12 décembre 2016

L'arbre aux haricots



" L'idée de mettre de l'air dans un pneu me rend malade. Et ça depuis le jour où j'ai vu un pneu de tracteur exploser et expédier le père de Newt au sommet de la pancarte Sandard oil..."

Un début de ce "road roman" qui vaut le détour. Marietta, qui vit au fin fond du Kentucky, et qui n'aime pas gonfler les pneus, va partir à l'aventure dans une veille voiture pour découvrir l'ouest américain et se construire elle-même une existence, loin de sa mère et de la vie de ferme.

Et sur la route il n'y a pas que le paysage, il y a les rencontres... et surtout une petite fille indienne mutique, qui va finir par faire partie du périple. Marietta va changer de nom et de vie.

«Le jour où j'ai franchi les limites du comté de Pittman je me suis fait deux promesses. J'en ai tenu une, pas l'autre.
La première était que je me trouverais un nouveau nom. De tous les noms qu'on m'avait donnés jusque-là, aucun ne m'emballait vraiment, et j'estimais que c'était le moment de prendre un nouveau départ. Je n'avais pas d'idée précise en tête, j'avais juste besoin d'un changement. Plus j'y pensais, plus il me semblait qu'un nom n'est pas quelque chose qu'on a vraiment le droit de choisir, mais qui vous est donné plus ou moins au hasard. Pourquoi ne pas laisser le réservoir d'essence décider pour moi ? Là où il serait à sec, je chercherais un signe.
J'ai bien failli devoir mon nom à la ville de Homer, Illinois, mais j'ai tenu bon. J'ai croisé les doigts en traversant Sidney, Sadorus, Cerro Gordo, Decatur et Blue Mound, et je bénis les ultimes vapeurs d'essence qui m'ont amenée jusqu'à Taylorville. Je m'appelle donc Taylor Greer.»

Taylor est une femme forte, volontaire, et pleine de vie. Elle va réussir à se trouver un emploi, des amies, un sens à son existence. 

Un roman pour ceux qui s'intéressent aux migrants de partout...

Um texte pour aller s'enfoncer dans l'ouest américain...

Une écriture qui fait sourire!


08 décembre 2016

plancher japonais



Merci à la libraire de Crest pour ce bon conseil!

Dans Plancher Japonais, Jean Cagnard nous met face à un jeune homme en quête de sens. Il est à la recherche un peu d'un logement, un peu de lui-même. Il va finir par construire un tipi... Mais je ne vous en dit pas plus! Sauf que le livre contient tous les plans qu'il vous faudra pour construire ce tipi!

C'est un roman qui change, et qui n'a rien à voir avec le Japon. Le style y est narquois. Au fil des pages, on se prend au rythme, au calme, à la nature, au vide.

Ce jeune homme n'a pas de nom. Et pareil pour "la petite amie" ou "l'architecte". Il y a bien quelques voisins, une tante, mais comme il y a une buse ou deux, un blaireau, et j'en passe. Le jeune homme écrit... construit... et le temps passe avec lui comme ça, avec un peu de Neil Young.

"Dehors la lune est revenue à son premier quartier,. Déjà un mois depuis sa rencontre avec le berger Un mois pas tout à fait comme les autres. L'éclat de la lune sur la neige produit un faux semblant: ce n'est sans doute pas la nuit, ce soir lumineux.  On y voit comme en plein rêve."

Un roman pour se décaler, se perdre et se retrouver.

Une petite bulle, et ploc.

04 décembre 2016

L'amie prodigieuse



Vous avez sûrement tous entendu parlé d'Elena Ferrante! Le mystère qui entoure ce nom fait souvent la une des médias. Qui serait l'écrivain derrière ce pseudonyme? Toutes les spéculations sont possibles!

Je viens pour ma part vous parlez de son roman L'amie prodigieuse.

C'est l'histoire d'Elena et de Lila, deux grandes copines qui vivent dans un quartier pauvre de Naples. Elles sont toutes les deux écolières et très douées pour les études, mais le milieu social dont elles viennent rende leur accès au savoir compliqué. Alors qu'Elena va avoir le soutien de ses instituteurs pour pouvoir poursuivre son chemin scolaire grâce à des bourses, Lila va finir à la boutique de cordonnerie de la famille...

Mais ce roman est bien plus encore que ces deux personnages attachants. C'est un morceau de vie, un puzzle dans un milieu étroit où tout le monde se connait et où toutes les combinaisons sont possibles de mariage et de lutte pour parvenir. C'est une ambiance, un goût d'italie du sud.

C'est aussi un mystère, car Lila a disparu récemment et qu'on replonge dans ce passé et l'adolescence pour comprendre ce qui a pu la pousser à faire un tel geste... Mais patience, il nous faut attendre le tome 2 pour savoir...

Alors avis à ceux qui veulent se faire une plongée dans l'italie des années 50!

Merci Christine pour la belle découverte!

03 janvier 2016

Et si...



Et si un avion publicitaire passait dans le ciel, pour vous indiquez des choses personnelles à ne pas oublier...

Et si les lanceurs de couteaux se mettaient aux couteaux en plastique malgré le vent...

Dans La dictature des ronces, Guillaume Siaudeau nous emmène dans un monde fait pour lui, à défaut du réel qui lui n'est pas toujours tendre. Un petit monde farfelu, dans lequel même un déprimé solitaire ne peut que rire de l'insoutenable étrangeté de l'univers.

Son narrateur est invité par un ami sur l'ile de st pélagie, afin de s'occuper de son chien en son absence. Mais tout est un peu bizarre sur cette ile...

A commencer par la bibliothèque qui n'abrite que des histoires tristes ou déprimantes...

Sans oublier les vendeurs d'encyclopédie qui passe à 3h du matin, pour être sûre que les gens soient bien chez eux.

Un roman hors norme avec des formules qui accrochent, un humour à l'ouest.

Je conseille cela dit de ne pas lire ce livre en pleine dépression.

Mais plutôt pour prendre du recul sur l'existence, trouver au-delà du cynisme des lueurs d'espoir sogrenues.

Merci Marie-Louise!

30 décembre 2015

Jacob, Jacob

Un roman qui marque. L'histoire de Jacob, juif d'Algérie, conscrit, qui part pour libérer la France des Allemands. Lui, il aime chanter, rêver.  Il est doux et gentil. Il rêve d'étudier... Il se découvre soutien des autres soldats qui l'accompagnent, tueurs pour la cause, et je ne vous en dis pas plus.

Ce roman est plein d'images: celle d'un pont suspendu, celle d'un maison pleine à craquer, celle du sang des blessés.
C'est un roman plein d'odeurs et de goûts: de patisseries, de sueur, de soleil.

Un texte très bien écrit. Quelle plume!

L'auteur rend un bel hommage à ces hommes méconnus qui ont combattu pour la France sans vraiment la connaitre.

Elle a reçu le prix du livre inter pour ce roman.

Merci Christine!


20 décembre 2015

Vous reprendrez bien un peu de merveilleux?



Un petit peu de merveilleux en ce dernier dimanche de l'avent. Le livre de perle de Timothée de Fombelle.

Deux êtres sortis de la féérie des contes pour enfants se retrouvent en France, pendant la seconde guerre mondiale. Garderont-ils le sens de l'imaginaire? Ou sombreront-ils dans le réel? Quels clés pour ne pas sombrer dans le terre à terre?

Un beau roman d'aventures, des personnages attachants, une boutique où l'on achète de la guimauve qui donne vraiment envie d'être vraie!

Avis aux lecteurs petits et grands! Idéal pour passer les fêtes devant un feu de cheminée!

Merci Christine!

18 octobre 2015

Les îles Scilly et un petit coin d'histoire



Tout se passe ou presque aux Iles Scilly qui sont dans l'Océan Atlantique au large des Cornouailles. Un pêcheur, Jim, et son fils Alfie sont en mer quand ils entendent un bruit étrange venir de St Helen une petite ile abandonnée. Ils y trouve une jeune fille blessée, perdue, à moitié morte de faim et de soif. La seule parole qu'elle parvient à dire est Lucy. Ils vont la recueillir. Elle va peu à peu faire partie de la famille malgré son mutisme.

Qui est-elle? Que fait-elle sur cette ile alors que la première guerre fait rage?

Michael Morpurgo nous embarque avec lui pour nous faire découvrir pas à pas la vie de cette naufragée inconnue. A travers elle, on découvre un pan de guerre, un pan d'histoire, et des bribes de mémoire.

