Vue sur la littérature d'ici ou d'ailleurs, à la recherche de petites pépites à partager, pour ré-enchanter nos imaginaires d'avenir... Mon site web de prospective: pan-or-amiques.com
08 juillet 2018
L'aube sera grandiose
C'est une histoire de mère et de fille, de secret de famille, et de liberté.
Nine s'apprête à aller à la fête de son lycée, quand sa mère l'embarque contre son gré, pour aller dans une cabane au bord d'un lac, dont Nine n'a jamais entendu parler.
Elles vont y passer la nuit à discuter, pour finir par détricoter et retricoter toute l'histoire de la famille.
Le roman est construit autour de flash-backs d'un côté, des années 1970 à ce jour, autour de l'histoire de la mère.... Et de l'autre, avec l'heure qui avance dans la nuit du samedi au dimanche, pour marquer la progression du récit de la mère à sa fille, dans ce huit clos de l'isolement des bois.
Par ailleurs des dessins se greffent aussi au détour des pages mais je ne vous dis pas pourquoi!
C'est vraiment de l'humain, des relations familiales, des fuites et des retrouvailles.
Le livre interroge ce qu'on transmet, ce qu'on répète, ce qu'on ose inventer.
Le texte nous renvoie aux objets du temps passé (minitel, etc) et présent (smartphone, etc).
Pas mal de suspense aussi...
Merci à la librairie l’attrape-coeur pour le conseil!
02 juillet 2018
La daronne
Un coup de cœur polar pour commencer juillet: La Daronne, d'Hannelore Cayre.
C'est l'histoire de Patience Hortefeux, qui est une femme de 53 ans vivant seule, et qui a pour principal passe-temps de prendre soin de sa vieille maman en EPAD. Elle est une traductrice d'un genre un peu particulier: elle s'occupe des conversations des dealers d'arabe en français pour la police. Elle sort d'ailleurs avec un flic de temps à autre.
Elle est une vraie observatrice de la justice, des échanges entre les dealers et leurs mamans, des voisins chinois de son immeuble, des assistantes soignantes de la maison de retraite....
Elle a aussi de l'humour, une vision décalée de la vie qui lui vient d'une enfance assez hors norme, avec un père un peu bandit...
Elle a envie de pouvoir mettre ses deux filles à l'abri du besoin alors même qu'elle ne roule pas sur l'or.
Et c'est là que tout bascule, quand elle découvre qu'un des dealers qui est sur le point de se faire attraper par la police, n'est autre que le fils de l'aide soignante préférée de sa mère. Que va-t-elle faire?
Je ne vous en dis pas plus!
Le ton est un régal, le personnage aussi.
Des scènes incroyables qu'on garde en tête après avoir refermé le livre.
On s'amuse, on tremble et on sort réjoui.
On sent le sens de l'anecdote, du quotidien qui nous joue des tours à chaque page.
Un vrai regard sur les questions d'aujourd'hui: comment prendre soin de ses enfants et de ses parents âgés? Comment lutter contre les trafics de drogue? Que veut dire écouter des terroristes? entre autres.
Merci à Anouck pour cet excellent conseil de lecture!
De l'humain, du suspense, de l'humour, du tragique, tout y est!
26 juin 2018
Sirius
Beaucoup de romans racontent des situations post apocalyptiques, où la terre a été détruite et des gens tentent de survivre.
Celui-ci est touchant, car il est un hymne à la cohabitation entre hommes et animaux.Une sorte de fable sur notre rapport à la nature à réinventer.
Avril, une jeune fille et son frère Kid sont réfugiés dans une forêt et tiennent loin de tout, loin de la ville détruite et des étoiles noires, sorte de milices.
Ils vont de temps en temps se ravitailler à un lieu précis et en profite pour voir une vieille dame qui survit isolée. Elle a pu garder des livres qu'Avril lit à voix haute sur un magnéto à pile pour elle.
Jusqu'au jour où tout bascule et où Avril et Kid doivent fuir vers la Montagne.
