Vue sur la littérature d'ici ou d'ailleurs, à la recherche de petites pépites à partager, pour ré-enchanter nos imaginaires d'avenir... Mon site web de prospective: pan-or-amiques.com
24 juillet 2012
Codage et décodage de l'imaginaire
Haruki Murakami n'a jamais fini de nous surprendre. Dans La fin des temps, il nous emmène dans un mystérieux ascenseur et un dédale de couloir à la découverte d'un savant, qui fait des expériences sur le cerveau humain, à vous couper le souffle. S'en suivent alors deux histoires en parallèle, qui comme toujours finissent par se rejoindre avec subtilité et force! Les deux univers qui alternent s'appellent "fin du monde" et "Pays des merveilles sans merci". On alterne entre d'un côté un monde moderne proche du nôtre, avec ses supers puissances, son informatique et de l'autre un monde clos et parfait Moyen-ageux avec des licornes et autres mystères.
Un roman pour ceux qui questionnent la science tout en aimant les rêves!
Un livre qui plaira aux informaticiens, aux programmeurs mais aussi aux amateurs de contes et légendes!
Bref, un mélange détonnant où tout est possible et où l'on marche tout seul vers l'incertain!
On y retrouve toutes les obsessions murakamiennes, les musiques qu'ils aiment, ces alcools fétiches, ses goûts littéraires, etc.
On sent aussi un regard critique sur les camps de concentration et d'extermination en demi-teinte.
Un livre qui interroge également notre rapport à l'inconscient, à notre psychique et à son évolution dans le temps.
A lire sans modération!
On pense au film Dans la peau de John Malkovich. On pense parfois à Kafka, ou à d'autres auteurs russes. Ca évoque aussi Les falsificateurs de Bello. Mais non, nous sommes bien dans un Murakami, pas de doutes! C'est fort, très très fort!
A conseiller à tous ceux qui aiment être déroutés, cloués par un imaginaire en folie, tout en gardant les pieds sur terre!
Libellés :
Littérature japonaise,
Out of the box,
Rapport au temps
18 juillet 2012
Apprendre à vieillir
Emily est agée, et vit seule à Pittsburgh. Elle s'occupe à sa routine du quotidien, les mots croisés, le chien, les repas, les couchés. Ses enfants habitent loin d'elle, et ne l'appelle que de temps à autres. Elle est veuve. Pourtant il ne lui manque rien. Elle continue le fil des heures, pas à pas, libre.
Stewart O'Nan nous fait découvrir un des pans de l’Amérique, celui qui vote conservateur, celui qui est vieillissant, comme ça, sans en avoir l'air.
Ce roman montre que la vie à tout âge peut être pleine d'imagination, d'inconnu, et de déconcertant.
"Dix heures du matin, et la seule chose dont elle avait envie, c'était de dormir. Elle écrivit ses cartes de remerciements l'esprit embrumé, se fit une soupe et un toast à midi, avala un bouchon de Dayquil nauséabond et se mit au lit. Dehors, le vent faisait rage et les fils téléphoniques se balançaient follement. Elle resta un moment à regarder la lumière changeante au plafond et à écouter Rufus respirer, le tourbillon de ses pensées amplifié par le silence. Elle avait les bronches prises, les sinus bouchés, et contemplant la porte fermée, elle se rappela la façon dont enfant, quand elle était malade, sa mère faisait de la soupe, la lui apportait sur un plateau et glissait une serviette dans l'encolure de son pyjama."
Un livre qui offre dignité et vulnérabilité, unis deux à deux dans une valse tendre!
Libellés :
Au féminin,
Littérature anglo-saxonne,
Rapport au temps,
Sommeil,
Vieillesse
06 juillet 2012
Manoir enchanté
Voici un livre qu'on n'a pas envie de finir, histoire de rester un peu plus dans cet univers joyeux: Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh.
Elle s'appelle Enid, Hortense, Bettina, Geneviève et Charlie. Elles sont cinq soeurs et vivent seules depuis la mort de leurs parents au sein de la Vill'Hervé, une grande maison au bord d'une falaise, qui sent bon les gâteaux, qui abrite un gnome dans la chasse d'eau et un serial semeur de poireaux!
Un roman tout plein du magique de l'enfance, des douleurs de l'adolescence et des joies et peines du devenir adulte. C'est un livre où l'on meurt, où l'on tombe amoureux, où l'on s'aide, où l'on a peur, où l'on est malade... Bref un concentré de vie un brin de folie en plus!
Certaines personnes portent des tenues "Christian Duchose"; certaines situations sont "Hypersolaire", "tour Eiffel" ou "top Niagara"! Certains s'appellent Tancrède d'autre Béhotéguy! Et les titres des chapitres sont top "Le fantôme fait des heures sup'" "Jeunes zomes de moins de 77 ans", etc.
Partez donc à la découverte de cette famille Verdelaine, de leur crabe en laisse, leur rat Mycroft, leur cafard dans la boite de tic tac! Vous ne serez pas déçus du voyage!
Le livre est construit autour de quatre soeurs, quatre saisons, avec des bouts de lettres, de chansons, de tirades, et des plans sur la comète!
Vous allez bien vous amuser!
24 juin 2012
Mère Fille
C'est l'histoire d'une mère qui marie sa fille, alors qu'elles ont toutes les deux des visions diamétralement opposées de l'amour, de la vie, de la famille.