Un roman pour adoloescent qui a été coup de coeur GIBERT JEUNE.

Je pense que si vous avez aimé Une ile trop loin, vous tomberez vite sous le charme du Mystère de Lucy Lost.

Bonne lecture!

04 octobre 2015

Le coeur en braille



Un petit roman pour ado qui ne mange pas de pain et fait plutôt du bien!

Victor est un collégien peu scolaire. Il vit avec son père, passionné de réparation de vieilles voitures. Bref c'est l'histoire d'un cancre! Jusqu'à ce qu'il rencontre Marie-José, une camarade de classe qui lui permet d'accéder à une autre partie de lui même: son intelligence, sa singularité, sa créativité. Et pas n'importe quelles camarades, la première de la classe, une violoncelliste de talent, et qui elle aussi a ses petits secrets. Un joli duo intimiste.

Premier roman de Pascal Ruter, c’est une histoire pleine de tendresse et d’humour. Des personnages attachants et décalés.

Pas mal de métaphores de la vie dans ce roman sous la forme de parties d'échec entre autres.

Mais je ne vous en dis pas plus!

Bonne lecture aux petits et aux grands lecteurs!



01 octobre 2015

Boomerang



Boomerang de Tatiana de Rosnay est un roman sur un secret de famille.

Tout commence quand Antoine et sa sœur partent sur l'Ile de Noirmoutier pour y retrouver leurs enfances et leurs souvenirs. De retour, au moment où les souvenirs familiaux remontent, c'est l'accident de voiture...

Et le début d'une intrigue tout en suspens sur les pas des secrets de leur mère.

On s'attache assez vite aux personnages.

La vie et la mort font un duo qui donne place à la réflexion sur la transmission.

Un roman pour ceux qui aiment l'humain trop humain.

Merci à Maren pour ce beau cadeau!


20 septembre 2015

Calpurnia



Culpurnia Tate est une jeune fille américaine qui en 1890 fait face aux exigences de sa mère: apprendre à être une bonne cuisinière, réussir ses broderies, tricoter des chaussettes pour ses frères à Noël. Mais elle ne s'y intéresse pas. Ce qu'elle veut c'est observer les sauterelles, les fourmis ou les opossums. Se poser des questions scientifiques et devenir une savante!

Heureusement, dans son fin fond du Texas, Calpurnia a un allié: son grand-père! Un personnage intrigant, qui passes ses journées à essayer de faire de l'alcool de noix de pécan par distillation, ou à trouver une nouvelle espèce de plante à déclarer au Smithonian.

Un jolie roman à l'école des loisirs sur les liens entre un grand-père et sa petite fille, sur l'éducation des jeunes filles dans une société puritaine et sur la démarche scientifique, comme porteuse de liberté, de curiosité et d'innovation!

Avis aux amateurs de longue journée d'été à observer les papillons, avis aux curieux de nature et d'évolution, avis aux esprits libres!


15 septembre 2015

L'arabe du futur



Et voilà deux petits tomes pour une plongée dans la Syrie, Lybie et France des années 1970 et 1980. C'est l'histoire vraie du petit Riad Sattouf, un petit écolier tout blond qui tente de grandir dans un contexte géopolitique tout particulier, celui du panarabisme, celui de Kadafi et du père d'Assad actuel.

L'auteur a le don de croquer les personnages. Le père tout d'abord, qui est tout plein de rêves, de rancoeur et de paradoxes. Tantôt plutôt sans le sous, et tantôt avide de grand projet de villa pour loger sa famille. Un père qui suit l'actualité de près, tente de faire de son fils un petit arabe, tout en étant lui même pris dans des décalages vis à vis de sa propre famille. Un père qui veut que son fils soit médecin!

Et puis il y a la mère, triste, désarçonnée par la vie fragile et parfois insensée qu'est poussée à vivre la petite famille, et qui se pose là où son mari trouve un place en fac pour enseigner au gré des années. On se dit qu'elle a sûrement beaucoup de courage pour enchainer comme elle le fait d'un lieu à un autre avec les bout'choux.

Il y a l'institutrice très rigide et inflexible. L'expérience de l'école, des moqueries, de la lecture du coran, etc.

Il y a les odeurs des foules, odeur de sueurs ou d'épices.

Bref, c'est une jolie immersion à taille d'enfant dans un monde qui change au niveau le plus global et le plus fin et microscopique.

Une BD qui mérite son succès actuel!

Si vous avez aimé Persepolis, foncez!

13 septembre 2015

Un petit coté poétique et initiatique!



Ginny est une jeune fille américaine, qui tente de passer inaperçue dans les rues new yorkaises. Elle a dix sept ans et rien de spécial à raconter. Jusqu'au jour où elle reçoit treize petites enveloppes bleues à la mort de sa tante. Elle se lance alors dans un jeu de piste à travers l'Europe, que sa tante a conçu pour elle. En voici les règles:

"RÈGLE N° 1 : Tu ne peux emporter que ce qui tiendra dans ton sac à dos. 
RÈGLE N° 2 : Tu ne dois emporter ni guides de voyage ou de conversation, ni aucune aide pour les langues étrangères.
RÈGLE N° 3 : Tu ne peux pas prendre d'argent en plus, ni de carte de crédit, de chèques de voyage, etc. 
RÈGLE N° 4 : Pas d'expédients électroniques. Ce qui signifie, pas d'ordinateur portable, de téléphone portable, de musique, d'appareil photo.C'est tout ce que tu as besoin de savoir pour l'instant."

Elle va vivre l'ennui, le rien, mais aussi la rencontre, la surprise, le détournement. Elle va trouver du sens, se perdre un peu. Elle va recevoir de la générosité et se faire voler. Bref elle va oser et devenir...

Pas spécialement bien écrit (ou traduit), mais une belle idée touchante!

Un roman très américain dans la vision du tourisme, de l'Europe, de la sexualité ou de l'amour... Et un roman tout à la fois drôle, pétillant, artistique, et cocasse.

Un livre qui plaira je pense aux adolescentes en quête de voyage et en quête d'elles-mêmes!



05 septembre 2015

Marquant!



Un livre qu'on n'oublie pas: Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan. Elle y raconte sa mère, Lucile, depuis son enfance dans une grande famille hors norme jusqu'à son suicide, après des années de lutte face à ses troubles bipolaires.

Ce "roman" écrit dans la douleur laisse aussi place aux doutes de l'écrivain, à son regard critique sur la mise en récit de l'histoire familiale et personnelle. On comprend que l'auteur a une vie qui se prête à l'écriture par son extravagance mais aussi pour digérer, intégrer et penser le vécu. Un livre qu'on n'oublie pas!

L'enquête familiale auquel se livre Delphine de Vigan passe par des entretiens avec ses tantes, sa recherche des textes de sa mère, l'observation de photo. Mais tout échappe, glisse. Tout est mis en fiction.

Des scènes rieuses et tendres s'enchainent avec des moments tragiques, douloureux et tendus. Le récit chronologique est plein de suspens et de mystères.

Ce roman interroge les fratries, les secrets de famille, la vie avec la maladie psychiatrique d'un proche.

Merci à la librairie de Crest pour cette belle idée et merci à Caroline de m'avoir prêté le livre !

29 août 2015

Les nouveaux Harry Potter?

Je me suis demandée cet été qui étaient les nouveaux "Harry Potter" ? Quelle série livresque pour ado fait un carton?



Et je me suis régalée!

Tout d'abord Méto (trois tomes) de Yves Grevet.  Le jeune Méto est enfermé sur une ile dans un pensionnat pour garçon aux règles très strictes. Dès le début on est emporté. Pourquoi Jove, le directeur de l'école, a-t-il émis des consignes aussi strictes pour ces jeunes garçons? Que s'est-il passé pour qu'ils soient ainsi enfermés? Pourquoi dès qu'ils grandissent, disparaissent-ils? Méto décide de prendre son avenir en main en enquêtant sur les recoins et mystères des lieux, et en organisant une évasion. Je ne vous en dis pas plus. Ce roman de science fiction pose la question de la résistance, de la désobéissance, de la filiation. Derrière l'émancipation de Méto se cache des enjeux de société, de pouvoir, de sciences et bien d'autres...




Et le deuxième. La série des Chérub de Robert Muchamore. James, 12 ans, un jeune orphelin qui s'ennuie et enchaine les bêtises suite au décès de sa mère célibataire alcoolique (et voleuse) est recruté pour travailler dans l'unité enfant du MI6 en Angleterre. Les Cherub sont là pour accomplir toutes les missions clandestines où seul un enfant peut passer inaperçu pour récupérer de l'information et plus. On est là aussi tout de suite pris par l'histoire, la formation des enfants pour devenir agent secret, leurs premières missions. Je ne vous en dis pas plus.