On découvre alors que Kid peut parler avec les animaux, ou du moins les comprendre étrangement....
Stéphane Servant nous sert ici une critique de la société de consommation, carnivore à outrance et qui va à sa perte.
Les chapitres s'égrainent dans le sens inverse. 69, 68, 67...
On croise de la poésie, un conteur, un âne, un ours. De la philosophie et de la sagesse...
Un livre qui pose la question de la confiance, du rapport au vivant et aux morts.
Libellés :
Amour de la nature,
Forêt,
Littérature française,
Pour Ado
03 juin 2018
Sauveur et fils
Coup de cœur au rayon jeunesse: Sauveur et Fils de Marie-Aude Murail. Une saga très sympathique dont quatre saisons sont déjà sorties chez vos libraires!
Sauveur Saint-Yves est psy pour ado. Et son fils Lazare qui a 8 ans aime écouter à la porte les jeunes patients que son père suit. Selon les jours, c'est Margaux, 14 ans, et qui se taillade les bras, ou Ella 12 ans qui se sent plus garçon que fille,...
Et pourtant ce n'est pas lourd, c'est juste la vie qui défile...
Quatre tomes après, je me suis attachée à tous ces personnages qui passent au 12 de la rue des Murlins à Orléans. J'aime autant la vie privée de Sauveur que son travail de clinicien. Lui aussi a des doutes sur son rôle de psy, sur ses amours, sur le choix d'adopter ou pas des hamsters... mais je ne vous en dis pas plus pour vous garder des surprises sur les habitants de cette maison aux portes grandes ouvertes. Vous ne serez pas dessus du voyage!
Marie-Aude Murail nous montre l'humain dans toute sa singularité et sa beauté. Elle nous raconte avec finesse tout ce que les jeunes d'aujourd'hui portent de notre société (terrorisme, tablettes et smartphones, etc) et de nos évolutions sociales (migration, familles recomposées, hyperactivité, etc); et toujours avec humour et bienveillance, et surtout sans tomber dans la caricature!
Un livre qui plaira au fan de la série In treatment, à ceux qui ne se prennent pas trop aux sérieux, à ceux qui ont le cœur sur la main...
Un roman qui pose la question: que veut dire aider l'autre? mais aussi que veut dire s'aimer soi-même pour ce qu'on est vraiment.
13 mai 2018
Le quatrième mur
Un coup de poing dans le ventre!
Le quatrième mur est avant tout une histoire de rencontre à Paris entre George, un étudiant militant très à gauche qui fait du théâtre engagé et Sam, un juif grec, metteur en scène qui a fui le régime des colonels. Ces deux-là vont faire un tandem qui va questionner ce que veut dire porter une parole de résistance.
Alors que Sam est frappé par la maladie, il va demander à George d'aller monter pour lui Antigone d'Anouilh à Beyrouth. Mais cela veut dire en plein début des années 1980 convaincre Phalangistes, Palestiniens, Druzes, etc de jouer ensemble. Une utopie, un rêve, une folie, tout à la fois. George va relever le défi et nous allons embarquer avec lui pour le Liban en guerre.
C'est magistral. On est pris aux tripes. On ne peut plus quitter les pages des yeux.
Un roman qui questionne les luttes, la guerre, le pardon, la résistance.
Un livre sur le théâtre aussi, et ce qu'il peut porter de politique. Moi qui avait tant aimé Antigone d'Anouilh, j'ai eu le plaisir de redécouvrir la pièce par le roman.
Une façon d'apprendre à découvrir le Liban et son histoire.
Un livre qu'on n'oublie pas...
Libellés :
Découvrir un pays,
Littérature française,
Roman de guerre
06 mai 2018
Le célèbre catalogue Walker & Dawn
Une belle épopée Jeunesse en ce mois de Mai! Captivante et joyeuse!