La noce d'Anna de Nathacha Appanah accroche tout d'abord par l'écriture, audacieuse et franche, dès l'incipit:
"Il faut que je vous raconte doucement. Avec calme, sans me presser. Que j'attende que les mots se détachent du fond de moi-même, se promènent un peu, arrivent jusqu'à ma gorge et sortent comme un souffle, une expiration comme une autre, quelque chose que l'on fait des milliers de fois par jour, une évidence. Pour une fois, ne pas se laisser bousculer, ne pas céder au quotidien, résister à l'occupation première de nous tous, chaque matin: remplir nos vies, jouer à être Dieu, faire les cons.
Il faut que je vous dise comment nous attendons des années pour qu'enfin il se passe quelque chose, qu'enfin la roue tourne, qu'enfin nous soyons boutés hors de la torpeur du quotidien, et soudain, au détour d'un regard, dans la chimère d'une journée semblable à une autre, c'est là, maintenant, ici, ce que nous espérons depuis toujours: une autre vie à portée de main. Mais bien souvent, à force de remplir nos vies, de jouer à Dieu, de faire les cons, ce moment là nous échappe et nous continuons, sans nous douter une seconde, que nous avons laissé là maintenant la chance de notre vie, l'homme de notre vie, la femme de notre vie."
Un récit plein de surprises et d'attendus, autour d'une journée de noce, ses codes, ses rites et ses détours.
Les différentes étapes du mariage sont autant de moment pour la mère narratrice de se remémorer sa vie à elle, ses choix, ses fuites et ses peines.
Un livre pour ceux et celles qui ont envie d'aller au bout de leurs envies, et de croire à des petits moments étoilés même dans le doute.
Un roman au féminin, où les relations mère-fille sont interrogées à différents âges de la vie.
Un petit poche Folio qui se lit tout seul, à la veille des vacances, et en attendant le retour du soleil si bien caché en ce moment!
20 juin 2012
se retrouver
Il y a des moments où on a juste besoin de se retrouver au milieu de personnages qu'on connait, dans une petite ville, avec ce qu'il faut de suspense pour tourner les pages, juste comme ça sans plus!
Et là, il y a Camilla Läckberg et La sirène pour vous sauver!
Erika, l'écrivain qui enquête sur les terres de son policier de mari, est de retour, avec cette fois-ci une histoire sordide de lettres anonymes et de disparition.
Toujours le même procédé littéraire de construction de l'intrigue avec des chapitres du point de vue du méchant, dont on ne connait pas l'identité bien sûr, qui alternent avec des chapitres du point de vue des gentils qui courent après les méchants! Ajouter à cela le fait qu'Erika est à nouveau enceinte... et ce sont des jumeaux! Tout ce qu'il faut pour oublier les trajets en métro dans des pages toutes simples!
Avis à ceux qui cherchent un policier sans façon, à la mode nordique!
31 mai 2012
Pas toujours tout noir ou tout blanc
La couleur des sentiments est un roman qui se passe dans la ville de
Jackson, Mississippi, à l'époque de l'esclavagisme. On suit les bonnes de
familles plus ou moins riches de la ville, leurs vies, leurs peurs, leurs
souffrances, et leurs joies. Chacune d'elles est tour à tour le narrateur d'un
chapitre pour nous initier aux us et coutumes du moment. Parallèlement, une des
femmes blanches de la ville commence à se poser des questions sur le statut des
bonnes, la ségrégation, et décide de rompre les codes sociales établis en
allant à leur rencontre, dans le plus grand secret. Elle est aussi une des
narratrices du livre.
Un livre plein d'humanité, d'amour, et de suspense... et en même
temps, presque l'histoire d'une enquête sociologique sur les relations entre
bonnes et patronnes. Un livre sur les femmes, leurs liens, leurs antagonismes,
leurs postures sociales.
Pas étonnant que La couleur des sentiments ait connu un tel
succès! Les personnages sont attachants, le ton est juste, l'histoire est bien
montée.
Ce que j'ai trouvé le plus intéressant est le volet éducation des
enfants. En effet, ce sont les bonnes qui en grande partie l'assure, alors même
qu'elles ne partagent pas forcément les valeurs des parents de l'enfant.
Un autre aspect très riche du livre, je trouve, est le détail du
quotidien des bonnes, jour après jour. Et leur double vie entre la journée et
le soir une fois changée, lorsqu'elles se retrouvent à l'église.
Enfin des anecdotes croustillantes ponctuent le texte, lui donnant
des respirations amusantes.
Un livre à conseiller à tout ceux qui ont aimé Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur. J'ai trouvé des similitudes.
Un roman pour tous ceux qui aiment les histoires d'intérieur, au
coeur des foyers, et des non-dits familiaux. La question des femmes et de leurs
places dans les maisons, et dans la société, est bien traitée.
Un texte à lire pour mieux appréhender les relations blancs/noirs
dans les Etats-Unis des années soixante.
Bref, un livre qui se lit bien, et qui donne envie de le
conseiller à tous et à toutes.
26 avril 2012
Royaumes et voyages
Le tome 2 de Vango de Timotée de Fombelle a tenu toutes ses promesses: des rebondissements, des sentiments, des voyages, du suspense!
Nous retrouvons Vango pourchassé, la charmante Ethel, la taupe, le méchant vendeur d'armes passé maitre du déguisement, etc. La seconde guerre mondiale bat son plein. Rien ne va plus!
Un texte facile d'accès, amusant, et qui n'est pas sans rappeler les Dumas ou autres Leblanc.
