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20 mars 2026

L'oeil de la perdrix

 

C'est l'histoire d'une amitié fabuleuse entre deux femmes hors normes: Rose, une orpheline devenue mère à 16 ans et qui a quitté sa Corse natale pour rejoindre Toulon avec son mari et Farida qui vit depuis peu au bidonville de Toulon après avoir quitté son Algérie natale. Nous sommes dans la fin des années 1950 et les sociétés sont encore très patriarcales et marquées par les deuils et les ruptures dans les parcours de vie.

Cette amitié va complètement changer le cours de l'existence de ces deux femmes et leur permettre de devenir puissantes, autonomes, curieuses du monde qui les entoure.

Christian Astolfi donne voix à des vies simples dans leur quotidien le plus banal et qui auraient pu rester silencieuses et oubliées mais qui sous sa plume deviennent l'écho de changements plus grand, notamment ici sur le rôle et la place des femmes dans la société et en politique.

Un roman qui intéressera tous ceux qui s'intéressent au sujet des migrants, des cours d'alphabétisation, de leur intégration.

Un texte qui parle de guerres aussi, et de l'impact que cela peut avoir sur les familles et les existences.

Un livre sur le deuil, tout en non dit et pourtant...

Merci à Marie-Louise pour ce beau cadeau de Noël! 

20 octobre 2025

Les mains libres

 

Une autrice que j'aime beaucoup et que j'ai retrouvée avec plaisir!

Les mains libres de Jeanne Benameur est un petit bonbon.

Madame Lure, l’héroïne du roman, est une vieille dame discrète comme on en croise sans les remarquer, dans les rues des grandes villes. Dans l'appartement de son mari disparu, elle maintient chaque chose à sa place, tranquille et pour toujours. Elle évite tout souvenir, mais rêve un peu chaque jour grâce aux cartes et aux brochures de voyages qu'elle étale sur la table de la cuisine. Yvonne Lure entre dans les photographies, y sourit, y vit. Elle s'imprègne de cet ailleurs qui la dépayse et la sort de son isolement.

Un jour, surprenant un jeune homme en train de voler de la marchandise dans un grand magasin, elle se met à le suivre de façon irréfléchie jusqu'à son campement, sous l'arche d'un pont.

Qu'ont-ils en commun, Yvonne, celle qui garde tout dans son logement immobile, et Vargas, l'errant qui vit de rien?

D'une écriture de peu de mots, épurée, Jeanne Benameur capte les destins obscurs de deux parias innocents, tissant entre eux des liens intenses et émouvants. 

Les phrases sont courtes, poétiques.

Merci Charlotte pour la belle découverte.

Un texte qui plaira à ceux qui sont sensibles aux rencontres inattendues, à la question de l'isolement social, des liens et de la solidarité dans notre monde moderne. 

 


17 octobre 2025

Cézembre

 

Après son divorce et la mort de son père, Yann de Kérambrun décide de quitter son poste de professeur d’histoire à l'Université à Paris pour partir vivre à Saint-Malo en année sabbatique.  Il y passait autrefois ses étés. Il loge dans la demeure qu'il a hérité, le long de la plage, face à l’île de Cézembre. Il renoue avec les personnes côtoyées dans sa jeunesse. Il se remémore les moments avec son frère, décédé bien trop tôt.

Yann découvre un jour dans les archives de sa famille dans l’ancien bureau d’Octave, son arrière-grand-père. Irrésistiblement attiré par ces carnets, véritables journaux de bord, il se plonge dans leur lecture. Octave, qui rêvait de dompter la mer en concevant de nouveaux bateaux à moteurs, a fondé au début du XXe siècle une compagnie maritime, Kérambrun & Fils. L’entreprise a contribué à la fortune de la ville et son fondateur en est devenu un des principaux notables. 