P'tit Trois, JoJu, Min et Eddie sont des enfants du bayou au cœur de la Louisiane au début du vingtième siècle. Inséparables, ils jouent en cachette de leurs parents près de leur cabane secrète. Un jour ils trouvent une vieille boite de conserve et dedans: trois dollars!
Ils décident d'acheter quelque chose dans le Célèbre catalogue de vente par correspondance Walker & Dawn.
Et c'est le début d'une grande aventure... qui va les emmener en voyage! Ils vont devoir faire preuve de débrouillardise et de courage pour aller au bout de leur rêve!
Davide Morosinotto nous fait découvrir les Etats-Unis au moment de la première voiture, du premier hotdog...
Le roman est en quatre parties, chacune avec une mise en forme intéressante et un narrateur différent.
Le rythme est maintenu du début à la fin. Les personnages sont très attachants.
Du bonheur!
Un livre pour tous les petits et grands curieux du monde, qui n'ont pas peur de tout oser pour se sortir de leur condition....
Un roman qui n'est pas sans rappeler Sally Jones, et autres épopées jeunesse haletantes si précieuses pour aimer les livres quand on est pré-ado.
Merci à l'Ecole des Loisirs!
Libellés :
Littérature italienne,
Pour Ado,
Roman d'émancipation
01 mai 2018
Le Chardonneret
Theo Decker a treize ans et vit à New York avec sa mère. Alors qu'ils visitent ensemble le Metropolitan Museum, un attentat bouscule tout. Theo va fuir les lieux en volant un tableau: Le Chardonneret de Fabritius, peint au dix-septième siècle. Sa mère va périr sous l'effet de la bombe, et le roman va nous compter l'après, la vie d'un enfant qui cherche avec difficulté un sens à tout cela....
Les personnages sont très marquants. L'ambiance est plutôt noire. Surtout pour la partie à Vegas.
Le tableau va être un miroir pour Theo, un compagnon, et plus encore.
Un roman qui questionne ce que veut dire être survivant.
Un livre qui nous plonge chez les amateurs d'art, d'antiquité, et de pièces rares. Mais aussi chez les trafiquants en tout genre.
Je trouve que le rôle d'Hobbie est magnifique. Lui qui a perdu un des siens dans l'attentat va tenter d'aider Théo à sa façon en lui apprenant la menuiserie.
D'autres rôles sont plus tragiques ou fourbes, comme le père qui réapparaît dès qu'il s'agit d'argent ou Boris, qui apprendra tout de l'alcool et la drogue à Théo.
800 pages qui s’enchaînent en mettant en avant les faux semblants, les biens pensants, les doutes et les regrets.
Une grande fresque un peu comme dans la littérature du dix-neuvième siècle.
Merci à Anouck pour la découverte!
03 avril 2018
Certaines n'avaient jamais vu la mer....
Puissant roman polyphonique que Certaines d'avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka!
Les voix sont celles de ces japonaises qui ont été mariées à distance avec des hommes vivants sur le sol américain au vingtième siècle, avant la seconde guerre mondiale... et qui ont traversé les océans pour se retrouver à travailler la terre, à être servantes quand ce n'est pas pire.
Nous sommes face à un chœur, à ces témoignages collectifs de l'exil. Toutes leurs histoires s'entremêlent: toutes leurs nuits de noce, toutes leurs grossesses, toutes leurs peurs,...
Qu'il est rare et précieux ce "nous", ce collectif de femmes.
Un roman pour mieux comprendre l'histoire du Japon, la migration, et ce sujet tabou que fut celui des émigrés japonais pendant la seconde guerre mondiale sur le sol américain.
Un livre résolument Au féminin, qui parle d'humiliation, d'oppression et de petites lueurs d'espoirs infimes.
Un roman qui se lit d'une traite, intense et resserré.
Merci à Céline pour la recommandation!
09 mars 2018
Euphoria
Une plongée dans la Nouvelle Guinée des tribus, sur les berges du fleuve Sepik en 1933, c'est ce que nous propose Euphoria de Lily King. On y retrouve trois jeunes et brillants anthropologues qui sont en train de faire naître la discipline, de publier les premières analyses sur les rites, le rapport au corps, etc.