Un livre à offrir aux jeunes et aux moins jeunes, curieux d'aventures et d'escalades!
De New York à Paris, en passant par l'Écosse ou l'Italie, vous ne serez pas déçus du voyage!
17 avril 2012
Imbroglio
Dans cette bande dessinée, Guy Delisle nous emmène comme à l'accoutumé découvrir la vie quotidienne dans des zones pas simples politiquement. J'avais été vraiment touchée par son style de reportage en B.D. qui permet de voir dans les détails des jours qui passent toute l'histoire, la politique et les tensions sociales des lieux instables qu'il côtoie.
Pour cette chronique, on est marqué par les difficultés de tous les jours, les check-points, les embouteillages, les détours, les contrôles, les restrictions alimentaires en tout genre. On est rappelé aux terribles incompréhensions entre les peuples et leurs conséquences (le mur, la propagande, etc.)
Avec sa joyeuse naïveté, on s'attache à lui et à sa petite famille, qui s'adapte à toutes les circonstances.
Un livre à lire pour essayer de comprendre ce que peut être le vécu des gens là-bas, autrement que par les images des reportages du 20h.
Un livre qui essaie de rendre compte au plus juste des décalages de perceptions, des jeux de pouvoirs et des craintes des populations au quotidien.
Un beau travail de reporter, témoin, croqueur d'anecdotes révélatrices.
J'aime sa capacité d'étonnement, la sincérité avec laquelle il décrit aussi ses moments difficiles d'exaspération, de frustration, et enfin la bonne distance qu'il arrive à avoir avec ce qui l'entoure.
A quand le prochain tome?
12 avril 2012
V comme... Vango!
C'est une grande épopée qui donne à voir l'Europe au XXe siècle. Tout commence dans les îles éoliennes, où Vango s'échoue avec sa nourrice tout jeune enfant. Un mystère entoure sa naissance... et cela se comprend très vite d'autant qu'il est pourchassé de toutes parts par des hommes mystérieux.
On l'accuse de meurtre, on s'en prend à ses proches... Qui est donc Vango, cet escaladeur de génie, amoureux de la nature, et curieux des autres?
L'écriture est inspirée: elle mêle des hirondelles à des commissaires si mauvais qu'ils font rires. Elle crée des histoires de violette qui donne espoir... des châteaux... des vols en dirigeables... des îles où se cachent des monastères mystérieux...
Au début, on peut être dérouté car on saute de pays en pays, de personnages à d'autres, sans trop comprendre les liens. Puis tout s'éclaire, se noue... des ennuis des uns avec la Gestapo, au manoir écossais des autres!
C'est un hymne à ceux qui osent s'indigner et se battre pour leurs valeurs, même au milieu de la tyrannie.
C'est un ode à la fidélité à soi et aux autres.
Bonne nouvelle, il y a un tome II!
Pourvu que l'aventure continue encore longtemps!
Un livre à conseiller à ceux qui ont aimé Harry Potter de J.K. Rowlings ou Northern lights de Pulman.
Un livre pour ceux qui aiment être emportés par de belles histoires, avec des héros qui font rêver!
Libellés :
Littérature française,
Pour Ado,
romans de monastère
03 avril 2012
Une petite rose de printemps
L'auteur est islandais, mais rien à voir avec la dureté des polars du coin!
C'est une sorte de Road movy. On suit un jeune homme de 22 ans, qui quitte son pays pour aller s'occuper d'un vieux jardin d'un monastère connu et reconnu pour ses roses, en tout genre. En chemin il fait des rencontres, il pense à ses parents, à sa vie, etc. Ça a l'air banal et à la fois singulier. C'est sûrement un des secrets du succès de ce roman, dont je ne veux pas vous en dire plus pour vous laisser la surprise de la découverte.
C'est un roman délicat et tendre sur le devenir père, sur les jardins, les moines et les vieux films. On s'attache aux personnages du père, du frère, de la mère,... On aime écouter les dialogues entre un des frères et le héros sur la mort, le corps, l'amour, à l'aune du cinéma!
Les chapitres sont courts. Le quotidien est juste comme il faut pour nous prendre avec lui.
Un roman à lire absolument.
01 avril 2012
Tome 3...
Murakami nous fait basculer avec une extrême facilité dans un monde de normalité et d'attente, où tout finit par être extraordinaire. Il n'y a rien que des êtres qui se cherchent, dans une lenteur singulière des jours qui passent, et pourtant tout est magique et curieux.
"Je vais tâcher de ne pas penser à des choses inutiles, songea Ushikawa. Je vais m'endurcir, me façonner une cuirasse, et laisser simplement un jour succéder à un autre. Je ne suis qu'une machine. Une machine efficace, constante, insensible. Par l'une de ses ouvertures, j'aspire le temps neuf puis, ce vieux temps une fois transformé, je le recrache par une autre ouverture. La raison d'être de cette machine est son existence même. Il devait revenir à ce cycle pur et naturel."
Haruki Murakami interroge la temporalité. Pourquoi serait-elle forcément linéaire? Le temps est bien plus que nos chronologies...
Un roman qui questionne aussi nos souvenirs, le rapport à notre histoire, et aux filiations. Qu'est ce qu'être mère, fille, fils?
Des personnages curieux ponctuent le récit, comme ce Monsieur de la NHK, qui fait du porte à porte pour vérifier que les personnes paient bien la redevance télé? Un fantôme? un être réel? notre mauvaise conscience?
