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03 mars 2025

Francoeur

 

Un roman jeunesse de Marie-Aude Murail et sa fille Constance Robert-Murail.

Ce sont des lettres... Toutes une correspondance en fait... entre Franceour, écrivain née en 1823 dans le Berry puis montée à Paris... et une jeune lectrice très curieuse de comprendre la vie et la démarche de cette autrice.

Mais derrière les lettres, c'est tout une fratrie que l'on découvre, celle des Dupin.Car Francoeur (Anna Dupin) a deux frères jumeaux: Isidore et Marceau, l'un peintre et l'autre poète!. Elle a aussi une petite soeur Olympa, qui est actrice.

Derrière la fratrie, c'est toute l'histoire des romantiques, avec la vie de bohème, les barricades dans Paris, et j'en passe.

Un roman qui se lit tout seul, on s'attache très vite aux personnages, on se demande comment ils vont s'en sortir de leur misère pour enfin accéder à la création, et à des formes de revenus plus stables!

On retrouve dans la fiction du vrai: notamment Isidore rappelle Rosa Bonheur et ses peintures animalières.

Et puis Francoeur ressemble à George Sand...

Donc une petite pirouette par la fiction pour nous faire vivre de l'intérieur une époque riche en créativité, politique, passion!

Cela fonctionne à merveille!

Un livre qui plaira à tous ceux qui aiment la vie d'artiste!

Un roman historique pour petits et grands!

 

 

 

 

 

11 novembre 2021

L'éblouissante lumière de deux étoiles rouges




Nous sommes en 1941 au moment où l'Allemagne nazie s'apprête à envahir l'URSS. Dans les grandes villes russes, les parents s'organisent pour envoyer leurs enfants à la campagne pour les protéger. C'est ainsi que Nadia et son frère Viktor vont être pour la première fois séparés de leurs parents, qui travaillent au musée de l'Hermitage à St Pétersbourg. Ils doivent d'urgence partir dans un train pour Kazan, tandis que leurs parents tentent de sauver ce qu'ils pensent pouvoir l'être au musée.

Nadia et Viktor partent avec des carnets pour tenir un journal de ce moment si unique.

Mais bien sûr le plan déraille. Ils ne se retrouvent pas mis dans le même train et se perdent de vue.

C'est la guerre. On suit chacun de leurs parcours à travers leurs écrits. Chacun à la recherche de l'autre. Chacun rêvant de retrouver les parents et la famille dès que possible.

Mais ce qui est assez unique dans la forme de ce livre, est que leurs carnets ont été récupérés par les services de sécurité intérieure du pays et qu'ils sont annotés par eux. 

Voici donc un pavé jeunesse très intéressant à lire. Comme toujours avec Davide Morosinotto! Je dirais que ça peut se dévorer à partir de 13 ou 14 ans, pour comprendre le communisme, la guerre, le goulag, les kolkhozes, etc.

Je trouve les personnages des deux adolescents merveilleux d'audace, d'imagination, de solidarité, d'espoir. J'aime aussi qu'on retrouve quelques images ou traces d'objets en plus des carnets annotés.

Bref, gros coup de cœur jeunesse!

Un livre qui plaira à ceux qui aiment les récits d'aventure en temps de guerre!

Un roman pour ceux qui aiment voir en mots l'amitiés entre de jeunes amis engagés!

Si vous avez aimé Le passeur, ou encore Les mondes d'Ewilan, c'est pour vous!

21 septembre 2020

La variante chilienne




Tout commence par une grande frayeur. Le narrateur, un professeur de lettres, se fait arrêter par la police alors même qu'il cache une jeune femme dans sa voiture... Elle s'appelle Margaux et vient d'avoir son bac. Elle fuit des problèmes personnels au milieu de nul part... ou plutôt devrais-je dire dans un gite rural dans la vallée de Chantebrie.

Tous les deux s'installent au vert, et restent à l'écart de tout. Toutefois, ils font vite la connaissance de leur voisin, Florin. Un homme mystérieux, fumeur de pipe et ramasseur de cailloux, qui sort très peu et semble se faire tout aussi discret qu'eux!

Il finit par leur confier qu'il ne peut pas se souvenir de ses émotions sans les rattacher à une petite pierre, aide mémoire. Ce dernier va alors balayer toute sa collection de cailloux, et leur raconter pas à pas les moments marquants de son existence. De discussions en discussions, ils vont découvrir toute la vie du village... ou presque.