C'est un roman sur Margaret Mead, qui a osé publier sur la vie sexuelle des indigènes à un moment où la société occidentale était pleine de tabous. On y retrouve ses passions, ses désirs, ses amours. Alors oui c'est une fiction, les noms sont différents mais c'est vraiment très bien documenté et on ne s'y trompe pas, ça parle bien de ces vies là qui ont changé la façon de concevoir l'observation des cultures.
Un roman envoûtant, tellement humain, qui souligne les liens ténus entre les chercheurs et leurs sujets de recherche.
Un livre où se mêlent deux voix: celle de Bankson, qui admire son couple d'amis Fen et Nell, tout en tombant amoureux de Nell... et celle de Nell à travers des extraits de son journal intime.
C'est un roman sur la liberté et ses limites, une grande histoire d'amour, une exploration du vivre ensemble.
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Exotique,
Littérature anglo-saxonne,
Roman historique
04 mars 2018
Six degrés de liberté
Un roman à l'accent québécois très original : Six degrés de liberté de Nicolas Dickner.
Et on se doute bien dès le début que tout ça est connecté dans un monde globalisé... mais je ne vous en dis pas plus!
Un roman sur le cyberespace, sur la frontière et les passagers clandestins! Un roman qui nous fait entrer dans les coulisses de notre économie, avec tous les conteneurs qui nous livrent des meubles, des pommes, etc. Et des milliers circulent en permanence dans nos océans!
Un roman qui nous montre aussi l'importance des poubelles, des vieilleries et des traces qu'on laisse, à côté même de la civilisation Ikéa du remplacement permanent.
Un roman qui s'amuse de nos acronymes, et de la place qu'ils tiennent ou pas dans nos interactions sociales.
Un roman sur la liberté! Ce qu'on peut faire pour garder du sens et de la poésie dans son existence.
Jay ou Lisa ne sont pas sans rappeler Lisbeth Salander dans Millenium. On trouve vraiment un côté polar dans le récit, qui est très subtilement synchronisé entre les différentes vies des personnages.
Ce roman a remporté le prestigieux prix Canadien du gouverneur général en 2015.
Un livre à conseiller à tous ceux qui aiment le lien entre objet technique et scientifique et rêverie poétique!
Un roman pour ceux qui aiment des personnages attachants, un peu perdus et pourtant plein d'imaginations!
Merci Anouck pour la découverte!
18 février 2018
Le musée des merveilles
Ben, un ado réservé, se retrouve orphelin au décès de sa mère.N'ayant jamais connu son père, il est confié à la famille de cette dernière, auprès de laquelle il se sent assez seul. Une nuit d'orage, il retourne en douce dans sa maison, pour tenter de recueillir des informations sur sa mère, et de retrouver des traces de son bonheur perdu. C'est alors que tout bascule... La foudre tombe sur la maison et fait perdre en partie l'audition à Ben... au moment où il avait enfin trouvé une piste qui le conduisait jusqu'à New York pour retrouver son père...
Parallèlement, on suite Rose, qui vit cinquante ans plus tôt, en 1927, à New York et qui est une enfant sourde, dont les parents ont décidé qu'il était trop dangereux qu'elle sorte en ville seule. Celle-ci fugue pour aller au cinéma, ou pour retrouver son frère qui travaille dans un musée...
Les deux histoires se suivent en parallèle, celle de Ben écrite et celle de Rose dessinée en noir et blanc, ce qui rend le livre vraiment unique. La surdité des personnages se prêtent bien à la lecture de dessins silencieux je trouve.
Et comme vous vous en doutez, peu à peu des liens vont apparaître entre les deux histoires.... pour n'en faire qu'une!
C'est un magnifique roman d'apprentissage, qui est une ode à l'autonomie, au musée, à la collection, à New York et à la créativité.
