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04 juin 2025

L'anthologie de l'OULIPO

 

Il est rare de lire une anthologie de A à Z.

Mais c'est ce que j'ai fait avec un immense plaisir ces dernières semaines.

L'OUvroir de LIttérature POtentielle, OULIPO, est constitué d'un groupe d'auteurs comme Pérec, Queneau, et une trentaine d'autres qui se sont donnés des consignes amusantes ou décalées pour jouer avec la langue et les mots. Un peu comme des prompts!

De "écrire sans utiliser une voyelle", jusqu'à "écrire de la poésie dans le métro, avec le tunnel pour penser le vers et la station pour l'écrire, et un changement de strophe à chaque changement de lignes"!

J'ai découvert dans ce livre des jeux qui m'ont beaucoup plus, comme faire deviner un nom de ville dans le monde avec des indices un peu en mode charade littéraire.

Bref, j'ai ri, j'ai eu envie même de tester certaines des consignes!

Alors à tous les amateurs d'ateliers d'écriture, je recommande vivement la lecture de ces textes!

Vous pouvez picorer et sourire à volonté!

 Merci à Maren pour le beau cadeau! 

 

20 septembre 2008

Un petit air de rentrée...




Ah la rentrée, la reprise, enfin appellez-la comme vous le voulez... Littérairement parlant, ça me renvoie à Paroles de Prévert. Un livre que j'aime tant, et qui sent la rentrée, l'école, et tout ce qui va avec. Qu'on peut lire et relire mille fois, même quand on est fatigué!


Il y a les poèmes qu'on connait par coeur: l'inventaire à la Prévert, Pour toi mon amour, l'accent grave, le cancre, pour faire le portrait d'un oiseau, et la liste serait longue...


Il y a ceux qu'on a oublié et qu'on relit avec plaisir: la promenade de picasso et ses "terrifiants pépins de la réalité", Barbara ("pardonne moi si je te dis tu, je dis tu à tous ceux qui s'aiment, même si je ne les connais pas")


Alors, si vous êtes déjà dépassés par la reprise, submergés par les choses à faire, glissez un brin de Prévert dans votre esprit... C'est comme une grande cour de récréation géante, où il fait bon redevenir petit pour quelques instants au moins...


Paris at night

Trois allumettes une à une allumées dans la nuit

La première pour voir ton visage tout entier

La seconde pour voir tes yeux

La dernière pour voir ta bouche

Et l'obscurité tout entière pour me rappeler tout cela

En te serrant dans mes bras.


Quartier libre

J'ai mis mon képi dans la cage

et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête

Alors

on ne salue plus

a demandé le commandant

Non on ne salue plus

a répondu l'oiseau

Ah bon

excusez moi je croyais qu'on saluait

a dit le commandant

Vous êtes tout excusé tout le monde peut se tromper

a dit l'oiseau.


Le Jardin

Des milliers et des milliers d'années

Ne sauraient suffire

Pour dire

La petite seconde d'éternité

Où tu m'as embrassé

Où je t'ai embrassée

Un matin dans la lumière de l'hiver

Au parc Montsouris à Paris

A Paris

Sur la terre

La terre qui est un astre.


05 mars 2008

Florence, le 5 Mars 2008: Cher vous,





Ce sont des lettres qui ne nous sont pas adressées mais qui nous parlent. Ce sont des lettres qui sont d'un autre siècle, mais qui n'ont pas jauni ni pris un gramme de poussière. Ce sont des lettres sans P.S. parce que tout est essentiel, tout est dit. Ce sont les lettres d'un voyageur, d'un européen... Je suis certaine que vous avez trouvé: ce sont les Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke.



Je les conseille à tous ceux qui se cherchent et qui doutent. Tout ceux qui goutent la vie d'un oreille attentive pour y saisir du sens et du nouveau.



Morceaux choisis:



Viareggio pres Pise (Italie), le 23 Avril 1903:

''... Laissez vos jugements connaitre leur propre développement, calme, non troublé; comme tout progrès, il doit venir de la profondeur du dedans, et rien ne peut le hater ni l'accélérer. Tout doit etre porté à terme puis mis au monde. Laissez chaque expression et chaque germe de sensibilité s'accomplir en vous, dans l'obscurité, dans l'indicible...''



Flädiem Suède, le 12 Aout 1904:

''Voilà pourquoi il est si important d'etre solitaire et attentif, lorsqu'on est triste; car l'instant où, apparemment, rien n'arrive ni ne bouge, est celui où notre avenir entre en nous, et c'est un instant qui se trouve tellement plus près de la vie que cet autre bruyant et contingent où l'avenir nous vient comme du dehors. Plus nous sommes, dans la tristesse, silencieux, patients, ouverts, et plus le nouveau entre en nous profondément, imperturbablement, mieux nous en prenons possession, plus il sera notre destin.''



Ces lettres donnent envie d'écrire. De creuser notre solitude pour voir apparaitre sous la plume les mots justes et bons.

Ces lettres donnent envie de recevoir du courrier. Car on comprend que chaque mot, dans cet intimité partagée, est un immense cadeau.