Je ne vous en dirais pas plus, je ne ferais que vivement vous recommander de lire ce roman... dont je ne suis pas sûre que le tome 3 en marque la fin.
Vivement Murakami prix nobel de littérature!
20 mars 2012
Suite...
Alors, je suis passée par la bibliothèque, et j'ai commencé l'exploration! Ça donne deux découvertes très différentes:
Pachyderme de Frederik Peeters. Une BD qui se passe en Suisse dans l'immédiat après guerre. On suit une jeune femme un peu perdue au milieu d'une histoire d'accident de voiture et d'agents secrets... Avec bien sûr un éléphant, mais je ne vous en dis pas plus. C'est très fantasmagorique. Les images en plans subjectifs sont riches, vivement colorées. Entre rêve et réalité, l'auteur joue habilement avec la temporalité et la mise en récit. On se laisse prendre...
La beauté à domicile de Jean-C. Denis. Une BD qui décortique avant tout les histoires de coeur, les relations humaines, les petits mensonges et les grandes vérités. C'est surtout l'histoire d'un mystère prénommé Angela et que deux hommes tentent de comprendre pas à pas. L'un est chauffeur de taxi au black, l'autre est ostéo. Chacun son histoire et son regard sur cette mystérieuse intrigante. Ça sent le vécu, les prises de têtes et les coups de gueule.
Je vais continuer l'exploration!
Et n'hésitez pas à me recommander vous aussi vos coups de coeur B.D.!
15 mars 2012
De l'humain en barre...
Etienne Davodeau ne connait pas trop le travail du vin et son ami vigneron ne connait pas trop la bande dessinée. Les voilà partis dans l'aventure d'une initiation mutuelle et dans la réalisation d'un livre où se croisent découvertes des vins et des B.D sous le crayon d'Etienne Davodeau.
Ce qui m'a le plus touchée, je pense, est le coeur que ces deux là mettent à l'ouvrage; On sent la passion, l'enthousiasme, la persévérance, l'envie. Par ailleurs, j'aime la franchise que dégage le récit. Si on n'aime pas, on le dit, et c'est tant mieux, qu'il s'agisse d'un vin ou d'une bande dessinée. Et puis on finit par se prendre au jeu de découvrir avec eux deux filières celle du vin et de l'édition de B.D.. J'ai couru à la bibliothèque hier soir emprunter les bandes dessinées lues au cours de l'initiation racontée dans le livre, et mon caviste ne paie rien pour attendre!
Je crois que ce qui me plait aussi, c'est ce désir d'apprendre, cette curiosité, qui est le moteur de la narration. On aimerait que cela continue, toujours.
Enfin, les rencontres qui marquent le récit, sont fortes, profondes, et elles donnent envie d'aller vers l'autre pour en appréhender son mystère.
Quant au dessin, il est assez simple, épuré, du noir et blanc. Il est humain, quand Etienne Davodeau se plaint de ne pas réussir à dessiner son copain qui vient de se raser la barbe! Il est touchant quand on voit nos deux héros contempler des vignes dans le Jura. Je me suis attardée sur cet encart là en haut de page car je pense que l'on peut chercher à contempler n'importe quel sujet d'expertise comme Etienne Davodeau nous montre ce paysage: avec intensité, avec finesse, en l'englobant dans une bienveillance critique.
Et bien sûr, que de joie de retrouver deux héros de la B.D. le photographe qui est parmi mes préférées...
Bref, on se sent à la maison, on se sent bien entouré... De la douceur et du sens dans un monde de brutes désorientées.
C'est un livre que j'ai envie de conseiller à tout le monde. Même à mes copines qui me répondent: " oui mais moi je ne suis pas BD ". Je dirais: laissez-vous tenter.
13 mars 2012
Mise en abyme
Si vous souhaitez vous prêter à un jeu curieux de mise en abyme, ce roman est pour vous: Le motif dans le tapis, d'Henry James.
Ce grand classique de la littérature nous plonge auprès d'un critique littéraire, dont l'un des auteurs qu'il lit et commente régulièrement lui avoue cacher dans son œuvre un sens à trouver, un motif qui traverse tous ses écrits. Il lui déconseille de se lancer dans sa quête. Pourtant comme vous vous en doutez, la curiosité de lecteur du critique est piquée au vif et il se lance à corps perdu dans la quête du fameux motif.
C'est une sorte de polar de la littérature, avec un curieux jeu qui consiste à nous placer nous aussi à la place de ce lecteur qui cherche à comprendre le sens caché du texte.
Un livre pour tous ceux qui s'intéressent au secret et à ses mystères. Toute la tension narrative se construit autour du secret que certains personnages percent et d'autres pas.
Un texte pour tous ceux qui sont curieux des liens entre critiques littéraires et romanciers, et des petits jeux sociaux des cercles d'intellectuels.
Un livre donc hautement intellectuel et conceptuel je trouve... et qui garde son mystère tout en en faisant tout l'objet de sa narration.
24 février 2012
Extrêmement fort
C'est l'histoire vraie de Darina, née en 1968, fille d'un syrien réfugié politique au Liban et qui ne lui a transmis qu'un message en tant que père: être une femme libre, libre de croire, d'aimer, de danser, de boire, bref de vivre.
On suit son enfance, son adolescence et son devenir adulte sous les bombes, dans les abris, dans les exils, dans les hôpitaux, dans les bars,...