Et nous lecteurs, allons sauter de contes en contes, d'anecdotes en anecdotes! 

Nous voici dans La Variante Chilienne de Pierre Raufast! Un petit monde en soi! 

Je dois vous dire que certaines histoires sont justes incroyables, un peu à la Hitchcock! Dans cette catégorie, je mets celle de la piscine/potager!

D'autres histoires sont juste très insolites, ou absolument décalées!

Un roman sur l'amitié, le jeu, la culpabilité... entre deux verres de vin!

Un roman au masculin, je trouve!

Ce qui est intéressant, c'est la construction du récit, qui mélange le journal de Margaux, les histoires incroyables de Florin, comme autant de légendes qui s'emmêlent et se nourrissent de mystères! 

De pages en pages, on croise des écrivains, des personnages haut en couleur, des odeurs, des ambiances. On se laisse porter!

L'atmosphère est à la confidence et à la découverte de chemins de vie tortueux!

Et vous que faites-vous de vos souvenirs? de vos rencontres insolites? Confiez-vous votre mémoire à un petit carnet, à des inconnus, ou à vos proches? 








16 septembre 2018

Cartes postales de Grèce



Un livre léger qu'on peut glisser facilement dans sa valise quand on part en Grèce: Cartes Postales de Grèce de Victoria Hislop. Pas de la grande littérature, juste une petite lecture d'été!

Ellie qui vit une existence plutôt morne à Londres trouve tous les jours son quotidien égayé par des cartes, qui atterrissent dans sa boîte bien qu' adressées à l'ancienne locataire. Toutes les cartes postales viennent de Grèce. Alors qu'elle n'en peut plus au travail, elle décide de partir là-bas. Et le jour de son départ, elle reçoit un carnet qui est en fait le récit de voyage de l'homme aux cartes postales. Elle part alors sur ses traces.

On oscille donc entre la vie d'Ellie, le récit de voyage de l'homme aux cartes postales (Anthony, qui tente de se remettre d'une histoire d'amour qui a mal fini) mais aussi les comptes ou courtes nouvelles qu'il écrit au fur et à mesure de ses rencontres avec des Grecs. Certaines histoires qu'ils narrent font rire, d'autres sont dignes d'un film d'horreur!

On sent que Victoria Hislop vit une partie de sa vie en Grèce, pays qu'elle a envie de faire aimer, tout simplement.

J'ai beaucoup apprécié toutes les anecdotes grecques qui servent de base aux histoires courtes d'Anthony, et qui sont toujours liées dans le livre à une photo.

Un roman qui parle de pauvreté, de traditions, de légendes, de solitude, d'amour.

Un regard polyphonique sur la Grèce d'hier et d'aujourd'hui.

C'était particulièrement amusant de le lire sur place, en Grèce.

Merci à Anouck pour la découverte!


14 janvier 2018

Au revoir là-haut..


Un autre prix Goncourt! Celui de 2013!

Un roman un peu à la Fée Carabine de Pennac. Des personnages hauts en couleur! Un humour bien à lui! Pierre Lemaitre nous fait vivre la fin de la seconde guerre mondiale en France et la mise en place par des poilus rescapés mais estropiés, d'une immense escroquerie au monument aux morts et d'une autre pour l'exhumation des corps des soldats. A chaque arnaqueur ses outils et ses manipulations!

J'ai accroché au ton décalé, au suspense sur l'avenir des meurtris du conflit. J'ai trouvé les personnages inoubliables dans leur genre, dès les premières pages. Je ressentais un vrai attachement pour eux, dans la détresse mais aussi la solidarité. L'arnaque est partout et à toutes les pages avec une ironie qui dénonce les banques, les administrateurs, les fonctionnaires, les fous de pouvoir et de séduction.

Le roman aborde aussi le sujet des rapports père-fils, la question de l'homosexualité d'un enfant refusée par les parents, la douleur du retour de soldats à la vie civile, la question des mutilés de guerre.

J'aime la place que tient l'art dans le récit, avec les fameux carnets de croquis, les masques fabriqués chaque semaine, la volonté de garder vivant la créativité dans la douleur.