Pourtant, derrière l’image brillante de grand capitaine d’industrie s’esquisse rapidement un autre visage : le patron génial, visionnaire était un père et un époux inquiet, un homme qui a traversé des drames et dont les doutes et les blessures semblent faire écho à celles de son arrière-petit-fils. Pourquoi ? Quelles douleurs, quels secrets taisent les carnets d’Octave ? Yann va enquêter pages après pages sur les secrets de famille. 

Ce faisant, il découvre  l’histoire tourmentée de Cézembre, une île microscopique mais à la position stratégique face à la ville de Saint-Malo. En éclairant le passé, en apprivoisant les éléments maritimes, le solitaire Yann de Kérambrun parvient à adoucir le présent et à vivre à nouveau les sentiments amoureux qu’il fuyait. Une voisine en effet pique sa curiosité!

La force de l'ouvrage est de nous immerger complètement dans la Bretagne, les embruns, l'air iodé. Les descriptions sont très présentes comme des tableaux de cette côte de la Manche, à la beauté aussi envoûtante qu’inquiétante.

Le roman est construit en va et vient entre le passé et le présent, ce qui permet d'être au plus près des émotions de Yann et d'entrer dans un suspense sur les mystères qui entourent la famille.

Un livre qui plaira à ceux qui sont prêts à découvrir une saga familiale qui se déploie lentement. 

Un texte tout en pudeur et retenu, qui glisse vers une histoire d'amour pas à pas, et avec précaution.

De beaux moments de retrouvailles entre Yann et son fils.Un roman sur la filiation, les héritages, ce qu'on garde ou pas de nos aïeux.

Merci à Gaspard pour la découverte! 

 

 

 

 

24 septembre 2025

Le soleil est pour toi


 

J'ai tellement aimé lire Le ciel est partout, que j'ai tout de suite décidé de continuer de découvrir les romans de Jandy Nelson. J'ai donc lu Le soleil est pour toi. Son deuxième livre.

Plaisir de retrouver cet univers de l'adolescence, ses émois, avec une bonne dose d'art et de secrets de famille!

Noah et Jude sont jumeaux et vraiment très proches l'un de l'autre.  Lui est timide, solitaire et passionné de dessin. Limite taciturne. Elle est plutôt branchée, populaire, et à faire de temps à autre des sculptures dans le sable, qui restent éphémères. Un jour, leur tandem explose en vol. Je préfère ne pas vous révéler pourquoi, car c'est justement l'objet du récit.

Une écriture qui alterne le point de vue de Noah et celui de Jude, d'une façon habile, tout en oscillant aussi entre l'époque où ils ont 13 ans et celle où il ont 16 ans.

Nous sommes de suite emportés à la lecture par la richesse intérieure des personnages. Y compris les personnages secondaires, qui sont marquants.

De nombreux thèmes sont abordés: le harcèlement, l'homosexualité, la créativité, les choix d'études, les relations frère -sœur, l'adultère, etc. 

J'aime les images employées pour décrire le ressenti des personnages: "Mon cœur se détache, sort de mon corps et file en stop plein nord, saute sur un ferry pour traverser le détroit de Béring et va se planter en Sibérie au milieu des ours polaires, des bouquetins et autres chèvres à longues cornes pour achever sa transformation en glacier miniature riquiqui".  

Très régulièrement, Noah décrit son humeur en mettant "Autoportrait:" puis en décrivant ensuite comment il se voit. Ce sont des clins d'oeil qui rythment ses mots et qui donnent à voir à quel point il pense en dessin.

Quant à Jude, elle suit à la lettre les recettes de sa grand-mère qui a des tas de superstitions (ça donne des trucs assez marrants) mais aussi les siennes qu'elle ajoute au fur et à mesure des épreuves: "Recette pour disparaître en un clin d’œil: couper quatre-vingts centimètres de cheveux blonds,  et enfouir ce qui reste sous une casquette noire. Ne jamais montrer ses tatouages. Ne porter que des pulls à capuche, des jeans trop grands et des baskets. Toujours se taire."

