étalage de ses organes... Le père, à leur vue, les trouve tout à fait bien, et se retourne vers sa fille... Celle-ci lui répond alors:


"Pourquoi me blamer et vous moquer de moi... Notre âne, qui n'est pourtant qu'une bête, en a long comme cela (et elle étendait le bras). La naïve enfant croyait qu'en cela l'homme devait être supérieur à la bête..."

Je pense que ces facéties plairont aux amateurs de contrepétries et autres textes grivois... Aux curieux de la prose florentine du XVe siècle...

NB: Féministes et catholiques s'abstenir! (Ou alors avec une bonne dose d'auto-dérision!)

27 janvier 2008

Mal de pierres



Je m'en viens vous parler d'un très bon roman italien: Male di Pietre de M. Agus, traduit en français aux éditions Liana Levi (Mal de pierres)


Milena Agus nous emmène dans un monde bien italien, par son dialect, ses habitudes, ses liens de famille, les rapports homme-femme, les aliments. Mais c'est avant tout un monde à elle. On a l'impression d'écouter une amie qui nous raconterait son histoire de famille, une histoire intrigante et pleine de rebondissement, alors que tout est inventé, tout n'est que papier. D'ailleurs ce livre est une vraie réflexion sur la vie vécue et ressentie... Sur ce que nous construisons et reconstruisons de notre passé.

Une jeune femme nous raconte ainsi l'histoire de sa grand-mère, aux longs cheveux noirs, et qui vit sa vie d'une façon bien à elle, hors du commun, déconcertante. Elle nous entraine alors dans la vie des villages dans les années 40, dans les vies de famille et de couple. Jusqu'à la naissance de son père, son mariage, jusqu'à elle aussi, dans son nouveau chez elle.

C'est une histoire un peu décalée, un peu dure parfois, un peu drôle aussi. Une histoire d'un fond de campagne italienne, mais qui pourtant garde une portée fascinante sur les rapports entre réel et fiction dans nos existences.

03 octobre 2007

Protection de la langue

Et non les Français et leur Mister Allgood (comprené Jacques Toubon) ne sont pas les seuls à s'inquièter de la brutalisation que subit leur langue dûe aux englicismes manageriaux des networks et de la governance, dûe aux SMS (ckcnouveau) et autres usages intempestifs d'emails sans accents, apastrophes, etc. Les italiens aussi. D'où la sortie de ce livre, très remarqué chez nos voisins latins, et écrit par Beppe Severgnini: L'italiano, Lessione semiserie (soit en français dans le texte: L'italien, leçons semi sérieuses).







Il y repertorie tous les usages de la langue qui la cabosse, la torde, pour le pire et non pour le meilleur et propose des solutions pour bien écrire... Par exemple, il suggère une méthode toute simple mais qui fait ses preuves. En voici les étapes.

Tout d'abord, ne pas se jeter sur son clavier ou son stylo pour écrire son email ou sa lettre à chaud, mais PENSER à ce que l'on veut écrire. Puis ORGANISER sa pensée. (Par quoi vaut-il mieux que je commence? Comment conclure pour que mon message soit remarqué et porte à sa juste valeur). Ensuite ECRIRE d'une traitre, se lâcher! Mais ne cliquez pas tout de suite sur envoyer, ne fermez pas l'enveloppe. RELISEZ attentivement, et retirez le superflux, le trop plein...

Tout bête, oui mais... Combien d'entre nous avons déjà perdu l'occasion d'avoir un bon poste ou perdu l'occasion de concquérir un coeur convoité, par manque de style et de justesse dans le propos... Parce que le SMS envoyé en français massacré avait écoeuré un coeur à prendre, parce qu'à la troisième fautes d'orthographe du CV non relu, le recruteur avait laissé tomber?

Bien écrire, c'est déjà respecter l'autre, lui montrer notre attention. Ecrire les mots justes, les mots qui charment ou font rire, c'est déjà un cadeau. Trouver une métaphore à vous, au lieu de reprendre à votre plume l'expression stéréotypée lue 15 fois dans les médias. Ponctuer vos phrases avec soin, pour laisser respirer l'autre ou l'emporter au loin. A chacun ses mots, son style... Et pourquoi pas aussi enrichir votre vocabulaire de mots nouveaux. Pourquoi pas des "subtiles", au lieu des "remarquables", des "émoustillants" au lieu des "drôles",...

Et puis, si vous y ajoutez un beau papier, un beau timbre, une belle police d'imprimerie, des couleurs... qui sait, vos écrits pourraient ouvrir des portes dont vous ne connaissiez pas encore l'existence jusqu'alors.