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18 février 2025

Galette au miel

 


 

Un texte court de Haruki Murakami, qui est très délicat et doux. Il fait partie d'un recueil que Murakami a écrit après le tremblement de terre de Kobe. Et il ressort en mode beau livre illustré.

Sara est une petite fille qui fait des cauchemars. Sa mère, Sayoko, appelle alors son meilleur ami Junpei, qui sait si bien inventer des histoires pour l'apaiser. Ce dernier crée de toutes pièces l'histoire d'un ours qui la réconforte pour éviter de sombrer dans la peur du tremblement de terre.

Mais ce livre est aussi l'histoire d'un triangle amoureux. Car Sayoko ne s'est pas mariée avec Junpei mais avec un autre de ses amis de l'époque, Takatsuki.

De pages en pages, on découvre les liens entre les trois personnages et leur évolution dans le temps.

Un livre paisible, onirique, sur l'amitié et l'amour!

Merci à Nicolas pour le beau cadeau de Noël!

 

 

 

 

21 septembre 2022

Petites boites


Voici un roman très intrigant!

Nous sommes au Japon. L'héroïne vit dans une école maternelle abandonnée. En son sein, tout est à taille d'enfant. Il y a aussi une salle qui contient des petites boites comme autant de miniatures dédiées à des enfants décédés; Que s'est-il passé? on ne le sait pas. Mais on comprend qu'il est important pour les gens d'ici de venir parler à leurs enfants, les accompagner dans la vie, à travers ces petites boites, comme s'ils étaient encore vivants!

Par ailleurs, notre héroïne décrypte pour un ami des lettres que lui adresse son aimée, mais avec un texte écrit en si petit, que cela prend des heures à déchiffrer. Et le texte continue de diminuer en taille de semaine en semaine.

En lisant ce roman, on peut ressentir une sensation de malaise, comme lorsqu'on rêve. Une sorte d'insoutenable étrangeté. Et pourtant il y a aussi beaucoup de poésies, des trouvailles incroyables!

Par exemple, les personnages vont à des concerts de soi à soi, avec des sortes de coquillages qu'ils s'attachent sous les oreilles.

Un roman sur le deuil, l'absence, la mélancolie, le rapport à soi.

Un texte pour ceux qui n'ont pas peur de l'art, du fantastique, du non-sens qui en cache plein en fait.


20 mars 2021

Des mangas!


Petites découvertes de Mangas en ce mois de mars 2021.

Mon coup de cœur fut Chiisakobe. L'histoire d'un jeune charpentier qui suite au décès de ses parents dans un incendie se retrouve à gérer l'entreprise familiale et à retourner vivre dans sa maison natale. Dans des temps compliqués, il va s'accrocher à la devise de son père pour tenir: humanité et volonté. Deux mots peut-être clé aussi par les temps qui courent? Ce manga tourne autour de la relation qu'il noue avec une de ses amies d'enfance qui décide de s'occuper d'orphelins dans la maison où il vit. Je ne vous en dis pas plus. C'est très japonais dans les rapports sociaux, les traditions, le devoir, etc. Très dépaysant!

Autre manga: Après la pluie. Déjà plus un manga pour ado, j'ai trouvé. Akira est une jeune fille qui travaille dans un restaurant pour se faire un peu d'argent. Elle tombe secrètement folle amoureuse du gérant. Donc tout tourne autour de son amour pour son patron. Par ailleurs, on comprend qu'elle avait un grand avenir sportif devant elle, mais que suite à une blessure à la cheville, elle est bloquée dans l'avancée de ce projet de vie. Va-t-elle pouvoir retourner à l'athlétisme? quel lien va-t-elle nouer avec le tenancier du restaurant? A vous de lire!

Enfin un manga plus enfant: YotsubaKoiwai Yotsuba est une petite fille de six ans très énergique et enthousiaste. Elle vient d'emménager en ville, ce qui représente pour elle une grande découverte! Elle vit entourée de son père, qui ne cesse de lui faire des recommandations et de ses nouveaux voisins : la famille Ayase, avec trois filles plus âgées dénommées Ena, Fuuka et Asagi. Chaque volume raconte la vie quotidienne de Yotsuba : Son inexpérience et son jeune âge donnent lieu à de nombreux gags. Le manga joue sur le comique de situation, et s'adresse avant tout à un jeune public je pense. En tout cas, personnage très attachant!