J'espère vous avoir donné envie de découvrir l'univers de cet auteur jeunesse.  

Un roman pour les grands cœurs sensibles.

Un livre pour les ado en quête d'eux-mêmes.

De belles histoires d'amour, dans toutes leurs singularités et diversités.

Des pages qui illustrent bien pourquoi et comment mettre de l'art dans sa vie. 

 

 

 

 

 

 

 

 

03 septembre 2025

intermezzo

 

J'avais beaucoup aimé la série Normal people, alors forcément je me suis mise à lire Intermezzo de Sally Rooney (même auteur).

Elle a le don d'interroger avec subtilité ce qui fait et défait nos liens amoureux.

Ici, nous suivons Ivan et Peter, deux frères qui viennent de perdre leur père. 

Ivan est un joueur d'échec, qui va de ville en ville affronter des passionnés, lors de concours. Il est ultrasensible, solitaire, dans son univers, jusqu'à ce qu'il s'attache à une femme bien plus âgée que lui...

Peter, quant à lui, est un juriste renommé de Dublin. Il multiplie les conquêtes, alors que son grand amour l'a quitté car trop souffrante et en déclin physique pour accepter qu'il ne la voit ainsi dépérir à ses côtés.

Tous les deux sont donc dans des relations amoureuses hors normes, où ils essaient de se ré-inventer, de trouver des chemins singuliers.

Les conversations sont longues, subtiles, et donnent à voir la complexité des sentiments, à travers des scènes pourtant banales du quotidien.

Je conseille ce roman à tous ceux qui aiment les personnages complexes, les paradoxes de nos rêves et aspirations, les accidents de parcours qui finissent par prendre sens chemin faisant.

Si vous avez aimé Normal people, vous vous y retrouverez bien!

Merci à Nzwaki pour le conseil de lecture! 

 

 

  

 

02 septembre 2025

Le ciel est partout

 

Un immense coup de cœur : Le ciel est partout de Jandy Nelson. Si sensible. Lu d'une traite!

 C'est classé en littérature jeunesse, mais je pense que ce livre est aussi pour tout le monde!

Lennie, l'héroïne que l'on suit, vient de perdre sa sœur et au-même moment elle tombe amoureuse.  Elle va même se retrouver dans un triangle amoureux pour être plus précise!

Tout est dit: A-t-elle encore le droit de désirer au moment le plus tragique de son existence? Quel sens trouver dans ces moments si paradoxaux de vie?

Et en plus, l'écriture a un charme fou. 

J'ai beaucoup aimé le fait que Lennie écrive sans arrêt, et cache ses textes un peu partout dans la ville, la forêt, la maison, son établissement scolaire, etc.

J'ai vraiment accroché aux personnages, si cocasses, si marquants, si complexes.

Un roman plein d'espoir sur le deuil.

Les points forts: 

l'autrice imagine que la nature reflète nos ressentis et nos émotions et invente des plantes qui reflètent les humeurs et les états d'âme ou peuvent les influencer.

L'autrice met en place un lien fort à la musique, à la poésie, à la littérature, comme façon de rester connecté à soi, quoiqu'il arrive.

 L'autrice sait tenir en haleine le lecteur par plusieurs mystères, sur la sœur décédée, sur la mère absente, etc.

 Foncez, vous ne le regretterez pas! 

 

 

27 mai 2025

Gazelle Punch

 

 

N'y connaissant rien à la boxe, je ne savais pas en commençant ce roman jeunesse qu'il s'agissait d'un des plus sûr moyens de mettre KO quelqu'un! 

En tout cas, Dempsey et Livia sont deux ado que la vie a chavirés. Ils sont tous les deux confiés à Violette, qui est famille d’accueil pour des jeunes en déroute. 