Dans les deux cas, je trouve l'univers et surtout les originalités de vocabulaire moins accomplis que dans la série des Harry Potter. Cela dit, ce sont vraiment de bons livres à recommander pour des ado. On a la solidarité entre amis, à la vie à la mort. On a le sens de l'effort et des épreuves. On a un regard sur la société. Bref, de quoi faire lire les plus jeunes tout l'été!

Merci aux équipes de Gibert pour le conseil!

Des livres à offrir dès 12 ans et jusqu'à tard pour ceux qui ont gardé leur âme d'enfant!


24 août 2015

Polar en photo



Voici un auteur qui m'a été conseillé par Samia (merci!): Robbert Goddard. Depuis les cornouailles, il écrit des pollars qui se vendent très bien l'été! Découverte sympa! On ne peut plus s'arrêter de lire avant de savoir la fin de l'histoire!

Dans Heather Mallender a disparu, on suit en effet Harry, quinquagénaire désabusé et gardien d'une propriété sur l'ile de Rhodes en Grèce, qui fait face à la disparition d'Heather, comme le titre l'indique. Cette jeune fille venait d'arriver pour se reposer à la villa, après le décès brutal de sa sœur. Alors qu'Harry sympathise avec elle, une ballade en montagne la voit disparaitre, sans explication.

Mauvaise chute? Kidnappping? Suicide? Harry fait face à un trouble angoissant devant l'absence d'Heather sur ce mont grec perdu. Très vite il est soupçonné.

C'est alors qu'il retrouve un ticket qui le mène à une pellicule déposée par Heather juste avant sa disparition. 24 photos pour comprendre... et retracer les pas de la disparue!

Ca se lit tout seul. Les personnages nombreux conduisent à une intrigue complexe entre passé et présent, Angleterre et Grèce, politique et histoire, folie et banalité!

Je ne vous en dis pas plus!

Ce roman plaira à ceux qui ont aimé La vérité sur l'affaire Harry Quebert!

Bonne lecture à tous!

22 juillet 2015

Cuisine du Japon



"Je voulais préparer un repas qui, comme la sonnerie d'un réveil, ranimerait ses cellules plongées dans une profonde léthargie, les galvaniserait..."
 
Un petit livre lumineux et précieux: Le restaurant de l'amour retrouvé de OGAWA Ito.

La narratrice de ce roman, Rinco, 25 ans, perd la voix et le sens de l'existence en un soir quand elle découvre son appartement vidé complétement et son compagnon parti. C'est alors qu'elle va trouver son salut en cuisinant de bons petits plats bien médités et mitonnés. Tout en lenteur. En retrouvant du sens dans chaque geste.

C'est si beau de la voir gouter chaque fruit avec soin, retrouver le gout singulier des navets sous la neige, réinventer chaque fois des plats uniques... pour aider les convives à retrouver leur sensation, à renouer avec eux même et à sentir la vie au fond d'eux.

Je suis tombée sous le charme de papy hibou et de ses 12 coups de minuit qui veille sur la maison, d'hermes, le cochon domestique et ses pains aux noix, de Kuma, l'ami si généreux, de Kozue et son petit lapin.

Surtout j'ai trouvé l'écriture très zen et intense. Les mots tombent juste comme le sandwich parfait que prépare Rinco. Lire ce roman donne envie de manger doucement pour profiter de chaque arôme, de toutes les consistances, de tous les mélanges.

Un roman sur les liens grand-mère, mère et fille. Un roman sur l'amour perdu et retrouvé. Un roman sur la générosité, le partage, et la bienveillance.

Allez, filez à l'Escargot, le petit restau de Rinco vous enchantera en douceur!

Merci Marion pour ce beau cadeau d'anniversaire!

"Je servais donc la soupe d'amour à tous les clients qui souhaitaient trouver l'âme sœur ou voir un vœu se réaliser. A chaque fois, les légumes et les proportions variaient, et chaque soupe avait une saveur différente, qui me surprenait moi-même. De ce fait, un changement profond s'est opéré en moi aussi, dans ma façon de considérer les légumes. Jusque là, je croyais que c'était moi qui faisais toute la différence en cuisine, mais en réalité mon rôle se résume à savoir associer les aliments entre eux. Je l'ai enfin compris. Avant toute chose, il y a les agriculteurs qui cultivent les légumes."


19 juillet 2015

Debout payé



Debout payé de Gauz est un premier roman à saluer. Il nous permet de découvrir la vie des vigiles des Séphora et autres Camailleux à Paris, avec beaucoup d'humour. Ce roman nous offre un regard presque sociologique sur la France d'aujourd'hui et l'immigration africaine.

J'aime la façon dont l'auteur nous offre des classifications d'acheteuse et de voleuse. J'aime son regard sur les soldes. J'aime son analyse des petites situations en boutique. Il nous offre comme des petits abécédaires du monde consumériste moderne.

A côté le récit des années qui passent et de l'immigration africaine.

Allez, un petit bout pour la route:

"Quand sonne le portique. 
Le portique de sécurité sonne quand quelqu'un sort ou entre avec un produit qui n'est pas démagnétisé. Ce n'est qu'une présomption de vol et dans 90% des cas le produit a été payée en bonne et due forme. Mais il est impressionnant de voir comme presque tout le monde obéit à l'injonction sonore du portique. Presque personne ne le transgresse. Mais les réactions divergent selon les nationalités et les cultures.
Le Français regarde dans tous les sens comme pour signifier que quelqu'un d'autre que lui est à l'origine du bruit et qu'il le cherche aussi, histoire de collaborer
Le Japonais s'arrête net et attend que le vigile vienne à lui
Le Chinois  n'entend pas ou feint de ne pas entendre et continue son chemin l'air le plus normal possible
Le François d'origine arabe ou africaine crie au complot
L'Américain fonce directement vers le vigile, sourire aux lèvres et sac ouvert
L'Allemand fait un pas en arrière pour tester le système
Le Brésilien lève les mains en l'air."

12 juillet 2015

Guerre et séparation



Steffi et Nelli sont deux soeurs juives autrichiennes qui ont dû fuir le nazisme à Vienne en se réfugiant en Suède, seules. Elles sont accueillies sur une ile qui leur semble au bout du monde, battue par le vent et le froid, dans deux familles pentecôtistes austères. Converties et baptisées, elles tentent de grandir en restant fidèles à leurs parents au loin, tout en s'adaptant à ce nouveau pays et à ses nouvelles coutumes.

Elles s'accrochent à la nature, aux lettres qu'elles reçoivent du pays, au rêve de la fin de la guerre. Elles s’émancipent et murissent chacune à leur façon, en faisant leur miel des rencontres, joies et déception.

Magnifique roman en quatre tomes de Annika Thor. On s'attache tout de suite aux personnages, la guerre remplit chaque chapitre d'intrigues inattendues. Un roman sur les réfugiés du monde entier, sur l'accueil, la solidarité et le partage, sur le choc des cultures et des âges.

Une tétralogie qu'il faut lire absolument! Le style est sobre et fluide. Le suspense est à son comble. Que vont-elles choisir de devenir? Reverront-elles un jour leurs parents? Vont-elles être séparées par la guerre?

On est très touché par les petits et grands malheurs du quotidien. Les insultes que reçoivent les juifs à l'école même en Suède. Les nouvelles des morts et disparus. On est aussi attendri par chaque petit geste attentionné, qui sont des petites lumières paisibles pour Steffi et Nelli. On vit la fin de la guerre avec intensité.

On se dit qu'on a bien de la chance de vivre en paix.

Très facile à lire, cette histoire reste avec nous bien après avoir refermé le livre.

A lire dès 11, 12 ans et jusqu' 99 ans!

27 juin 2015

adolescentes...



Deux petits romans pour adolescentes: Super de Endre Lund Eriksen et Dear George Clooney de Susin Nielsen.

Dans les deux cas, nous suivons une jeune héroïne en mal de vivre: Dans Super, il s'agit de Julie qui en a assez des soirées avec ses parents, à ne jamais rien oser faire... et qui se fixe une liste d'objectifs plus ou moins farfelus à atteindre pendant ses vacances.

Dans Dear George Clooney il s'agit de Violette dont la mère divorcée ne sort qu'avec des loosers, ce qui la pousse à prendre les choses en main pour lui trouver un prince charmant...

