03 février 2011

Chanson de route à l'est et à l'ouest...




"Une vie d'homme ne se raconte ni ne s'écrit. Une vie d'homme qui a aimé la terre et l'a parcourue est encore moins susceptible de narration. Mais quand cet homme a été passionné, qu'il a connu tous les degrés du bonheur et de la misère en courant le monde, alors, essayer de donner une image vivante de ce qui fut sa vie, c'est presque impossible. Impossible, pour lui même d'abord; ensuite pour ceux qui doivent l'écouter.

Le charme, le pittoresque, l'intéressant de la vie d'un homme à l'âme puissante, tumultueuse et en même temps aventureuse, n'est pas toujours dans les faits saillants de sa vie. Dans le détail réside le plus souvent la beauté. Mais qui écouterait le détail? Qui le gouterait? Qui le comprendrait surtout?...

Voilà pourquoi je fus l'ennemi du 'racontez nous quelque chose de votre vie'. "


C'est un récit de détails, comme un conte des milles et une nuit, avec en plus le côté foutraque des Balkans, un peu à la Emir Kusturica. Ca s'appelle Kyra Kyralina et c'est écrit par Panaït Istrati à la demande de Romain Rolland. Panaït Istrati a connu la misère, le vagabondage jusqu'à être remarqué en France et à connaitre un grand succès alors qu'il était au bord du suicide.


C'est un livre étrange. Je n'ai pas trop accroché et pourtant il y a des fulgurances! Des passages qui marquent. Le style n'est pas grandiose, mais on sent tellement le vécu de l'auteur à travers ses personnages, qu'on ne peut pas rester indifférent face à ce jeune qui apprend la vie à la dure. Il est désarmant de naïveté, empêtré dans sa liberté.


Avis donc à ceux qui voudraient découvrir l'univers des forains roumains ou des harems turcs...


Avis à ceux qui aiment les histoires de voyages et d'aventures au coin des chemins...


Vous pouvez avec ce roman quitter votre village pour vous embarquer avec Adrien, Mikhail et Starvo pour aller à la foire... et goûter l'ailleurs avec tout ce qu'il a d'abject et d'attirant, bref d'insatiablement humain.

25 janvier 2011

Résister




Il avait dix-sept ans, venait d'une famille riche, Action française, antisémite quand tout bascula avec son entrée en résistance le 17 Juin 1940. Il s'appelle Daniel Cordier, de son vrai nom, même si pour nous c'est Alain, son pseudo... et il nous raconte trois années de sa vie qui ont fait basculer tout ce en quoi il croyait croire de 1940 à 1943. Le livre s'appelle Alias Caracalla, et c'est un témoignage marquant.


Marquant par son honnêteté intellectuelle qui accompagne ce cheminement dans les idées, dans les valeurs politiques, et dans les engagemetns. Mais pas que.


Ce qui est fort c'est avant tout le jeu qui s'établit entre le récit aujourd'hui et les faits d'alors, et les recoupements qu'il multiplie entre les extraits du journal intime du jeune qu'il était à l'époque, et les extraits de lettres, de discours, de journaux de l'occupation.


Ce qui reste à la lecture de ce pavé de 900 pages, c'est avant tout les lenteurs de la résistance. Ce n'est pas du tout un roman d'espionnage, ce sont des rendez-vous manqués, des transmissions radio qui échouent, des codes qu'on n'obtient pas pour déchiffrer des textes, des parachutages annulés, les aléas des réponses et des décisions. Tout est complexe et politique. Les luttes sont fratricides entre PC, syndicalistes, SFIO,... Au lieu de voir des personnes cherchant à être efficaces pour libérer la France, on observe des allés et venues correspondant à des luttes de chef pour le pouvoir de demain. Chacun a sa propre perception de la guerre, de la stratégie à avoir, et personne ne s'accorde sur la façon d'agir, ce qui entraine une multiplication à outrance de réunions qui ne donnent rien, tout en faisant porter des risques inouis aux participants.


Ce qui m'a plu dans ce témoignage, c'est le récit d'initiation d'un jeune idéaliste à la guerre, à l'espionage, à la filature, etc. Mais c'est aussi pouvoir essayer d'imaginer tout ce qui a fait son quotidien d'infiltré en territoire occupé: Mémoriser des tas de pseudodymes, tout apprendre par coeur, ne rien laisser paraître, ne jamais attendre trop longtemps à un rendez-vous, relever des courriers sans cesse car pas de téléphone ou d'internet bien sûr, diner dans des bistrots avec les uns et les autres pour faire passer des sommes d'argent cachées dans des journaux, loger des gens de passages, juifs, alsaciens, juste pour une nuit sans jamais ne les revoir ni même pouvoir échanger sur son passé, son vrai nom.


Et toujours cette conscience absente et présente du danger, de l'incroyable de ce réseau fragile entre hommes résistants et souhaitant voir la France libérée.


Un livre auquel se rattacher comme une bouée pour continuer de s'indigner et de résister...


Un livre fleuve pour se plonger dans une époque sombre et compliquée...


Un livre d'histoire vivante, plein de surprises, de revirements...