Le personnage de Violette est marquant: ayant perdu son mari et sa fille dans un accident, elle s'est elle-même reconstruite en adoptant ce rôle auprès des jeunes en difficulté.

Un roman d'apprentissage, très juste, fin, et qui donne de l'espoir.

On oscille entre le rire et les larmes. On apprivoise les possibles, même après les drames.

Un roman sur l'amitié, sur l'entraide, sur la solidarité, sur la résilience.

Ca se lit tout seul!

Un texte qui évoque l'équithérapie,  le handicap, la violence et comment la dépasser.

Merci à la bilbliothécaire jeunsse Vaugirard qui m'a guidée vers ce choix de lecture! 

 

02 janvier 2025

Coyote, perdue et retrouvée

 


 Ca y est! Le tome 2 de L'incroyable voyage de Coyote Sunrise est enfin sorti! Un régal!

Cela fait maintenant un an que Coyote et son père Rodéo se sont réinstallés dans l’Oregon, chez eux, après le périple en bus scolaire à travers les États-Unis qu'ils ont entrepris ensemble suite au décès de la mère et des deux soeurs de Coyote dans un accident.

Coyote a retrouvé le chemin de l'école et ce n'est pas si facile pour elle. Elle est assez isolée et sans amis. 

Un jour, Coyote retrouve l'urne contenant les cendres de sa mère. Son père ne lui avait pas dit, mais il l'avait gardée, cachée, ne parvenant pas à s'en séparer. Il lui révèle que lui et sa mère avait écrit dans leur livre préféré à deux pages différentes ce qu'ils souhaitaenit à leur mort niveau enterrement, etc. Coyote se met donc à la recherche du livre, mais elle réalise qu'en fait, elle l'a revendu par erreur dans une brocante à livres lors de leur périple. Mais où?

Vous vous en doutez, Coyote et Rodéo vont reprendre la rouge à bord du bus et rechercher tous les endroits où le livre pourrait être... Mais ça bien sûr, Rodéo ne le sait pas, car Coyote lui fait croire qu'elle a retrouvé le livre, et que ce voyage fait partie des instructions de sa maman.

Bref, on retrouve l'ambiance du tome 1, on pleure, on rit!

Vraiment deux tomes à mettre entre toutes les mains. C'est vivant, humain, plein d'amours.



26 novembre 2024

Jolene

 

 

Un titre de roman jeunesse... qui nous fait presque déjà entendre la chanson de Parton!

Aurélien aime aller à des concerts, de folk, de country, bref, des moments de musique qui lui font oublier les tensions entre sa mère et son père, les peurs de son petit frère, etc.

Un jour, il rencontre Jolène à un concert de Ray LaMontagne. 

A coup de blues et avec guitare et harmonica, le duo amoureux va vite se former. 

Un texte court et émouvant, sur l'intensité des sentiments à l'adolescence.

Un roman aussi sur le deuil et la construction de soi.

"Je ne sais pas parler des choses merveilleuses. Je me dis qu'elles ont lieu, c'est tout. On ne sait pas raconter les beaux moments. Ils ressemblent trop à des cartes postales, à des photos pafaites, des clichés uniques. Une fois passés, ils n'ont pas de raison d'être racontés. Ils n'ont pas de valeur autre que celle d'avoir été vécus. Comme s'ils n'étaient pas faits pour être partagés."

Merci à La librairie de Paris, située Place de clichy à Paris pour la découverte!

Du même auteur: Qu'est ce qu'on fout ici?

25 novembre 2024

In waves


AJ Dungo nous raconte sa relation avec Kristen. Passionnés de vague et de surf, ils vont tous les deux affrontés la maladie de Kristen puis son décès.

Dans cette bande dessinée, tout est en douceur, en subtilité, en émotions.

Et la métaphore de la vague marche très bien car on peut tantôt se sentir fort, tantôt se ressentir sous l'eau, pris à la gorge, en train de couler.