Ce livre se lit d'une traite tant on est emporté dans l'histoire, avec un grand H et un petit h. Les scènes sont fortes. Il y a le jour des funérailles de son père, où elle fait taire les récitations de Coran, malgré les représailles hors normes auxquelles elle s'expose. Il y a les soirées de coke et de roulettes russes entre jeunes à Beyrouth pour dompter la mort et les tirs permanents. Il y a les obus qui tombent, les écoles qui ferment, qui ré-ouvrent... les femmes qu'on enferme qu'on libère, les hommes qui sont un jour intellectuels, le lendemain prisonniers. Il y a ces scènes de la Croix rouge, où les blessés s'enchaînent dans toute la brutalité et la cruauté des massacres.
On découvre l'anomie et le chaos social de la guerre, et l'histoire du Liban, pays où se croisent des communautés diverses et qui peut devenir le théâtre d'affrontement qui le dépasse.
"Pour ne pas voir Beyrouth à la lumière, je vivais dans le noir, les rideaux tirés toute la journée. Je ne savais plus vivre sans la guerre, mon corps avait été programmé pour elle, depuis mon enfance, j'étais réglée par la peur, tous mes gestes n'avaient de sens que par rapport à elle, comment éviter les murs, les fenêtres, écouter le bruit, flairer le danger, traverser une rue, tout cela n'avait plus de sens avec la paix. Je ne savais plus aimer, ni baiser loin de la guerre, je ne pouvais pas dormir sans le murmure des balles. Du jour au lendemain, j'ai décidé de me faire la guerre, comme si je n'avais plus de goût à rien. Dans la rue, je me demandais tout le temps, en regardant les gens, qui avait tué et qui n'avait pas tué, qui avait violé et qui ne l'avait pas fait."
Comment trouver les mots pour dire la puissance de ce texte, l'émotion et la force qui s'en dégage?
A lire si l'on veut comprendre la guerre de l'intérieur, du côté humain trop humain.
A lire si l'on s'intéresse à la cause des femmes, à leur liberté et à leurs envies.
A lire si l'on veut comprendre l'arbitraire, la peur, et la folie.
Avis aux libres-penseurs, aux libres-aimeurs, vous goûterez encore plus vos désirs en voyant ce que veut dire en être privé.
Merci Sophie, d'avoir glissé ce livre dans mon sac...
Il s'inscrit très bien dans ma rubrique AU FEMININ!
21 février 2012
Rabelaisien?
Une découverte: l'écriture de Jorn Riel. D'origine danoise, il écrit avant tout sur le Groenland, et cela avec gouaille, humour, et roublardise.
Dans La maison des célibataires, on suit un groupe de vieux messieurs, qui squattent une veille maison et qui commencent à s'inquiéter pour leur retraite. Vont-ils pouvoir rester là? Vont-ils être mis dans un sinistre lieu pour vieux? Comment se sortir de l'affaire?
C'est alors qu'un d'entre eux se dit que pour s'assurer une rente, il serait bon d'épouser une riche veuve. Les voilà tous partis à l'aventure... Mais la vie de non célibataire n'est pas non plus toujours simple... quand on veut ne rien perdre de la vie, et quand la veuve en question a une sale réputation!
On observe donc avec amusement comment un homme qui ne se lavait jamais se met à s'habiller pour sa belle et ses moutons et ce devant une troupe de copains dubitatifs! C'est avec un ton polisson qu'on découvre la région et les habitudes du coin!
A lire pour se détendre avec gouaille, autour de vieux garçons buveurs...
A lire pour une courte pause haute en couleur!
Légèreté et humour...
Merci à Anne pour la découverte!
12 février 2012
Avis de perturbations!
Publié à la fin des années 1970, ce roman américain écrit par William Styron nous plonge dans l'après guerre, à Brooklyn. Stingo, un jeune homme qui essaie tant bien que mal d'accoucher de son premier roman se noue d'amitié pour Nathan et Sophie, un couple détonnant qui habite juste au dessus de chez lui. Les deux amoureux ne font que s'entre déchirer, s'aimer passionnément, violemment, sans limite. Stingo les suit dans leurs délires, dans leurs envies, et dans leurs peines. Il découvre que Sophie est une rescapée d'Auschwitz. Elle va peu à peu se livrer à lui, dans les moindres détails, jusqu'au plus extrêmes douleurs et humiliations.
La force de ce roman est d'interroger le nazisme avec un regard américain, où l'esclavage a aussi fait ses ravages. Les allés-retours entre la vie New Yorkaise et la vie du camp construisent un récit où se superposent les questions de bien et de mal, de folie et de littérature.
Le récit est une sorte de cycle infernal, qui reproduit des peines, des viols, et des moments doux et musicaux dont on ne trouve plus toujours le sens.
C'est donc un roman douloureux, et pourtant ponctué d'érotisme, de conversations métaphysiques, de rires et de dialogues enjoués.
Tout le monde ment, construit sa fiction pour mieux parler du réel. En ce sens, Le choix de Sophie pose la question de la sincérité, de la vérité, de la narration et du vécu sans cesse reconstruit.
Étrange roman réaliste, poussé dans ses recherches sur les plans nazis, mais qui créée pourtant des mises en abîmes qui jouent sur l'écriture et sa temporalité. Extraits de lettres, de journaux intimes, dialogues, dialogues rapportés, revus et corrigés, alternent avec brio, sans oublier les fameuses notes de lecture qu'écrit le narrateur au début du roman, et qui sont des petits amusements qui ne laissent en rien présager de la fin, et du terrible choix de Sophie.