Les chapitres forment à chaque fois des séquences autour d'un des personnages. Et les liens se tissent pas à pas entre eux. Très pratique pour une lecture d'une chapitre par soir, ou par trajet!

Il y a un coté Conte de Monte Cristo aussi, dans la vengeance et le secret.

Je referme ce roman au moment où sort la suite!

Un livre à conseiller à tous ceux qui s'intéressent à la Première Guerre Mondiale! Aussi intéressant qu'A l'ouest rien de nouveau, Les croix de bois, etc.

Un roman qui plaira par son burlesque aux amateurs de textes humoristique et décalé!

Un livre qui plonge dans une époque, souvent injuste, qui dénonce au passage les inégalités et leurs conséquences!









31 décembre 2016

Les brumes de Sapa



Une jolie BD de Lolita Séchan pour finir l'année: Les brumes de Sapa!

Elle y raconte sa difficulté à devenir adulte, à conduire sa propre existence loin de son père Renaud alcoolique et de sa mère en train de refaire sa vie. Elle y explique surtout le poids déterminant du Vietnam dans sa quête d'émancipation, à travers la rencontre avec une petite fille de la minorité Hmong dans les montagnes.

Ce qui ravit est la sincérité du ton, l'auto dérision assumée aussi (notamment sur son hypocondrie, ou sa naïveté face à certains attrape-touriste !). L'intime nous est livré sans égocentrisme, mais plus comme une petite histoire personnelle de l'universel.

Le trait est fin, juste, avec des envolés fantasmatiques parfois, des pages de carnets de voyages souvent, et toujours des tons doux quand la couleur s'en mêle.

J'aime bien aussi son escapade québécoise...

Une BD qui plaira aux voyageurs...

Un livre pour les férus de liberté!

Belle découverte grâce à l' Emission radio de France Inter la Librairie francophone ! Merci!


14 mai 2010

Petits coins de paradis...




A Bruxelles, j'ai Filigranes, pour les dimanches de grisaille, pour les thé-tarte entre copines... ma petite librairie ouverte tous les jours de l'année. Avec son piano à tout vent. Et toujours de bons conseils de libraires, des rayons et des lignes pour se perdre ou se trouver.


A Vienne, j'ai découvert Phil. C'était un dimanche. Et il y faisait si bon. Des petits carnets, des livres d'artistes, des livres de photo et des guides touristiques qui font qu'on s'évade l'espace d'un petit rien. Des livres pour sauver toutes les âmes perdues. Avec un petit café ou juste un petit sourire. Sur de bons conseils, je suis repartie avec Das Leben kleben sous le bras, de Marina Lewycka (titre original: We are all made of glue).


Renseignement pris, c'est une auteur d'origine ukrainienne mais qui vit en Angleterre. Dans ce roman, on croise Georgie qui jette dans une benne à ordure la collection de Deutsch Grammophon de son compagnon avec qui plus rien ne va et Naomie, une vieille dame, qui les prend, un peu pour ne pas jeter, un peu parce qu'elle adore la musique. Et sous la pluie anglaise, ces deux-là vont s'apprivoiser pour se tenir chaud l'espace d'un hiver. C'est un peu à la Anna Gavalda, mais en moins retravaillé, en moins fini. D'ailleurs, on a l'impression que l'auteur joue avec ce côté livre non abouti, car dans le roman Georgie elle-même passe son temps à retravailler un manuscrit refusé, qui apparait en italique tout barré et raturé de ci de là.


Pas un grand roman, mais un petit chat sur les genoux qui tient douce compagnie en gardant son indépendance mystérieuse.
Une tentative de réfléchir à tout ce qui colle ou qui décolle, dans nos petites vies, dans notre Histoire. Des pages surprenantes sur le conflit Israelo-Palestinien. Des paragraphes déroutants sur les polymères et autres molécules composants les colles industrielles. Des envolées contre les services sociaux expéditifs des hopitaux britaniques, mais aussi sur les agents immobiliers aux dents longues. Au final, il y a plein de petites choses dans ce livre, qui font qu'on s'attache, même si parfois il n'y a plus rien à recoller.






08 novembre 2009

Histoires de femmes


C'est un concentré d'histoires de femmes écrit par Rebecca Wells. Celles d'une fille, de sa mère, et de la mère de cette dernière, mais surtout l'histoire d'un groupe de copines à la vie à la mort surnommées les Ya-Ya, d'où le titre: Les divins secrets des petites Ya-Ya.