Et dans les deux cas, le goût de vivre revient par un plan d'actions mis en place pour la jeune ado avec enthousiaste et raté, mais toujours en y croyant et en restant au plus proche de ses désirs.

On passe de bons moments à les suivre, dans leurs déboires, leurs idées noirs, puis roses... ! On les voit grandir et devenir elle-même, grâce à de solides amitiers.

Je conseille les deux pour colégiennes et lycéennes et pourquoi pas pour toutes celles qui ont gardé des coeurs d'enfant ou d'ado rebelles!

Ce qui est poignant c'est l'idéal vers lequel elles tendent chacune à leur manière, et qui les pousse à trouver un compromis avec la vie pour moins la subir. L'humour est communicatif. Leurs métamorphoses sont pleines de subtilités.

Vive la vie et les rêves!




21 juin 2015

Emails enchantés



Vous reprendrez bien un petit email? Non, non, non me direz-vous! Trop d'emails. Mais c'est parce que vous ne les recevez pas d'Adeline Parmentier et Pierre-Marie Sotto!

Dans Et je danse aussi, Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat mettent en mots électroniques ces deux personnages pour notre plus grand enchantement.

La première est grande, grosse et brune et semble habiter un village perdu au nom glauque.  Le second est un romancier à succès en panne d'inspiration. Tout commence quand ce dernier reçoit de la première un mystérieux paquet par la poste qu'il tient à lui renvoyer sans l'ouvrir. Oui, mais... c'est compter sans la ténacité d'Adeline Parmentier, son humour, ses déboires et ses demi-confidences.

Un roman épistolaire qui donne envie d'écrire et de recevoir des emails, mais des vrais j'entends. Un livre qui montre les paradoxes de la fiction et du mensonge. Mais surtout deux personnages très attachants. Avec tous leurs défauts, leurs plaies béantes, leurs ironies et leurs manies.

Merci Marie-Louise. J'ai passé un très TRES bon moment. A en rêver d'être enfin dans le métro pour pouvoir continuer la lecture! A se sentir VIVANTE!

Un livre qui se lit tout seul, en douceur, et qui donne envie d'aimer la vie. Autant dire que je vois peu de monde à qui il déplairait!

Un petit bout pour vous mettre en appétit:

"Cher Pierre-Marie,
On peut dire que vous avez l'art de souffler le chaud et le froid! D'ailleurs je me suis réveillée ce matin avec un gros rhume, il n'y a pas de hasard. Cela dit, je ne veux pas vous faire porter le chapeau: ce coin de campagne où je me trouve "cloitrée" (je vois que la pesanteur de mon adresse ne vous a pas échappé, et je regrette de ne pas avoir eu votre clairvoyance avant de m'installer ici il y a neuf ans) est particulièrement humide."



18 juin 2015

Femmes, luttes et cailloux...



On les garde toutes auprès de soi en refermant Photo de groupe au bord du fleuve, Laurentine, Méré, Zizina, Bilala, Mayolo, et toutes les autres femmes du chantier au cailloux.

On était à leur côté à casser des blocs de pierre en petits bouts au bord du fleuve... On s'est sentie solidaire avec elles quand elles ont décidé de se battre pour obtenir un meilleur prix pour leur sac de pierres et leur labeur. On les a suivi dans leurs débats et leur déboires.

Toute l'Afrique au féminin est là: la pauvreté, la guerre, les violences sexuelles et domestiques, la corruption, la répudiation, les coups, et la guerre, la soumission au travail... mais aussi les rires, les tresses, la musique, le mile, et l'envie de changer le monde!

Merci à Emmanuel Dongala pour ce livre humaniste, vaillant et engagé!

Un roman à mettre bien vite dans toutes les mains!

C'est un livre chorale, où chacune des femmes livre tour à tour un bout de vie, un bout de discrimination et un bout de courage pour vaincre et porter haut leurs rêves et leurs couleurs!

"Tu te réveilles le matin et tu sais d'avance que c'est un jour déjà levé qui se lève. Que cette journée qui commence sera la sœur jumelle de celle d'hier, d'avant hier et d'avant avant-hier. Tu veux trainer un peu plus au lit, voler quelques minutes supplémentaires à ce jour qui pointe afin de reposer un brin plus longtemps ton corps courbatu, particulièrement ce bras gauch encore endolori par les vibrations du lourd marteau avec lequel tu cognes quotidiennement la pierre dure. Mais il faut te lever, Dieu n'a pas fait cette nuit plus longue pour toi."

 Si vous avez aimé Des vivants et des morts, vous aimerez!






13 juin 2015

Tout un art!



Un petit ovni en ce samedi! Et ça rime!

Juanjo Saez nous propose une conversation imaginaire avec sa mère pour nous faire découvrir son rapport à l'art et aux oeuvres. C'est tout à la fois un roman et une bande dessinée, une histoire de l'art et des relations mère-fils.

J'aime que Juanjo Saez nous offre sa vision de Calder, Picasso ou Dali. Mais j'aime surtout qu'il démystifie le rapport à l'oeuvre pour revenir à l'essentiel: nos émotions. Les dessins du quotidien, genre naifs et tendres, se mêlent à des tentatives décalées de reproduction d'oeuvres pour mieux nous offrir son regard sur elles.

Ce qui marche est sa sincérité et son partage d'une certaine vision de l'existence.

Merci à maman pour ce beau cadeau d'anniversaire!

31 mai 2015

Broadway limited, un diner avec Cary Grant



En voilà du bonheur! Un nouveau Malika Ferdjoukh! Quel régal! Courrez vite l'acheter! Vous mettrez un brin de poésie dans votre vie, des petits pas rythmés et des rires féminins dans une salle de bain...

Un livre qui donne envie d'être sincère et enthousiaste, confiant dans la vie, amoureux et guilleret!

Tout commence à New York en 1948 quand Jocelyn Brouillard débarque de sa Bretagne dans une pension... Mais la propriétaire est catégorique: aucun jeune homme ne peut loger à Giboulée. C'est uniquement pour les jeunes filles comme  Chic, Hadley, Manhattan, toutes des personnages en quête de gloire, d'amour et d'épanouissement!

Heuresement, la joyeuse mayonnaise va prendre, ou plutôt devrais je dire le velouté d'asperge sur un fond de boogiewoogie et de parties de poker. Je ne vous en dis pas plus! Malika Ferdjoukh nous fait tourner la tête et nous laisse le souffle coupé dans l'attente de la suite des aventures!

On s'amuse des caractères bien trempés, des situations cocasses. On goute à la musique et au film de l'époque. On est tout de suite emporté par l'ambiance à la Fred Astaire et autres baisers à la Cary Grant. On accroche à l'humour de l'auteur! Ça tourbillonne!

Un roman qui donne envie d'avoir un surnom, d'aller danser un soir d'hiver, de fêter Halloween ou Thanksgiving, d'avoir un bouquet de violette à la boutonnière, de courir dans la neige!

Des chemins de vie touchants... car derrière les belles lumières beaucoup de non-dits et de vies tordue à Giboulée, pour le meilleur et pour le pire... Chacun des personnages est attachant à sa façon. Leur bienveillance mutuelle tient chaud au cœur. On aime les suivre dans leur rendez-vous galants et leurs auditions! On aime les confidences lors des préparations aux sorties (je te prête un chapeau tu me prêtes tes chaussures, en échangeant sur les dernières gossips de la pension).

Comme toujours chez Malika Ferdjoukh de joyeuses paroles imagées et enjouées, des petites escapades amoureuses, des animaux qui parlent ou presque.

L'intrigue est riche et bien menée. Chacun porte son mystère, et les chemins des uns et des autres se croisent comme par magie! 

Vivement le tome 2!

L'incipit pour vous mettre en appétit. Allez hop, à New York! Ça va pepser, foncer, danser, et youpi!

"La jeune fille ouvrit la porte au jeune homme. Un essaim de feuilles rouges s'engouffra aussitôt à l'intérieur de la maison tel un gang de sorcières à l'affut.  La jeune fille était brune et sans doute souriait-elle. Difficile d'en être sûr à cause de la sphère en bubble gum rose d'un diamètre épanoui qui lui poussait au milieu de la figure. "




18 mai 2015

Harmonie



Roman tout droit arrivé du Japon et du Futur! Harmonie nous plonge dans un monde du numérique et de la data où chaque individu porte un "watchme" qui permet à l'admenistration de suivre la santé personnelle de chacun.