"Fatigué par cette journée éprouvante, j'ai hâte de rentrer chez moi pour effectuer les derniers codages. C'est compter sans mon ultime rendez-vous dans la soirée avec M. Moret place des Terreaux. Il m'attend en compagnie d'un inconnu. Approchant dans la pénombre, je reconnais André Montaut, un des dix-septs du Leopold II en juin 1940. (...) Je le conduis rue des Augustins en attendant de lui trouver un logement, puis nous dinons ensemble. J'ai hâte de connaitre son odyssée. 'J'ai été choisi par le capitaine George alias Mec pour devenir son radio. Georges a pour mission d'établir une liaison avec le PC et les FTP.' Le jour de leur arrivée à Paris, en sortant de la gare, des agents du controle économique ont ouvert leurs valises et decouvert des denrées du marché noir. Ils se sont enfuis, abandonnant tout, puis se sont séparés après avoir convenu d'un rendez-vous le soir même. Lorsque Montaut es arrivé, à 7 heures, à la station de métro Grenelle, il a aperçu au loin Mec, qui cerné par des hommes en civil se débattait. Soudain, il le vit s'écrouler: il venait d'avaler sa pilule de cyanure."


14 janvier 2011

Minuit... en Inde ou ailleurs







Minuit l'heure des voeux, l'heure où tout bascule et rien ne bouge. Et s'il y a un livre que je vous souhaite de lire en 2011 c'est celui-là:




Les enfants de minuit de Salman Rushdie.




Une oeuvre magistrale, exhubérante, baroque, drôle et évoutante, sûrement à l'image de l'Inde que ce roman raconte. Un tourbillon de crachoirs à Béthel, de chutney, d'enfants des rues, de chansons, de gros nez et de grandes oreilles. Mais tout coïncide, tout se correspond, la petite et la grande Histoire, les odeurs et les prophéties, les serpents et les échelles. On rit et on pleure.




"Chaque nuage est bordé d'or." Cette phrase extraite du texte pourrait résumer le roman en son entier. C'est l'histoire d'un enfant, Saleem, né à minuit le 15 Août 1947, au moment de l'Indépendance, et qui tente, maintenant agé, de reconstruire les faits qui ont marqué sa vie en chapitres, en mots. Ce narrateur écrivain souligne les pièges de la mémoire, les jeux avec les souvenirs, tout en englobant sous sa plume, l'Indépendance, les guerres, les révoltes. Il joue avec l'écriture comme avec ses origines, supposées magiques... Même les scènes du quotidien les plus banales deviennent loufoques, intrigantes et belles.




Tout commence par l'avant, la vie de ses grands-parents, de ses parents et tout prend sens avec sa naissance et sa destinée: "Fin juin, au moment des pluies, le foetus était entièrement formé dans son ventre. Les genoux et le nez étaient là; et toutes les têtes qui pousseraient étaient déjà en place. Ce qui (au début) n'avait été qu'un point avait grandi pour devenir une virgule, un mot, une phrase, un paragraphe, un chapitre; maintenant cela explosait en développements plus complexes et devenait un livre - peut-être une encyclopédie - et même tout un langage... cela pour dire que la masse qui était au centre de ma mère était devenue si grosse et si lourde qu'au moment où le pied de notre colline haute de deux étages était inondé par une eau de pluie jaune et sale, que des bus échoués commençaient à rouiller, que des enfants nageaient sur la route liquide, et que les journaux détrempés flottaient entre deux eaux, Amina se retrouva dans une pièce circulaire, au premier étage de la tour, à peine capable de bouger sous le poids de son ventre de plomb."




On s'attache aux personnages, Morve-au-nez, Cheveux-gras, Singh-la-photo, Parvati-la-sorcière, le singe de cuivre, Shiva. On est emporté sur 800 pages par des phrases fleuves, brillantes, par des changements de rythme et de décors. Tout est dans les détails, dans les scènes souvent dignes de films!




"La réalité peut avoir un contenu métaphorique; cela ne la rend pas moins réelle." Une autre phrase qui fait écho au texte, qui souvent prend des allures de conte pour mieux nous parler d'un historique inédit. Et on croit à toutes les fables, à tous les destins.




"Minuit a beaucoup d'enfants; les descendants de l'Indépendance n'étaient pas tous humains. Violence, corruption, pauvreté, généraux, chaos, rapacité et ragoût au piment..." Un roman qui interpèle nos interprétations d'un tournant majeur de l'Histoire à travers les vues intimes et profondes d'individus mêlés et partagés. Une famille pleine d'humours, de sentiments, d'emportements nous guide de chapitre en chapitre jusqu'à pénétrer les mystères d'un pays hors du commun. J'aime les titres des chapitres, toujours choisi avec justesse parfois avec ironie, souvent avec humour.




"En tant que peuple, nous sommes obsédés par les correspondances. Les similitudes entre ceci et cela, entre les choses qui semblent n'avoir aucun lien, nous font battre des mains de bonheur quand nous les découvrons. C'est une sorte d'amour national pour la forme - ou peut-être simplement l'expression de notre croyance profonde que les formes sont cachées derrière la réalité; cela ne se manifest que par éclairs. D'où notre vulnérabilté aux présages..." Il y a tant et tant de passages qu'on aimerait garder en mémoire, partager, méditer, digérer, réentendre. Il y a un côté subjugant dans ce roman où le réalisme et la magie s'épousent et se cotoient, rient et se mentent à chaque page.




