09 janvier 2022

Neverland



Un très beau texte sur l'enfance. Ce territoire magique, fait de grands-parents, d'émotions, de douceurs, de rire.

Un livre qui est très poétique, dans le style. Avec des phrases et des expressions émouvantes. Un livre très resserré et court, comme une bouffée de jeune âge d'un coup.

Timothée de Fombelle part explorer ses souvenirs, les flashs qui lui reviennent, ou les lieux encore existants qui ont marqué ses premières années. Ne pas s'attendre à un récit. Juste laisser venir des émotions en pointillées, comme des boutons d'or qu'on trouve par hasard au bord d'un chemin.

Un cadeau pour ceux qui aiment se rappeler les jardins, les jeux, et les peurs de l'enfance.

Un livre pour ceux qui voudraient découvrir d'autres aspects de l'œuvre de Timothée de Fombelle, qui d'habitude écrit des histoires fleuves au rayon jeunesse, et qu'on dévore avec la soif de connaitre la fin de l'histoire (voir la catégorie pour ado de ce blog).

Un texte pour les sentimentaux!

 




02 janvier 2022

Code 93


Un polar, bien noir. Ecrit par quelqu'un du sérail. Code 93 a tout du thriller qu'on dévore. Avec son lot de cadavres, de lettres anonymes, de mystères!

Un roman qui permet de suivre le travail de policiers du 93. Dans leur quotidien. En cela, je mettrais vraiment ce livre dans la catégorie réaliste, "de terrain", avec vraiment tout ce qu'on attend d'un roman policier. Rebondissements et étrangetés!

Notre héros s'appelle Victor Coste. Et il va tirer les fils d'une enquête complexe révélant un réseau qu'il va faire tomber, mais je ne vous en dis pas plus!

Pour ceux qui aiment les polars classiques, dont on tourne les pages vite pour savoir la fin!

Un texte plein d'authenticité.

Net et sans bavure!



31 décembre 2021

Apaiser nos tempêtes


 Très beau roman sur la maternité!

Nous sommes en 1979, aux Etats-Unis. Deux jeunes femmes très différentes tombent enceintes. Anna, étudiante en art à Washington, qui, du haut de ses 22 ans, se passionne pour la photographie et se rêve artiste reconnue; et Cerise, une lycéenne californienne de 16 ans, qui vit plutôt pauvrement auprès de sa mère. 

Anna décide d'avorter alors même que cela est très mal vu et terrifiant pour elle. Cerise tombe sur des personnes qui par foi la supplient de ne pas renoncer à se grossesse. Elle décide alors de garder le bébé.

Nous suivons les deux femmes sur le temps long. Anna va se marier et attendre un enfant, alors que Cerise, tombée dans la pauvreté, va vivre de ménage. Et vous vous en doutez: les chemins de ces deux là vont finir par se croiser. Mais je ne vous en dis pas plus!

Chacune de ces deux femmes va vivre à sa façon des drames et des instants de bonheur.

Un roman qui questionne le choix, la peur et la magie de devenir parent. Un texte qui contient des scènes d'accouchement, ce qui reste très rare et précieux je trouve dans la littérature!

Deux riches portraits de femmes du vingtième siècle.

Une très belle écriture moderne et pleine de subtilités!

Je trouve intéressant que Jean Hegland décrive si justement la chute dans la précarité et la pauvreté, la question de l'accompagnement aussi des personnes défavorisées. La solidarité.

Merci à Christine pour la belle découverte!

30 décembre 2021

Enfant de salaud


Un texte marquant.

Sorj Chalandon, enfant, a entendu son grand père lui dire qu'il était un "enfant de salaud". Et ces paroles le taraudent. Qu'a pu faire son père pendant la seconde guerre mondiale? Porter l'uniforme allemand? Servir les nazis? 

A Lyon s'ouvre le procès de Klaus Barbie. Reporter pour Libération, Sorj Chalandon doit le couvrir en assistant aux séances. Et son père lui aussi est dans la salle, pour écouter. Commence alors la superposition de deux enquêtes. Celle conduite par le juge sur Klaus Barbie et celle conduite par Sorj Chalandon sur son propre père, grâce à l'aide d'un copain historien qui a pu lui passer une copie des archives.

Un texte sur les rapports père fils, sur ce dont on hérite ou pas.

Un livre aussi sur l'histoire, sur le mensonge, sur les secrets de famille.

Bref petite et grande histoire entrelacée!

Et pour ceux qui ne l'ont pas encore lu, je conseille aussi de découvrir le Quatrième mur de Sorj Chalandon. Sûrement le livre que je préfère de lui!




05 décembre 2021

Je serai là


Encore une bande dessinée! Je serai là, de l'homme étoilé.

L'homme étoilé est un soignant, en soin palliatif. On peut le suivre sur instagram. Mais c'est encore mieux en B.D. On suit sa vie d'infirmier et surtout son lien aux patients.

Pour moi, c'est un concentré d'humanités en bulles. 

Le ton est très juste, les anecdotes sont touchantes. 

Un grand merci Anne-Laure pour la découverte!

21 novembre 2021

Dans la combi de Thomas Pesquet


Un régal que cette bande dessinée! J'ai beaucoup ri! Marion Montaigne a le sens du détail qui tue!

Je ne vous présente plus Thomas Pesquet, l'astronaute, qui vient de regagner la terre après sa deuxième mission dans l'ISS.

Par contre, je vous dirais que ce livre est l'ouvrage parfait pour comprendre son parcours, son entrainement, bref tous les efforts qui se cachent derrière la partie fun et médiatisée de son aventure!

Très intéressant aussi de voir le quotidien dans la station spatiale internationale.

C'est très complémentaire des documentaires qui ont été réalisés sur Thomas Pesquet et ses exploits dans l'espace: je conseille notamment 16 levers de soleil. Absolument splendide!


14 novembre 2021

S'enfuir, récit d'un otage


 


J'apprécie toujours beaucoup les bandes dessinées de Delisle. Et je dois dire que celle-ci m'a particulièrement marquée: il s'agit de l'histoire de Christophe André. Il travaillait pour une ONG dans le Caucase, quand un jour, il fut enlevé en pleine nuit. 

Delisle nous raconte 111 jours de prise d'otage, dans une sorte d'unité de lieu et de temps. Enfermé. Mais on est suspendu à chaque bulle. On est au cœur de l'expérience vécue, au fin fond de la Tchétchénie. Tout est écrit à la première personne, celle de l'otage. Presque tout le récit est en gris clair ou gris foncé. Toujours cette image de la porte fermée, du mur, du lit.  Et l'importance des sons, ou des bribes de conversation volées.

Bref, un témoignage fascinant. 

Merci à Anne-Laure pour la découverte!


11 novembre 2021

L'éblouissante lumière de deux étoiles rouges




Nous sommes en 1941 au moment où l'Allemagne nazie s'apprête à envahir l'URSS. Dans les grandes villes russes, les parents s'organisent pour envoyer leurs enfants à la campagne pour les protéger. C'est ainsi que Nadia et son frère Viktor vont être pour la première fois séparés de leurs parents, qui travaillent au musée de l'Hermitage à St Pétersbourg. Ils doivent d'urgence partir dans un train pour Kazan, tandis que leurs parents tentent de sauver ce qu'ils pensent pouvoir l'être au musée.

Nadia et Viktor partent avec des carnets pour tenir un journal de ce moment si unique.

Mais bien sûr le plan déraille. Ils ne se retrouvent pas mis dans le même train et se perdent de vue.

C'est la guerre. On suit chacun de leurs parcours à travers leurs écrits. Chacun à la recherche de l'autre. Chacun rêvant de retrouver les parents et la famille dès que possible.

Mais ce qui est assez unique dans la forme de ce livre, est que leurs carnets ont été récupérés par les services de sécurité intérieure du pays et qu'ils sont annotés par eux. 

Voici donc un pavé jeunesse très intéressant à lire. Comme toujours avec Davide Morosinotto! Je dirais que ça peut se dévorer à partir de 13 ou 14 ans, pour comprendre le communisme, la guerre, le goulag, les kolkhozes, etc.

Je trouve les personnages des deux adolescents merveilleux d'audace, d'imagination, de solidarité, d'espoir. J'aime aussi qu'on retrouve quelques images ou traces d'objets en plus des carnets annotés.