Voilà. Comment voyager depuis son salon! Il ne vous reste plus qu'à commander japonais!

Bons mangas à tous!




29 janvier 2021

Non Non Ba

 



Un petit bijou que ce manga: Non Non Ba de Shigeri Mizuki.

C'est l'histoire d'une grand mère japonaise et de son petit fils. Elle l'accompagne dans la vie et lui transmet tout ce qui compte, à commencer par l'existence de Yokaïs et de leurs légendes. Ce sont des petits personnages, comme des fantômes, qui vivent dans certains bois, ou certaines mers, et qui ont des pouvoirs sur leur environnement et sur les gens, dans la tradition japonaise. 

Dans cette chronique très touchante, on retrouve toute la vie du Japon rurale, mais aussi toute une philosophie du monde, qui montre combien l'invisible joue un rôle dans notre univers.

J'ai été émue par les liens qui unissent la grand mère et sa descendance, mais aussi par les liens entre enfants, la place des parents, leurs rêves (tenir un cinéma), et les pressions de réussite. 

Qu'il est beau de voir comment l'auteur trouve le trait juste pour nous raconter son enfance, et l'ouverture sur l'art et le dessin qu'elle lui a donné. On voit comment il fait de ses crayons la clé de son épanouissement et de son devenir.

Bref, vous l'aurez compris, Grand Coup de Coeur!

Merci à David, pour ce très beau cadeau...




09 décembre 2020

Suzuran




Retrouvailles avec Aki Shimazaki que j'apprécie tant!

Son dernier roman s'appelle Suzuran, qui veut dire muguet en japonais.

Et c'est comme toujours tout en délicatesse, tout en finesse, avec au cœur du récit des histoires de famille.

Anzu élève seule son garçon. Au centre de son existence, elle a mis sa passion pour la poterie. Sa sœur est celle qui réussit à attirer les hommes, celle qui semble avancée forte et autonome. Un jour, elle arrive en annonçant qu'elle va se marier! Tout de suite Anzu sent une connexion spéciale avec son futur beau-frère. Mais que faire?

Un roman sur ce à quoi on croit, les jeux du destin, le sens de l'existence, l'amour.

Un texte court qu'on peut lire d'une traite un soir, pour un petit voyage au Japon qui dépayse. Un voyage lent et méditatif, qui fait du bien.

Alors à quand la suite? Début d'une nouvelle pentalogie? Hâte de savoir!




26 décembre 2019

Le mari de mon frère



Un chouette manga à lire pendant l'hiver: Le mari de mon frère.

Yaichi élève seul sa petite fille, quand soudain un canadien débarque chez eux, et se présente comme le mari de son frère jumeaux récemment décédé. Il arrive tout droit du Canada pour découvrir un peu comment son mari a vécu son enfance au Japon.

Yaichi est très mal à l'aise d'accueillir chez lui ce beau frère homosexuel, alors qu'au contraire sa petite fille s'en fait une joie. Elle découvre avec amour qu'elle a un oncle, elle est très curieuse de découvrir comment on vit au Canada.

Kana, avec ses questions d'enfants, est très touchante et attachante.

Un manga qui prône la tolérance, l'ouverture aux autres, la découverte, la générosité.

Parfait pour les fêtes! Ca se lit tout seul.

En plus il y a des encadrés pédagogiques sur l'histoire des gays, etc.

Merci Mara pour le bon conseil!

A lire dès 7 ans...

23 mars 2019

La papeterie Tsubaki



Un roman japonais, La papeterie Tusbaki de OGAWA Ito.

C'est d'abord la lenteur des mots et du rythme des journées. Nous suivons une jeune femme qui tient une papeterie, dans le détail régulier de la vie de la boutique. On prend plaisir aux gestes simples, au nettoyage du matin, au thé avec certains clients, etc.

Mais plus que de tenir une papeterie, l'héroïne du roman est écrivain publique. Elle aide les personnes à écrire des lettres, lettres de rupture, lettres d'amour, lettres de condoléance, ce sont tous les moments clé de l'existence qui y passent.

J'aime que tout soit dans le choix des mots, du type de papier, de calligraphie, d'encre, de timbres. Tout ce que nous ne prenons plus vraiment le temps de faire en fait, et qui rend la vie si belle! Aligner la pensée avec la fabrication d'un petit objet quotidien, qui doit en tout refléter ce qu'on est et qu'on pense: la lettre!

Bref, je me suis régalée.

