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26 mars 2025

Lettre à l'éléphant

 


 Et voici la naissance d'une nouvelle maison d'édition: L'éclaireur!

Avec la découverte d'un joli texte de Romain Gary: Lettre à l'éléphant.

A travers une lettre adressée à "Monsieur et cher éléphant", Roman Gary revisite son histoire de vie en lien avec cet animal. Depuis le doudou enfant, en passant par une rencontre avec la bête qui lui a fait très peur!

Mais ce n'est pas tout. Clairement, ce texte questionne l'exploitation de la nature par l'homme, le risque de disparitions de certaines espèces. 

Plaisir de découvrir ce court texte, et envie de lire d'autres lettres à d'autres bestioles petites ou grandes!

Merci à Frédéric Monlouis-Félicité pour la découverte et longue vie à L'éclaireur!

 

 

 

 

03 mars 2025

Francoeur

 

Un roman jeunesse de Marie-Aude Murail et sa fille Constance Robert-Murail.

Ce sont des lettres... Toutes une correspondance en fait... entre Franceour, écrivain née en 1823 dans le Berry puis montée à Paris... et une jeune lectrice très curieuse de comprendre la vie et la démarche de cette autrice.

Mais derrière les lettres, c'est tout une fratrie que l'on découvre, celle des Dupin.Car Francoeur (Anna Dupin) a deux frères jumeaux: Isidore et Marceau, l'un peintre et l'autre poète!. Elle a aussi une petite soeur Olympa, qui est actrice.

Derrière la fratrie, c'est toute l'histoire des romantiques, avec la vie de bohème, les barricades dans Paris, et j'en passe.

Un roman qui se lit tout seul, on s'attache très vite aux personnages, on se demande comment ils vont s'en sortir de leur misère pour enfin accéder à la création, et à des formes de revenus plus stables!

On retrouve dans la fiction du vrai: notamment Isidore rappelle Rosa Bonheur et ses peintures animalières.

Et puis Francoeur ressemble à George Sand...

Donc une petite pirouette par la fiction pour nous faire vivre de l'intérieur une époque riche en créativité, politique, passion!

Cela fonctionne à merveille!

Un livre qui plaira à tous ceux qui aiment la vie d'artiste!

Un roman historique pour petits et grands!

 

 

 

 

 

23 mars 2019

La papeterie Tsubaki



Un roman japonais, La papeterie Tusbaki de OGAWA Ito.

C'est d'abord la lenteur des mots et du rythme des journées. Nous suivons une jeune femme qui tient une papeterie, dans le détail régulier de la vie de la boutique. On prend plaisir aux gestes simples, au nettoyage du matin, au thé avec certains clients, etc.

Mais plus que de tenir une papeterie, l'héroïne du roman est écrivain publique. Elle aide les personnes à écrire des lettres, lettres de rupture, lettres d'amour, lettres de condoléance, ce sont tous les moments clé de l'existence qui y passent.

J'aime que tout soit dans le choix des mots, du type de papier, de calligraphie, d'encre, de timbres. Tout ce que nous ne prenons plus vraiment le temps de faire en fait, et qui rend la vie si belle! Aligner la pensée avec la fabrication d'un petit objet quotidien, qui doit en tout refléter ce qu'on est et qu'on pense: la lettre!

Bref, je me suis régalée.

On apprend aussi beaucoup sur le Japon, les rituels, les fêtes, les formes de politesse,...

Un roman pour ceux qui cherchent du calme et de la douceur.

Un roman qui parle d'attention à l'autre, d'amour du travail bien fait.

L'objet du livre est beau aussi, car il abrite les lettres en japonais à l'intérieur et que la couverture fait du bien rien qu'à regarder!

05 mars 2017

Amours musicales



Dans Une étrange histoire d'amour, de Luigi Guarnieri, nous lisons une longue lettre fictive de Johanes Brahms à Clara Schumann. C'est une missive qu'il lui adresse de retour de ses funérailles, pour évoquer toutes leurs années de liaisons secrètes, et toute la folie de leur histoire à trois musiciens (Robert Schumann, Clara Schumann et Brahms).

Tout commence en 1853. Brahms n'a qu'une vingtaine d'année quand il se présente chez les Schumann. Il veut faire écouter une de ses compositions. Il est sans un sous. Il voit Robert Schumann comme un maître, un modèle. Parallèlement, il tombe sous le charme de Clara. Peu à peu Robert perd la tête et finit dans un asile, tandis que les liens entre Clara et Brahms se nouent.

C'est un texte qui regorge de références documentaires sur l'oeuvre de ses trois musiciens et leur vie. C'est un roman qu'on lit d'une traite. Pourtant ça reste étrange de se dire que c'est aussi une fiction, qui peut-être parfois n'est pas fidèle aux personnages historiques. C'est donc un peu comme mieux les connaitre dans leur intimité, tout en se fourvoyant dans les jeux de miroirs du roman, qui construisent et déconstruisent les destins.

Des pages très belles sur la relation de Brahms aux enfants du couple...

Des pages écrites pour pianistes sur le style, les différentes façons d'être instrumentistes face à un piano.