Bref, gros coup de cœur jeunesse!

Un livre qui plaira à ceux qui aiment les récits d'aventure en temps de guerre!

Un roman pour ceux qui aiment voir en mots l'amitiés entre de jeunes amis engagés!

Si vous avez aimé Le passeur, ou encore Les mondes d'Ewilan, c'est pour vous!

06 novembre 2021

Le libraire de wigtown




 Etre libraire? Comme si vous y étiez? c'est possible avec Le libraire de Wigtown de Shaun Bythell!

Il y a tout: le nombre de livres vendus chaque jour, les commandes à passer, les livres d'occasion à récupérer, les clients sympas, les clients pénibles. Bref tout!

C'est un journal de bord ! On est en Ecosse, dans un village. 

Le ton est assez ironique, piquant. Ce n'est pas du tout la vie plan plan. On sent les énervements de l'auteur, son humour, son petit quotidien, et ses anecdotes.

Bref, un livre qui permet de changer de vie en 500 pages!

Un ouvrage parfait pour ma catégorie: Livres dont les libraires sont les héros!

Ca faisait longtemps!

Bonne lecture!


16 octobre 2021

Les frères Lehman


C'est écrit comme un long poème qui commence en 1844, au moment où Heyum Lehmann débarque à New York. Il quitte la misère à Rimpar en Bavière, il a perdu 8 kg en 45 jours de traversée de l'Atlantique. Il arrive pour se lancer dans le business. Très vite il est rejoint par ses deux frères.

Tout commence petit. Mais comme vous le savez tout va grossir en même temps que le capitalisme va se développer. Car oui il s'agit bien de l'histoire des Lehman brothers, ceux dont la banque disparaitra le 15 septembre 2008!

Commençons par dire que c'est très bien écrit! Il y a du rythme dans ce texte, des mots de yiddish, des mots d'anglais, des mots d'allemands. Des mots qui font mal et des mots qui font rire. Ca chante, ça déclame. Ajouter à ça une pincée d'humour juif, de la précision mathématique, et vous aurez un objet littéraire hors norme qui vaut le détour! Certains passages sont théâtraux, d'autres picturaux dans l'image et le cadrage!

On suit à la fois les fournisseurs de cotons, les prix et les cours, mais aussi les histoires de cœur, la naissance des enfants. Ce livre est une saga familiale assez insolite. Une histoire d'ambition, d'entreprenariat, une petite et une grande histoire !

Un texte pour ceux qui osent la fantaisie même sur un thème bancaire!

Merci à Nadia pour la découverte!



01 octobre 2021

Ce genre de petites choses




Nous sommes en 1985, à New Ross, dans une famille modeste, celle d'un marchand de bois. Trois jours avant les fêtes de Noël, nous suivons le père de famille, Bill, qui est très occupé à ses livraisons.

Le bruit court que, non loin de là, des religieuses utilisent la main d'œuvre de filles enceintes non mariées pour des travaux de blanchisserie, tout en se faisant de l'argent dans la revente des bébés à naitre. Un jour, Bill passe par le couvent pour livrer le bois, et il comprend que ce qu'on raconte est sûrement vrai, en croisant une des filles mères grelotante et apeurée.

Une écriture fine et juste, qui donne à voir la vie d'un héros de tous les jours. 

Un roman qui soulève le voile sur une part parfois oubliée de l'histoire de l'Irlande.

Un petit bijou dédié aux femmes et aux enfants qui ont connu le même sort.

Merci à Marie-Louise pour ce beau cadeau!

Je ne résiste pas à vous recopier l'incipit en ce premier jour pluvieux d'octobre:

"En octobre il y eut les arbres jaunes. Puis les pendules reculèrent d'une heure et les vents de novembre arrivèrent et soufflèrent, perpétuels, et dépouillèrent les arbres. Dans la ville de New Ross, les cheminées crachaient de la fumée qui retombait et flottait en mèches échevelées, étirées, avant de se dissiper le long des quais, et bientôt la rivière, aussi sombre que de la bière brune, se gonfla de pluie."

15 septembre 2021

Un garçon comme vous et moi

Etrange sensation que de me retrouver dans un livre qui me rappelle de si près mes années collèges ou lycées. Jusqu'aux images inclues comme illustrations telles celle de l'effaceur à stylo plume ;) ou encore celle avec les pièces de monnaie de l'époque! 

Ivan Jablonka nous livre ici avec beaucoup de détails ce qui a été pour lui être élevé comme un garçon dans les années 1980. C'est souvent drôle, notamment quand il utilise les éléments notés par ses parents sur ses premières semaines comme bébé, et qu'il compare au dauphin, futur louis XIII. Qui a fait quoi en premier et à combien de mois (bain? dent? sortie? tout y passe) 

C'est souvent très fin aussi, quand il montre combien il échoue à coller aux stéréotypes de genre dans lesquels la société l'élève.

La force du livre pour moi est d'être à la fois très intime et personnel tout en étant très historique et social, en même temps. 

J'aime qu'il retrouve des anciens camarades de classe et qu'ils leur demandent comment eux on vécut les mêmes instants, leurs liens, comme pour comprendre comment lui même a vu juste ou faux, par rapport à la mise en genre, de l'époque.

Un récit très émouvant. Et bien écrit!

Merci Helene pour la découverte!

Un livre que je conseille aux amateurs d'autobiographie!

Un livre qui plaira à ceux qui aiment parfois retrouver leurs vieilles photos de classe, leurs cahiers d'écoliers, qui interrogent qui ils étaient et qui ils sont devenus!

Un livre qui la transmission, les héritages, mais aussi l'émancipation.

"Autour de mon berceau se sont bousculés non pas des fées, mais des survivants, enfants cachés, orphelins, veuves à gros accent yiddish. La peau tanné et ridée de ces vieilles femmes était le sillon où j'allais pousser. La reprise de la vie, ma germination criarde, leur faisait certainement plaisir, mais elle rendait plus obsédant encore le silence des leurs."




01 septembre 2021

L'effet maternel




Un livre bouleversant sur les relations mère-fille.  L'effet Maternel de Virginie Linhart.

Elle est la fille de Robert Linhart, le sociologue auteur de l'établi. Mais dans ce texte point de portrait du père, elle écrit sur sa maman. Une femme qui apparait au fur et à mesure du récit comme plutôt maltraitante, peu attentionnée, peu aimante. Et ce car elle incarne une génération en quête de ruptures vis à vis du milieu familial traditionnel, quoiqu'il en coute pour les siens.

Nous voici projetés dans les années 1970. Dans la jeunesse donc de cette mère, qui en plein post Mai 1968 se construit à travers le féminisme. Elle se veut indépendante, rebelle, libre de tout, même de ne pas s'occuper correctement de ses proches! Sa vie est très marquée par ses amants, ses amours, des désirs, avant tout.

Virgine Linhart quant à elle tente de se construire face à cette mère, en lui ressemblant, en l'évitant, en s'énervant... Elle décortique de pages en pages toutes les postures qu'elle adopte pour tenir, pour grandir, pour s'épanouir malgré tout. Elle montre la complexité de son lien avec les amants de sa mère, et avec ses propres amoureux.

C'est donc un récit très intime, qui nous emmène par écho dans un autre moment fort de vie, celui où Virginie elle-même devient maman et découvre à quel point elle n'a pas réussi à dépasser de nombreuses souffrances en lien avec sa mère et son éducation. A quel point elle a peur de reproduire des erreurs, des schémas délétères.

Un livre qui plaira à tous ceux et celles qui s'interrogent sur la filiation, sur ce qu'on se transmet ou pas d'une génération à une autre. Un livre qui parle du devenir adulte, et ce que cela peut signifier dans le lien aux autres, à ses proches, et au monde.

Un récit qui intéressera ceux qui aiment les biographies, ce qui fait que quelqu'un parvient à se construire ou pas dans son intimité. C'est presque psychanalytique par moment.

Merci à Hélène pour la découverte!

Vraiment un livre pour la catégorie AU FEMININ de ce blog!

 



27 juillet 2021

The Grace Year




Un petit roman en anglais de Kim Liggett: The grace year.

Sur les conseils de Pénélope Bagieu, qui avait listé sur son instagram des romans féministes à découvrir.