Ce livre est donc à conseiller à tous ceux qui s'intéressent à la culpabilité, à la moral, et aux enjeux cornéliens du bien et du mal.
Un roman aussi à recommander à ceux qui s'interrogent sur les camps, le devenir des juifs, et surtout la survie des survivants après la chute du nazisme.
Un texte qui n'est pas facile, qui n'est pas à lire quand on est dans une mauvaise passe. Il contient des scènes choquantes. Il convient donc d'être dans de bonnes conditions pour se plonger dans Le choix de Sophie. Pour ceux qui le feront, ils en sortiront forts d'une vraie expérience littéraire, qui questionne la mise au roman des camps, et qui soulève de vrais enjeux moraux. Vous en sortirez perturbés, mais dans le bon sens du terme...
Un extrait sur Sophie qui vous montrera bien le style de Styron:
" Elle cherchait sa voie à tâtons. Pour avoir connu, et dans tous les sens du mot, une renaissance, elle avait un peu de fatigabilité, et en fait, beaucoup de l'impuissance d'un nouveau né. Sa gaucherie était celle du paraplégique qui retrouve peu à peu l'usage de ses membres. De petites choses, des petits détails absurdes continuaient de la dérouter."
16 janvier 2012
Se trouver à Venise
Marlena de Blasi nous offre dans Mille jours à Venise, une double histoire: celle de son coup de foudre pour une ville et celle de son mariage soudain avec un beau vénitien.
Dans les deux cas, ce n'est pas tout rose, ce n'est pas sans aléas mais c'est riche, c'est dense, et c'est intense.
D'un côté, elle décortique la société de Venise, ses codes ("faire bonne figure", "ruser innocemment"), ses modes de fonctionnement, sa cuisine. Et ce avec son regard d'américaine, journaliste et critique gastronomique. C'est assez amusant car on en apprend autant sur les vénitiens que sur les américains et le regard qu'ils portent sur les vieilles villes européennes.
D'un autre, elle analyse son histoire d'amour, ses incompréhensions, ses doutes et ses passions. On sent le lâcher prise, on sent aussi la retenue.
Les deux histoires s'entremêlent habilement pour former un récit plein d'anecdotes, de piquants et de surprises.
Une des forces de l'histoire réside dans la sincérité de son auteur et son recul. Ce n'est pas le récit d'une jeune passionnée, fougueuse, aventurière. C'est avant tout l'histoire d'une femme mure, qui a déjà connu l'amour, les enfants, la vie.
Le deuxième grand atout du livre est que l'auteur est passionnée de cuisine et qu'elle joint au texte ses recettes préférées. C'est donc un roman gourmand, plein d'odeurs, d'ambiances de marchés.
Je n'ai qu'une envie, lire la suite: Mille jours en Toscane.
Un roman à conseiller à ceux qui aiment les voyages et la découverte des cultures, des cuisines et des histoires.
Un roman pour ceux qui aiment lire des témoignages de vie.
Un texte pour les amoureux d'Italie et de Venise. L'auteur partage vraiment son enthousiasme, son optimisme, ses ardeurs.
10 janvier 2012
Ce livre peut vous changer la vie...
Drôle de titre pour un roman très hollywoodien mais pas que. Entre apologie et dédain du monde de l'ouest américain, on oscille. Est-ce un livre à lire au premier ou au deuxième degré?
Richard, un trader richissime, se retrouve cloué sur son canapé avec une très forte douleur, qui lui donne la sensation qu'il va mourir sur place. C'est alors que tout bascule. Il rejette en bloc tout ce qui a été sa vie aseptisée, sans humanité, et se lance dans l'aventure de l'ouverture aux autres et aux sensations... bref à la vie. Il devient un bon samaritain.
Un livre qui ressemble à Ensemble c'est tout, Hollywood en plus. En effet, c'est avant tout un livre qui exalte les petits bonheurs du quotidien, les rencontres, et la possibilité de se reconstruire une existence riche de sens quand tout semble vide et vain. Un livre où l'on peut côtoyer les rock-stars et les acteurs, tout en mangeant des donuts chez l'indien du coin.
C'est aussi un livre qui parle de Los Angeles, et de cette ambiance côte ouest des Etats-Unis. Son climat, ses plages, ses acteurs célèbres, sa pauvreté. Un livre qui montre le pathétique de la vie là bas, tout en en captant des moments forts. Un lieu où l'on construit des villas top design sur des terrains non viables, où des chevaux sont sauvés par hélicoptère, et où l'on est dans la méfiance de tout.
Ce qui est intéressant je trouve, c'est que tout l'environnement dans lequel Richard évolue glisse, se troue, tremble, s'enflamme, comme le personnage lui-même. Ainsi glissement de terrain, trous qui apparaissent dans le jardin, et autres tremblements de terre se faufilent dans le récit et prennent une place particulière.
Un autre aspect riche du texte est la critique social. Les personnages mangent des produits extra sains, sans gluten, se font des perfusions de vitamines, et courrent sur des tapis roulants, mais d'un autre côté, ils n'ont aucun réflex sain de vie. Tout ce qui semble bon pour eux est complétement construit artificiellement. C'est un grand livre sur le vide.
L'argent aussi joue un rôle très fort. Ce qu'on peut ou pas s'acheter. Ce qu'on donne ou pas à l'autre. Ce qu'on laisse voir ou pas. Mais là encore d'une façon très artificielle.
On croise des archétypes: l'assureur, le médecin, le gourou, l'infirmière des urgences, la femme au foyer, etc.