Une bande dessinée qui sait aborder le cancer et le deuil avec un ton juste et authentique.

Un témoignage autobiographique vraiment poignant.

A lire absolument!

 


30 octobre 2024

Parler comme tu respires


 

Un livre pour ado qui m'a beaucoup plu: Parler comme tu respires, de Isabelle Pandazopoulos.

Nous suivons les pas d'une ado de 15 ans qui est bègue. Elle n'arrive pas à s'exprimer et à trouver son chemin. Elle fugue. Jusqu'au jour où ses mains vont trouver la solution: elle va se lancer dans la taille de pierre. Interne dans un lycée spécialisé, elle découvre les joies de sculpter, les petits plaisirs partagés avec ses camarades.

Un roman d'émancipation par la confrontation à la créativité, à la matière, à l’œuvre.

Un livre qui donne toute la place aussi aux non-dits, aux secrets de famille, au poids du deuil.

Sybille est un personnage touchant. On la sent tâtonner dans ses liens avec ses parents, sa grand-mère, ses copines de classe. Pointe du nez aussi la question des premiers émois amoureux.

J'ai aussi aimé la plume d'Isabelle Pandazopoulos.

"Le soleil a disparu à l'horizon. Ne reste plus qu'une bande de lumière dorée bordée de nuages qui virent au bleu et sur lesquels se détachent les branches noires des arbres. On dirait une foule de bras levés adressant au ciel des prières éperdues."

Merci à la librairie Durance à Nantes et à son beau rayon jeunesse!



04 octobre 2024

Plus grands que le monde

 

Un roman qui s'inscrit dans le temps long pour nous narrer toute l'histoire d'une famille américaine au vingtième siècle.

Tout commence donc dans les années 1930 aux États-Unis, quand Doris et Tup se rencontrent. Doris décide de ne pas devenir institutrice et d'épouser Tup, en adoptant une vie à la ferme familiale du Maine. Quand la seconde guerre éclate, il reste au pays pour nourrir les populations.

Toute la première partie est construite autour des routines du quotidien et comment les personnages y trouvent de la joie. Bonheur de la traite des vaches, de l'entretien du jardin potager, des lectures le soir sous le porche en famille, des repas partagés, des moments de lessives, etc. Trois enfants vont naitre qui vont s'épanouir au contact de la nature. Sonny, l’ainé, va faire de sa chambre un mini musée pour les insectes ou autres pierres. Dodie la cadette va suivre la voie de sa mère et devenir une parfaite femme de la ferme. Beston le petit dernier va suivre ses ainés et leurs amis, en étant le plus chouchouté.

 Mais tout bascule dans une deuxième partie, avec un drame, dont je ne vous révèle rien.

 Il faudra alors la troisième partie, pour trouver des chemins de résilience pour les uns et les autres.

Ce roman est un livre sur le deuil, ce qu'il change dans les liens familiaux, combien il pousse à la ré-invention de tout.

C'est un roman plein d'amour, de compassion, de fraternité.

 Un livre qui plaira à ceux qui aiment les sagas familiales.

Un texte marquant sur la mort, le déni, la colère, la tristesse qui s'en suit, mais aussi la reconstruction!

 

19 septembre 2024

Tout le bleu du ciel

 

 

Un roman feel good, qui fait vraiment du bien à lire!

Un jeune homme de 26 ans qui se sait atteint d'un Alzheimer précoce met une petite annonce pour partir en camping car vers les Pyrénées en étant accompagné. Il souhaite vivre intensément les derniers mois dont il pourra se souvenir.

Emile fuit donc l'hopital et l'horreur de l'annonce de cette pathologie.

Joanne, quant à elle, répond à la proposition positivement et les voilà embarqués tous les deux dans l'aventure.

C'est très touchant de les voir apprendre à se connaitre, à gérer la maladie, à s'inventer un fonctionnement à deux vaille que vaille.