Dans ce livre, nous suivons Tierney qui a seize ans. Elle doit partir avec les autres jeunes filles du village dans la forêt pour un an de survie. Seulement si elles passent ensemble cette épreuve, elles pourront revenir et continuer dans leur vie de femmes, en se mariant ou en travaillant. Une société aux règles terribles pour les femmes, qui n'ont aucune liberté ou presque. Mais bien sûr, dans cette société, cette année de "grace year" est un tabou. Personne n'explique ce qui s'y passe. Cela semble très dangereux, compliqué, mais on ne sait rien de plus.

Bref, une vrai dystopie, avec un suspense qui en fait un "page turner" comme on dit.

Pas un grand roman, mais un questionnement sur la solidarité entre femmes, sur les rites d'émancipation, sur les relations homme-femme.

Ca m'a vraiment rappelé Handmaid's tale, hunger games, ce genre de films ou livres.

C'est un roman qui nous met face à la violence sociale, aux discriminations, et aux luttes civiles.

Un texte donc pour toutes celles et ceux qui veulent questionner les construits sociaux du genre, les luttes de pouvoir, les tabous.

Un roman qui est construit comme une série ou film américain, avec tous les ressorts du suspense tels qu'ils le mettent en scène.

Un livre sur la confiance et la résistance.


27 juin 2021

Art et décès




Et voilà une série de petits romans policiers qui se termine: les Sophie Henaff et sa désormais célèbre troupe de flics bras cassés et drôles qu'on avait découverts avec Poulets grillés. 

Cette fois-ci, nous les retrouvons sur un plateau de tournage. Et pour cause, la capitaine Eva Rosière convertit ses romans à l'écran! Mais évidemment, les choses ne sont jamais simples! Le réalisateur est retrouvé mort en plateau, et on sent de suite qu'Eva va faire partie des accusés!

Anne Capestan est sur le coup... Enfin, pas comme d'habitude, car elle est devenue maman! Et elle a d'autres priorités dans la vie!

C'est savoureux et décalé, comme toujours!

Bonne lecture!




30 mai 2021

The rock from the sky


Un petit livre pour enfants en anglais! The rock from the sky de Jon Klassen.

D'abord parce que j'aime le dessin, les couleurs, l'air tendre et simple des animaux.

Ensuite car il interroge la vie. Les choix qu'on fait. le hasard. l'absurde. L'avenir.

Il s'agit pour chacun des animaux de trouver son coin préféré. Là où il est bien! Mais parallèlement des choses étranges se passent, comme des grosses pierres qui tombent du ciel, entre autre.

Un petit côté Beckett! 

Avis aux amateurs!






24 mai 2021

La bombe



Voici une bande dessinée que l'on n'oublie pas: La bombe. Un pavé de 450 pages qui montre à voir tous les acteurs concernés: les japonais qui vivent à Hiroshima, les chercheurs allemands qui fuient l'Allemagne nazie, les militaires américains à qui on confie la mission, etc. 

Ce qui m'a le plus captivée, c'est non seulement qu'on voit tous les angles de vue, mais aussi toutes les décisions individuelles et collectives et comment elles s'enchainent: il y a bien sûr les décisions politiques, mais aussi les décisions militaires, les décisions scientifiques, les décisions médicales,  les décisions éthiques ou non, etc.

J'ai découvert par le récit certaines faces cachées de l'histoire, et notamment celle des américains à qui on injecte en douce du plutonium pour observer les effets sur le corps humain. Ou celle des soldats qui vont saboter les réserves d'eau lourde allemandes en Norvège, au péril de leur vie.

On voit que les auteurs se sont extrêmement documentés.

Le dessin en noir et blanc est marquant aussi je trouve.

C'est un bon complément à la série Tchernobyl, qui m'avait tout aussi intéressée.

Avis aux amateurs!

Et merci à Christine pour le prêt!


01 mai 2021

Une soeur




Deux belles BD de Bastien Vives en ce 1er mai.

J'avais vraiment beaucoup aimé Dans mes yeux et le Gout du chlore; alors je n'ai pas été déçue du voyage avec Une soeur et Amitié étroite qui continuent d'explorer le thème de la rencontre, mais au moment charnière de l'adolescence. Et toujours des traits de crayon simples et doux qui donnent envie de dessiner.

Tout d'abord: Une sœur. C'est l'été, nous sommes à la mer. Antoine, 13 ans, connait ses premiers émois d'adolescent, alors qu'il est en vacances avec ses parents en famille. En effet très vite ils sont rejoints par d'autres amis qui arrivent dans la maison pour partager les vacances avec eux. C'est là que déboule une jeune Hélène qui est comme lui ado à suivre le mouvement familial. Elle est plus âgée, 16 ans, ravissante, attachante. Ce n'est pas sa sœur, mais une très forte complicité se tisse de suite. Pas à pas, leurs liens vont être de plus en plus sexués. C'est vraiment du Bastien Vives tout craché. Un trait épuré et une histoire au plus prêt du ressenti. On est vraiment dans l'intime des personnages. Cela semble presque autobiographique car le personnage d'Antoine se cherche par le dessin.

Ensuite: Amitié étroite. Deux jeunes, Francesca et Bruno, ont la vie typique d'étudiants, qui se cherchent à travers une vie sentimentale et sexuelle libre, en quête d'expériences. Anciens amants, ils ont gardé un lien très fort. On ne sait pas vraiment si c'est une amitié amoureuse, une connivence sensuelle, une complicité d'ex. Vont-ils se remettre ensemble? Qu'est ce que cette amitié étroite entre eux? Une vraie exploration du désir et des sentiments, un peu à la Rohmer. Les couleurs sont plus vives que dans Une soeur. L'ambiance est plus urbaine. 

Alors avis aux amateurs de récits intimistes amoureux. Si vous voulez vous replongez avec nostalgie dans votre vie d'ado ou d'étudiant, et vous souvenir de vos premiers émois, ces BD sont pour vous!




25 avril 2021

Ne m'oublie pas


 


Une BD dont la couverture fait du bien par les temps qui courent: Ne m'oublie pas!

C'est l'histoire de Clémentine et de sa grand-mère, qui souffre de la maladie d'Alzheimer. 

C'est une bande dessinée tout en délicatesse et tendresse. Un peu de douceur dans un monde de brutes. Le graphisme, les couleurs, les traits, vont bien avec ça aussi.

Et puis les BD sont peut-être plus abordables en ce moment, que les romans, pour ceux dont les journées sont lourdes...

Donc en bref, beaucoup de justesse, une jolie histoire, un brin de poésie!

J'aime bien la question du lien entre les générations et comment il se tisse.

Je trouve qu'Alix Garin nous propose un road movy intéressant ! Son héroïne ne supporte pas de laisser sa grand mère finir sa vie ainsi, enfermée. Elle lui offre comme un nouveau souffle, même si leur voyage est un peu fou!

Merci à Anne-Laure pour la découverte!



18 avril 2021

L'année du lièvre


Une BD marquante: L'année du lièvre. J'ai dévoré les trois tomes!

Un livre qui nous fait faire un voyage dans le temps et l'espace. Nous sommes en 1975 à Phnom Penh. Les khmers rouges prennent le pouvoir et imposent leur ordre social nouveau fait de terreur. 

Nous suivons une famille qui est déportée à la campagne, mais aussi la vie de ceux avec qui elle se retrouve, leur choix, leur peurs, leur survie. 

Tian, l'auteur, nous donne à voir les stratégies des uns et des autres pour tenir, s'adapter, survivre... ou pas! Il nous parle de ses parents (Khim et Lina), qui vont connaitre son arrivée au monde en plein moment de basculement vers la tyrannie des khmers rouges. C'est une BD qui est très réaliste, et qui montre les khmers rouges par le quotidien. Le jour le jour. 

J'aime beaucoup les traits de dessin de Tian, c'est simple, touchant, juste. 

Une BD pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire du Cambodge et des cambodgiens!

Une belle découverte à la super médiathèque de La Tour du Pin. Bravo aux équipes pour les excellents choix de bandes dessinées sur place!





27 mars 2021

Casabianca


 


Une fois n'est pas coutume, je partage avec vous non pas un roman mais un témoignage. Le livre s'appelle Casabianca et est signé par le capitaine de vaisseau L'herminier.