C'est incroyable le nombre de références aux dieux indiens, à la Bible, à la politique, mais aussi le côté simple et abordable de la lecture. Les lignes sont denses mais on est charmé si bien que les potions les plus exotiques nous semblent familières.




Un roman pour les amateurs de saga familiale et historique...




Un roman pour ceux qui s'intéressent à l'Inde, au Pakistan et au Cachemire...



Un roman pour ceux qui veulent tomber dans un style et une littérature inoublibable en cette nouvelle année.

05 décembre 2010

Une maison un été




Peu de romans nous donnent envie d'une vielle maison avec un grand jardin, où ramasser les pommes pour la compote... une maison pas loin d'un lac pour se baigner... une maison pleine de souvenirs, et de vieilles robes dans les placards. Mais Le goût des pépins de pomme (ou plutôt devrais-je dire Der Geschmack von Apfelkernen) de Katharina Hagena est de ceux-là.


Peu de romans apportent douceur mais aussi acidité sur les liens de famille, entre tantes, cousines, et grand-mères.


Une histoire de femmes. Qui sent bon l'été. Juste comme ça.


Une histoire qui interroge les héritages, le passé, la mémoire.


Un livre qui donne envie de déguster des pommes différentes, de comparer leurs goûts.


Tout commence par une réunion chez le notaire, où la narratrice hérite de la maison de sa grand-mère au détriment de sa mère et ses tantes. Ne sachant que faire de cette maison, elle s'y installe provisoirement quelques jours pour faire son deuil et réfléchir à son histoire. Elle parle avec un vieil ami de sa grand-mère, elle retrouve certains compagnons de son enfance. Elle est à un tournant de sa vie. Elle se laisse porter, entre lâcher prise et quête plus ou moins consciente du passé. Tout est-il bon à garder?


Un roman plus d'été que d'hiver, avec un style simple.


A conseiller aux germanistes, à conseiller aux amoureux des vieilles maisons de famille, à consommer sans modération les pieds dans l'herbe une pomme à la main.


Un livre pour la rubrique AU FEMININ!






16 novembre 2010

Une histoire...




Il est loin le temps de l'histoire au coucher... "Une histoire!"

Avec l'arrivée de la nuit tous les jours un peu plus tôt, on peut pourtant en avoir envie au moment de s'endormir. et pour ça il y a les contes! Courts, juste quelques pages fantastiques et merveilleuses avant de fermer l'oeil.


Je viens de refermer Les contes d'indonésie de Nathalier Belin-Ridwan. Et ça m'a fait du bien de tourner quelques pages au moment où les yeux piquent, pour couper avec le flot des pensées du quotidien.


J'ai ainsi fait la connaissance d'un gecko mécontent, de pantoufles de cuir bavardes, et autres rochers aux larmes.


Je ne peux que vous recommander l'évasion du 'il etait une fois' au milieu des 13000 iles de l'archipel indonésien. Très vite vous verrez que ces êtres exotiques vivent des histoires proches des notres.


Prince qui rêve de se marier, vieux couple qui désespère d'avoir des enfants, quand tout à coup, un brin de magie et un peu d'étincelles et tout bascule pour finir par un sourire...
Des contes pour tous ceux qui cherchent un petit ailleurs au lieu de compter les moutons...
Des histoires toutes simples qui vous emmèneront ailleurs tout en restant ici...
Un livre pour tous les âges...
Vous pouvez même tenter de vous les faire lire à haute voix! Histoire de vous endormir paisiblement en écoutant des mots millénaires répétés ici et là.

27 octobre 2010

Une petite pépite new yorkaise




Beaucoup rentrent de New York en rapportant des sacs entiers de shopping de vêtements et chaussures, une mini statue de la liberté dans une boule à neige ou encore un T-shirt I Love NY... Ben moi, je suis revenue en France avec une petite pépite à partager avec vous: un livre pour enfant si beau, si frais, si vert, si tendre, que j'ai craqué. Son titre : The giving tree de S. Silverstein.


C'est l'histoire d'un petit garçon et d'un arbre. L'arbre est toujours là pour l'enfant, il le protège avec son ombre, il lui donne des pommes à manger, jusqu'à avoir tant offert qu'il n'est plus qu'une vieille souche... mais encore là, et après tant de sacrifices du pommier, le garçon devenu homme peut venir s'y asseoir pour trouver un brin de sérénité.


Je ne sais pas si c'est un livre sensé démontrer que l'amour est éternellement généreux et beau et sans limite, ou si il est là pour dénoncer l'exploitation jusqu'à la racine de la nature par l'homme égoïste... mais le coup de crayon m'a touchée de suite!


Du coup, j'ai aussi jeté un oeil sur un autre livre du même auteur, assise tranquille par terre au fond de la librairie new yorkaise... Quel régal! Son titre: The missing piece.

Je vous laisse découvrir ici:

http://www.youtube.com/watch?v=744JBwjrlKk

Encore une leçon de vie à plusieurs niveaux de lecture et d'interprétations...