A la fin du livre, Brian Selznick nous raconte tout ce qui lui a permis de l'écrire, toutes les rencontres, découvertes, lieux, et on réalise que tout est très documenté. Ça rend encore le livre plus beau de pouvoir se rendre compte du voyage qu'a fait l'auteur pour le réaliser.
Un livre à offrir pour sa forme et pour la beauté de l'histoire. Les personnages sont émouvants, attachants et le livre se lit tout seul.
Un roman sur la culture des personnes mal entendantes, sur l'histoire de l'éducation des enfants sourds à travers les générations.
Un roman sur les origines, les filiations, les héritages, la transmission.
Apparemment, le livre était sorti une première fois en français sous le titre Black Out, puis il est ressorti sous le nom Le musée des merveilles, au moment où le film qui en est tiré est sorti en France.
Libellés :
Littérature anglo-saxonne,
Out of the box,
Pour Ado,
Roman d'émancipation
17 février 2018
Aucun de nous ne reviendra
Une comète que ce livre: Tome 1 Aucun de nous ne reviendra de Charlotte Delbo.
Une écriture sublime pour raconter le pire: Auschwitz.
L'écriture ou la vie m'avait marqué à jamais. Aucun de nous ne reviendra aussi.
Autour de scènes du quotidien qui n'en est pas un, Charlotte Delbo nous replonge dans l'horreur du nazisme et des camps, par flash qui se succèdent tous aussi insoutenables les uns que les autres. Elle y montre la déshumanisation totale de ces femmes de partout en Europe. Elle fait très bien ressentir comme il en devient difficile de rester dans la vie, l'espoir, quand tout est décharnement, non sens, épuisement, petites et grandes humiliations.
Ces instantanés du souvenir s'encrent à jamais en nous, comme le parallèle qu'elle fait entre des mannequins de boutique et le transport des corps humains défaits et désarticulés à l'extrême. Ou encore la description de la soif... mise en mot avec une telle force. Les solidarités aussi: une femme qui en cache une autre pour qu'elle puisse pleurer.
Une des écritures les plus fortes qu'il est donné de lire...
Presque impossible à chroniquer ici, tant c'est une écriture de l'absolu!
A lire tout simplement.
Merci Marie pour le conseil de lecture!
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Au féminin,
Littérature française,
Témoignages
16 février 2018
Songe à la douceur
Un roman dont rien que le titre fait du bien! J'ai dévoré d'une traite, et j'en suis sortie avec une certaine nostalgie!
Magnifique histoire d'amour entre Tatjana et Eugène. Lorsqu'ils se rencontrent, c'est l'été, elle a quatorze ans et lui dix-sept... Lorsqu'ils se re-rencontrent par hasard, dans le métro, c'est dix ans plus tard, à la station BNF... Que c'est doux, que c'est bon....
Tout le récit est inspiré d'Eugène Ounéguine de Pouchkine, tout est en vers. J'aime beaucoup le flot et le rythme des mots, le dessin des pages, le lyrisme. Ça se lit presque trop vite!
J'ai trouvé intéressant la figure de la narratrice omnisciente. L'humour ou l'ironie que cela permet. C'est bien vu.
Clémentine Beauvais ancre très bien son roman dans notre époque, avec le rôle du net, de skype, de Google ou Facebook. On s'y retrouve! On s'en amuse.
J'aime beaucoup la B.O. du roman (liste de musiques qui figure au tout début).
Bref un roman pour oser avoir le cœur battant, en cette semaine de Saint Valentin!
Un livre qui donne envie de vivre intensément et qui plaira aux romantiques, à ceux qui gardent de la douceur en eux.
Un roman sur l'adolescence, les premiers émois, la rencontre.
Un objet textuel à offrir à ses amies pour une lecture de printemps! Une petite merveille!
Merci à Croquelinottes, ça fait du bien de découvrir des livres qui vont au bout de leur projet!