Casabianca, c'est le nom d'un sous-marin. Et pas n'importe lequel.

En 1942, lorsque l'annexion de la zone libre par l'Allemagne commence à entraîner des sabordages de la flotte française, l'Herminier et des membres de son équipage fomentent un coup: Une évasion du port de Toulon!

Cap vers Alger, pour rejoindre les alliés. 

Le Casabianca va alors servir à des missions de renseignement et de ravitaillement en hommes et en armes vers la Corse et la Provence.

Un livre qu'on dévore. 

Dès les premières pages, il y a le suspense. Est-ce que l'équipage va réussir à quitter la France sans se faire tirer dessus par l'aviation allemande? Va-t-il réussir à atteindre Alger sans se faire torpiller par les alliés?

Et puis il y a le ton de l'Herminier, qui partage à la fois les émotions, mais aussi les rapports d'étape, un schéma explicatif. On se sent à bord avec eux. Avec la condensation qui fait qu'ils sentent des gouttes sur leur visage. La nuit par forte mer dans le doute. 

On découvre aussi l'envers de la Résistance. Jamais je n'avais pensé que des sous-marins avaient pu jouer des rôles clé dans la libération de la France.

L'histoire est faite d'imprévus. Ils se croient à telle distance des côtes corses et se retrouvent en fait à deux pas d'une falaise, pas du tout où ils le pensaient! Une autre fois, c'est un incendie qui se déclenche à bord.

Mais ce livre est avant tout l'histoire d'hommes, tout entier dédié à leur cause.

Très intéressant de voir l'importance des préparations, le rôle clé que joue le type de matériel. Les hasards aussi.

Merci à Rémi pour cette très belle découverte!

Un livre pour ceux qui s'intéressent à la Marine, aux sous-marins, à la seconde guerre mondiale, à la résistance.





25 mars 2021

Le marchand de bonheur




Après avoir lu La république du bonheur de Ito Ogawa (la suite de la Paperie tsubaki, et vraiment dans la même veine), j'ai enchainé avec le Marchand de bonheur de Davide Cali et Marco Soma. 

J'ai tout de suite craqué pour le coup de crayon qui me rappelle l'univers des machines de l'île de Nantes.

Et bien sûr, j'ai accroché à l'histoire! Notre héros est M. Pigeon. Et il vend du bonheur, en pot. Si! Je suis sûre que beaucoup d'entre vous sont preneurs par les temps qui courent!

En plus ce sont des offres personnalisées et personnalisables, du petit au gros pot, du pack de 6 à des modèles singuliers très joliment décorés. 

Monsieur Pigeon livre à domicile, bien sûr. Et il va voir pas mal des oiseaux des bois!

Mais comme vous vous en doutez, le bonheur de s'achète pas.

C'est ainsi que Monsieur Souris, dont personne ne se soucie vraiment, retrouve un pot vide… Je ne vous en dis pas plus!

Un petit bijou ce livre pour enfant je trouve.

Très réussi!

C'est un univers vraiment touchant avec de l'humour dans les éléments du dessin et dans les détails de l'histoire.

Bref, une fable qui fera le plaisir des petits et de grands.


20 mars 2021

Des mangas!


Petites découvertes de Mangas en ce mois de mars 2021.

Mon coup de cœur fut Chiisakobe. L'histoire d'un jeune charpentier qui suite au décès de ses parents dans un incendie se retrouve à gérer l'entreprise familiale et à retourner vivre dans sa maison natale. Dans des temps compliqués, il va s'accrocher à la devise de son père pour tenir: humanité et volonté. Deux mots peut-être clé aussi par les temps qui courent? Ce manga tourne autour de la relation qu'il noue avec une de ses amies d'enfance qui décide de s'occuper d'orphelins dans la maison où il vit. Je ne vous en dis pas plus. C'est très japonais dans les rapports sociaux, les traditions, le devoir, etc. Très dépaysant!

Autre manga: Après la pluie. Déjà plus un manga pour ado, j'ai trouvé. Akira est une jeune fille qui travaille dans un restaurant pour se faire un peu d'argent. Elle tombe secrètement folle amoureuse du gérant. Donc tout tourne autour de son amour pour son patron. Par ailleurs, on comprend qu'elle avait un grand avenir sportif devant elle, mais que suite à une blessure à la cheville, elle est bloquée dans l'avancée de ce projet de vie. Va-t-elle pouvoir retourner à l'athlétisme? quel lien va-t-elle nouer avec le tenancier du restaurant? A vous de lire!

Enfin un manga plus enfant: YotsubaKoiwai Yotsuba est une petite fille de six ans très énergique et enthousiaste. Elle vient d'emménager en ville, ce qui représente pour elle une grande découverte! Elle vit entourée de son père, qui ne cesse de lui faire des recommandations et de ses nouveaux voisins : la famille Ayase, avec trois filles plus âgées dénommées Ena, Fuuka et Asagi. Chaque volume raconte la vie quotidienne de Yotsuba : Son inexpérience et son jeune âge donnent lieu à de nombreux gags. Le manga joue sur le comique de situation, et s'adresse avant tout à un jeune public je pense. En tout cas, personnage très attachant!

Voilà. Comment voyager depuis son salon! Il ne vous reste plus qu'à commander japonais!

Bons mangas à tous!




07 mars 2021

Une joie féroce




Désolée pour l'absence, mais difficile de se remettre sur un écran après des heures de télé-travail!

Un petit Sorj Chalandon, en ce dimanche soir: Une joie féroce.

Le thème du livre peut dérouter puisqu'il s'agit du cancer. Nous suivons quatre femmes qui font des aller-retour à l'hôpital pour des séances de chimiothérapie. Chacune d'elles face à la maladie va se redécouvrir, et comprendre ce qui donne sens pour elle à la vie.

Par ailleurs, elles vont se réparer mutuellement à travers l'entraide, la solidarité, et aller jusqu'à des extravagances inattendues! Je ne vous en dis pas plus pour ne pas gâcher le suspens!

C'est un roman qui est assez émouvant, entre les moments de détresse, les joies, les rires, les surprises bonnes et mauvaises.

Le style est vivant, vivace presque. 

C'est comme si Sorj Chalandon nous racontait une chimio comme un road trip entre copine.

Un livre à conseiller à toutes les femmes en soin, en traitement, et en chemin de guérison.

Un roman qui fait plutôt du bien et donne envie de liberté!



29 janvier 2021

Non Non Ba

 



Un petit bijou que ce manga: Non Non Ba de Shigeri Mizuki.

C'est l'histoire d'une grand mère japonaise et de son petit fils. Elle l'accompagne dans la vie et lui transmet tout ce qui compte, à commencer par l'existence de Yokaïs et de leurs légendes. Ce sont des petits personnages, comme des fantômes, qui vivent dans certains bois, ou certaines mers, et qui ont des pouvoirs sur leur environnement et sur les gens, dans la tradition japonaise. 

Dans cette chronique très touchante, on retrouve toute la vie du Japon rurale, mais aussi toute une philosophie du monde, qui montre combien l'invisible joue un rôle dans notre univers.

J'ai été émue par les liens qui unissent la grand mère et sa descendance, mais aussi par les liens entre enfants, la place des parents, leurs rêves (tenir un cinéma), et les pressions de réussite. 

Qu'il est beau de voir comment l'auteur trouve le trait juste pour nous raconter son enfance, et l'ouverture sur l'art et le dessin qu'elle lui a donné. On voit comment il fait de ses crayons la clé de son épanouissement et de son devenir.

Bref, vous l'aurez compris, Grand Coup de Coeur!

Merci à David, pour ce très beau cadeau...




16 janvier 2021

A cinq ans, je suis devenue terre à terre




On connaissait Jeanne Cherhal chanteuse, voici Jeanne Cherhal autrice! Sur 150 pages, elle nous présente les mots qu'elle aime. De "sorcière" à "cercle", en passant par "ramasse-bourrier"! 

Forcément, j'accroche! Car j'aime le goût des mots, de leur sonorités, de leur connotations. J'apprécie le choix des mots et ce qu'ils révèlent de nous et de nos existences.

Ainsi, j'ai été émue de retrouver des mots de patois vendéen! J'ai été touchée de sentir dans le choix des mots des bouts de portraits, des tranches de vie.

Ca se lit tout seul, deux pages par mots, ou trois au plus. 