Pour les bout'choux ou pour les grands au coin des librairies quand il fait froid dehors ou pas!

16 octobre 2010

Hors de tout ce qui est...




Etrange que ce roman hors de tout ce qui est... Le musée du silence a une narration qui s'appuie que sur des éléments qui ne sont plus valorisés ou valorisables dans notre monde contemporain... Ca donne un livre décalé, bizarre, lent, et pourtant riche de sens.


L'histoire: une vieille dame s'amuse à collecter un objet par mort, dans son village. Dès qu'elle voit qu'il y a un décès, elle court s'introduire en cachette dans les maisons lors des funérailles pour ramener un cézame: l'objet qui représentera l'absent, le défunt. Comme elle se fatigue, elle embauche même un jeune homme pour en faire un musée, et continuer à collecter les objets des morts...


Ce dernier a pour passion les musées et un microscope que son frère lui a offert, et où il observe le soir pour se détendre une langue de grenouille, ou autre bout du jardin... quand il ne lit pas le journal d'Anne Franck.


Etrange donc que ce texte hors de tout. Un récit sur la conservation, sur la lente observation, à une époque où cela n'a pas trop de place dans notre société. Un roman sur la mort, mais d'une façon très singulière. Parfois on tombe dans le polar, parfois on flotte dans le mystère, et pourtant rien que l'histoire d'un musée en construction.


Un livre plein de silence aussi. Comme son titre le rappelle fort justement.

Silence des moines qui vivent non loin du village, et ne prononcent pas une seule parole.

Silence des personnages, et étrange obsession de la mémoire.


Un roman pour ceux qui aiment les histoires sans queue ni tête avec des personnages intrigants et hors du commun.


Un roman pour ceux qui aiment les musées et les collections en tout genre.


Un roman pour mettre du rien et du tout dans le quotidien.


04 octobre 2010

Livre à idées




Voici un livre d'un nouveau genre, publié en plus de 20 langues. Il s'agit du livre à idées ou Ideabook. Le concept: Essayer d'avoir des idées nouvelles plus souvent, et d'en garder traces. Pour cela, le livre vous propose des méthodes pour penser différemment, pour être plus créatifs, mais aussi de nombreuses pages blanches qui sont des invitations à prendre des notes.


Au-delà du concept marketing qui certainement a fait mouche en librairie, je trouve qu'il est bon d'avoir des objets qui invitent à créer, comme celui-là. En plus, l'objet est beau en lui-même. Poser sur une table de nuit, il est une invitation à prendre la plume.


L'auteur Frederik Hären vend d'ailleurs son ouvrage plutôt bien. (voir ici) Alors avis aux amateurs!


Un livre pour tous ceux qui veulent s'exercer à avoir des idées neuves!


Un livre à offrir avec des stylos de toutes les couleurs!


Un livre à reprendre régulièrement pour avancer...









15 septembre 2010

Erika se marie!




Ca y est! J'ai enfin lu le dernier tome de la série policière des Camilla Läckberg : L'oiseau de mauvais augure. On y retrouve la petite ville de Tanumshede, son commissariat, et ses meurtres mystérieux.


Bien sûr, ça se lit tout seul. Mais petite déception quand même. Tout d'abord parce qu'auparavant, Erika avait une vraie place dans l'enquête en tant que biographe, alors que maintenant son amoureux et futur mari (scoop!), Patrik, a pris le dessus. Du coup, on retrouve un roman plus classique sur ce que fait la police dans son enquête. Erika est relayée bizarrement à un rôle de femme au foyer débordée par les enfants, les tétés, etc.


Ensuite, une partie de l'intrigue concerne un jeu de télé réalité ayant lieu dans la ville. Malheureusement seuls les stéréotypes liés à ce genre de programme sont exploités dans le roman, alors qu'il y aurait eu tant à creuser!


Enfin, certes préparer un mariage prend du temps, mais ça arrive comme un cheveu sur la soupe au milieu de l'histoire.


Bref, on passe un bon moment, et le dénouement est étonnant, mais l'oiseau de mauvais augure n'est certainement pas le meilleur polar de la terre!


06 septembre 2010

Trois lettres, une passion




C'est l'histoire d'un poète et d'un homme mélancolique au fusil de chasse, croisé un jour. C'est l'histoire d'une passion amoureuse, et tout cela en trois lettres, de trois femmes. Un roman japonais fascinant par la forme et par la subtilité des sentiments dépeints.

C'est Le fusil de chasse de Yasushi Inoué, prix Akutagawa, une des références en matière de littérature au Japon.
Dans chacune des lettres, de la fille de l'amante, de l'épouse trahie, et de l'amante, on trouve la sincérité des sentiments au plus juste, que ce soit par la description du ressenti en métaphores (comme celle du serpent), par le sens donné aux objets (une tenue vestimentaire, le fameux fusil de chasse, etc) ou par les non-dits.
C'est très étonnant, car il n'y a rien. Les lettres sont très épurées. Mais toute l'intrigue est là dans son intensité.
Un roman court, à déguster un soir.
A conseiller aux amateurs de culture japonaise.
A recommander à ceux qui aiment les romans épistolaires.
Un texte à la fois simple, violent, emporté, triste et fort.