Enfin, le livre interroge le lien père-fils. Richard a abandonné sa femme avec leur fils Ben, il y a longtemps, et la crise qu'il vit l'interroge sur sa démarche, et son éloignement familiale.
Ajouter à ça une dose de tout le monde peut être un héros, et vous avez le scénario du livre.
Ça se lit tout seul (beaucoup de dialogues, des traits d'humour), on s'attache aux personnages, et on a envie d'être dans l'ouverture et le possible en le lisant... tout en sentant l'amertume et le ridicule de cette société.
« Ils le hissèrent sur la civière, et lorsqu’ils le soulevèrent un cri lui échappa ; il ignorait pourquoi. Il était entouré de pompiers, d’infirmiers, de policiers qui le portaient ? cela faisait des années que personne ne l’avait porté. Il s’efforça de les aider, de se faire plus léger. Un flic lui demanda où se trouvaient les clés de la maison ? dans une vasque d’argent sur le plan de travail de la cuisine. Ils verrouillèrent la porte et lui tendirent la clé. Lorsqu’ils le roulèrent sur le brancard, le bercement cahoteux lui donna envie de dormir. Vous avez sommeil, vous aussi ? demanda-t-il. Personne ne répondit. »
Un roman pour ceux qui veulent se mettre à la diététique, à la méditation ou au yoga... ou pas!
Un roman pour ceux qui veulent changer de vie ou laisser la vie les changer.
Un roman pour les urbains en quête de sens... ou de cynisme.
02 janvier 2012
Du domaine des Murmures
Curieux roman où le style ancien des "ribaudes" va de pair avec un regard moderne qui nous est comme adressé personnellement à nous les habitants du siècle 21. Etrange conte qui donne à voir la foi, la croyance, la religion, l'église, les prélats et les croisés tout en parlant de la vie, de sa fugacité et ses mystères, de ses fluctuations infimes ou fortes.
Un livre pour ceux qui aiment les romans historiques mais pas que... il y a du suspense, il y a des émotions, et de la modernité derrière cette vie de château.
Un texte qui donne un regard fort sur les femmes, le pouvoir, la domination, et les engagements.
Un livre qui montre que l'on peut voir le monde dans une goutte d'eau.
"Le monde en mon temps était poreux, pénétrable et merveilleux. Vous avez coupé les voix, réduit les fables à rien, niant ce qui vous échappait, oubliant la force des vieux récits. Vous avez étouffé la magie, le spirituel et la contemplation dans le vacarmes de vos villes et rares sont ceux qui, prenant le temps de tendre l'oreille, peuvent encore entendre le murmure des temps anciens ou le bruit du vent dans les branches. Mais n'imaginez pas que ce massacre de contes a chassé la peur! Non, vous tremblez toujours sans même savoir pourquoi."
Curieuse leçon que celle que nous livre cette narratrice recluse... Une forme de sérénité, de douleur et d'imaginaire légendaire jaillissent des pages et entrent en nous puissamment.
Carole Martinez a eu le prix Goncourt des lycéens 2011, et a été coup de coeur 2011 de la fête du livre de Saint Etienne. On comprend pourquoi! Il ne faut ni craindre le mysticisme, ni les longues descriptions moyenâgeuses. Tout est là mais d'un ton clair et digne.
Libellés :
Au féminin,
Littérature française,
romans de monastère
31 décembre 2011
Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur!

Harper Lee nous livre ce qui est devenu un grand classique de la littérature américaine des années 1960, et qui ne se démode pas.
Dans un petit village d'Alabama, au coeur de la crise de la grande dépression, Atticus, un avocat, élève seul ses deux enfants, Jem son garçon et Scout, sa fille. Il leur inculque des valeurs, dans un contexte très tendu: il défend comme commis d'office un noir accusé d'avoir violé une blanche.
C'est un livre drôle, initiatique, violent aussi. Bref, un condensé de sentiments, d'espièglerie, de rumeurs entre voisins, et de scènes d'école au milieu de la pauvreté.
Un livre qui plaira à tous ceux qui s'intéressent à la ségrégation, au racisme, et à l'histoire des Etats-Unis.
Un roman qui plaira à ceux qui aiment les procès, les ambiances d'avant et d'après.
Un texte sur le rôle des pères dans la transmission et l'éducation, aussi.
02 décembre 2011
Un mot oublié?
La délicatesse, voici un mot qui a peu sa place, sauf sur la couverture d'un roman qui caracole en tête des ventes: La délicatesse de David Foenkinos.
C'est un petit conte de Noel, bien doucereux mais parfois ça fait du bien.
Ca donne envie de boire un jus d'abricot, de parler à son voisin dans le métro, et de dire qu'en plus ça rime!
Il est si rare de trouver un roman qui mélange une histoire d'amour à des extraits inopinés de films, de livres, à des listes de tout et de rien...
Un roman qui ose les notes de bas de page, à la: "La location de petites jambes n'existe pas".
Bref, un roman qui fait passer très vite les trajets et les salles d'attente.
Avis à ceux qui voudraient se détendre pendant les fêtes, et se mettre du beaume au coeur.
Un livre pour les fans de K. Pancol et A. Gavalda.
Un livre pour les filles romantiques, qui se cachent.
Un livre pour les convalescentes et les veuves.
12 novembre 2011
Du coeur à l'ouvrage
Un petit roman pour adolescents glissé dans mon sac, j'ai pris le métro. Je me disais que je n'en avais jamais lu. Et puis que je n'étais plus adolescente, alors comment aborder le format?