On apprend aussi beaucoup sur le Japon, les rituels, les fêtes, les formes de politesse,...

Un roman pour ceux qui cherchent du calme et de la douceur.

Un roman qui parle d'attention à l'autre, d'amour du travail bien fait.

L'objet du livre est beau aussi, car il abrite les lettres en japonais à l'intérieur et que la couverture fait du bien rien qu'à regarder!

03 avril 2018

Certaines n'avaient jamais vu la mer....



Puissant roman polyphonique que Certaines d'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka!

Les voix sont celles de ces japonaises qui ont été mariées à distance avec des hommes vivants sur le sol américain au vingtième siècle, avant la seconde guerre mondiale... et qui ont traversé les océans pour se retrouver à travailler la terre, à être servantes quand ce n'est pas pire.

Nous sommes face à un chœur, à ces témoignages collectifs de l'exil. Toutes leurs histoires s'entremêlent: toutes leurs nuits de noce, toutes leurs grossesses, toutes leurs peurs,...

Qu'il est rare et précieux ce "nous", ce collectif de femmes.

Un roman pour mieux comprendre l'histoire du Japon, la migration, et ce sujet tabou que fut celui des émigrés japonais pendant la seconde guerre mondiale sur le sol américain.

Un livre résolument Au féminin, qui parle d'humiliation, d'oppression et de petites lueurs d'espoirs infimes.

Un roman qui se lit d'une traite, intense et resserré.

Merci à Céline pour la recommandation!






15 juillet 2017

Une autre pentalogie délicate de Aki Shimazaki...



Après avoir vraiment beaucoup aimé la première pentalogie de Aki Shimazaki qui portait sur Nagasaki (avec les courts romans: Tsubaki, Hamaguri, Tsubame, Wasurenagusa et Hotaru), je me suis régalée de: Mitsuba, Zakuro, Tonbo, Tsukushi et Yamabuki.

Cette fois ci, la pentalogie parle des codes sociaux japonais au travail, dans les grands groupes, et des mariages et histoires de famille qui y sont liés.

Takashi, qui travaille dans un grand groupe japonnais d'import export est tombé amoureux de Yuko, qui travaille à l'accueil. Ils se retrouvent au café Mitsuba avec délice. Mais le sort des familles et des carrières n'est pas dans les mains des personnes qui les construisent...

La pentalogie va nous conduire à mieux comprendre comment différents personnages de l'entreprise ont eux même été soumis à des pressions et des détours...

Alors, nos deux amoureux parviendront-ils à s'aimer au-delà des contraintes sociales?

Quelle joie de retrouver le style du court roman épuré, avec des jeux d'échos entre les tomes!

J'aime aussi beaucoup la délicatesse des couvertures.

Des petites perles d'eau...



22 juillet 2015

Cuisine du Japon



"Je voulais préparer un repas qui, comme la sonnerie d'un réveil, ranimerait ses cellules plongées dans une profonde léthargie, les galvaniserait..."
 
Un petit livre lumineux et précieux: Le restaurant de l'amour retrouvé de OGAWA Ito.

La narratrice de ce roman, Rinco, 25 ans, perd la voix et le sens de l'existence en un soir quand elle découvre son appartement vidé complétement et son compagnon parti. C'est alors qu'elle va trouver son salut en cuisinant de bons petits plats bien médités et mitonnés. Tout en lenteur. En retrouvant du sens dans chaque geste.

C'est si beau de la voir gouter chaque fruit avec soin, retrouver le gout singulier des navets sous la neige, réinventer chaque fois des plats uniques... pour aider les convives à retrouver leur sensation, à renouer avec eux même et à sentir la vie au fond d'eux.

Je suis tombée sous le charme de papy hibou et de ses 12 coups de minuit qui veille sur la maison, d'hermes, le cochon domestique et ses pains aux noix, de Kuma, l'ami si généreux, de Kozue et son petit lapin.

Surtout j'ai trouvé l'écriture très zen et intense. Les mots tombent juste comme le sandwich parfait que prépare Rinco. Lire ce roman donne envie de manger doucement pour profiter de chaque arôme, de toutes les consistances, de tous les mélanges.

Un roman sur les liens grand-mère, mère et fille. Un roman sur l'amour perdu et retrouvé. Un roman sur la générosité, le partage, et la bienveillance.

Allez, filez à l'Escargot, le petit restau de Rinco vous enchantera en douceur!