Un roman qui donne envie de prêter attention au beau, à la nature. Un texte qui incite à manger lentement et à savourer tout simplement! Vous prendrez le temps le matin de regarder le bleu du ciel, c'est sûr!

Un livre qui plaira à tous ceux qui aiment les roadtrips, les rencontres, la vie en communauté, etc.

Beau message de solidarité, sur le prendre soin...

Beau personnage de grand-mère aussi...

Merci à Galou et Aurélie pour ce beau conseil de lecture!

 

 


14 septembre 2024

L'incroyable voyage de Coyote Sunrise

 

Le premier roman que m'a conseillée ma nièce collégienne, et j'ai A-DO-RE! 

La petite Coyote, 12 ans, vit avec Rodéo, son père, dans un bus scolaire aménagé en mobile home. Ils traversent les États-Unis, au gré de leurs envies, en embarquant souvent à bord des autostoppeurs ou autres intrus de passage à quatre pattes! Un jour, Coyote apprend que son parc de quand elle était enfant va être détruit pour construire à la place un projet immobilier, elle se met en quête d'y revenir à tout prix avant sa disparition... Je ne vous en dis pas plus!

Un livre fort en émotions et qui fait pleurer et rire. Un texte tout en sensibilité et finesse.

Un road trip plein d'humanité, de solidarité et d'amour. On y croise la question de l'homophobie, des violences familiales, du deuil, d'acceptation de la différence...

Un livre qui donne envie d'aimer la vie et de l'aimer "même si"

Alors MERCI Eloise! J'espère que tu me conseilleras plein d'autres romans! Déjà hâte!!

21 septembre 2022

Petites boites


Voici un roman très intrigant!

Nous sommes au Japon. L'héroïne vit dans une école maternelle abandonnée. En son sein, tout est à taille d'enfant. Il y a aussi une salle qui contient des petites boites comme autant de miniatures dédiées à des enfants décédés; Que s'est-il passé? on ne le sait pas. Mais on comprend qu'il est important pour les gens d'ici de venir parler à leurs enfants, les accompagner dans la vie, à travers ces petites boites, comme s'ils étaient encore vivants!

Par ailleurs, notre héroïne décrypte pour un ami des lettres que lui adresse son aimée, mais avec un texte écrit en si petit, que cela prend des heures à déchiffrer. Et le texte continue de diminuer en taille de semaine en semaine.

En lisant ce roman, on peut ressentir une sensation de malaise, comme lorsqu'on rêve. Une sorte d'insoutenable étrangeté. Et pourtant il y a aussi beaucoup de poésies, des trouvailles incroyables!

Par exemple, les personnages vont à des concerts de soi à soi, avec des sortes de coquillages qu'ils s'attachent sous les oreilles.

Un roman sur le deuil, l'absence, la mélancolie, le rapport à soi.

Un texte pour ceux qui n'ont pas peur de l'art, du fantastique, du non-sens qui en cache plein en fait.


18 novembre 2020

Avant que j'oublie...


 


Je viens de lire le Prix du Livre Inter de l'année: Avant que j'oublie de Anne Pauly.

Anne Pauly raconte à travers ce roman le décès de son père, et les jours qui suivent: tout y passe du choix du cercueil au tri des affaires dans la maison à vider... et surtout ce moment où il faut tenir bon, continuer à vivre, malgré le deuil, malgré la souffrance, alors que tout est plus lourd et vide. Le livre montre aussi les liens de fratrie face au départ d'un parent, et là aussi les décalages, les doutes, les colères, la tendresse.

J'ai beaucoup aimé son style, son sens du détail qui fait sourire ou rend mélancolique! J'aime les listes d'objets de son défunt père, j'aime la liste des questions qu'elle aimerait qu'on lui pose quand on l'appelle au téléphone. Bref, j'aime son sens de tous ces petits grains des jours auxquels on se rattache ou tente de se rattacher en vain. J'aime la singularité du regard qu'elle pose sur son monde.