Tout commence quand Siddy, metteur en scène à succès, découvre avec horreur une chronique du Sunday New York Times consacrée aux liens avec sa mère... Quand on sait que celle-ci alcoolique l'a battue, on comprend la peine que cause l'article à la mère et à la fille. Ce roman, c'est toute leur histoire, une tentative de comprendre l'alcool, les coups, les douleurs, de Siddy, de sa mère Vivi, et de la mère de sa mère, Buggy. Et ce par l'entremise des carnets de souvenirs de Vivi et de ses amies intitulés les divins secrets des petites Ya-Ya. On trouve de tout dans ce pêle-mêle de souvenirs abimé, une clé, de vieilles lettres, des photographies usées par le temps, des bouts de gâteau, des anecdotes, etc.


C'est alors une plongée dans les années Shirley Temple, les années Billy Holiday, les années Autant en emporte le vent, et j'en passe. Une plongée dans l'histoire de l'Amérique en guerre, et son après, les années 60 jusqu'à nos jours. Une plongée dans l'histoire de la Louisiane, d'où est originaire Rebecca Wells, l'auteur.


La traduction française n'a rien d'exceptionnel dans le style, mais on se laisse emporter par l'histoire de ces amitiés féminines intenses.


Je pense que chacune des lectrices sera touchée par des moments différents du roman, tous les épisodes de vie collectés formant un patchwork très détonnant et surprenant. Et je crois que toutes y trouveront des étincelles de bonheur et de partage. Une main sur l'épaule.


C'est aussi un roman sur le pardon. Sur le devenir adulte. Sur l'Amour avec un grand A. Un amour pas égal, pas sans effort, et pas sans douleur.
En exergue du roman on trouve ces mots qui le qualifient bien je trouve:
"Nous ne naissons pas d'un seul coup, mais par petites touches. D'abord le corps, ensuite l'esprit... Nos mères sont déchirées par les douleurs de notre naissance physique, tandis que nous subissons les longues souffrances de notre croissance spirituelle. Mary Antin"
Je pense que ce livre plaira à ceux qui ont aimé Ligne de failles de Nancy Huston.

16 novembre 2007

Papillonage dans les nuages

Savez-vous glâner? Connaissez-vous de bons glaneurs? A l'origine, les glâneurs étaient les pauvres gens qui passaient dans les champs pour y trouver les restes des récoltes mangeables. Aujourd'hui, les glâneurs traquent les babioles dans les brocantes lorsqu'ils sont chineurs, les images magiques au coin des ruelles lorsqu'ils sont artistes,... comme le montre si bien Agnes Varda dans son superbe film Les glaneurs et la glaneuse.





Pour ma part, je viens de faire la connaissance d'un glâneur de talent: Denis Grozdanovitch. Dans Rêveurs et nageurs, ou du plaisir parmi les difficultés, il ramasse à la pelle les petites étincelles du quotidien. Mes préférées: son apologie des fantômes et son bref périple aux Indes Occidentales.

Dans le premier, il nous parle des morts et des vivants et de leur étrange façon de cohabiter. Il y a le décès d'un de ses amis et la balle de tenis qu'il jette dans la fausse au lieu des fleurs... Il y a sa rencontre avec un petit homme bien mystérieux au fin fond d'une librairie, un livre d'Alice au pays des merveilles à la main, et emplein de ses amours perdues. Il y a son amie retrouvant le long d'un vieux sommier la bague de sa défunte mère tant pleurée.


Pour les Indes occidentales, il glâne ces instants de voyage qui nous marquent pour longtemps. Parti pour les Etats-Unis, il s'attarde dans les musées, il s'ouvre aux rencontres. Et ça donne de très belles pages sur la peinture européenne, mais aussi de très beaux moments de partage comme avec ce vieux monsieur féru des librairies publiques, ou avec Sue... la belle Sue...


Ce livre est en quelque sorte une collection choisie d'extraits de ses petits carnets de vie ou de route. Ca donne envie de vivre intensemment, de sucer toute la moelle de la vie, pour ne pas, quand viendrait la vieillesse, nous rendre compte que nous n' avions pas vécu,... si vous voyez ce que je veux dire!