Merci Marion pour ce beau cadeau d'anniversaire!

"Je servais donc la soupe d'amour à tous les clients qui souhaitaient trouver l'âme sœur ou voir un vœu se réaliser. A chaque fois, les légumes et les proportions variaient, et chaque soupe avait une saveur différente, qui me surprenait moi-même. De ce fait, un changement profond s'est opéré en moi aussi, dans ma façon de considérer les légumes. Jusque là, je croyais que c'était moi qui faisais toute la différence en cuisine, mais en réalité mon rôle se résume à savoir associer les aliments entre eux. Je l'ai enfin compris. Avant toute chose, il y a les agriculteurs qui cultivent les légumes."


18 mai 2015

Harmonie



Roman tout droit arrivé du Japon et du Futur! Harmonie nous plonge dans un monde du numérique et de la data où chaque individu porte un "watchme" qui permet à l'admenistration de suivre la santé personnelle de chacun.

Plus d'alcool ou de café, la société promeut une vigilance énorme pour éradiquer toute graisse ou maladie. La souffrance est évacuée de tout, des journaux, du corps, etc. Chacun marche en affichant son RA, c'est à dire une courte présentation de lui même, une sorte de carte de visite un plus plus complète ouverte à tous.

Seuls les enfants échappent au contrôle total, ce qui inspire trois d'entre eux à entrer en résistance.

Publié en 2008, Harmonie est un livre visionnaire, écrit par Projet Itoh à l'âge de 35 ans alors qu'il se mourrait d'un cancer à l’hôpital.

Un roman de science fiction qui questionne la santé, le système administratif de gestion, le rapport à l'autre en société, la déviance et l'éthique.

Foucault aurait sûrement apprécié!

Avis aux amateurs de SF et avis à ceux qui en lisent peu mais veulent goûter aux risques numériques d'un monde big brotherisé!

Merci à Sophie et Christophe pour le prêt du livre et le conseil de lecture!

Fascinant!

23 novembre 2014

Secret de famille à Nagasaki



Une perle rare. Le poids des secrets de Aki Shimazaki. Et en plus un objet livre très doux et beau avec ce camélia en couverture.

C'est l'histoire d'un petit fils qui questionne sa grand mère Yukiko sur la guerre, sur la bombe atomique à Nagasaki, sur les raisons du bombardements, sur les coupables, etc.

Et c'est l'histoire de sa mère, Namiko, qui finit par découvrir que derrière les conversations entre la grand-mère et le petit fils, se cache un secret de famille qu'elle va devoir affronter.

C'est l'histoire d' une longue lettre testament laissée par Yukiko et qui va changer à tout jamais l'image qu'on pouvait se faire de son enfance et de son adolescence.

Enfin c'est l'histoire d'une mission confiée à Namiko...

Mais je ne vous en dis pas plus.

Ce qui m'a touchée c'est l'image des camélias. Symbole d'amour, de passion, de lien, de souvenir.

Le ton est juste. Le récit est poignant.

Bref, je me lance de ce pas dans le tome 2... de cette pentalogie, dont j'ai acheté les autres 4 tomes ce week-end.

Magnifique découverte pour les amateurs de japon, d'histoire de famille et de guerre.







19 octobre 2014

Le dernier Murakami...



En voilà un que j'étais contente de voir sortir (je l'attendais même!): le dernier Murakami.

Je l'ai lu avec délectation! Un beau style simple et puissant.

Tsukuru Tazaki, le héros du roman, était toujours entouré du même groupe d'amis au lycée. Ils formaient un groupe inséparable... jusqu'au jour où il a été brutalement banni de ce cercle amical. Sans aucune forme d'explications. Il s'est noyé seul dans un puit de chagrin sans fond, avant de ne reprendre sa vie en main. Suite à la rencontre d'une fille, il va se replonger dans ce passé et essayer de comprendre ce qui a bien pu se passer.

Ce livre est donc à la fois le récit d'une enquête quasi policière et l'analyse psychologique des étapes du dépassement de soi suite aux cataclysmes petits ou grands de la vie. On n'y retrouve toutes les passions de Murakami: la musique, les cocktails, les liens entre les êtres qui se lient et se délient, etc. Un peu moins de fantastiques, quoique... Et puis cette quête du sens de l'existence, l'exploration des illusions et des attentes, etc.

Le roman aborde beaucoup de sujets en lien avec l'émancipation: la question du désir sexuel, le rôle du métier ou de l'emploi, le sens du voyage, etc.

