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03 novembre 2025

Les dames de Marlow

 

Un régal d'humour à l'anglaise.

Les dames de Marlow sont trois. Une conceptrice de mots croisés pour les journaux, la femme du vicaire de Marlow et la promeneuse de chiens du coin. Elles vont s'allier pour enquêter sur un meurtre étrange...

Ce qui est vraiment réussi est que trois invisibles de la cité deviennent des reines de la résolution d'enquêtes. Et cela avec leurs moyens à elles, qui sont souvent très déroutants!

Un livre qui plaira à tous ceux qui aiment les bords de la tamise: le punting, les balades le long du fleuve, et autres joies locales.

Un roman qui s'inscrit dans la rubrique cosy mystery, un peu à la Alexander Mc Call Smith.  On va d'énigmes en énigmes avec suspense, mais on rit aussi beaucoup et on découvre une belle solidarité féminine face aux épreuves.

Et un cadeau : ils ont glissé trois grilles de mots croisés dans le roman. Je ne vous en dis pas plus!

Merci beaucoup à la librairie L'instant dans le 15e à Paris, pour la recommandation. 

Et bonne nouvelle, il y a un tome 2 et un tome 3 pour retrouver nos héroïnes! 

 

20 octobre 2025

Les mains libres

 

Une autrice que j'aime beaucoup et que j'ai retrouvée avec plaisir!

Les mains libres de Jeanne Benameur est un petit bonbon.

Madame Lure, l’héroïne du roman, est une vieille dame discrète comme on en croise sans les remarquer, dans les rues des grandes villes. Dans l'appartement de son mari disparu, elle maintient chaque chose à sa place, tranquille et pour toujours. Elle évite tout souvenir, mais rêve un peu chaque jour grâce aux cartes et aux brochures de voyages qu'elle étale sur la table de la cuisine. Yvonne Lure entre dans les photographies, y sourit, y vit. Elle s'imprègne de cet ailleurs qui la dépayse et la sort de son isolement.

Un jour, surprenant un jeune homme en train de voler de la marchandise dans un grand magasin, elle se met à le suivre de façon irréfléchie jusqu'à son campement, sous l'arche d'un pont.

Qu'ont-ils en commun, Yvonne, celle qui garde tout dans son logement immobile, et Vargas, l'errant qui vit de rien?

D'une écriture de peu de mots, épurée, Jeanne Benameur capte les destins obscurs de deux parias innocents, tissant entre eux des liens intenses et émouvants. 

Les phrases sont courtes, poétiques.

Merci Charlotte pour la belle découverte.

Un texte qui plaira à ceux qui sont sensibles aux rencontres inattendues, à la question de l'isolement social, des liens et de la solidarité dans notre monde moderne. 

 


27 juin 2025

Seules dans les grand nord

 

Un livre qui rafraichit par ces fortes chaleurs!

Nous suivons une petite tribu dans la haute vallée de Yukon, qui affronte un hier très rude. Faute de nourriture, ils décident d'abandonner deux vieilles femmes à leur sort. Elles ne sont vues que comme des bouches en trop, et donc purement et simplement laissées là au milieu de rien, tandis que la tribu repart.

 Elles ne vont rien lâcher, et mettre en place des stratégies de survie réjouissantes!

Très inspirant et émouvant !

A la base, ce récit se transmettait par tradition orale mais Velma Wallis en a fait un roman aux accents de conte qui est vraiment riche d'enseignements!

 Un grand merci pour le cadeau Marie-Louise!

Je conseille vivement! 

 

19 mai 2025

Profanes

 

 Le Dr Octave Lassale vit seul dans une grande maison. Sa fin de vie approche, il a passé les 90 ans. Il embauche quatre personnes qui ne se connaissent pas pour l'aider à mettre en ordre ses papiers, sa maison, son jardin, et vivre au mieux ses derniers moments. Il constitue une équipe comme le chirurgien qu'il était, pour l'entourer au quotidien.

Un roman qui est très riche des liens entre ces personnes.

Un texte qui laisse place à la poésie (haikus), à l'art, à la photographie,...

Un texte sur la mort aussi, la sienne ou celle de ses proches.

Une plume fine, subtile et pudique pour plonger dans l'intime.

 

27 septembre 2017

Les vies de papier



Un roman très touchant, sur la vieillesse, le Liban, les femmes et la littérature!

Aaliya Saleh a 72 ans et les cheveux bleus, par mauvaise manipulation d'un shampoing! Elle a vécu libre et forte, à Beyrouth toute sa vie, par temps de pais comme par temps de guerre et de chaos. Dans son appartement: des livres mais aussi des pages et des pages de traduction d'ouvrages, des tas de souvenirs, des disques de Chopin.... Elle nous promène dans sa ville, elle nous fait entendre la bande son des lieux, les odeurs des quartiers.

J'aime vraiment ce personnage! Et j'aime le sens de l'anecdote de Rabih Alameddine. Il y a notamment une scène de fuite d'eau mémorable dans l'immeuble! Le texte grouille de citations littéraires et musicales. Le flux de la narration est envoûtant bien que passant du coq à l'âne, au gré de la mémoire.

Un livre pour tous ceux qui veulent découvrir le Liban, son histoire, son ambiance!

Un roman pour les amoureux des librairies et des mots.

Un roman sur la liberté, les choix et le destin.

Ce roman a eu le prix Fémina étranger en 2016 et c'est mérité!

Merci beaucoup Anouck pour ce très beau cadeau!

En plus ce livre bat tous les Libellés de ce blog: Littérature libanaise, Au féminin, Découvrir un pays, Roman d'immeubles et Livres dont les libraires sont les héros! Avis aux amateurs!


18 juillet 2012

Apprendre à vieillir



Emily est agée, et vit seule à Pittsburgh. Elle s'occupe à sa routine du quotidien, les mots croisés, le chien, les repas, les couchés. Ses enfants habitent loin d'elle, et ne l'appelle que de temps à autres. Elle est veuve. Pourtant il ne lui manque rien. Elle continue le fil des heures, pas à pas, libre.

Stewart O'Nan nous fait découvrir un des pans de l’Amérique, celui qui vote conservateur, celui qui est vieillissant, comme ça, sans en avoir l'air.

Ce roman montre que la vie à tout âge peut être pleine d'imagination, d'inconnu, et de déconcertant.

"Dix heures du matin, et la seule chose dont elle avait envie, c'était de dormir. Elle écrivit ses cartes de remerciements l'esprit embrumé, se fit une soupe et un toast à midi, avala un bouchon de Dayquil nauséabond et se mit au lit. Dehors, le vent faisait rage et les fils téléphoniques se balançaient follement. Elle resta un moment à regarder la lumière changeante au plafond et à écouter Rufus respirer, le tourbillon de ses pensées amplifié par le silence. Elle avait les bronches prises, les sinus bouchés, et contemplant la porte fermée, elle se rappela la façon dont enfant, quand elle était malade, sa mère faisait de la soupe, la lui apportait sur un plateau et glissait une serviette dans l'encolure de son pyjama."


Un livre qui offre dignité et vulnérabilité, unis deux à deux dans une valse tendre!