31 août 2010

Gestion de crise




Que se passe-t-il quand du jour au lendemain toute une société devient aveugle? C'est la question qu'affronte Jose Saramago dans son roman magistral L'aveuglement. Décédé il y a peu, Jose Saramago est un des auteurs les plus connus du Portugal. Prix nobel de littérature, il n'a eu de cesse de poser son regard critique sur notre petit monde.


Tout commence par un incipit haut en couleur. Un homme est en voiture à un feu, justement là où l'orange, le rouge et le vert font sens, quand soudain le blanc. Un blanc lumineux de partout, plus rien d'autre. C'est alors que tout bascule. Peu à peu l'épidémie gagne du terrain, et l'on se retrouve plonger dans une société à quatre sens où les gens perdent leur nom et leur visage pour n'être que le premier aveugle, la femme du deuxième aveugle, etc. Saramago nous propose la ré-écriture de l'ordre social, pour le meilleur comme pour le pire.


Un livre pour tous ceux qui s'intéressent à la gestion de crises.

Un livre à offrir aux amateurs de romans d'anticipation, mais aussi à ceux qui n'en auraient jamais lu!

Un livre pour ceux qui s'intéressent à la vie en univers carcéral.

Un livre sur l'homme en fait. Saramago interroge l'humain par de longues phrases qui mêlent contexte, dialogue, suspense, jugement, et analyse. Les virgules ponctuent le chaos, dans un flot qui nous emporte d'une traite.


Des scènes magnifiques, des scènes affreuses.


Et au final une leçon de vie.


23 août 2010

Des mots pour faire face




Des livres qui parlent de la déportation, des camps, du retour, j'en ai lu, qui m'ont marquée. L'écriture ou la vie, de J. Semprun, pour commencer. J'ai pleuré.
Cela dit, celui-ci à une place toute spéciale pour moi, et ce par sa quête de la retranscription du ressenti au plus près, dans le malheur comme dans le "bonheur", dans l'imaginaire comme dans le non-sens du réel le plus cru. C'est Etre sans destin, d'Imre Kertesz. Et l'on comprend dès les premières pages pourquoi cet écrivain est prix nobel de littérature.


Les scènes qu'il dépeint, on les a ancrées en nous quand on referme le livre. Par exemple celle où il essaie d'imaginer comment des hommes réunis ont pu concevoir les camps...


"Ils s'étaient réunis, ils avaient très vraissemblablement rapproché leurs têtes, dirais-je, même si ce n'étaient pas des écoliers, naturellement, mais des hommes d'âge mur, des adultes, et peut-être même très certainement, à bien y penser, des messieurs en costumes chic, avec des cigares, des décorations, sûrement rien que des chefs qu'on ne peut pas déranger à ce moment là: voilà comment je me les imaginais. L'un d'eux tombe sur l'idée du gaz. Dans la foulée, un autre trouve la douche,..."


Ou une autre, celle où il sent qu'il arrête de se battre, qu'il sombre dans la mort peu à peu, qu'il ne peut plus lutter...


"J'étais ébahi par la vitesse, l'allure effrénée avec laquelle, jour après jour, diminuaient, mouraient, fondaient et disparaissaient la matière qui recouvrait mes os, l'élasticité, la chair. Chaque jour, j'étais surpris par une nouveauté, une nouvelle difformité sur cette chose de plus en plus étrange et étrangère qui avait jadis été un bon ami: mon corps. Je ne pouvais le regarder sans une impression de désespoir, une sorte d'horreur. C'est pourquoi au bout d'un certain temps, je cessai de me déshabiller pour me laver..."


et je pourrais multiplier ces scènes, ces instants, toujours au plus près d'une quête de précision, de sincérité, de droiture, de finesse.


Pour toutes ses raisons, un livre à lire absolumment.


Pour garder en l'esprit ce que l'homme est capable de faire, mais aussi pour porter en nous le vécu de ces hommes qui lentement nous quittent.

Merci à Jean-Pierre pour avoir mis ce texte dans la pile de romans de mes 30 ans!

05 août 2010

Pour les petits loups!









Un autre livre pour enfants qui m'a beaucoup plu, c'est Freddy et le loup qui rend fou de V. Bourgeau.








Alors que Freddy tente de s'endormir calmement chez lui, un loup débarque, pourchassé par un berger fou qui tire partout. PAN! PAN! Alors Freddy lui ouvre sa porte, et le loup s'endort sous son lit.








Mais bientôt ce sont les moutons qui arrivent pour demander asile. Au secours, le berger fou continue de tirer partout! Alors voici la pièce qui se remplit de moutons, on ne peut plus les compter, mais tout le monde s'endort quand même!








A son réveil, le loup fait BOUH! Et tous les moutons partent affoler!








Alors Freddy lui dit que ce n'est pas très gentil d'effrayer les moutons comme ça. Mais voilà c'est un des jeux favoris du loup. Il lui raconte toutes les fois où il a bien ri en faisant peur aux moutons.






Toutefois pour se faire pardonner, le loup aide Freddy à retrouver les moutons. Ca rassure le berger, car en fait il tirait partout pour essayer de rattraper tous les moutons chassés par les BOUH! du loup...