Chaque mot est un petit moment de vie. Pour certains, ce sont des clins d'œil, aux proches, à la fratrie, au parcours de Jeanne Cherhal.

Bref, un petit trajet et puis s'en va.

Reste la trace poétique de l'instant.

Un livre qui donne envie d'écrire sur ses mots à soi, pour les garder tendrement!

Merci au Père Noël pour le cadeau!

Un livre au féminin!



05 janvier 2021

Personne ne sort les fusils



Sandra Lucbert, normallienne et agrégée de lettres, interroge la langue et le langage des dirigeants de France Télécom, lors du procès qui s'est tenu en 2019. Sept personnes sont sur le banc des accusés, pour maltraitance de salariés, et ce jusqu'aux suicides de certains d'entre eux.

Elle s'appuie sur les travaux des linguistes qui ont étudié les procès du nazisme, pour montrer comment par des glissements de mots, des terminologies managériales, on peut gommer le mal, bien qu'il existe.

Sandra Lucbert questionne la logique sociale, la logique économique, la logique psychologique et ce dans le choix des mots, la construction sociale du langage lors d'un plan de transformation en entreprise.

Parmi la cause des maux, il y a les mots. Ceux qui sont dits, ceux qui sont tus. Il y a les petites phrases et les grands discours et ce qu'ils révèlent de fonctionnement ou de dysfonctionnement organisationnel. 

C'est un coup de poing dans le ventre. Une piqure de rappel aussi, ce texte.

Comment nous faisons ou pas société passe par le language, les concepts, anciens et nouveaux. La langue nous construit, nous façonne, pour le meilleur et pour le pire.

Alors choisissons bien nos mots, ceux de la responsabilité, de l'éthique, de la critique.

Je trouve remarquable toutes les références que l'on sent en lisant Sandra Lucbert, notamment à Bauman et la liquidité de la modernité ravageuse. A Kafka, à Rabelais, Artaud et tant d'autres.

Un livre qui montre combien il est important de ne pas nous adapter à tout, qu'il est fondamental de décortiquer voire de déconstruire les concepts, les slogans, les titres, les indicateurs, et j'en passe. 

Merci à Marie pour ce précieux conseil.

Gardons les yeux ouverts.


09 décembre 2020

Suzuran




Retrouvailles avec Aki Shimazaki que j'apprécie tant!

Son dernier roman s'appelle Suzuran, qui veut dire muguet en japonais.

Et c'est comme toujours tout en délicatesse, tout en finesse, avec au cœur du récit des histoires de famille.

Anzu élève seule son garçon. Au centre de son existence, elle a mis sa passion pour la poterie. Sa sœur est celle qui réussit à attirer les hommes, celle qui semble avancée forte et autonome. Un jour, elle arrive en annonçant qu'elle va se marier! Tout de suite Anzu sent une connexion spéciale avec son futur beau-frère. Mais que faire?

Un roman sur ce à quoi on croit, les jeux du destin, le sens de l'existence, l'amour.

Un texte court qu'on peut lire d'une traite un soir, pour un petit voyage au Japon qui dépayse. Un voyage lent et méditatif, qui fait du bien.

Alors à quand la suite? Début d'une nouvelle pentalogie? Hâte de savoir!




23 novembre 2020

Comme un empire dans un empire




Une lecture en boitant... Un roman pour lequel deux héros alternent à tour de rôle de chapitre en chapitre, et je n'ai marché qu'avec l'un deux!

Nous suivons Antoine, tout frais sorti de sciences po. Il est assistant parlementaire d'un député PS, qui lui demande de mieux comprendre les gilets jaunes... et lui jeune homme plein d'ambition qu'il est, il rêve de publier un ouvrage sur la guerre d'Espagne. Il tend vers de la grandeur dans l'engagement politique, et ne le trouve pas vraiment là où il est.

Et an parallèle nous sommes aussi auprès de L, une hackeuse engagée, qui vit avec Elias, hackeur tout comme elle. Tous les deus vivent leur engagement par des attaques ciblées sur des boites qu'ils n' estiment pas à la hauteur.

Même si Alice Zeniter s'est clairement beaucoup documentée, le roman ne prend pas complètement, je trouve. Si L garde une certaine richesse, Antoine tourne très vite en rond et à plat.

Quel dommage, car j'aimais le thème du roman, qui n'est pas sans rappeler celui de La condition humaine de Malraux, où chaque personnage s'engage d'une façon ou d'une autre.

Et puis, j'aimais l'idée qu'une écrivain questionne notre époque, le monde du dedans de l'internet comme elle le dit, le monde du dehors des engagés sous différentes formes.

Alors, voilà, je vous en parle quand même, car je trouve riche de mettre les enjeux de cyber sécurité en roman. Je suis convaincue que le sujet de l'engagement est un bon angle pour écrire en ce moment... Mais ne vous attendez pas à aussi bien que L'art de perdre, son roman précédent, qui était selon moi bien plus abouti que ce dernier.

18 novembre 2020

Avant que j'oublie...


 


Je viens de lire le Prix du Livre Inter de l'année: Avant que j'oublie de Anne Pauly.

Anne Pauly raconte à travers ce roman le décès de son père, et les jours qui suivent: tout y passe du choix du cercueil au tri des affaires dans la maison à vider... et surtout ce moment où il faut tenir bon, continuer à vivre, malgré le deuil, malgré la souffrance, alors que tout est plus lourd et vide. Le livre montre aussi les liens de fratrie face au départ d'un parent, et là aussi les décalages, les doutes, les colères, la tendresse.

J'ai beaucoup aimé son style, son sens du détail qui fait sourire ou rend mélancolique! J'aime les listes d'objets de son défunt père, j'aime la liste des questions qu'elle aimerait qu'on lui pose quand on l'appelle au téléphone. Bref, j'aime son sens de tous ces petits grains des jours auxquels on se rattache ou tente de se rattacher en vain. J'aime la singularité du regard qu'elle pose sur son monde.

Le livre est riche car son rapport au père est complexe. On sent qu'il a pu être alcoolique, violent, décevant et pourtant elle est attachée à sa figure, à son être au monde, d'une certaine manière. C'est donc tout autant le deuil qu'elle analyse que son rapport au père qu'elle passe au crible.

Ce roman est réussi aussi car au-delà des larmes, elle parvient à faire rire, à garder la pointe d'ironie toujours sous-jacente! C'est ce ton décalé et mordant qui fait qu'on ne tombe pas dans le doucereux, le pathétique, mais qu'on reste dans la perspicacité d'un vécu qui vaut d'être mis en mots et partagé.

Vous aurez compris c'est donc un premier roman que je conseille pour les amateurs d'autofiction, pour ceux qui s'interrogent sur leur rapport à la mort, au deuil, au père.


15 novembre 2020

Présumée disparue


Et encore un petit polar. Avec un côté roman sentimental par petite touche. Pas du tout un grand livre, mais plus comme une sorte de série TV avec des personnages un peu typiques du genre.

Cette fois-ci on traverse la manche. Nous voici à Cambridge. Edith Hind, étudiante brillante, a disparue mystérieusement. Edith est du genre engagée, à manger bio, à militer pour un monde meilleur. Elle est la fille de Lady et Sir Hind, le chirurgien de la famille royale, proche de certains ministres. 

Un roman policier à la construction somme toute assez traditionnelle: avec suspens, rebondissements, découvertes de pans cachés de la vie d'Edith. Bref, le classique du genre. Un rythme plutôt lent, où les preuves manquent, où les équipes de police se blaguent gentiment, et attendent des jours de rebondissements.

Mais c'est avant tout le caractère de l'enquêtrice qui fait la singularité du livre. L'inspectrice Bradshaw est une quadra, qui n'a pas la langue dans sa poche. Célibataire, elle a du mal à s'endormir et écoute pour cela la radio de la police en direct pour se laisser bercer par les commentaires des flics sur le terrain. Ses amis lui conseillent les sites de rencontres, et elle enchaine les rendez-vous sans conviction. Elle a un côté caustique et forte, et en même temps fragile et seule. Un peu perdue.

Vous l'aurez compris, pas un grand coup de cœur, mais un gentil petit polar! Comme ça, en passant, par hasard! 