Songe à la douceur a eu le prix Libraires en Seine et La voix des bloggeurs. C'est mérité!
Libellés :
Au féminin,
Littérature française,
Out of the box,
Pour Ado
03 février 2018
La journée de la vierge
Un premier roman chez l'Olivier, qui est un peu un Sex and the city mais à Paris, sous la plume d'une khâgneuse à la plume fine, Julie Marx: La journée de la vierge.
Notre narratrice a décidé de rester à Paris en ce 15 Août, pour apprivoiser sa solitude. Enfin elle n'est pas vraiment seule: il y a Beethoven, sa plante verte qui ne se porte pas au mieux; il y a aussi sa voisine suicidaire... et il y a surtout toute une galerie de personnages qui font sourire!
Julie a le sens de l'anecdote et du détail, le sens de l'ironie aussi. Certaines scènes sont très cinématographiques!
J'aime tout particulièrement comment elle matérialise les gestes de la célibataire: se gratter le dos contre un mur, car personne à qui demander... Entre autres!
J'ai été intéressée aussi par le fait que chacun des personnages trouve une clé, une posture, face à la solitude, un peu comme dans La condition humaine de Malraux, chacun des personnages trouve un sens à sa vie à sa façon.
Evidemment il y a aussi un jeune homme sur le chemin, et ce qu'il faut de suspense!
Il y a enfin une réflexion sur les auto-entrepreneurs ou free lancers, les solitaires abandonnés du capitalisme?
Un roman à offrir à ses copines ou sœurs célibataires!
Un livre qui peut se lire d'une traite ou par chapitre, le soir, un peu comme on regarderait un épisode d'une série girly!
Merci à Julie pour son sens de l'observation tragique et drôle, pour son analyse de ce que le vide affectif en métropole surpeuplée de touristes peu donner et pour cette chouette signature à Libralire jeudi soir dernier.
Libellés :
Au féminin,
Littérature française,
Premier roman
27 janvier 2018
Jusqu'ici tout va bien
Un roman coup de cœur en ce début d'année! On sourit et on s'attache de page en page !
On est en 1968 dans l'Etat de New York. Un jeune ado y emménage avec toute sa famille, dans une maison crasseuse, dans un bled paumé. Son frère est odieux avec lui. Son père est maltraitant... Il n'y a rien dans le coin. La ville est minuscule. Rien, non, il y a une bibliothèque et avec elle la découverte d'un monde!
J'ai adoré! C'est un roman jeunesse dur mais plein d'espoir. Une ode à l'émancipation et à la solidarité. On va de surprise en surprise. Les non-dits sont puissants et le chemin suivi pas aussi linéaire qu'on pourrait le croire au début...
On suit le rythme de l'année scolaire, avec des statistiques régulières partagées par le jeune narrateur, qui ne manque pas d'humour. A chaque chapitre son nom d'oiseaux, mais ça je vous laisse découvrir pourquoi!
Notre jeune Doug est entouré de personnages attachants ou drôles, à commencer par les prof, le proviseur, le bibliothécaire, le grand frère qui rentre très amoché du Vietnam, la veille dame écrivain à qui il livre les courses le samedi, les enfants qu'il babysitte, le patron de l'usine de papier de son père, etc.
Tout sonne juste.
Un livre qui donne envie d'aimer la vie, de goûter les détails comme un coca bien frais bu d'une traite, de dessiner, de faire son jardin.
Un roman pour ceux qui aiment observer les tableaux, les oiseaux, ou les gens.
A lire toute l'année et sans modération.
Gary D. Schmidt a eu le prix du meilleur livre jeunesse du magazine LiRE pour ce roman.
Merci à Croquelinottes, librairie à St Etienne pour la découverte!
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Littérature anglo-saxonne,
Pour Ado,
Roman d'émancipation
14 janvier 2018
Au revoir là-haut..
Un autre prix Goncourt! Celui de 2013!