Plus d'alcool ou de café, la société promeut une vigilance énorme pour éradiquer toute graisse ou maladie. La souffrance est évacuée de tout, des journaux, du corps, etc. Chacun marche en affichant son RA, c'est à dire une courte présentation de lui même, une sorte de carte de visite un plus plus complète ouverte à tous.

Seuls les enfants échappent au contrôle total, ce qui inspire trois d'entre eux à entrer en résistance.

Publié en 2008, Harmonie est un livre visionnaire, écrit par Projet Itoh à l'âge de 35 ans alors qu'il se mourrait d'un cancer à l’hôpital.

Un roman de science fiction qui questionne la santé, le système administratif de gestion, le rapport à l'autre en société, la déviance et l'éthique.

Foucault aurait sûrement apprécié!

Avis aux amateurs de SF et avis à ceux qui en lisent peu mais veulent goûter aux risques numériques d'un monde big brotherisé!

Merci à Sophie et Christophe pour le prêt du livre et le conseil de lecture!

Fascinant!

10 mai 2015

Traversée amoureuse...



Après Toute passion abolie, qui m'avait beaucoup plus, voici La traversée amoureuse de Vita Sackville West, son tout dernier roman.

On y retrouve les obsessions de l'auteur: la mort, l'indépendance, la liberté, et ce qu'on en fait.

Nous sommes en croisière autour du monde avec un narrateur sur le point de mourir et la femme qu'il aime mais à qui il ne le dit pas. Edmund Carr, journaliste, vient en effet d'apprendre qu'il n'avait plus que quelques mois à vivre. Il décide de suivre Laura en voyage, une veuve dont il est éperdument amoureux, sans lui révéler la nature de ses sentiments, le mal qui l'accable, etc.

On sent la passion grandir pas à pas, on sent la beauté de la complicité, la joie de la conversation, le partage des découvertes du voyage. Quel magnifique huit clos! Quel merveilleux échanges.

J'aime les monologues intérieurs du désir. M'aime-t-elle vraiment? Les relectures maintes fois des conversations achevées pour savoir si elles cachaient des non-dits:

"Je viens d'avoir avec Laura une conversation des plus troublantes et ne sais qu'en penser. Si c'était une autre femme, je penserais qu'elle a essayé de me faire du charme, mais avec elle une telle idée m'est insoutenable. Ce qui contribue à ma perplexité, c'est mon impuissance à isoler une phrase, une question qui n'ait pas été dite dans une de nos conversations antérieures; c'est quelque chose de subtil, d'abstrait, que j'essaie de cerner."

J'aime comment le narrateur observe tout des gestes de l'être aimé, son intérieur, ses postures, ses mots.

C'est un peu Downton abbey.

Avis aux coeurs sensibles qui tournent et retournent les mots et les rêves!


19 avril 2015

Intuitions sinueuses



Et voilà! Le dernier Fred Vargas est sorti! Quelle joie de retrouver Adamsberg, le commissaire à l'intuition sinueuse, tout en sensation et lâcher prise.

Cette fois-ci le froid vient d'Islande...

Le suspense est à son comble.

L'équipe est au complet: le chat qui dort sur la photocopieuse, la marche que tout le monde râte, Danglard et son petit blanc.

Même le voisin espagnol est toujours présent, lui pour qui ça gratte fort...

Je ne vous en dis pas plus. Pour ceux qui aiment  l'univers, tout est là...

Et l'intrigue prend bien.

Avis aux amateurs d'histoire et de révolution,

Avis aux voyageurs qui aiment les iles embrumées,

Et à ceux qui aiment les enquêtes menées par un esprit non cartésien!


15 avril 2015

Les crocodiles



Il y a des sujets qui ne sont pas simples à aborder, comme le harcèlement sexuel, les discriminations homme-femme, les sifflements et frôlements pas agréables dans le métro. Et c'est là que Thomas Mathieu fait mouche avec sa bande dessinée: Les crocodiles.

Il y croque le sexisme ordinaire, sous toutes ses formes ou presque. La force de son regard, c'est celui d'un homme à l'écoute, qui veut vraiment comprendre et dire stop.

Alors oui c'est éprouvant à lire, mais oui il faut recommander la lecture de ce livre à tous, hommes et femmes.

Le ton est juste. L'ouvrage est aussi fait comme un livre de self help et propose des solutions.

Avis à tous et toutes...

Lançons la chasse aux crocodiles!

29 mars 2015

Espagne en crise...



Premier album très sensible et riche: Papier froissé de Nadar.

Nadar a la trentaine et fait partie de l'historieta espagnol, qui produit en ce moment pas mal d'ouvrages qui mettent en scène la crise sociale et politique qui a émergé ces dernières années dans leur pays, avec toutes les souffrances et frustrations qu'elle engendre.

En 390 pages, qui mêlent habilement différentes temporalités et jeux de croisements narratifs, nous suivons la vie de deux hommes un peu perdus: Jorge, adulte, seul et mutique, dans sa chambre d’hôtel, et son petit boulot à la scierie/ menuiserie. Un être qui reste distant du monde, de ces collègues et de la tenancière de l’hôtel. Et puis un ado, Javi qui est en décrochage scolaire. Il vit seul avec sa mère dépressive, en se faisant payer pour aller casser la figure à d'autres, récupérer des portables volés par la force, etc. Une sorte de mercenaire moderne.

Rien ne semble les rapprocher si ce n'est la crise économique, les liens familiaux distendus, la violence qu'ils subissent ou cherchent. Les suivre dans leur existence reste mystérieux. On se demande qui ils sont au fond d'eux. Rien ne semble faire lien entre leurs deux lignes parallèles de vie.

Mais voilà, sous le crayon de Nadar, l'humain suite de partout, rejaillit dans toute sa force et sa faiblesse, pour rapprocher, tisser des liens inattendus entre les destins.



Je ne vous en dis pas plus.

C'est avant tout une BD sur les ruptures dans la vie, la façon de les affronter. C'est aussi un livre sur la quête de soi, avec forces et faiblesses, culpabilités, mensonges et arrangements avec la vie.

On peut y trouver un message intéressant sur l'apprivoisement au sens du petit prince. C'est une réflexion sur l'abandon, la filiation.

A lire absolument.

Un roman graphique auquel on repense longtemps après l'avoir refermé.





26 mars 2015

Charlotte Salomon vie ou théâtre



Bien sûr la plume n'est pas sûre, le roman pas à la hauteur... mais quelle histoire, celle de Charlotte Salomon. On est à Berlin, dans une famille de drames, au cœur de la montée du nazisme. Les femmes se suicident en lignée, la richesse intellectuelle est attaquée de toute part. Mais Charlotte Salomon se sauve par l'art, par la peinture. Elle dépasse tout par sa créativité, son imaginaire et son acharnement à produire. Alors après avoir lu le roman, on se jette sur google pour voir les tableaux... (les livres sont épuisées). Une femme dont on a envie de comprendre et connaitre le destin.
Un peu comme Foenkinos... en ça on peut le remercier.

Une femme dont on aurait aimé lire une autobiographie. Il faudra courir dans les quelques musées qui exposent ces toiles!




10 mars 2015

Une nuit pour tout dire et taire


Gila Lustiger nous fait vivre dans Cette nuit-là une nuit de discussion entre deux soeurs , Lisa et Tania, juste après le décès de leur oncle. Elles s'aiment, se jalousent, se taisent, se plaignent, s'énervent. Tout rejaillit dans cette maison familiale, des petites mesquineries aux grands rêves.

En toile de fond, leur oncle qu'on devine par touches fines, qui les réunit et les désunit tour à tour.

Un livre sur le deuil, sur la famille, sur le pardon, sur l'amour.

La forme du livre est intéressante. Chaque chapitre permet une alternance de point de vue entre Lisa et Tania.

Une ambiance allemande et universelle à la fois.

C'est aussi un roman sur la maladie, les aidants, les soins, la douleur.

"Les premiers temps, elle avait apporté le savon, tenu le thermomètre et la serviette sans pouvoir jeter un regard au corps dénudé et décharné de son oncle. Depuis que la maladie s'en était emparé, tout ce qui, en lui, avait un jour été rond et massif était devenu anguleux et desséché. C'avait été un choc la première fois qu'elle l'avait vu, et elle n'avait jamais pu s'y habituer. Quand en plus on laissait trainer quelques pommes sur la table de nui (paraît-il que cela favorise le sommeil...) elle ne pouvait s'empêcher de penser à Cézanne, et à sa nature morte au crâne."