08 novembre 2020

La dame de Reykjavik


 


Un petit polar islandais de Ragnar Jonasson: La dame de Reykjavik.

Avis à tous les amateurs de la série The killing sur Arte. Ce roman est pour vous!

L'héroïne s'appelle Hulda, et elle est presque sur le point de prendre sa retraite d'inspectrice de police. Très fine et intuitive, elle va tomber sur une affaire non résolue au sujet de la mort mystérieuse d'une jeune femme Russe. Hulda n'a que quelques jours avant de vider son bureau. Elle va tout donner pour résoudre l'énigme.

Un roman qui touche au sujet des migrants, des trafics de femmes, des violences familiales, des enjeux politiques et hiérarchiques dans la police. Un roman qui parle aussi des abus sur mineurs. Un texte qui questionne la justice. Un livre sur la colère.

Merci à Dominique pour le conseil!




28 octobre 2020

Changer l'eau des fleurs


 


Un roman qui fait du bien: Changer l'eau des fleurs de Valérie Perrin.

L'héroïne porte bien son nom par les temps qui courent puisqu'elle s'appelle Violette Toussaint! Elle est une jeune fille d'un milieu modeste. Elle rencontre ce qu'elle prend pour de l'amour. Maltraitée par la vie, elle va mener une existence tout en force, humilité et générosité. C'est un personnage très attachant, qui va être une présence discrète et intense pour tout un entourage, tout un univers, celui d'un petit cimetière. Car oui son métier est un peu particulier: elle est garde-cimetière!

Derrière le titre et la couverture, un roman plein d'émotions, des larmes à la joie. On est vraiment pris par un parcours de vie, celui de Violette, puis par toutes les existences qu'elle croise. Elle tient une sorte de journal de bord des enterrements et on sent toute la vie des gens à travers les cérémonies et les derniers adieux.

Certains personnages sont marquants comme l'ancien gardien du cimetière qui va l'initier au jardinage pour l'aider à vivre.

J'aime le fait que les chapitres commencent par une phrase qu'on sent sortie tout droit d'une cérémonie d'enterrement, j'aime que Valérie Perrin glisse aussi des chansons, des extraits de journaux intimes. 

La construction du roman est remarquable aussi entre passé et présent, avec du mystère lié à des décès et des histoires de famille. On est emporté.

Plein de petits détails attachants...

Bref, à conseiller pour les longues soirées de couvre-feu ou de confinements!

Vous ne le regretterez pas!

Merci à Marie-Louise!

04 octobre 2020

Dix-sept ans



Eric Fottorino nous raconte son histoire de vie, sa naissance, son enfance, et les secrets de sa famille. Sa mère, Lina, l'a eu à dix sept ans, à une époque où les filles mères étaient très mal vues. Elle a du lutter pour avoir le droit de le garder et de l'élever. Lui a fait face à une mère encore enfant, et à une souffrance rentrée mais présente. Il est parfois dure avec elle, et parfois si tendre. De lignes en lignes, on sent toute la complexité du rapport mère fils.

Derrière sa naissance, se cache aussi la question des origines. Il sait que son père génétique était un juif marocain. Par contre, il a été élevé par un tunisien musulman. Il s'interroge de pages à pages sur ce qui l'a fait ou défait dans la vie. Mais comme dirait René Char "notre héritage n'est précédé d'aucun testament"...

Ce roman est une quête personnelle, dans les rues de Nice. A l'histoire intime se croise l'histoire de la ville, l'attentat du 14 juillet.

Tout commence par un repas de famille, où Lina, la mère, révèle a ses trois fils qu'elle a eu une fille, qu'on lui a forcé à abandonner… Face à cette révélation, Eric Fottorino essaie de réaménager son récit et le récit familiale.

Un texte émouvant sur le sort des femmes, les grossesses cachées, l'honneur des famille.

Un livre qui est universel dans sa façon de questionner le rôle de la mère dans le développement et les croyances de ses enfants.

C'est très bien écrit. Presque psychanalytique par instant je trouve.

Merci à Marie-Louise pour le conseil de lecture!

A lire lorsqu'on s'interroge sur le poids des secrets de famille, sur les fratries, sur les non-dits.

Un roman qui plaira sûrement aux amoureux de Nice aussi.





28 septembre 2020

Mamie Luger



Un grand éclat de rire que ce roman de Benoit Philippon! Mais aussi une grande leçon de vie!

L'héroïne s'appelle Berthe et elle a 102 ans. Pour aider deux jeunes qu'elle trouve plutôt touchants à fuir la police, elle va sortir un vieux Luger piqué à un nazi, histoire de faire diversion! C'est là que tout commence pour le commissaire Ventura. Le voilà en train d'arrêter Berthe et de la conduire au poste pour une longue garde à vue. Et pour nous lecteur, c'est parti pour un grand dialogue bien trempé, avec ironie, loufoqueries et grincements de dents au menu!

Grand coup de cœur pour ce tête à tête entre un homme usé et une vielle dame que rien n'arrête! Vous ne serez pas au bout de vos surprises de page en page! Que de rebondissements!

La confession de Berthe va nous conduire vers la seconde guerre mondiale, vers la vie de village, vers le féminisme et j'en passe!

Tout ça avec beaucoup d'humour! Un brin de noir, un grain de folie, et beaucoup de lucidité sur le sort des femmes!

Je trouve intéressant de voir que derrière un ton léger, l'auteur nous fait toucher du doigt la violence des échanges entre voisins, l'injustice, la discrimination, le racisme, et j'en passe. 

Un roman sur la vie des femmes, dans ce qu'elle peut avoir de douloureux: la violence conjugale, le viol, le dédain, le machisme, les préjugés. 

Berthe est touchante et déchirante et bouleversante et grinçante, tour à tour. 

En résumé, jetez vous sur Mamie Luger. Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant ri en lisant un roman!





21 septembre 2020

La variante chilienne




Tout commence par une grande frayeur. Le narrateur, un professeur de lettres, se fait arrêter par la police alors même qu'il cache une jeune femme dans sa voiture... Elle s'appelle Margaux et vient d'avoir son bac. Elle fuit des problèmes personnels au milieu de nul part... ou plutôt devrais-je dire dans un gite rural dans la vallée de Chantebrie.

Tous les deux s'installent au vert, et restent à l'écart de tout. Toutefois, ils font vite la connaissance de leur voisin, Florin. Un homme mystérieux, fumeur de pipe et ramasseur de cailloux, qui sort très peu et semble se faire tout aussi discret qu'eux!

Il finit par leur confier qu'il ne peut pas se souvenir de ses émotions sans les rattacher à une petite pierre, aide mémoire. Ce dernier va alors balayer toute sa collection de cailloux, et leur raconter pas à pas les moments marquants de son existence. De discussions en discussions, ils vont découvrir toute la vie du village... ou presque.

Et nous lecteurs, allons sauter de contes en contes, d'anecdotes en anecdotes! 

Nous voici dans La Variante Chilienne de Pierre Raufast! Un petit monde en soi! 

Je dois vous dire que certaines histoires sont justes incroyables, un peu à la Hitchcock! Dans cette catégorie, je mets celle de la piscine/potager!

D'autres histoires sont juste très insolites, ou absolument décalées!

Un roman sur l'amitié, le jeu, la culpabilité... entre deux verres de vin!

Un roman au masculin, je trouve!

Ce qui est intéressant, c'est la construction du récit, qui mélange le journal de Margaux, les histoires incroyables de Florin, comme autant de légendes qui s'emmêlent et se nourrissent de mystères! 

De pages en pages, on croise des écrivains, des personnages haut en couleur, des odeurs, des ambiances. On se laisse porter!

L'atmosphère est à la confidence et à la découverte de chemins de vie tortueux!

Et vous que faites-vous de vos souvenirs? de vos rencontres insolites? Confiez-vous votre mémoire à un petit carnet, à des inconnus, ou à vos proches? 








11 septembre 2020

Le passeur




Un roman jeunesse et science fiction: Le passeur de Lois Lowry.

Jonas est un jeune qui vit dans une société où les émotions ont disparu. Tout y est pré-établi et neutralisé. A chaque âge ses rites de passage. Tout est tracé et formaté. 

Mais la vie de Jonas va connaitre un tournant lorsqu'il va être choisi pour être le dépositaire de la mémoire de la société où il vit. Il va être initié par un vieux passeur, qui pas à pas va lui permettre de visualiser des souvenirs joyeux ou douloureux.