Un roman un peu à la Fée Carabine de Pennac. Des personnages hauts en couleur! Un humour bien à lui! Pierre Lemaitre nous fait vivre la fin de la seconde guerre mondiale en France et la mise en place par des poilus rescapés mais estropiés, d'une immense escroquerie au monument aux morts et d'une autre pour l'exhumation des corps des soldats. A chaque arnaqueur ses outils et ses manipulations!
J'ai accroché au ton décalé, au suspense sur l'avenir des meurtris du conflit. J'ai trouvé les personnages inoubliables dans leur genre, dès les premières pages. Je ressentais un vrai attachement pour eux, dans la détresse mais aussi la solidarité. L'arnaque est partout et à toutes les pages avec une ironie qui dénonce les banques, les administrateurs, les fonctionnaires, les fous de pouvoir et de séduction.
Le roman aborde aussi le sujet des rapports père-fils, la question de l'homosexualité d'un enfant refusée par les parents, la douleur du retour de soldats à la vie civile, la question des mutilés de guerre.
J'aime la place que tient l'art dans le récit, avec les fameux carnets de croquis, les masques fabriqués chaque semaine, la volonté de garder vivant la créativité dans la douleur.
Les chapitres forment à chaque fois des séquences autour d'un des personnages. Et les liens se tissent pas à pas entre eux. Très pratique pour une lecture d'une chapitre par soir, ou par trajet!
Il y a un coté Conte de Monte Cristo aussi, dans la vengeance et le secret.
Je referme ce roman au moment où sort la suite!
Un livre à conseiller à tous ceux qui s'intéressent à la Première Guerre Mondiale! Aussi intéressant qu'A l'ouest rien de nouveau, Les croix de bois, etc.
Un roman qui plaira par son burlesque aux amateurs de textes humoristique et décalé!
Un livre qui plonge dans une époque, souvent injuste, qui dénonce au passage les inégalités et leurs conséquences!
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Littérature française,
Roman de guerre,
Roman historique
07 janvier 2018
l'ordre du jour
L'ordre du jour raconte l'histoire au niveau micro, l'histoire des tâches de café sur la table, des hésitations dans les réunions, des sourcils qui se froncent ou pas.
C'est un roman qui éclaire les liens entre l'Allemagne et l'Autriche au début du nazisme et au commencement de la seconde guerre mondiale. On y a voit les deux chanceliers se faire face dans des moments incroyables de l’histoire et ses tournants.
C'est aussi un livre qui éclaire les liens entre grandes entreprises et gouvernement sous le nazisme. Opel, Siemens, etc. Qu'ont vraiment fait les industriels allemands ? En quoi croyaient-ils?
Ça se lit vite, c'est court. On a l'impression d'être dans les coulisses du pouvoir nazi. Mais ça fait bizarre aussi de ne pas avoir le making-off. On aimerait comprendre qu'est ce qui est repris d'une autobiographie d'un des participants de la réunion, qu'est ce qui est inventé de toute pièce. On sent qu'Eric Vuillard s'est documenté, et on aimerait savoir où et quoi est influencé par quelle source ou archive.
Evidemment c'est un roman qui pose la question de qui est responsable, qui a laissé faire, qui a soutenu, et pourquoi.
Un livre qui plaira au féru d'histoires.
Un roman pour ceux qui aiment les séries comme A la maison blanche.
A lire d'une traite je trouve, pour un voyage en train, puis à débattre en croisant avec des regards d'historiens!
Merci à Jonathan pour le prêt!
Ainsi j'ai lu le Goncourt 2017!
05 janvier 2018
Faillir être flingué
C'est un roman à ouvrir prudemment, ça tire dans tous les coins, on risque de s'y faire voler son cheval ou ses bottes! Et oui, on est en plein Far-West, au milieu des indiens, et des conquérants de terres arides!
Un roman très dynamique, où on saute sans arrêt d'un personnage à un autre, mais où tout finit par s'entrecroiser habilement... Il y a ses frères qui trimbalent leur mère mourante dans un chariot, il y a les indiens de différentes tribus qui s'affrontent, il y a le saloon et Saly, il y a le barbier, et j'en passe !