Le jeux sur les couleurs des noms des personnages ferait presque penser à Paul Auster.

Un roman à lire absolument si vous aimez Murakami. Vous ne serez pas déçus!

Un roman qui permettra à ceux qui ne sont pas trop fan de fantastiques de s'ouvrir les portes de l'univers littéraire de Murakami...




13 juin 2013

Mondes parallèles



Et un petit Murakami pour la route: Les amants du Spoutnik.

Le héro K. est très ami avec Sumire, une fille hors du système qui tente en vain d'écrire des romans.

"L'esprit de Sumire était aussi clair qu'un ciel nocturne en hiver. La grande Ourse et l'étoile Polaire brillaient, bien à leur place. Elle avait un tas de choses à écrire. Un tas de choses à dire. Il suffisait qu'elle ouvre la vanne appropriée, et courant d'idées et de pensées pleines de passion jaillirait comme une lave incandescente, jusqu'à former une œuvre novatrice."

Alors que K. aimerait conclure avec Sumire, celle-ci tombe éperdument amoureuse de Miu, une femme d'affaire mystérieuse, lors d'un banquet de mariage. Dans l'espoir de passer plus de temps avec elle, elle accepte de devenir son assistante et de l'accompagner dans ces périples en Europe. Mais un jour, K. apprend par Miu que Sumire a disparu, et tout bascule.

Un roman troublant à la Murakami, avec tout ce qu'il faut d'amour, de désir, de doute, de quête... avec aussi la Lune, des mises en abime, et des questions existentielles.

Un roman sur la solitude, sur le manque et sur le désir d'écrire.

"Pourquoi sommes-nous si seuls? me demandais-je. Pourquoi est-il nécessaire que nous soyons si seuls? Tant de gens vivent dans ce monde en attendant quelque chose les uns des autres, et ils sont néanmoins contraints à rester irrémédiablement coupés des autres. Cette planète continue-t-elle de tourner uniquement pour nourrir la solitude des homes qui la peuplent?
Allongé à plat dos sur ma pierre, je songeais aux innombrables satellites qui faisaient en ce moment même des circonvolutions autour de la Terre. Une faible lueur soulignait encore l'horizon; cependant quelques étoiles apparaissaient déjà dans le ciel qui avait pris une teinte violine."

Le réel et le rêve se cotoient. Le voyage est aussi fort intérieurement qu'extérieurement. Nous restons des inconnus à nous-mêmes et aux autres, même si nous tentons tant bien que mal d'échanger, de partager, de comprendre.

Un roman pour tous les amoureux du mystère de la vie et de l'écriture.

Un roman pour ceux qui aiment les grandes histoires d'amour impossible.

Un roman pour continuer de déguster la subtile écriture poétique de Murakami!


24 juillet 2012

Codage et décodage de l'imaginaire



Haruki Murakami n'a jamais fini de nous surprendre. Dans La fin des temps, il nous emmène dans un mystérieux ascenseur et un dédale de couloir à la découverte d'un savant, qui fait des expériences sur le cerveau humain, à vous couper le souffle. S'en suivent alors deux histoires en parallèle, qui comme toujours finissent par se rejoindre avec subtilité et force! Les deux univers qui alternent s'appellent "fin du monde" et "Pays des merveilles sans merci". On alterne entre d'un côté un monde moderne proche du nôtre, avec ses supers puissances, son informatique et de l'autre un monde clos et parfait Moyen-ageux avec des licornes et autres mystères.

Un roman pour ceux qui questionnent la science tout en aimant les rêves!

Un livre qui plaira aux informaticiens, aux programmeurs mais aussi aux amateurs de contes et légendes!

Bref, un mélange détonnant où tout est possible et où l'on marche tout seul vers l'incertain!

On y retrouve toutes les obsessions murakamiennes, les musiques qu'ils aiment, ces alcools fétiches, ses goûts littéraires, etc.

On sent aussi un regard critique sur les camps de concentration et d'extermination en demi-teinte.

Un livre qui interroge également notre rapport à l'inconscient, à notre psychique et à son évolution dans le temps.

A lire sans modération!

On pense au film Dans la peau de John Malkovich. On pense parfois à Kafka, ou à d'autres auteurs russes. Ca évoque aussi Les falsificateurs de Bello. Mais non, nous sommes bien dans un Murakami, pas de doutes! C'est fort, très très fort!