Merci à Sylvie pour le cadeau.

01 mars 2015

Un océan d'amour... à lire d'urgence!



C'est une petite BD sans bulles, sans texte, sans onomatopées... pleines de boites de sardines, de grands vents et grandes marées.
Héroïne: une bigoudène bien en chaire.
Héros: un petit pêcheur du coin.
Intrigue: ils vont vivre de merveilleuses aventures pleines d'humour et de rebondissements en série.
Je vous offre la quatrième de couverture pour finir de vous convaincre!
En bref: à lire de tout urgence pour faire arriver le printemps!




17 février 2015

La jubilation au quotidien



Jubilatoire et terre à terre. Deux expressions qui ne vont pas si bien ensemble et pourtant qui font mouche pour parler du Liseur de 6h27 de Jean-Paul Didierlaurent.

Guylain Vignolles est un homme de routine et de détail. Nourrir le poisson rouge, compter le nombre de platanes jusqu'au RER, s'asseoir sur le strapontin... et lire: une page chaque jour, sortie de nulle part ou presque. En fait elle sort de la Zerstor 500 de l'usine de pilonnage où il travaille. Tous les jours, les rebus de lecture des prix littéraires de l'automne, tous les soirs les feuilles qui en ont réchappé, dument collectées.

Et Guylain Vignolles attirent autour de lui des personnages hors normes, qui chacun à sa façon transfigure le quotidien par la littérature, le goût des mots, de l'écrit, et des pages.

L'humour est au rendez vous, avec ce je ne sais quoi de l'air de rien.

Un roman à glisser dans son sac en toute hâte pour s'octroyer des petites évasions dans les transports en commun ou aux toilettes.

Je ne vous en dis pas plus!

Bonne découverte et merci à Marie-louise!




25 janvier 2015

Un petit air de Downton abbey... l'exotisme en plus!



Quel bonheur de découvrir Une odeur de Gingembre d'Oswald Wynd.

C'est le seul roman qu' Oswald Wynd signa de son vrai nom.

Nous suivons Mary MacKenzie, qui s'embarque en 1903 pour la Chine pour y épouser Richard Collingswoth, attaché militaire britanique auquel elle est promise. Le roman se présente sous la forme de son journal intime et des lettres qu'elle écrit principalement à sa mère et aussi à quelques amies.

Quand elle monte à bord du S.S. Mouldera, elle a tout de la jeune fille bien éduquée et chaperonnée qui découvre le monde, tout en s'y tenant bien à distance comme le veulent les règles établies. Pas à pas, elle va découvrir Pékin et la vie... avec finesse et intelligence, en s'affranchissant de la bienséance pour mieux s'immerger dans une culture étrangère qu'elle veut comprendre.

"Eh bien, me voilà en Chine pour la première fois, étant donné que Hong Kong n'est pas vraiment la Chine. Hong Kong est un bel endroit, mais ici c'est assez hideux, d'après ce que j'ai pu en voir. Mon hôtel est dans la concession française. Je n'avais jamais entendu parler des concessions et c'est le vice-consul, venu à ma rencontre, qui m'a expliqué de quoi il s'agissait. Apparemment, les grandes puissances ont pris des morceaux de Chine et y ont établi leurs propres lois, les autochtones ne pouvant y pénétrer que comme des étrangers, ce qui semble assez bizarre.  Tous les bâtiments que je vois de ma fenêtre sont européens, et à part les pousse-pousse et ces Chinois que l'on voit dans les rues, je n'ai pas du  tout l'impression d'être en Orient. Une petite rivière coule devant la ville, très sale et très encombrée d'embarcations. Des pauvres gens vivent dans des bateaux le long des berges, avec leurs familles, leurs chiens et leurs chats. Ils font la cuisine en plein air et par ce froid, sur des braseros. Mme Brinkhill m'avait dit de m'attendre à voir une très grande misère en Chine, et avait ajouté que je m'y habituerais "

 La force de tout le texte réside dans la psychologie de Mary, qu'on voit se déployer, mêlée au journal de voyage.

La forme du texte fait qu'il est possible d'entrer au plus juste de son ressenti par le journal tout en voyant par les lettres ce qu'elle donne à voir ou pas de ce qu'elle éprouve.

Le récit est plutôt lent, tout en intégrant des coups de théâtre entre deux messages, comme se joue d'ailleurs la vie, entre petite routine et imprévus. Et les revirements ne manquent pas! Quelle vie! Quel parcours! Un très beau personnage de femme libre et forte!

Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous gâcher la découverte. Vous pouvez même éviter de lire la quatrième de couverture pour être tout à fait surpris au fil des pages!




08 janvier 2015

Dodu velu et petit... vous connaissez?



C'est l'histoire d'Eddie, qui aimerait bien faire un joli cadeau à sa maman pour son anniversaire. Elle fait le tour de toutes les boutiques du village, dans l'espoir de trouver quelque chose...

Avec des tous petits riens et beaucoup d'imagination elle trouvera un joli dodu velu petit multi-usage. Je ne vous en dis pas plus.

Très bel album pour enfant. Joli couleur, traits poétiques et joyeux.

Un album qui donne envie de glaner comme les petits et les grands.

Avis aux petits bouts!




01 janvier 2015

Malo de Lange



Histoire de bien commencer l'année, un petit Marie-Aude Murail, qui écrit si bien pour les 7 à 77 ans. J'avais beaucoup aimé Miss Charity et Oh Boy! Je me suis régalée avec Malo de Lange, fils de voleur, chez l'Ecole des Loisirs, en littérature jeunesse.

Tout commence quand l'abbé Pigrièche de l'orphelinat de Tours  demandent aux demoiselles De Lange, deux veilles filles des alentours d'adopter le petit Malo. Elles voulaient une fille, mais finissent par céder en voyant la belle chevelure blonde du petit.

Mais le mystère plane. Malo porte le signe des bagnards à l'épaule, une fleur de lys tatouée au fer chaud, ce qui effraie dès le premier bain et la découverte du signe funèbre...

Très vite le petit Malo apprend la vie, les amitiés, les mensonges... jusqu'au jour où il est enlevé par un bandit, un certain Riflard qui prétend être son père...

Mais personne n'est ce qu'il croit être et Malo se retrouve à la quête de son passé, de son père, et du mystère de sa naissance, embarqué dans un voyage inattendu. Un roman d'initiation, de vagabondage, de petits et grands malfrats.

Pour survivre Malo devient bonimenteur, voleur à la tir, et je vous en passe et des meilleurs. Il fait de belles et de moins heureuses rencontres... jusqu'au fameux Lapin volant, une taverne parisienne qui renferme bandits et assassins et qui devient sa maison au coeur de la capitale, avec sa bande d'écorchés de la vie, petits et grands poètes...

Commencez l'année en fréquentant la canaille et en parlant l'argot des grinches! Vous vous attacherez vite à ce personnage plein de ressorts cachés et de malices.

Le livre est très bien écrit et ponctué de petites phrases insolites qu'on n'oublie pas, je vous en donne une pour la route!

"Il n'y a pas que les colliers de perles qui font plaisir aux dames, comme disait Salomé en recevant la tête de saint Jean-Baptiste sur un plateau."

Avis aux amateurs de littérature jeunesse mais pas que...

Avis aux amateurs de traits d'humour croustillants qui font briller les yeux... et frémir les zygomatiques.

Avis aux fans d'Arsène Lupin et autres gentils voyous!

Merci aux libraires de la Bouquinette à Strasbourg pour cette belle découverte! Et pour ceux qui sont dans les environs allez-vite découvrir cette joyeuse librairie pour enfants! Vous tomberez sous le charme!

Tous mes vœux de lectures: des mots tendres, des phrases mélodieuses, de jolis univers, des personnages émouvants, du suspense, des pages qu'on tournent la larme à l'oeil, et plein d'autres surprises encore! Merci de votre fidélité à Panoramiques... 9 ans déjà!


28 décembre 2014

Mlle Scaramouche, un roman de cap et d'épée pour les fêtes!




Mademoiselle Scaramouche, un joli roman à la Alexandre Dumas pour les fêtes! Suspense, rebondissement et coup de grâce au coin du feu!