Tout est bien qui finit bien... à peu de choses près (le berger s'étant tiré une balle dans le pied!)








Des dessins très sympa, naifs et colorés. Simples et drôles. Et une belle histoire avant de s'endormir!








03 août 2010

Mousson généreuse




Un peu comme dans le conte de boucle d'or, j'ai dormi dans le lit de quelqu'un en son absence, une petite Salomée, que je n'ai pas eu la chance de rencontrer... par contre, j'ai eu l'immense plaisir de découvrir ses livres! Et parmi eux: Le parapluie vert de Yun Dong-jae illustré par Kim Jae-Hong.


C'est l'histoire d'une petite fille asiatique qui rejoint son école le matin sous une pluie torrentielle. Heureusement elle est protégée par son joli parapluie vert, ce qui donne pour nous lecteurs des pages magnifiques de gris avec tâches de vert, dans une forme de sérénité tranquille d'un matin de pluie d'Asie.


Sur son chemin, elle croise un mendiant, assis par terre contre un mur, dont tout le monde se moque. Mais elle, elle est touchée par sa présence, son isolement, sous la pluie battante. Quand vient la récréation, elle voit qu'il s'est endormi et délicatement elle lui dépose son parapluie à ses côtés. A la sortie de l'école, il n'est plus là, mais sur le mur, replié, elle retrouve son parapluie.


Mystère du don. Générosité de parapluie.


Une grande humanité se dégage de cet album pour enfant, magnifiquement illustré.


A mettre entre toutes les mains, même des adultes, bien évidemment.

22 juillet 2010

Polar sud-africain




Avec la coupe du monde de football, on a beaucoup entendu parler de l'Afrique du Sud... Et il était grand temps pour moi de lire mon premier roman sud-africain, surtout après tous les conseils avisés que j'ai pu recevoir sur la question! J'ai donc lu Jusqu'au dernier de Deon Meyer.


C'est l'histoire de Mat Joubert, un policier dépressif suite au décès de sa femme, qui essaie de remonter la pente tout en enquêtant sur des mystérieux meurtres au Mauser (arme très ancienne sortie de la guerre des Boers qui est celle utilisée par le meurtrier dans une série d'assassinats macabres qui ébranlent le pays). Parallèlement, il commence une thérapie avec une psychologue, vers laquelle son coeur balance, pour faire son travail de deuil. Etrange chassé-croisé entre rendez-vous avec les proches des victimes et ses entretiens psy. Cela fait l'originalité du roman.


Deuxième particularité bien sûr, c'est le regard que ce livre offre sur la société sud-africaine, sur les liens entre communautés, sur la violence. Et pourtant, c'est ici comme ailleurs. Les douleurs des proches, les mystères en série. Surtout que parallèlement des bracages ont lieu dans des banques, faits par un maitre du déguisement. Alors tout cela a-t-il un lien? Suspense jusqu'aux derniers mots!


Un roman à conseiller à ceux qui aiment les polars à la Fred Vargas. La brigade des vols et homicides abrite son lot de personnages, un de mes préférés étant le serrurier de génie qui ouvre toutes les portes et tous les coffres-forts.


Un roman à recommander à ceux qui ont envie d'arrêter de fumer, de se remettre au sport, et de faire un régime... ou comment l'arrivée d'un nouveau chef à la brigade pousse tout le monde à prendre soin de sa santé...


Un roman pour ceux qui s'interessent aux liens entre thérapeutes et patients.


Pour vous mettre en appétit, c'est ainsi que tout commence:


"Dans le silence du dernier après-midi de l'année, il pensait à la mort. Mécaniquement, ses mains fourbissaient son pistolet de service, un Z88. Il était assis au salon, penché en avant dans son fauteuil, toutes les pièces de son arme posées sur la table basse, entre des chiffons, des brosses et une burette à huile. Dans le cendrier, une cigarette expédiait de longues et maigres volutes au plafond. Au-dessus de lui, à la fenêtre, une abeille se tapait dans la vitre avec une régularité monotone et irritante : elle voulait rejoindre la chaleur de l'après-midi au dehors, là où soufflait un léger vent de sud-est..."

07 juillet 2010

Quelle fin!




J'ai fini Le troisième mensonge, d'Agota Kristof (le tome trois de sa trilogie des jumeaux) assise au soleil. Heureusement qu'il y avait quelques rayons chauds, pour lire ce dernier volet, magnifique mais bouleversant!

A la lecture, on s'interroge sur ce qu'on a lu, sur la réalité et la fiction, sur les personnages que nous sommes et ceux que l'on s'invente. Sur l'identité.

Et si l'on se mentait? Et si l'on réécrivait l'histoire autrement pour tenir? On se perd, puis on se retrouve, pour comprendre le sort tragique de Claus et Lucas qu'aux dernières pages.

Un style pur, et fort. Des personnages en double et en écho.

Une trilogie à conseiller à ceux qui aiment les romans de guerre.

Une trilogie à recommander à ceux qui s'interrogent sur les fratries et les familles recomposées.

Un texte qui marque.

02 juillet 2010

La suite...