Alors si vous vous sentez un peu rêveur, ou nageur (mais ça je ne vous dis pas pourquoi... l'histoire est trop belle pour dévoilée ici les raisons de ce titre si judicieusement choisi), voici un petit extrait qui vous donnera l'esprit de son écriture:


"...Tels des petits enfants, nous sommes assis sur les chaises pliantes sous les marronniers du parc et nous observons, dans une jubiliation extatiques, les marionnettes peinturlurées sur la scène du Guignol - laquelle n'est autre que le théâtre de notre vie: bureaux, magasins, marchés, clubs, salons, où nous recevons et sommes reçus... Là se déploient sous nos yeux, sans que nous en ayons toujours conscience, les ridicules comédies burlesques et rocambolesques dont nous sommes tour à tour les acteurs et les spectateurs et que nous nous jouons ingénuement les uns aux autres.


Parfois pourtant, cette idée nous effleure à l'occasion d'une scène particulièrement heureuse ou pathétique et dans notre for intérieur nous applaudissons en riant ou en frémissant: nous voudrions alors bisser cette scène mais la loi du théâtre de l'existence ne permet aucune répétition et, la scène aussitôt finie, les ombres fugitives qui, pour notre émerveillement ou notre frayeur, l'animèrent, s'évanouissent à jamais, réintégrant l'anonymat du vaste réservoir des formes universelles. Nous restons là, pantelants, tandis que derrière le rideau se laissent encore apercevoir quelques remuements et entendre quleques voix, jusqu'à ce qu'apparaissent le débonnaire montreur et son aide se dirigeant vers la sortie du parc, puisqu'on nous passe notre paletot sur les épaules en parlant doucement, maternellement - car cette même déception, celui ou celle qui nous accompagne l'ont ressenti à leur heure. Aussi, marchant mécaniquement, éternels enfants tenus par la main, nous contemplons se détachant sur le ciel blanc du crépuscule d'automne les dentelures innombrables des feuillages jaunissant du parc..."


J'ajouterais pour les amateurs de petits carnets, que dans le genre, ceux de Paul Auster sont pas mal non plus, voir The red notebook (le carnet rouge pour la version française).

27 novembre 2006

Petit détour par le Japon…

Aujourd’hui, panoramique japonais: pour tout ceux qui n’ont pas le temps de dévorer des romans, voici une solution miracle : le Haiku ! Un concentré de sensations et d’émotions en trois lignes (ou trois colonnes pour ceux qui peuvent les lire en version originale...) !




Le hiaku est une forme de poème japonais du 19e siècle, qui suit un rythme de 5-7-5, et renvoie traditionnellement par le kigo á l’instant ou á la saison grâce á une référence á la nature. Il s’offre á vous comme une grande respiration, une bouffée d’oxygène, une image qui traverse votre esprit pour vous emmener loin en une fraction de secondes. Il produit un effet de réel, car il situe l’action ou le lieu, dans un jeu de temps qui unit le souvenir á l’instant. Pour faire encore plus sérieux et littéraire, je vous dirais même que le Haiku repose sur une hypotypose. C’est á dire qu’il s’appuie sur une figure ‘’qui regroupe l’ensemble des procédés permettant d’animer une description au point que le lecteur voit le tableau se dessiner sous ses yeux.’’ Autrement dit : c’est encore mieux que de manger un Boutny… Mieux que le deuxième effet Kiss Kool !

Par exemple :

La vieille mare:
Une grenouille saute dedans:
Oh! le bruit de l'eau.

Pinceau plein de bleu
Un coup sur le volet
Un coup sur le ciel

Déjà quatre heures...
Je me suis levé neuf fois
Pour admirer la lune.

Comme il est admirable
Celui qui ne pense pas: «La Vie est éphémère»
En voyant un éclair!

A moitié petite,
La petite
Montée sur un banc.



Et si vous souhaitez aller au delà de la lecture : glissez un petit carnet dans votre sac, et composez vos haikus, au lit, dans le bus, au petit-déjeuner, ou tout simplement quand bon vous semble !

Et puis d’ailleurs, si le cœur vous en dit, n’hésitez pas á mettre vos Haikus préférés en ligne sur ce blog, en utilisant la fonction ‘’comments’’.