Tout commence lorsque Zinia assiste à la mort de son père, maître d'épée vieillissant, quand celui ci glisse malencontreusement dans un duel. Elle le venge, par les milles et uns tours qu'il lui a appris, et se retrouve donc en fuite...  Son monde va s'écrouler, lorsqu'elle apprend qu'en fait il n'est pas son père, que son corps à elle Zinia est déjà présent dans le tombeau familial sous la forme d'un bébé mort né;

Qui est-elle? Jean-Michel Payet nous propulse à Paris, à Versailles, chez Molière et jusqu'à la cour du roi pour comprendre le fabuleux destin de Zinia la rousse, alias Mlle Scaramouche!

Un roman classé en littérature jeunesse, mais qui peut se lire à tout âge.

Un livre qui nous plonge au 17e siècle, avec toute la splendeur des exploits d'épées, des mousquetaires, du théâtre, et de la vie parisienne... En garde!

Une belle héroïne au caractère bien trempé, et qui sera jouée des tours et des scènes pour réussir!

Lancez vous vite à la poursuite de l'énigme des quatre soleils! Vous passerez un joyeux moment de fête!






08 décembre 2014

Femmes de pêcheurs...



Un magnifique roman: Quand rentrent les marins, de Angela Huth.

Myrtle et Annie sont amies depuis toujours, dans un petit village d’Écosse de bord de mer. La vie du village et de leurs familles tourne autour de la pêche. Comme les vagues de la mer, les marins vont et viennent au rythme de la saison, et les femmes au port alternent solitude angoissée et retour agité.

Myrtle est calme, pleine de réserve, de modestie et de gentillesse. Annie est très belle, toute à la séduction, aux apparences et à la consommation. Deux versants très différents de la féminité. Le roman retrace leur amitié et leurs chemins de vie avec tact, sensibilité et finesse. On les voit enfants, adolescentes, adultes, vieillissantes. Des va-et-vient imperceptibles dans le temps construisent deux caractères comme des aquarelles mouillées par le vent et les embruns.

Le sens de l'observation de Myrtle porte le roman d'un bout à l'autre, tout en subtilité et en force. Elle mène une vie simple et attachante.

C'est aussi un roman sur le deuil, sur l'absence, sur la douleur, le manque et le vide.

C'est un roman sur les tous petits riens de la vie, quelques gouttes de pluie qui font des dessins sur la vitre, une partie de cartes qui fait oublier l'orage, une petite tasse de thé à partager.

C'est un roman au féminin, sur les mères, les filles, les amies, les épouses, les institutrices, les aides soignantes à la maison de retraite, les vieilles, les jeunes, les cuisinières, les coquettes, les amoureuses, les solitaires, les curieuses...

Un livre qu'on a envie de recommander pour de belles soirées d'hiver au coin du feu.

Un livre qui interroge le sens de l'amitié et de l'amour.

Je vous offre la première phrase pour vous donner envie de lire les 488 pages qui suivent... (Qu'est ce qu'on quitte à regret ce petit univers familier quand les derniers mots s'éteignent...)

"Les femmes de pêcheurs ont coutume dans la journée de jeter de multiples coups d’œil vers l'horizon, mais il faut être des leurs pour savoir repérer ces regards furtifs, la lueur d'angoisse au fond de ces yeux prématurément vieillis par l'examen répété de la mer lointaine."

23 novembre 2014

Secret de famille à Nagasaki



Une perle rare. Le poids des secrets de Aki Shimazaki. Et en plus un objet livre très doux et beau avec ce camélia en couverture.

C'est l'histoire d'un petit fils qui questionne sa grand mère Yukiko sur la guerre, sur la bombe atomique à Nagasaki, sur les raisons du bombardements, sur les coupables, etc.

Et c'est l'histoire de sa mère, Namiko, qui finit par découvrir que derrière les conversations entre la grand-mère et le petit fils, se cache un secret de famille qu'elle va devoir affronter.

C'est l'histoire d' une longue lettre testament laissée par Yukiko et qui va changer à tout jamais l'image qu'on pouvait se faire de son enfance et de son adolescence.

Enfin c'est l'histoire d'une mission confiée à Namiko...

Mais je ne vous en dis pas plus.

Ce qui m'a touchée c'est l'image des camélias. Symbole d'amour, de passion, de lien, de souvenir.

Le ton est juste. Le récit est poignant.

Bref, je me lance de ce pas dans le tome 2... de cette pentalogie, dont j'ai acheté les autres 4 tomes ce week-end.

Magnifique découverte pour les amateurs de japon, d'histoire de famille et de guerre.







19 octobre 2014

Le dernier Murakami...



En voilà un que j'étais contente de voir sortir (je l'attendais même!): le dernier Murakami.

Je l'ai lu avec délectation! Un beau style simple et puissant.

Tsukuru Tazaki, le héros du roman, était toujours entouré du même groupe d'amis au lycée. Ils formaient un groupe inséparable... jusqu'au jour où il a été brutalement banni de ce cercle amical. Sans aucune forme d'explications. Il s'est noyé seul dans un puit de chagrin sans fond, avant de ne reprendre sa vie en main. Suite à la rencontre d'une fille, il va se replonger dans ce passé et essayer de comprendre ce qui a bien pu se passer.

Ce livre est donc à la fois le récit d'une enquête quasi policière et l'analyse psychologique des étapes du dépassement de soi suite aux cataclysmes petits ou grands de la vie. On n'y retrouve toutes les passions de Murakami: la musique, les cocktails, les liens entre les êtres qui se lient et se délient, etc. Un peu moins de fantastiques, quoique... Et puis cette quête du sens de l'existence, l'exploration des illusions et des attentes, etc.

Le roman aborde beaucoup de sujets en lien avec l'émancipation: la question du désir sexuel, le rôle du métier ou de l'emploi, le sens du voyage, etc.

Le jeux sur les couleurs des noms des personnages ferait presque penser à Paul Auster.

Un roman à lire absolument si vous aimez Murakami. Vous ne serez pas déçus!

Un roman qui permettra à ceux qui ne sont pas trop fan de fantastiques de s'ouvrir les portes de l'univers littéraire de Murakami...




05 octobre 2014

Enquête en monastère



Avec Absolution par le meurtre, Peter Tremayne se lance dans une longue série d'enquêtes conduites par Fidelma, une nonne de l'église celtique également chargée de justice dans le droit irlandais.

Avec ses grands yeux verts, et ses quelques mèches rousses qui dépassent de sa coiffe, elle trace son sillon avec droiture et indépendance, devant tous les grands prélats de ce monde réuni en concile en cet an de grâce 664. La question à laquelle ils doivent répondre: faut-il rester dans l'église celte ou se rallier à Rome? Alors que les débats sont sur le point de commencer, la porte parole de la thèse celte est retrouvée morte dans sa cellule. Fidelma, côté celte, va mener l'enquête en tandem avec le moine Eadulf, côté église de Rome, afin de garantir l'impartialité dans le traitement des faits. Une forte complicité va naitre entre les deux enquêteurs tandis que d'autres énigmes et morts vont les amener à interroger sous différents angles leurs hypothèses.

L'auteur maitrise bien le sujet des églises, dogmes et croyances de l'époque. On s'attache très vite à Fidelma et Eadulf. Bref, un policier historique qu'on dévore avec plaisir... et on en redemande!

Merci à Stéphane pour la découverte!

28 septembre 2014

Tel-Aviv comme si vous y êtiez...



Etgar Keret vit à Tel-Aviv et vient d'avoir un enfant. Dans Sept ans de bonheur, il narre avec humour et ironie, les sept premières années du petit, à coup d'anecdotes amusantes, même si c'est toujours sur un fond de terrorisme, d'incertitudes politiques et de doutes vis à vis des événements et du futur.

C'est une belle chronique qui fait un peu penser à Woody Alen ou à Aprile de N. Moretti.

Il y a le coup du sandwich... où comment convaincre un petit garçon de s'aplatir le long de la route le temps que les bombes s'arrêtent! On joue au sandwich? Maman en dessous, toi au milieu et papa au dessus.

Il y a les questions sur l'éducation du petit: Est ce bien éthique de jouer à Angry birds? Ou est-on en train de faire de lui un futur terroriste? Est ce qu'il faut mettre un beau costume pour aller rencontrer l'institutrice ou on risque de passer pour un être un peu étrange?

Mon coup de coeur va aux nouvelles sur les chauffeurs de taxi! Un peu irascibles à en croire l'auteur!

Bref, tout est dans le ton, entre petites catastrophes intimes et grandes histoires...