Pour la toute première fois, il va voir les couleurs, la souffrance, la mort, la neige, et j'en passe.Et c'est le début des questionnements. Quel est le sens de tout cela? 

Je ne vous en dis pas plus!

Je me suis vite attachée à Jonas. J'ai trouvé que les questions soulevées par le roman reste d'actualité. Que faisons-nous des émotions aujourd'hui? Que veut dire vivre en faisant comme si la pauvreté ou la guerre n'existait pas? 

A la moitié du livre, je me suis souvenue que j'avais vu le film, mais les mots valent le détour même si vous avez déjà pris connaissance de l'histoire au cinéma!

Bonne lecture! Et un clin d'oeil à Lucie dont c'est un des films préférés!




02 septembre 2020

Croisières et caravanes




Découverte de l'été: Ella Maillart, chez Petite biblio Payot Voyageurs.

Ella Maillart est née en 1903 et est l'une des grandes aventurières du vingtième siècle. Dans Croisières et caravanes, elle raconte sa jeunesse: oser partir seule au bateau sur la Méditerranée avec une amie, puis être une des premières suissesses à se lancer dans les JO de Paris, puis partir carrément au loin vers l'est, la Russie, la Chine... 

Les 230 pages se lisent toutes seules. On est tour à tour à dos de chameau, à pied, en train.

On comprend que ses aventures sont avant tout une quête de sens et d'elle-même.

Quel courage! Quels exploits!

Son audace est remarquable. A cette époque, c'était bien autre chose qu'aujourd'hui d'oser partir seule au bout du monde.

Un seul petit regret: qu'elle n'ose pas confier plus d'anecdotes croustillantes ou amusantes. Cela reste très descriptif et vivant mais on sent comme une pudeur, une retenue, dans ce qu'elle confie de ses aventures. 

Un grand merci à Sophy pour la découverte!

Un livre pour les amateurs d'exotisme et d'autobiographie.

Un ouvrage qui dépayse et donne envie de voyager!




15 juillet 2020

L"esquisse d'un rêve



Un peu de littérature Islandaise!

Et un livre résolument "Au féminin"!

Un vrai régal de début d'été que cette découverte!

Nous sommes donc en 1910 quand tout commence. Une veuve élève six enfants avec en tête le projet qu'ils puissent tous aller à l'école, avoir une vraie éducation et puisse s'épanouir dans la vie. Pourtant il n'y a pas d'argent, à peine de quoi manger. Mais avec beaucoup d'ingéniosité et d'énergie, chacun des enfants va s'y mettre. Et surtout Karitas, une jeune fille très débrouillarde, qui va réussir à nourrir la smala tout en trouvant de quoi avoir une machine à coudre, et un vrai logement! Elle va aussi découvrir pas à pas que son talent à elle, c'est le dessin. Elle va tracer sa vie de femme et d'artiste.

Kristin Maria Baldursdottir va nous montrer par ce roman comment être maître de son destin à tout moment et même dans l'adversité.... C'est un récit plein d'espoir, de force, de nature, d'embrun, de neige, de froid, de hareng... avec aussi des pointes d'humour!

Sur 500 pages, on va s'attacher à cette famille, aux histoires de cœur des unes, aux espoirs de pêche des autres. Et surtout on va voir une artiste en herbe creuser le chaos au fond d'elle même pour produire des œuvres pas toujours alignées avec l'époque et les goûts du village! Elle va oser l'abstrait, les collages,... Tout ce qui peut jaillir et donner sens à ses ressentis. Elle va affronter ses angoisses, ses visions d'elfes ou de revenants... sa solitude... ses doutes.

Un roman qui montre la dure vie des femmes, de grossesse en grossesse, dans les fonds de campagne, et entre les campagnes de pêches. Ca m'a rappelé Quand rentrent les marins... de A. Huth.

Un livre qui raconte aussi la libération des femmes, pas à pas...

Au passage une belle histoire d'amour...

Un très grand merci à Dominique pour ce beau cadeau!





05 juillet 2020

La voix des vagues



Un roman qu'on n'oublie pas: La voix des vagues de Jackie Copleton. Très belle lecture de déconfinement!

Un peu comme dans une pièce de Wajdi Mouawad, Jackie Copleton mélange la grande Histoire (celle de la bombe nucléaire sur Nagasaki) avec la petite histoire d'une famille japonaise, qui a ses secrets, ses tensions, ses poids.

Amaterasu Takahashi est la mère de Yuko, une jeune fille douce qui aime dessiner et rêve d'être un jour infirmière. Nous sommes juste avant la seconde guerre mondiale. Yuko va s’éprendre de Sato, un ami de son père, marié, et coureur de jupon. Elle va l'aimer en secret jusqu'à ce que ses parents le découvrent et lui interdisent tout contact avec cet homme. En plein chagrin amoureux, en pleine tentative de tout de même construire sa vie de femme, va survenir la bombe... Une explosion dans la vie du Japon et dans cette famille qui va laisser des doutes, des interrogations, et des questions qu'Amaterasu, depuis sa nouvelle vie aux Etats-Unis, et du haut de ses 80 ans, va tenter de démêler, en se replongeant dans son passé...  car un jeune homme se présente à elle qui dit être son petit fils! Je ne vous en dis pas plus.

J'ai été emportée par l'histoire avec un petit et grand H. Ce livre m'a rappelé un autre de mes coups de coeur sur le même sujet: Le poids des secrets. J'aime quand les romans parviennent avec autant de finesse et de justesse à décrire les histoires de famille, les non-dits, et les coïncidences étranges de la vie, les jeux d'échos entre événements, petits ou grands.

Par ailleurs, je trouve formidable de découvrir une autre culture par le roman. Et ici Jackie Copleton arrive à merveille à nous apprendre la culture japonaise de chapitre en chapitre. A chaque fois il y a un en tête qui explique un concept japonais, via un mot, qui n'existe pas dans d'autres langues et qui représente un des éléments de la tradition ou des us japonais qu'elle veut nous faire toucher du doigt.

Le roman se déroule sur plus de 50 ans, et je trouve fort de voir comment le récit dans sa construction mêle l'avant guerre au japon et la vie aux Etats-Unis d'émigrés japonais, via des lettres que les personnages retrouvent, ou encore des journaux intimes. Cela tisse l'intrigue entre les époques, mais aussi entre les points de vue. On est alors tour à tour avec Amaterasu qui retrouve des lettres de Sato ou le journal intime de sa fille, comme on est dans la tête de Sato et Yuko quand ils les écrivent.

Enfin, c'est un roman sur la différence, l'acceptation de soi et des autres.

Un livre qui pose la question de ce qu'est être une famille, ce qu'est l'héritage, porté et voulu.

Donc vraiment je vous conseille ce premier roman, qui est un subtil mélange de douceur et de mélancolie. Beaucoup d'émotions vous attendent...

Merci à la Librairie idéale, rue clerc dans le 7e arrondissement de Paris!




28 juin 2020

Le roi de la bibliothèque



Un coup de cœur au rayon jeunesse: Le roi de la bibliothèque de Michelle Knudsen et Kevin Hawkes. Très beaux et doux dessins à l'aquarelle. Et une histoire touchante et amusante.

Un lion vient d'entrer dans la bibliothèque. Que faire? Rien s'il respecte le règlement, marche tranquillement et ne fait pas de bruit!

Et voici notre lion à l'heure du conte!

Mais tout se complique quand la bibliothécaire fait une mauvaise chute!

Je ne vous en dis pas plus!

J'aime beaucoup le fait qu'un lion devienne la mascotte de la bibliothèque.

Je trouve que la leçon de l'histoire est chouette aussi, sur les règlements, quand veiller à les respecter et quand les enfreindre pour la bonne cause!

Un livre jeunesse qui parle d'ouverture à l'autre, d'acceptation de la différence malgré la peur, du respect des lieux et des autres, de l'aide que l'on peut apporter autour de soi.

C'est plein d'humour, c'est tendre. Une histoire qu'on prend plaisir à raconter!

Belle découverte vendredi soir avec Mara et Simon!




19 avril 2020

Suite des lectures de confinement...



Et oui, il a bien fallu continuer nos semaines confinées... et avec elles, les lectures.