Ces lettres donnent envie de trouver un peu de sagesse dans la torpeur du soir.

18 février 2008

Simple et beau




C'est un livre que l'on peut trouver sous différentes formes: de la belle caligraphie, au petit poche, de la version anglaise à la version russe... Il s'agit du Prophète de Khalil Gibran.


Je pense que chacun peut trouver dans ce livre un petit mot pour lui, une voix poétique et éclairante.


Certains le liront en mystique, d'autres en philosophe.

Certains le liront en humaniste, d'autres en grilloteurs nocturnes.

Certains ouvriront leurs oreilles à la musique de cette langue, d'autres au contenu des sagesses.


Pour ma part, je le trouve un magnifique recueil de citations, pour un mariage, un anniversaire, un petit carnet, une carte postale...


Il en regorge tellement que je ne sais même pas que vous citer pour vous conduire jusqu'à ce livre... peut être celle-là:



"Si mon discours vous semble vague, ne tentez pas de l'élucider.
Vague et nébuleux est le commencement de toute chose; l'aboutissement ne l'est pas."

Et pour ceux qui voudraient en savoir plus sur K. Gilbran, je vous dirais qu'il est né au Liban, et a beaucoup voyagé (en Europe mais aussi aux Etats-Unis). Le Prophète est certainement son oeuvre la plus célèbre de part le monde.

11 janvier 2008

Tendez l'oreille... et les yeux!



Tendez l'oreille... Vous entendez ce frissonnement? Celui de la poésie qui accourt? Une poésie contemporaine, anecdotique, énergique et décalée... Une performance artistique qui vous fait mousser les neurones, et les laisse scintillant et sautillant!

Ca se trouve ici et là!

Et ne manquez pas non plus la phonothèque.

Il y a les visions aussi, ces hologrammes de mot-à-mot, qui vous laisse entre-apercevoir l'inouïe de la vie sur terre et c'est par ci (la poésie ça se respire) ou par là (travailler le blanc)... et ailleurs aussi!

La poésie ça s'observe. Ca se goûte du bout des yeux. C'est toute la grandeur des manuscrits, et c'est dans ce coin perdu du net pour ceux que ce grand artiste qu'est Jean-Michel Maulpoix intéresse.

Un petit coin de poésie quand il pleuviote dehors... avec tout plein de poèmes à laisser entrer dans votre petite tête... classés par auteur... c'est là.

Le poète est-il si pauvre que le tableau le fait croire? Une question à méditer pour l'an 2008!


28 novembre 2007

Poetry made in US

Aujourd'hui, pour changer, petit détour vers la poésie. Une poésie fabuleuse mais parfois méconnue de notre côté de l'Atlantique, la poésie US du XIXe de Walt Whitman et Emily Dickinson!

Un peu de calme et de douceur...

Among the multitude, W. Whitman

Among the men and women the multitude,
I perceive one picking me out by secret and divine signs,
Acknowledging none else, not parent, wife, husband, brother, child, any nearer than I am,
Some are baffled, but that one is not--that one knows me.
Ah lover and perfect equal,I meant that you should discover me so by faint indirections,
And I when I meet you mean to discover you by the like in you.


To a stranger, W. Whitman

Passing stranger! you do not know how longingly I look upon you,
You must be he I was seeking, or she I was seeking, (it comes to me as of a dream,)
I have somewhere surely lived a life of joy with you,
All is recall'd as we flit by each other,
fluid, affectionate, chaste, matured,
You grew up with me, were a boy with me or a girl with me,
I ate with you and slept with you,
your body has become not yours only nor left my body mine only,
You give me the pleasure of your eyes, face, flesh, as we pass,
you take of my beard, breast, hands, in return,
I am not to speak to you,
I am to think of you when I sit alone or wake at night alone,
I am to wait, I do not doubt I am to meet you again,
I am to see to it that I do not lose you.





Hope is the thing with feather, E. Dickinson

Hope is the thing with feathers
That perches in the soul,
And sings the tune without the words,
And never stops at all,
And sweetest in the gale is heard;
And sore must be the storm
That could abash the little bird
That kept so many warm.
I ’ve heard it in the chillest land,
And on the strangest sea;
Yet, never, in extremity,
It asked a crumb of me.


I am nobody! Who are you? E. Dickinson

I'm Nobody! Who are you?
Are you – Nobody – too?
Then there's a pair of us?
Don't tell! they'd advertise – you know!
How dreary – to be – Somebody!
How public – like a Frog –
To tell one's name – the livelong June –
To an admiring Bog!


22 février 2007

Le Baleinié

Un petit tracas? J'ai ce qu'il vous faut! Un petit livre tout vert en tissu, avec écrit dessus Le Baleinié, même si c'est pas facile à déchiffrer. C'est un dictionnaire des tracas, écrit ou devrais-je dire inventé cocassement par Christine Murillo, Jean-Claude Leguay et Grégoire Oestermann.