A conseiller à tous ceux qui aiment être déroutés, cloués par un imaginaire en folie, tout en gardant les pieds sur terre!



01 avril 2012

Tome 3...




Et voilà, le tome 3 est déjà fini. 1Q84 m'a réemportée bien loin dans un univers à deux lunes, où deux coeurs se cherchent.

Murakami nous fait basculer avec une extrême facilité dans un monde de normalité et d'attente, où tout finit par être extraordinaire. Il n'y a rien que des êtres qui se cherchent, dans une lenteur singulière des jours qui passent, et pourtant tout est magique et curieux.

"Je vais tâcher de ne pas penser à des choses inutiles, songea Ushikawa. Je vais m'endurcir, me façonner une cuirasse, et laisser simplement un jour succéder à un autre. Je ne suis qu'une machine. Une machine efficace, constante, insensible. Par l'une de ses ouvertures, j'aspire le temps neuf puis, ce vieux temps une fois transformé, je le recrache par une autre ouverture. La raison d'être de cette machine est son existence même. Il devait revenir à ce cycle pur et naturel."

Haruki Murakami interroge la temporalité. Pourquoi serait-elle forcément linéaire? Le temps est bien plus que nos chronologies...

Un roman qui questionne aussi nos souvenirs, le rapport à notre histoire, et aux filiations. Qu'est ce qu'être mère, fille, fils?

Des personnages curieux ponctuent le récit, comme ce Monsieur de la NHK, qui fait du porte à porte pour vérifier que les personnes paient bien la redevance télé? Un fantôme? un être réel? notre mauvaise conscience?

Je ne vous en dirais pas plus, je ne ferais que vivement vous recommander de lire ce roman... dont je ne suis pas sûre que le tome 3 en marque la fin.

Vivement Murakami prix nobel de littérature!


28 septembre 2011

La suite!









Et voilà le tome 2 de 1Q84 achevé! Toujours avec Aomame et Tengo, et les Little people, plus que jamais...






Etrange roman double, lent, et qui soulève beaucoup de questions: sur le mystère des origines, sur ce qui est réel ou fictif; sur ce qui est juste ou pas. Et les réponses ne sont jamais claires ou données. Tout est à deviner, au milieu d'une multitudes de faits insignifiants qui prennent sens ou pas. En résumé, je pense que Murakami tente de nous montrer comment la littérature peut changer le monde, par une démonstration mathématique tout en symétrie et asymétrie.






Ce roman touche au sacré, à la solitude, mais aussi à ce qui fait lien. C'est un roman vide et plein, qui raconte peu pour dire beaucoup sur la vie et nos choix.



Un extrait:

"Ah... je vois. Vous êtes encore jeune et en pleine santé, il vous est difficile de comprendre ce genre de problème. bon, tenez, des exemples. A partir d'un certain âge, la vie s'engage inévitablement dans un processus de perdition. L'une après l'autre, des choses qui vous sont précieuses s'échappent et vous glissent des mains. Comme un peigne qui perd ses dents. Et ce que vous vous procurez à la place, ce ne sont que des choses sans importance. Vos capacités physiques comme vos espoirs, vos rêves, vos idéaux comme vos convictions, ou ce qui a du sens pour vous, ou encore les personnes que vous aimez... tout s'en va."

Et un autre pour la route:

"- Je voulais vous dire que, encore maintenant, je me souvenais bien de ce garçon, dit Tamaru. Non pas que j'aurais envie de le revoir. Non, pas spécialement. A présent, si je le revoyais, je n'aurais rien à lui dire. Simplement, j'ai encore dans la tête, tout à fait vivante, l'image de cet enfant complètement absorbé à délivrer des souris d'un bloc de bois, et c'est devenu pour moi une image précieuse. Qui m'a enseigné quelque chose. Ou qui cherche à m'enseigner quelque chose. On en a besoin pour vivre. Une image qui a du sens même si on ne peut l'expliquer avec des mots. Je crois que le sens de notre vie, aux gens comme nous, c'est d'approfondir ce quelque chose."


Un livre pour ceux qui aiment Lilou dans Le cinquième élément.







Un roman pour ceux qui aiment des films comme L'armée des douze singes.







Un roman pour ceux qui s'intéressent à l'écriture et à la construction littéraire.







Vous ne regarderez plus la lune de la même façon!

03 juin 2011

Désir(s)









Qu'y a-t-il au Sud de la frontière? et à l'ouest du soleil?