Le livre est riche car son rapport au père est complexe. On sent qu'il a pu être alcoolique, violent, décevant et pourtant elle est attachée à sa figure, à son être au monde, d'une certaine manière. C'est donc tout autant le deuil qu'elle analyse que son rapport au père qu'elle passe au crible.

Ce roman est réussi aussi car au-delà des larmes, elle parvient à faire rire, à garder la pointe d'ironie toujours sous-jacente! C'est ce ton décalé et mordant qui fait qu'on ne tombe pas dans le doucereux, le pathétique, mais qu'on reste dans la perspicacité d'un vécu qui vaut d'être mis en mots et partagé.

Vous aurez compris c'est donc un premier roman que je conseille pour les amateurs d'autofiction, pour ceux qui s'interrogent sur leur rapport à la mort, au deuil, au père.


07 janvier 2020

A ce soir...



Un livre trouvé à la cantine, dans le bac des livres à donner que j'étais moi-même en train de remplir: A ce soir, de Laure Adler.

Je l'ai pris un peu par hasard, derrière sa couverture NRF blanche. Et je suis tombée sur une mère qui a perdu son enfant.

Un texte très subjectif, dans le flot d'une âme à fleur de peau. Dans le mystère des réminiscences, en période de deuil.

Tantôt elle est enceinte et se délecte de l'arrivée prochaine du bébé. Tantôt elle est à l’hôpital, dans une sorte de flou médical, suspendu à des fils branchés aux petits, et aux mots de l'adjoint du professeur, ou de l'interne.

Un texte qu'on lit d'une traite. Tout est confus, tout est par bribes et par petits paragraphes.

C'est poignant.sans être mélo dramatique.

On voit bien comment la mémoire prend des détours, les souvenirs se superposent les uns aux autres.

Laure Adler aura attendu dix-sept ans pour écrire sur la mort de son bébé de quelques mois.

Un roman sur le milieu hospitalier vu du côté des proches du patient qui ne comprennent pas.

Un texte sur le deuil et les souvenirs. Ou comment les mots peuvent venir ou nous quitter au coeur des douleurs;

A lire si on s'interroge sur la maternité, la vie et la mort.

A lire si on aime les témoignages, les récits de vie, l'humain trop humain.




01 janvier 2020

Je reste roi de mes chagrins



Un livre écrit avec une plume ciselée: Je reste roi de mes chagrins de Philippe Forest.

C'est moins qu'on ait emporté par l'histoire, que par les phrases et les bons mots.

Sur la forme, c'est un roman qui nous plonge dans une pièce de théâtre. Sur scène un peintre et un grand homme. On finit par comprendre que c'est Churchill et qu'à ses côtés se trouve le peintre Sutherland, mais cela a t il de l'importance?

C'est plus une réflexion sur les histoires elles-mêmes:

"Les histoires sont plus vieilles que les hommes qui les vivent, plus vieilles que ceux qui les racontent; Elles les précédent. Elles les attendent. Elles leur survivent; Une fois qu'ils ont disparu, elles continuent sans eux. Jusqu'à ce que d'autres s'en viennent, qui prennent leur relève et qui, à leur tour, remplissent les rôles que les premiers avaient d'abord crus à eux."

C'est aussi un livre sur le deuil, le décès d'enfants et l'impact que cela peut avoir.

C'est un roman où l'on croise Shakespeare, la série The crown, etc. C'est un livre érudit qui est bourré de références.

J'ai aussi appris beaucoup de choses sur Churchill, notamment qu'il peignait lui aussi.

Merci à Christine pour la découverte de cet auteur, à l'écriture riche et puissante!