Ils se sont amusés à trouver un nouveau nom commun ou verbe pour tous les tracas du quotidien qu'on connait tous sans pouvoir les nommer, faute de vocabulaire...

Ainsi, on peut trouver à la lettre B:

Boulbos: camion qui roule devant vous sur l'autoroute et vous masque systematiquement les paneaux d'indication!

un peu plus loin:

Jagun: langage à base d'indéfinitifs, de "ils" de "elles" de "on", pour éviter à avoir à dire "tu" ou "vous" à une personne

Kpètre: bandeau accrocheur qui vous a fait acheter un livre dont vous n'avez pas besoin

Plute: prix oublié sur un cadeau

à la lettre Z:

Zoupard: distance entre le ticket de péage et le bout des doigts tendus

et le mieux bien sûr sont les exemples qu'ils donnent comme dans un vrai dictionnaire, les sens figurés qu'ils ajoutent aux nouveaux mots! Bref, on se marre, et ça fait du bien de rire de ces petits tourments du quotidien, qu'on a tous connus un jour ou l'autre!

Pour les intéressés, les auteurs de ce désormmais célèbre dico, en ont fait une pièce de théâtre Xu, que je viens d'aller voir au Théâtre du Rond Point à Paris! Que du bonheur! Et il prévoit une tournée dans toute la France, donc renseignez-vous!

(Et si vous vous le demandez: Définition de Xu: Objet bien rangé, mais où?)

27 novembre 2006

Petit détour par le Japon…

Aujourd’hui, panoramique japonais: pour tout ceux qui n’ont pas le temps de dévorer des romans, voici une solution miracle : le Haiku ! Un concentré de sensations et d’émotions en trois lignes (ou trois colonnes pour ceux qui peuvent les lire en version originale...) !




Le hiaku est une forme de poème japonais du 19e siècle, qui suit un rythme de 5-7-5, et renvoie traditionnellement par le kigo á l’instant ou á la saison grâce á une référence á la nature. Il s’offre á vous comme une grande respiration, une bouffée d’oxygène, une image qui traverse votre esprit pour vous emmener loin en une fraction de secondes. Il produit un effet de réel, car il situe l’action ou le lieu, dans un jeu de temps qui unit le souvenir á l’instant. Pour faire encore plus sérieux et littéraire, je vous dirais même que le Haiku repose sur une hypotypose. C’est á dire qu’il s’appuie sur une figure ‘’qui regroupe l’ensemble des procédés permettant d’animer une description au point que le lecteur voit le tableau se dessiner sous ses yeux.’’ Autrement dit : c’est encore mieux que de manger un Boutny… Mieux que le deuxième effet Kiss Kool !

Par exemple :

La vieille mare:
Une grenouille saute dedans:
Oh! le bruit de l'eau.

Pinceau plein de bleu
Un coup sur le volet
Un coup sur le ciel

Déjà quatre heures...
Je me suis levé neuf fois
Pour admirer la lune.

Comme il est admirable
Celui qui ne pense pas: «La Vie est éphémère»
En voyant un éclair!

A moitié petite,
La petite
Montée sur un banc.



Et si vous souhaitez aller au delà de la lecture : glissez un petit carnet dans votre sac, et composez vos haikus, au lit, dans le bus, au petit-déjeuner, ou tout simplement quand bon vous semble !

Et puis d’ailleurs, si le cœur vous en dit, n’hésitez pas á mettre vos Haikus préférés en ligne sur ce blog, en utilisant la fonction ‘’comments’’.

22 septembre 2006

Littérature de sac à main!

Et oui, la fin des vacances, la reprise du travail, la rentrée, et la rengaine: "J'ai plus le temps de lire." A tous ceux dont cette petite phrase a traversé l'esprit, je voudrais parler d'un remède miracle: ces petits livres de poches qu'on peut glisser dans son sac à main (ou ailleurs!) et sortir à l'arrêt du bus, entre deux stations de métro, en salle d'attente, en faisant la queue, etc.





Petit inventaire à la Prévert:

- Les fables de Lafontaine: chacune d'elles est un petit univers à soi. Elles sont tour à tour drôles, satyriques, ironiques. Tout est dans le mot choisi, la réplique, la surprise. Et en prime, une petite leçon de vie!

- La première gorgée de bière de P. Delerm: petits textes d'une ou deux pages sur les petits plaisirs quotidiens. Par exemple: le premier jour où l'on peut manger de nouveau dehors, la sortie de la boulangerie avec la pyramide en papier qui cache les gâteaux du dimanche, le moment où la salle devient noir au cinéma juste avant le film, etc. Un petit délice!

- Exercices de style, de R. Queneau: C'est toujours la même petite histoire banale d'un type dans un bus, mais racontée de 99 façons différentes! C'est très ludique!

- Paroles de J. Prévert: Ca vous donnera la clé de l'expression "inventaire à la Prévert", mais au-delà de ça, c'est poétique, touchant, drôlatique. On peut y piocher ce qu'on veut selon l'humeur!

On peut toujours trouver le moyen de glisser un peu de littérature dans sa vie!