Une interrogation sur la folie aussi... sur la passion... et sur la Musique. On peut voir comment les trois se nourrissent mutuellement.

Un livre pour les grands romantiques!

Un roman pour les musiciens, qui ré-écouteront Brahms ou Schumann autrement!







15 janvier 2017

Eux sur la photo...




Hélène retrouve une photo de sa mère biologique, au moment du décès de son père et de la fin de vie de sa mère adoptive. Elle-même archiviste au musée de la carte postale, elle a soudain l'idée de poster une petite annonce avec la seule piste qu'elle a pour retrouver ses racines en espérant que quelqu'un reconnaîtra l'un des deux hommes sur la photo, qui entoure sa mère, assise. Un certain Stéphane va lui répondre, faisant naître de nombreux échanges épistolaires où l'un et l'autre font peu à peu émerger l'histoire de leurs familles.

Le roman se lit avec intensité, car on veut connaitre le fin mot de l'histoire, on veut comprendre qui sont ces êtres de papier sur la veille image figée et craquelée.

Par ailleurs, des liens forts se tissent entre Stéphane et Hélène, qui sont touchant. On se prend au jeu de l'attente des lettres, au rythme de l'avancée des recherches.

Un livre sur les secrets de famille...

Si vous avez aimé Et je danse aussi ou encore La pluie avant qu'elle tombe, précipitez-vous! On passe un bon moment... en toute authenticité!



21 juin 2015

Emails enchantés



Vous reprendrez bien un petit email? Non, non, non me direz-vous! Trop d'emails. Mais c'est parce que vous ne les recevez pas d'Adeline Parmentier et Pierre-Marie Sotto!

Dans Et je danse aussi, Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat mettent en mots électroniques ces deux personnages pour notre plus grand enchantement.

La première est grande, grosse et brune et semble habiter un village perdu au nom glauque.  Le second est un romancier à succès en panne d'inspiration. Tout commence quand ce dernier reçoit de la première un mystérieux paquet par la poste qu'il tient à lui renvoyer sans l'ouvrir. Oui, mais... c'est compter sans la ténacité d'Adeline Parmentier, son humour, ses déboires et ses demi-confidences.

Un roman épistolaire qui donne envie d'écrire et de recevoir des emails, mais des vrais j'entends. Un livre qui montre les paradoxes de la fiction et du mensonge. Mais surtout deux personnages très attachants. Avec tous leurs défauts, leurs plaies béantes, leurs ironies et leurs manies.

Merci Marie-Louise. J'ai passé un très TRES bon moment. A en rêver d'être enfin dans le métro pour pouvoir continuer la lecture! A se sentir VIVANTE!

Un livre qui se lit tout seul, en douceur, et qui donne envie d'aimer la vie. Autant dire que je vois peu de monde à qui il déplairait!

Un petit bout pour vous mettre en appétit:

"Cher Pierre-Marie,
On peut dire que vous avez l'art de souffler le chaud et le froid! D'ailleurs je me suis réveillée ce matin avec un gros rhume, il n'y a pas de hasard. Cela dit, je ne veux pas vous faire porter le chapeau: ce coin de campagne où je me trouve "cloitrée" (je vois que la pesanteur de mon adresse ne vous a pas échappé, et je regrette de ne pas avoir eu votre clairvoyance avant de m'installer ici il y a neuf ans) est particulièrement humide."



26 octobre 2012

Emails et vent du nord



Gut gegen Nordwind, traduit en français chez Grasset Quand souffle le vent du nord, de Daniel Glattauer est un roman épistolaire des temps modernes qui se lit très vite entre deux métros.

Tout commence sur un malentendu. L'héroïne du roman écrit un email pour résilier son abonnement à un magazine, mais suite à une erreur de frappe l'email arrive dans la boite d'un particulier qui a pas mal d'humour... Commence alors une correspondance électronique endiablée, sur la vie, et l'amour...

On y parle de tout et de rien, on y flirte, et cela pour le plus grand plaisir du lecteur.

Étrange comme les écrans permettent l'intime, la protection, mais aussi le mystère, la prise de risque, etc.Jusqu'où iront nos eux héros? Je ne vous en dis pas plus!

Un petit roman à glisser dans sa poche pour des courts trajets, car il se lit d'emails en emails... ce qui peut favoriser les interruptions dans la lecture!

Merci Claire pour le conseil!!!

Que ça fait du bien de lire en allemand!


22 octobre 2012

Correspondance



Voici un grand classique des romans épistolaires: 84 Charing cross road d'Helene Hanff. C'est l'histoire d'une américaine à la recherche d'obscures ouvrages, et qui est prête à s'emporter vivement par lettres pour les obtenir d'une petite librairie britannique.

De mots en mots, des liens se tissent, sur fond de guerre et de manque de denrées alimentaires d'un côté, et sur fond de générosité de l'autre... les lettres donnant lieu pas à pas à des envois de colis alimentaires!

On s'attache aux personnages, même si on ne les connait qu'épisodiquement, par voie postale!

On sourit du ton, de l'humour, et des décalages culturels, de missive en missive.