Vacances de pâques dans le salon. Pour accompagner les dernières saisons de Homeland et du Bureau des Légendes: je me suis replongée dans les Cherub! Un régal! Une vraie thématique "agent secret" pour du dépaysement garanti, entre Damas, Kaboul, Paris et Washington, en passant par Moscou ou Londres. Pour ceux qui ne connaissent pas encore les enfants agents secrets du MI5, un petit rappel ici.

Et puis j'ai enchaîné avec la deuxième trilogie de Pierre Bottero: Après La quête d'Ewilan, j'ai lu grâce à ma voisine du dessous: Les Mondes d'Ewilan.

Ewilan est une adolescente qui peut faire des pas de côté pour passer de notre monde à un autre, Gwendalavir. Elle peut aussi se plonger dans l'imagination et en faire ressortir des objets ou sensations qui s'incarnent pourtant pour de vrai. Ca vous fait envie ? Avouez!

Joie de retrouver par ses lectures en série, les mêmes personnages, comme un groupe solidaire et uni. Joie de s'évader dans un cadre naturel et surnaturel luxuriant: avec lac, montagne, et autres fleurs...

Je ne reste pas plus longtemps devant l'écran et file dans les spires de l'imagination rejoindre Ewilan et ses amis... et mon balcon ensoleillé!

Confinez-vous bien!

Merci à Marine pour les trois tomes... et les coucous du balcon du dessous!


29 mars 2020

Rester groupés



Bonjour à vous tous les confinés...

J'ai lu La supplication de Svetlana Alexievitch, et je me suis dit que ce n'était pas possible de vous parler de Tchernobyl pendant le COVID 19...

J'ai entamé le Feu d'Henri Barbusse... et je me suis dit que ce n'était pas possible de vous conduire dans les tranchés... non plus!

Du coup, je m'en viens vous parler de Rester groupés de Sophie Henaff. La suite de Poulets grillés!

Vous aurez le plaisir de retrouver toute la petite brigade des bras cassés, sous la direction de Capestan! C'est bon de retrouver de vieux amis par les temps qui courent!

Cette fois-ci, des meurtres mystérieux s’enchaînent: avec humour, le meurtrier annonce toujours par avance la date du meurtre soit par une plaque de rue soit par l'apparition du nom de la victime sur un monument au mort... et cette fois-ci l'intrigue est un rien personnel pour Anne Capestan, car la première des victimes est son beau père!

Dialogues amusants, scènes cocasses. De quoi vous changer les idées.

Le suspense du polar, l'esprit de Noël (ça se passe en décembre!)

Bref, un bon conseil pour les temps actuels!

De quoi s'endormir en douceur!

Bonne lecture!




23 février 2020

Miss Islande



Un petit roman de Audur Ava Olafsdottir, dont j'avais beaucoup aimé Rosa Candida, à sa sortie.

Miss Islande se passe dans les année 1960, et nous raconte la place des femmes et des gays dans une société très conservatrice.

Nous suivons Hekla, une femme au nom de volcan, qui se rêve écrivain, mais qui subit les mains aux fesses des clients qu'elle sert, et leur rêve de la voir devenir Miss Islande! On la sent plutôt en quête, mais peu aidée.

Son meilleur ami métis est lui aussi en marge de la société. Son homosexualité est sans arrêt moquée au bord du bateau de pêche où il travaille. Il se sent obligé de se marier pour avoir une existence sociale reconnue.

Quant à la meilleure amie d'Hekla, Isey, elle tente de s’épanouir comme elle peut, mais elle est pour beaucoup coincée à la maison à s'occuper des enfants.

Enfin, le petit ami d'Hekla, le poète raté, ne relève pas le tableau grisonnant.

En somme, le roman est sombre, mélancolique, lent. On comprend vite que les chances sont fines pour les personnages de se sortir de leur situation. On les sent sur un fil, précaire, exclus. Un peu comme la voisine d'en face d'Isey, qui tourne et retourne dans son appartement et qui finit par disparaitre...

Et pourtant chacun à sa façon essaie de se sortir de sa condition par l'écriture.

Tout est dit au début du roman dans la citation de Nietzsche: "Il faut porter en soi un chaos pour pouvoir mettre au monde une étoile qui danse;"

Un livre qui parle de l'énergie créatrice et de ce que l'on peut en faire.

Miss Islande est un texte féministe, sur le désir, sur la liberté, sur les choix que l'on assume ou pas. Un roman militant en quelque sorte.

Un livre à conseiller à ceux qui veulent découvrir l'ambiance Islandaise.

Merci à Marie-Louise pour ce beau cadeau.

Le roman a reçu le prix Médicis Etranger en 2019.



16 février 2020

L'art de perdre



Cela faisait un moment que je voulais lire L'art de perdre d'Alice Zeniter. J'ai donc décidé de le mettre dans mes lectures de début d'année, et j'ai bien fait!

Ce roman nous raconte une histoire de l'Algérie, à travers une famille. Il y a le grand père Ali, le montagnard de Kabylie. Celui qui a connu la guerre, celui qui essaie de comprendre comment se positionner au village vis à vis des français au moment où tout bascule dans les années 1960. Et puis il y a le père, Hamid, celui qui va arriver en France en 1962, et va grandir dans un camp de transit, en s'interrogeant sur sa double identité Algérienne/Kabyle et Française. Et puis il y a la fille, Naïma, celle qui tente de comprendre sa famille et l'Histoire avec un grand H aujourd'hui, à une époque d'attentats terroristes sur le sol français.

C'est magnifiquement écrit. Tout commence comme un comte de fées, avec Ali qui cherche son bonheur dans son petit royaume. Il est le roi qui n'a pas de fils et il va se marier à Yema. On trouve alors des pages somptueuses sur l'Algérie traditionnelle, sur la Kabylie, un peu comme celle-là:

"Une ancienne tradition Kabyle veut que l'on ne compte jamais la générosité de Dieu. On ne compte pas les hommes présents à une assemblée. On ne compte pas les œufs de la couvée. On ne compte pas les grains que l'on abrite dans la grande jarre de terre. Dans certains replis de la montagne, on interdit tout à fait de prononcer les nombres."

Plus loin, dans une deuxième partie, la plume est fine pour décrire le regard sur la France hexagonale pour les nouveaux arrivés:

"L'été, ici, ne s'interrompt pas brutalement. Il se liquéfie en automne. Avant même que les températures ne baissent, commencent les uns après les autres - ou peut-être au contraire fondus en un seul sans début ni fin - les jours de pluie qui mènent irrémédiablement vers la saison froide. Ils ne tambourinent pas, ils ne martèlent pas, ils ne fouettent pas comme cela arrivait à Rivesaltes ou à Jouques, non ici ça tombe sans force mais avec l'assurance de ne pas s'arrêter avant la fin mars. Hamid suit la progression des flaques entre les barres de la cité."

La troisième partie est celle de la quête, par tous les moyens... où comment une jeune génération a besoin de la transmission pour pouvoir déployer son existence avec sens.

La fresque romanesque se déploie habilement et l'on glisse d'une époque à l'autre, d'une sélection d'enjeux historiques à d'autres, d'une perspective à une autre, dans un flot attachant.

C'est aussi un roman d'émancipation, où chaque personnage s'interroge sur son destin, ses besoins, ses envies. Qu'est-ce que c'est que de devenir soit même au fond?

A souligner enfin les belles scènes d'amour qui sont écrites au féminin, à une époque où l'on parle beaucoup du "male gaze" versus "female gaze".

Un livre qui plaira à tous ceux qui s'interrogent sur l'immigration, les doubles identités, la question de l'intégration, etc. Un regard posé aussi sur les migrants, les réfugiés, tous ceux qui se trouvent parqués dans des camps.

Un roman qui est à conseiller avant de partir en vacances à la découverte de l'Algérie, pour avoir une image de ce que peut être l'histoire de ce pays sur les trois dernières générations.

500 pages qui donnent également un regard sur la guerre vue des civils, sur l'après-guerre aussi: les traumatismes des enfants et des grands. Et puis toutes les questions qui suivent la fin officielle d'un conflit: à qui appartient la terre?

Ce roman a reçu le prix goncourt des lycéens.

Merci à Caroline et Dominique de me l'avoir conseillé!