06 janvier 2019

François, portrait d'un absent



Au décès de sa mère, Roland Barthes avait cherché le neutre, sous toutes ses formes, jusqu'à en faire un cours au Collège de France, que j'ai eu un immense plaisir à écouter il y a des années en MP3. Michael Ferrier, à la mort de François, a cherché le blanc, celui du deuil, des paysages de neige, des trous de mémoire qui se comblent. Un blanc très multiple, très profond, et très fuyant.

François meurt avec sa fille, Bahia, en mer, un tout début janvier. Et c'est la douleur et les mots pour tenir qui ont suivi pour Michael Ferrier que ces 235 pages.

François, portrait d'un absent est un livre plein de souvenirs à deux, un livre riche de fulgurances, comme autant de bons mots qui percent dans la nuit, quand on n'arrive plus à dormir. C'est un livre qui donne envie de faire attention aux détails, qui donne envie d'érudition, de bons alcools et de joies partagées.

C'est un portrait précis, comme semblait l'être François, qui connaissait si bien les différentes particularités d'interprétations de certains artistes comme ceux de jazz ou de musique classique. J'ai aimé apprendre le petit geste de la main de Leonhardt en fin de morceau au clavecin comme pour faire durer le silence magique qui clôt l'interprétation. Je trouve qu'on sent de ce silence-là dans les mots de Michael Ferrier.

C'est un livre qui donne envie de se replonger dans Montaigne ou de revoir les grands classiques au cinéma. C'est un texte qui donne aussi une forte envie de découvrir les documentaires de François, et pour ma part, j'espère trouver bien vite ceux sur le Sénégal.

Moi qui est fait mon hypokhâgne et ma khâgne à Lakanal, j'y ai été si surprise d'y retrouver des images de là-bas - Michael et François y ont fait leur prépa littéraire eux aussi.  Mais à l'inverse d'eux, je n'avais jamais fait attention aux types d'arbres qui étaient dans le parc. Cela me donne envie d'y retourner que pour ça. J'aimerais aussi voir un Liquidambar un jour pour de vrai, arbre qui a été plantée en souvenir de Bahia...

Il y a de nombreuses pages qu'on n’oublie pas, dont la 144 qui reprend des principes d'errance en ville que j'aimerais bien un jour tester.

"Straight, no chaser", c'est aussi ce qui caractérise la plume de Michael Ferrier ici.  La vie à l'état pur.

J'aurais aimé trouver à la fin la filmographie de François ou encore une liste des meilleurs ouvrages/films que François et Michaël ont vu ensemble, un peu comme à la fin de la BD Les Ignorants avec la liste des BD et vins partagés. A ajouter pour une prochaine édition!

Un grand merci à Christine pour le conseil de lecture!








04 septembre 2018

Nous les menteurs!



Nous sommes dans le monde parfait de la famille Sinclair. Ils sont beaux, riches, intelligents. Tout semble formidable sur l’île privée au large du cap Cod où vit la joyeuse troupe.

Cadence, l’aînée des petits enfants, y raconte sa vie avec son groupe de cousins. Ils se sont nommés eux-même: les menteurs! Ils font un peu les quatre cent coups. Ils ont leurs codes, leurs habitudes, leurs clins d’œil.

Tout commence par un accident. Elle a quinze ans... et tout finit là aussi.

Mais je ne vous en dis pas plus.

Roman bien écrit, très bien construit.

De temps en temps la narratrice nous livre un conte pour enfant qui en dit long sur sa famille. De temps en temps, elle nous parle de son amour pour Gat, qui semble la fuir. De temps en temps, ça parle d'argent, d'héritage, et de succession. De temps en temps de rêves.

On collecte page après page de maigres indices. On sent poindre le flottement. Et on continue à tâtons.

Une histoire qui fonctionne, les emporte.

Un livre qui plaira à ceux qui aiment les histoires de famille, la psychanalyse, les secrets et les tabous.

Un livre qui interroge le drame familiale.

Fin magistrale!

Merci à la librairie l'Attrappe-coeur dans le 15e pour ce conseil de lecture!