"Quelques semaines avant la naissance de notre fils Lev, voilà bientôt quatre ans, deux questions de la plus haute importance philosophique se sont présentées à nous.
La première, va-t-il ressembler à sa maman ou à son papa, a reçu une réponse rapide et sans équivoque à sa naissance: il était beau. Ou, ainsi que le dit ma chère épouse avec beaucoup d’à-propos, 'la seule chose qu'il ait hérité de toi, ce sont ces longs poils dans le dos'.
Quant à la seconde, que fera-t-il quand il sera grand, elle nous a tarabustés pendant les trois premières années de sa vie. Son mauvais caractère semblait le destiner à une carrière de chauffeur de taxi; sa capacité phénoménale à se trouver des excuses le prédisposait plutôt au métier d'avocat; et l'impérieuse domination qu'il a constamment exercée sur les autres montrait qu'il pouvait aspirer à occuper un poste élevé au sein d'un quelconque gouvernement totalitaire. Mais depuis quelques mois, le brouillard qui estompait l'avenir rose et replet de notre fils à commencer à se dissiper. Il sera probablement livreur de lait, sans quoi son étonnante aptitude à se réveiller chaque matin à cinq heures trente puis immanquablement venir nous réveiller aussi ne servirait à rien."

Un livre pour les jeunes parents qui s'interrogent sur l'éducation et l'avenir de leur progéniture...

Des courtes nouvelles pour ceux qui aiment l'humour juif, l'auto-dérision, tout en finesse! La moindre journée, le moindre voyage, est prétexte à un récit décalé et exagéré, pour le meilleur et pour le pire.

Un texte pour ceux qui se demandent comment c'est au quotidien de vivre à Tel Aviv de nos jours. Brutalité et légèreté jouent à cache à cache... et questionnent le sens même du quotidien.

Merci à Christine pour la découverte!

21 septembre 2014

Bourreau d' enquêteur!



M. de Mortagne, bourreau moyenâgeux, n'est pas satisfait! On lui a fait tuer une innocente, Marie de Salvin, et il est hanté pour le regret, la colère et l'injustice. Marie lui apparait en rêve, et semble le suivre. Il se fait la promesse d'enquêter au mieux pour être sûr à l'avenir que ses mains ne commettent plus de morts par erreurs judiciaires.

Mais Hardouin Cadet Venelle n'est pas aux bouts de ses peines, derrière son masque de cuir et son métier de bucher et de tortures. Non loin de son conté, on retrouve des enfants morts, torturés sauvagement. Et il se pourrait qu'une autre femme, Evengeline, servante simple d'esprit, n'ait été accusée à tort du meurtre de sa maitresse. Sa hiérarchie judiciaire semble mystérieusement l'attirer vers ces enquêtes en cours et qui n'aboutissent pas.

Manipulation politique? Meurtres en série? Les mystères plongent le lecteur dans le quatorzième siècle, ses enherbeuses, ses potions, et son vocabulaire... jusqu'à la cour à Paris!

Même si les dialogues peuvent faire sourire le lecteur, avec les "oui-da" et autres termes de vieux français, l'énigme fait qu'on s'attache très vite au personnage d' Hardouin et à sa quête de justice.

Un polar historique qu'on lit d'une traite... Les pages tournent vite... avec un sens du rythme qui tient le lecteur en haleine. Un livre pour les amateurs de séries policières rondement menées.

Pas de la grande littérature, mais un roman facile à lire, pour ceux qui aiment en apprendre un peu plus sur la vie au quatorzième siècle en France. Quelques notes de bas de page décryptent certaines pratiques de l'époque pour mettre le lecteur dans l'ambiance par les objets, les mets et autres coutumes usuelles de l'époque.

Merci à Stéphane pour cette découverte!

Et pour les amateurs, il semble que ce soit le premier tome d'une longue série! Au moins trois, si je ne m'abuse!

Et quant à l'auteur, il parait qu'elle est une des plus célèbres écrivains de romans policiers français à succès et la traductrice de Patricia Cornwell en français.




18 septembre 2014

Road trip... à la vie à la mort...



Un roman allemand: Nächsten Sommer, de Edgar Rai.

Ça a l'air d'un roman tout simple d'été ! Un groupe d'amis qui part en bus Volkswagen vers le sud de la France. Au programme: des conversations sur la vie, la famille, la musique, l'enfance... Et puis des rencontres, autostoppeuse, ou autres. Bref un livre feel good...

Mais derrière ce road trip, chacun des personnages va se révéler et affronter son rapport à la mort et à la vie...

Je ne vous en dis pas plus.

Un roman sur le devenir adulte, sur les petits drames et grandes catastrophes, sur la liberté, l'amour.

Un roman sur ce qu'on hérite ou pas.

Merci Claire Damon, pour ce joli conseil de lecture en allemand!

Je l'ai lu en repensant à nos conversations.

Et pour les amateurs, le livre existe aussi à écouter en CD.




14 septembre 2014

Ecrit à la pointe de l'archet



Un objet livresque et musical qui m'a beaucoup touchée cet été: Fugue pour violon seul de T. Papavrami.

Tedi Papavrami, violoniste de renom, y raconte son enfance de jeune prodige en Albanie, en famille. On y découvre son école de musique, les relations avec son père, lui-même professeur de violon, et ses premiers émois amoureux d'enfants. Et puis tout bascule, quand son génie le fait connaitre de grands musiciens français, qui veulent l'aider par une bourse à venir développer son talent en France.
Il découvre un autre monde, celui de l'ouest et par effet de miroir il comprend pas à pas la dictature dans laquelle baigne son pays natal. Le livre se teinte alors de suspense, entre services secrets albanais et police française.

C'est un livre d'initiation à la politique, à la musique, à la vie.

Chaque fin de chapitre, on peut trouver un flashcode qui permet découter Papavrami jouer.  Cela donne une temporalité particulière à la lecture, ponctuée de cadences musicales, qui portent à méditer.

Ce livre m'a beaucoup fait réfléchir sur mon propre apprentissage du violon et de la musique. Il m'a fait méditer sur l'acte d'apprendre, ses irrégularités, ses caps, ses mystères.

J'ai été intriguée de voir comment Papavrami a très vite une vision du son qu'il aimerait avoir, et avec quel courage il remet en cause sa technique lors de rencontres marquantes. Je suis étonnée aussi de comment il arrive à saisir l'émotion qu'il ressent à l'écoute de grands musiciens en disque et en concert.

Je n'avais pas idée d'à quel point son choix musical de carrière avait pu avoir de conséquences pour ses proches.

C'est donc un récit intime mais qui ne tombe jamais dans l'exhibitionnisme.

C'est impressionnant avec quelle justesse il analyse ses rapports à sa mère, son père, son grand père, ses modèles de violonistes.

Un livre qui donne envie d'écouter et de jouer du violon, mais aussi d'aller à des concerts.

Un texte qui se dévore tant la vie de Papavrami est pleine de rebondissements, de tournants, de glissades, et de poésies.

Un ouvrage sur la solitude, les choix, et un parcours hors norme.

Merci à Stéphanie pour ce beau moment d'écoute.



02 septembre 2014

Révolution française aux caraïbes



Un roman qui fait revivre la Révolution française, mais depuis les iles lointaines des Caraïbes, c'est le siècle des lumières d'Alejo Carpentier.

Avec un style hors pair, on suit des frères et sœurs, qui suite au décès de leur père, vont vivre une vie de bohème en Guadeloupe dans leur villa, jusqu'à rencontrer Victor Hugues, fraichement débarqué au port. Celui ci arrive avec son savoir, ses aventures, et la révolution française. Il va au fil des pages conduire le lecteur en Europe, puis à nouveau sur les mers, dans une société bouleversée par la terreur. La guillotine tourne à plein régime!

Que croire dans la tourmente politique? Est ce que ce sont les théories ou les mouvements sociaux qui gagnent dans l'agitation des foules et des lettrés?

Le personnage de Victor Hugues est un fervent partisan de Robespierre. Esteban, un des frères qui l'accompagne, lui sent que les événements tournent vite. Leurs chemins se suivent tout en donnant lieu à différents regards sur l'engagement, le politique, le social, etc.

Ce roman nous plonge aussi dans l'histoire des conflits militaires de la période, qui opposent les français et les anglais sur terre et sur mer.

Un roman fleuve avec une plume qui marque.

Un livre baroque pour ceux qui aiment l'action, la mer et l'histoire.

Un roman d'émancipation et d'amour qui met en scène des moments complexes d'instabilité, avec force et fougue.

Très beau personnage de femme, dans celui de Sofia, pour une fin de l'histoire qu'on n' oublie pas!

Merci Christine pour le conseil de lecture!