Et voilà, le tome 2. La preuve, d'Agota Kristof. Et je suis bluffée de lire cette suite. C'est inattendu et c'est bienvenu. Toujours la guerre, toujours la vie du village, la frontière, mais...


Je n'irai pas plus loin tant j'ai envie de vous recommander de lire cette trilogie.


Le style est si épuré. La prose est si belle, simple.


Oui, c'est un livre sur la guerre, mais pourtant elle joue le même rôle que la météo. Elle peut tout faire changer, tout éclairer sous un autre jour, mais on vit avec, on n'y peut rien.


Je pourrais bien m'imaginer que cette trilogie fasse l'objet d'un feuilleton tv, d'une série. On s'attache aux personnages, ils ne font que nous surprendre. L'histoire est simple et pourtant que de retournements. Pas étonnant qu'elle est reçu autant de prix, et qu'elle ait été traduite dans plus de vingt pays! Une histoire qui fait mouche.


J'attaque le tome 3.

Un roman pour les amateurs d'histoires de vie fortes et marquantes.
Un roman pour ceux qui aiment réfléchir à la place de la lecture et de l'écriture dans leur vie, à celle des livres, des librairies et des bibliothèques.
Un roman pour saisir les enjeux liés à l'exil, à la fraternité, à l'amitié.

27 juin 2010

Des exercices de guerre




C'est un roman court, froid, cru et surprenant: Le grand cahier, de Agota Kristof.


Cet auteur hongroise nous livre la vie de deux jumeaux d'une dizaine d'années, pendant la guerre. Leur mère les a confiés à leur grand-mère, qu'elle n'aime pas car elle l'accuse d'avoir tué son mari. Ils se retrouvent à la campagne, sans eau et électricité. Ils sont maniérés et bien habillés. Ils vont se réinventer une façon d'exister pour tenir dans cet univers terrible et violent.


Ils vont vivre tous les deux cet état de guerre dans tout ce qu'il a d'hors norme. Ils sont rejetés par leur grand-mère, pas grave, ils vont s'unir à la vie à la mort. Ils sont seuls, ils s'inventent une école. Ils côtoient la faim, la peur, les vols, et bien ils vont s'en faire des exercices: exercices de jeun, exercies de silence, exercices de douleurs, etc. Ils font peur, ils fascinent. Ils sont cruels, ils sont enfantin, ils jouent et ils tuent, ils sont au milieu de l'atroce, ils se blindent, et inscrivent tous leurs faits et gestes dans un grand cahier. Tenir par l'écriture, tenir à tout prix.



"Nous nous mettons à écrire. Nous avons deux heures pour traîter un sujet et deux feuilles de papier à notre disposition. Au bout de deux heures nous échangeons nos feuilles. Chacun de nous corrige les fautes d'orthographe de l'autre à l'aide d'un dictionnaire et en bas écrit "bien" ou "'pas bien" (...) Pour décider si c'est bien ou pas bien, nous avons une règle très simple: La composition doit être vraie. Nous devons décrire ce qui est, ce que nous voyons. ce que nous entendons, ce que nous faisons.

Par exemple, il est interdit d'écrire: 'grand-mère ressemble à une sorcière'; mais il est permis d'écrire 'les gens appellent grand-mère la sorcière'."


Ca n'est pas sans me rappeler certains passages d'Une femme à Berlin.


Que vont-ils devenir? Je vais me glisser de suite dans le tome suivant... pour découvrir la suite de l'existence de Klaus et Lucas.


Un livre qui utilise avec talent le regard de l'enfant pour faire mal, pour dénoncer, pour décrire.


Un livre d'un style épuré qui frappe par son côté direct et pragmatique.


Un livre qui fait trembler.



22 juin 2010

Attention chef d'oeuvre!



"Nous perdons tous sans cesse des choses qui nous sont précieuses. Des occasions précieuses, des possibilités, des sentiments que l'on ne pourra pas retrouver. C'est cela aussi vivre. Mais à l'interieur de notre esprit, - je crois que c'est à l'interieur de notre esprit -, il y a une petite pièce dans laquelle nous stockons le souvenir de toutes ces occasions perdues. Une pièce avec des rayonnages, comme dans cette bibliothèque, j'imagine. Et il faut que nous fabriquons un index, avec des cartes de références, pour connaitre précisemment ce qu'il y a dans nos coeurs. Il faut aussi balayer cette pièce, l'aérer, changer l'eau des fleurs. En d'autres termes, tu devras vivre dans ta propre bibliothèque." (Kafka sur le rivage, de Murakami, page 633)





Ce n'est pas tous les jours que l'on tombe sur des mots qui semblent écrits pour soi. Mais quand ça arrive, c'est comme un clin d'oeil qui va droit au coeur, une petite étoile filante qui nous fait espérer.



Kafka sur le rivage a tout l'air d'un roman d'initiation, comme on en connaît tant, et pourtant la couverture intrigue avec ses yeux de chat et ses poissons volants. Et dès les premières pages, c'est comme un immense tourbillon qui nous emporte dans un univers magique et envoutant...



C'est un livre qui révèle tout le pouvoir de l'imaginaire, jusqu'à en être troublant. Comme si les mots nous invitaient à mettre à l'envers nos pensées, à tordre nos premières intuitions et à laisser venir l'autre, le rien, le tout, les pierres, la pluie, et tout ce qui va avec.