La nature est très présente. Comment trouver de l'eau? Comment trouver une bête, une plante? Sacrée existence que celle des pionniers.
Le jeu et l'humour n'est jamais loin...
Un roman pour ceux qui veulent se laisser prendre par la fresque, du plus petit détail burlesque au panorama des grands espaces!
Un roman à lire concentré pour ne pas se perdre entre les personnages! J'aime particulièrement l'indienne chamane, où la violoncelliste à qui on a piqué son archet!
Merci à Marie-Louise pour cette belle découverte!
31 décembre 2017
La porte
En voici un livre hors norme par son propos: La Porte raconte le lien très étrange entre une femme, qui ressemble fortement à l'auteur Magda Szabo, intellectuelle à Budapest et sa femme de ménage, Emerence. Tous les oppose: La première est très cérébrale, invitée dans des conférences; la seconde vit loin des livres, enfermée dans une maison où personne ne peut rentrer.
Ce qui rend le roman riche est la complexité du lien qui les unit, entre haine et amour, entre proximité et incompréhension. Tout se joue dans les détails, de ce que l'une ose ou pas dire à l'autre; ce que l'une ou l'autre fait ou ne fait pas; les liens qu'elles ont au chien, etc.
Tout commence sur le ton de la confession: la narratrice dit avoir tué Emerence... Commence alors le récit de leurs liens d'année en année. Un lien mystérieux et surprenant.
A demi mot, on lit l'autobiographie de l'auteur, sa dissidence, ses journées d'écriture. Mais le thème du roman est vraiment les enjeux de pouvoir et de dépendance. Qui s'appuie sur qui, qui domine qui dans le lien qui unit une femme de maison à sa femme de ménage? Quand l'une croit avoir le dessus tout bascule sur un rien.
Ce n'est pas un roman reposant à lire. Tout est tendu, compliqué entre ces deux-là. On est enfermé dans ce tandem, dans ce quotidien des plats préparés, des ménages, des non-dits.
Qui est cette vieille servante? L'humble, la gentille? La brutale, la voleuse? Toute l'intrigue tient là.
Un roman qui plaira à ceux qui aiment les personnages complexes psychologiquement et les mystères des vies simples.
Un livre à l'écriture fine.
"Quand nous nous sommes parlées pour la première fois, j'aurais aimé voir son visage, et j'ai été gênée qu'elle ne m'en laisse pas la possibilité. Elle se tenait devant moi telle une statue, immobile, non pas sur ses gardes, même assez détendue, je voyais à peine son front, à ce moment là je ne savais pas que je ne la verrais sans foulard que sur son lit de mort, elle était toujours voilée, comme une catholique fervente ou une juive le jour du shabbat à qui leur foi interdit de se présenter tête nue devant le Seigneur."
25 décembre 2017
Une jolie fille comme ça
Il s'ennuie à cette fête hollywoodienne, il sort, il hume l'air de la plage. Soudain il voit une jeune femme au loin marcher vers l'océan, un cocktail à la main. Elle avance, lentement mais sûrement, elle se jette à l'eau, elle coule. Il court, la sauve, elle est belle. Et s'en suit une romance douce amère.
Qui est la victime et qui est le héros? Que veut dire aimer, plaire, séduire? Qu'est ce que réussir à Hollywood?
Voici un court texte bien vu, juste et affolant. On les sent glisser tous les deux vers du vide et du sens, en vain. Chaque mot à elle est plein de souffrances passées et présentes. Chaque mot à lui est coloré de doutes. Elle n'est pas son style, il n'a pas vraiment d'élan pour elle et pourtant.
Il y a du suspense dans ce texte, de l'émotions, des non-dits, du mal... et de la complexité singulière.
Un auteur à découvrir. Scénariste, auteur d'une balade pour Joan Baez.
Merci Anouck pour la découverte...
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