Que se passe-t-il quand le quotidien et l'ordinaire s'effacent quelques temps?



Que faisons-nous de nos désirs?






Trois questions au coeur de ce roman fascinant de Murakami.






Son héros, Hajime (commencement en japonnais) n'est rien qu'un type ordinaire, sauf qu'il est fils unique. C'est le critère avec lequel il se définit lui-même. Il apprend la vie, l'amitier, l'amour, et la passion, comme ça, comme tout le monde.






Et pourtant l'entrecroisement de trois femmes dans sa vie va révéler peu à peu des petites failles et des creux à l'âme, un ailleurs, un tout autre, un flou.






Récit intense pour ceux qui aiment réfléchir au désir et à ce que l'on peut en faire.






Un roman pour ceux qui ont vu et aimé récemment le film La ballade de l'impossible.






Un texte qui donne envie d'écouter Night King Cole et d'aller boire un cocktail.






"Autrefois, j'avais des sortes de rêves, d'illusions. Tout ça a disparu je ne sais quand, je ne sais où, avant même de te rencontrer. Je l'ai tué en moi, je l'ai jeté, détruit, de ma propre volonté sans doute. Comme un organe physique devenu inutile. J'ignore si j'ai bien agi ou pas, mais en tout cas, à ce moment là, je n'avais pas le choix... Je fais ce rêve de temps à autre: quelqu'un vient me rapporter tout ce que j'ai jeté. Toujours le même rêve. Quelqu'un vient vers moi et me dit: 'madame vous avez perdu tout ça'."

16 octobre 2010

Hors de tout ce qui est...




Etrange que ce roman hors de tout ce qui est... Le musée du silence a une narration qui s'appuie que sur des éléments qui ne sont plus valorisés ou valorisables dans notre monde contemporain... Ca donne un livre décalé, bizarre, lent, et pourtant riche de sens.


L'histoire: une vieille dame s'amuse à collecter un objet par mort, dans son village. Dès qu'elle voit qu'il y a un décès, elle court s'introduire en cachette dans les maisons lors des funérailles pour ramener un cézame: l'objet qui représentera l'absent, le défunt. Comme elle se fatigue, elle embauche même un jeune homme pour en faire un musée, et continuer à collecter les objets des morts...


Ce dernier a pour passion les musées et un microscope que son frère lui a offert, et où il observe le soir pour se détendre une langue de grenouille, ou autre bout du jardin... quand il ne lit pas le journal d'Anne Franck.


Etrange donc que ce texte hors de tout. Un récit sur la conservation, sur la lente observation, à une époque où cela n'a pas trop de place dans notre société. Un roman sur la mort, mais d'une façon très singulière. Parfois on tombe dans le polar, parfois on flotte dans le mystère, et pourtant rien que l'histoire d'un musée en construction.


Un livre plein de silence aussi. Comme son titre le rappelle fort justement.

Silence des moines qui vivent non loin du village, et ne prononcent pas une seule parole.

Silence des personnages, et étrange obsession de la mémoire.


Un roman pour ceux qui aiment les histoires sans queue ni tête avec des personnages intrigants et hors du commun.


Un roman pour ceux qui aiment les musées et les collections en tout genre.


Un roman pour mettre du rien et du tout dans le quotidien.


06 septembre 2010

Trois lettres, une passion




C'est l'histoire d'un poète et d'un homme mélancolique au fusil de chasse, croisé un jour. C'est l'histoire d'une passion amoureuse, et tout cela en trois lettres, de trois femmes. Un roman japonais fascinant par la forme et par la subtilité des sentiments dépeints.

C'est Le fusil de chasse de Yasushi Inoué, prix Akutagawa, une des références en matière de littérature au Japon.
Dans chacune des lettres, de la fille de l'amante, de l'épouse trahie, et de l'amante, on trouve la sincérité des sentiments au plus juste, que ce soit par la description du ressenti en métaphores (comme celle du serpent), par le sens donné aux objets (une tenue vestimentaire, le fameux fusil de chasse, etc) ou par les non-dits.
C'est très étonnant, car il n'y a rien. Les lettres sont très épurées. Mais toute l'intrigue est là dans son intensité.
Un roman court, à déguster un soir.
A conseiller aux amateurs de culture japonaise.
A recommander à ceux qui aiment les romans épistolaires.
Un texte à la fois simple, violent, emporté, triste et fort.