"Tout est question d'imagination. La responsabilité commence avec le pouvoir de l'imagination. Yeats disait: in dreams begin responsibilities. C'est parfaitement exact. A l'inverse, la responsabilité ne peut naître en l'absence d'imagination."

Avec ce jeune homme de quinze ans que l'on accompagne dans sa fugue, entrecoupée de scènes mystérieuses dont on ne comprend pas toute la raison d'être au début du roman, Murakami nous conduit à perdre nos repères, à nous mettre en abîme. On a la sensation d'une expérience singulière, page après page. Une sensation de destinée, une sensation que tout arrive à temps, que tout prend sens un jour, dans le réel ou dans nos rêves. Qu'il faut pour cela accepter le vide en nous, accepter de ne vivre que d'hypothèses, attendre.



Murakami nous surprend, toujours et encore. J'avais déjà craqué pour les nouvelles curieuses de l'Elephant s'évapore, mais là avec ce roman c'est juste tellement incroyable cette architecture imbriquée formidable, ces jeux d'échos, bref, quel talent! Une intrigue extrêmenent bien menée, qui nous tient d'un bout à l'autre, qui nous fait tout avaler, tout croire, tout chercher, tout fuir.



Murakami nous donne des leçons d'histoire, sur Eichmann, sur la guerre au Japon, des leçons de musique, sur Schumann, sur Beethoven, sur Schubert, des leçons de philosophie, sur Hegel et d'autres. On le sent s'amuser en coulisse! Par l'émotion, par la métaphore, par le déplacement, il nous invite à nous découvrir nous-même.



Oui, c'est cru parfois mais ce n'est pas choquant, car c'est vivant et vivifiant, car c'est enfant, même quand c'est un vieillard qui nous parle.



J'aime les personnages du roman, leur mystère, et leur candeur. Je crois que je ne suis pas prête d'oublier Nakata, qui a le pouvoir magique de parler aux chats et de faire pleuvoir à peu près tout ce qu'il veut (des sardines, des sansues, etc!)



J'aime que les personnages de Murakami soient ouverts à toutes les influences, les sons qu'ils entendent, les personnes réelles ou fictives qu'ils croisent. J'ai ri de les voir rencontrer des figures du capitalisme inventées par des publicitaires et qui font sans cesse iruption dans l'intrigue pour en détourner le cours, pour l'artifice, comme dans la vie peut-être?



En refermant le livre, je me suis surprise à voir le monde autrement, à m'intriguer de la taille des ombres des passants que je croisais dans la rue, à sourire à un oiseau qui passe. Je n'ai pas envie de vous en dire plus sur l'histoire, juste envie de vous dire: envolez-vous, vous y trouverez sûrement tout autre chose que ce que j'y ai puisé, et ce sera là la beauté du chef d'oeuvre!



Quelques passages qui m'ont marquée pour finir:



"Les oeuvres qui possèdent une sorte d'imperfection sont celles qui parlent le plus à nos coeurs, précisemment parce qu'elles sont imparfaites" page 149



"L'ironie donne de la profondeur aux humains, et de la grandeur. Elle leur offre le salut, un salut d'un niveau supérieur et une sorte d'esperance universelle. C'est pour cela que tant de gens lisent les tragédies grecques aujourd'hui encore." page 272



et le meilleur pour la fin: "Le temps pèse sur toi comme un vieux rêve au sens multiple. Tu continues à avancer pour traverser ce temps. Mais tu auras beau aller jusqu'au bord du monde, tu ne lui échapperas pas. Pourtant, même ainsi, il te faudra aller jusqu'au bord du monde. Parce qu'il est parfois impossible de faire autrement."





Un très grand merci à Nassira de la librairie La plume vagabonde, 17 rue de la fontaine au roi, à Paris... J'ai passé 638 pages inoubliables.

12 juin 2010

Fashionista!



Il y a peu j'ai essayé ma première Burqa, si si, je vous jure, une vraie de vraie toute bleue venue tout droit de Kaboul. Bilan: je ne sais pas comment elles font pour vivre là-dessous. Qu'est ce qu'il fait chaud! Et en plus on ne voit vraiment rien. On se sent comme coupée du monde. Je ne suis pas là pour porter de jugements cela dit, mais pour vous parler d'une B.D. qui m'a bien amusée sur le sujet: Burqa Fashionista de Peter de Wit.




On y retrouve page après page, dans un format allongé sympa, des petites conversations entre femmes sous Burqa. Et ça ne manque pas d'humour, de grinçant, et de décapant.


Tous les sujets y passent: la vieillesse, le look, le sport, et s'enchaînent avec simplicité. On a l'impression que même ces femmes en burqa en riraient, tant je pense cette B.D. adopte un ton qui n'est pas irrespectueux mais juste drôle!


Je ne veux pas vous raconter les scénettes pour ne pas vous gâcher la surprise, mais je vous conseille d'y jeter un oeil! Vous ne serez pas déçus du voyage! Avis aux filles, Burqa in the city vous fera décrocher de beaux sourires, humour noir garanti!