Un livre qui donne envie d'écrire de bonnes vieilles lettres traditionnelles, et d'en recevoir!

Merci Jean-Pierre pour le conseil!


06 septembre 2010

Trois lettres, une passion




C'est l'histoire d'un poète et d'un homme mélancolique au fusil de chasse, croisé un jour. C'est l'histoire d'une passion amoureuse, et tout cela en trois lettres, de trois femmes. Un roman japonais fascinant par la forme et par la subtilité des sentiments dépeints.

C'est Le fusil de chasse de Yasushi Inoué, prix Akutagawa, une des références en matière de littérature au Japon.
Dans chacune des lettres, de la fille de l'amante, de l'épouse trahie, et de l'amante, on trouve la sincérité des sentiments au plus juste, que ce soit par la description du ressenti en métaphores (comme celle du serpent), par le sens donné aux objets (une tenue vestimentaire, le fameux fusil de chasse, etc) ou par les non-dits.
C'est très étonnant, car il n'y a rien. Les lettres sont très épurées. Mais toute l'intrigue est là dans son intensité.
Un roman court, à déguster un soir.
A conseiller aux amateurs de culture japonaise.
A recommander à ceux qui aiment les romans épistolaires.
Un texte à la fois simple, violent, emporté, triste et fort.


05 novembre 2009

Petites lettres et grandes émotions




C'est un tout petit livre, qui se lit très vite, et qui se glisse facilement dans un sac: Un homme à distance de Katherine Pancol. Il raconte les liens entre une libraire à Fécamp et un mystérieux homme américain acheteur passionné de livres. Peu à peu la liaison se fait moins professionnelle et plus émotionnelle pour le meilleur et pour le pire.

Au-delà du fait que les mots coulent tout seul, ce roman a l'avantage de donner tout plein de conseils de lecture, car les livres sur lesquels échangent les deux héros existent bel et bien.

C'est un petit roman pour ceux qui ont aimé Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, et autres romans épistolaires.

C'est un petit roman pour ceux qui aiment les livres dont les libraires sont les héros, comme le libraire.

C'est un roman pour les pressés, qui veulent juste s'aérer l'esprit l'espace d'un instant.

Un extrait:

" Est-ce qu'on sait tout de l'autre quand on aime les mêmes livres? Est-ce que les livres sont un moyen de tout se dire, même l'inavoué, le plus terrible secret? Si vous m'aviez parlé de livres qui m'indiffèrent, si je vous avais énoncé des titres qui vous laissent froid, auriez-vous pensé à moi comme si vous saviez tout de moi?"

10 septembre 2009

Vive les épluchures de papates




Un titre comme ça, on en voit rarement: Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates! Et croyez-moi le livre vaut le détour!

Il s'agit de la correspondance (fictive bien sûr) entre différents personnages anglais, so british! Les lettres sont piquantes, drôles, parfois sarcastiques, d'autres fois tristes. Elles décrivent avec vivacité et humour des scènes cocasses du quotidien. Elles critiquent parfois les moeurs des uns et des autres. Elles sont aussi l'occasion de confessions douloureuses. Bref, on sautille d'une missive à l'autre comme on court à la boîte-aux-lettres en espérant des petites surprises de papier en rentrant à la maison.

Et au final, grâce au talent de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows toutes ces lettres tissent une très belle histoire d'amitié et d'amour entre des êtres sincères et dévoués qui ont la même passion pour la vie et le même caractère enjoué.

Je dois dire que l'on tombe très vite sous le charme de Juliette, le personnage principal, une écrivaine londonienne qui cherche une bonne idée de roman à écrire... mais aussi de l'île qui va finir par attirer toute son attention: Guernesey. C'est en effet dans ce décor qu'est né, pendant la seconde guerre mondiale, ce mystérieux cercles de lecture...

Ce roman est aussi l'occasoin de lire des tas d'autres histoires et anecdotes sur la vie des habitants des lieux pendant et après la guerre... ou comment garder le sourire quand tout va mal. Et cela grâce aux échanges de courriers entre juliette et les membres de ce mysterieux cercles aux tourtes aux épluchures de papates et aux romans.

Ca se lit tout seul... Ca donne envie d'écrire et de recevoir de longues lettres. Comme il devait être doux de ne pas avoir de téléphone portable et d'email ni de guides touristiques pour découvrir un lieu et ses habitants... mais seulement les mots sur le papier de vieux livres ou de lettres!

Ce livre plaira à ceux qui aiment les personnages au tempérament bien trempé et au ton qui décape!

Ce livre fera le bonheur de ceux qui aiment Petits meurtres dans un jardin anglais, Beaucoup de bruit pour rien, etc. On est en société, on s'observe, on ne s'épargne pas, et cela pour le meilleur divertissement des uns et des autres.

Ce livre conviendra aussi à tous ceux qui aiment Anna Gavalda, Alice Ferney et les autres auteurs de la série Au féminin de ce blog! Il vous donnera envie de lire, c'est sûr!

Extrait:

"C'est ce que j'aime dans la lecture. Un détail minuscule attire votre attention et vous mène à un autre livre, dans lequel vous trouverez un petit passage qui vous pousse vers un troisième livre."