J'ai opté pour mon seul critère: Allais-je être touchée? Et puis j'y ai ajouté mon deuxième critère: Allais-je le lire d'un coup? Et puis le troisième critère bien sûr: Serait-ce bien écrit? Et là j'ai dit OUI OUI OUI.
Et puis pour tout vous dire, il y a tout plein d'autres raisons de vous parler de ce livre.
D'une part, j'ai l'immense privilège de connaitre et d'apprécier son auteur. J'aimerais tant qu'elle continue d'écrire et de faire vivre sa singularité par des histoires et des petites phrases qui changent.
D'autre part, j'ai retrouvé des mots que j'aime au fil de ma lecture, des mots qui m'ont éclairée ("la vie a plus d'imagination que nous")
Enfin, ce livre traite d'une question forte et peu évoquée par la littérature: comment vivre dans une famille dont l'un des membres est accro à la drogue?
Je vous invite donc à oser le roman pour adolescent. Ca s'appelle Ces années blanches et c'est signé Julie Jacob Coeur.
Je suis sûre que vous n'avez pas fini d'entendre parler d'elle...
07 novembre 2011
... font des grandes rivières!
Les petits ruisseaux de Rabate, où une B.D. qui se joue des codes sociaux, des âges et du destin.
C'est l'histoire de deux copains retraités pêcheurs, qui se retrouvent au bord de l'eau pour passer le temps. Jusqu'au jour où... Je ne vous en dis pas plus, car ça gâcherait tout le plaisir de la surprise, du déroutement et de ce qui s'en suit.
Rabate nous offre des personnages touchants dans leur desespoirs et leurs désirs.
Ce n'est pas un livre sur les personnes âgées et la vieillesse, mais sur ce qu'on est au fond de nous tout le temps.
Planplan les vieux au vert loin de tout? C'est pas si sûr!!!!
Une B.D. drôle et décalée, qui donne envie de s'écouter.
Un livre au dessin des paysages et des portraits sans tabou.
05 octobre 2011
Amours d'exil
Une petite pépite géorgienne, La mer noire de Kéthévane Davrichewy.
C'est l'histoire d'une vielle dame, Tamouna, qui va fêter ses quatre-vingt- dix ans en famille chez elle en France, et qui se souvient de son enfance en Géorgie, et de l'exil que sa famille a dû connaitre en pleine révolution. C'est un balancier qui nous emporte du passé vers le présent, puis le passé, puis le présent... et qui nous montre la difficulté des exilés, entre deux terres, entre deux cultures, entre deux envies. Il y a tous les non-dits, il y a les doutes, et il y a malgré tout une force, de la joie, et des chants au milieu des vieilles photos.
C'est aussi et surtout une histoire d'amour. L'héroine a quitté le pays adolescente, alors qu'elle vivait ses premiers émois avec Tamaz, et la vie va les faire se croiser et se recroiser au hasard des jardins et des salons. Il y a la force des sentiments et les flots du quotidien. Suffit-il d'y croire pour que tout soit possible? Entre occasion manquée et rêve porteur d'avenir, le roman trace son chemin.
Un livre pour en apprendre d'avantage sur la Géorgie et les Géorgiens.
Un texte qui parle très bien des communautés d'exilés recrées ici ou là pour tenir.
Un roman d'amour délicat et doux.
Libellés :
Au féminin,
De l'amour,
Littérature georgienne
28 septembre 2011
La suite!
Et voilà le tome 2 de 1Q84 achevé! Toujours avec Aomame et Tengo, et les Little people, plus que jamais...
Etrange roman double, lent, et qui soulève beaucoup de questions: sur le mystère des origines, sur ce qui est réel ou fictif; sur ce qui est juste ou pas. Et les réponses ne sont jamais claires ou données. Tout est à deviner, au milieu d'une multitudes de faits insignifiants qui prennent sens ou pas. En résumé, je pense que Murakami tente de nous montrer comment la littérature peut changer le monde, par une démonstration mathématique tout en symétrie et asymétrie.
Ce roman touche au sacré, à la solitude, mais aussi à ce qui fait lien. C'est un roman vide et plein, qui raconte peu pour dire beaucoup sur la vie et nos choix.
Un extrait:
"Ah... je vois. Vous êtes encore jeune et en pleine santé, il vous est difficile de comprendre ce genre de problème. bon, tenez, des exemples. A partir d'un certain âge, la vie s'engage inévitablement dans un processus de perdition. L'une après l'autre, des choses qui vous sont précieuses s'échappent et vous glissent des mains. Comme un peigne qui perd ses dents. Et ce que vous vous procurez à la place, ce ne sont que des choses sans importance. Vos capacités physiques comme vos espoirs, vos rêves, vos idéaux comme vos convictions, ou ce qui a du sens pour vous, ou encore les personnes que vous aimez... tout s'en va."
Et un autre pour la route:
"- Je voulais vous dire que, encore maintenant, je me souvenais bien de ce garçon, dit Tamaru. Non pas que j'aurais envie de le revoir. Non, pas spécialement. A présent, si je le revoyais, je n'aurais rien à lui dire. Simplement, j'ai encore dans la tête, tout à fait vivante, l'image de cet enfant complètement absorbé à délivrer des souris d'un bloc de bois, et c'est devenu pour moi une image précieuse. Qui m'a enseigné quelque chose. Ou qui cherche à m'enseigner quelque chose. On en a besoin pour vivre. Une image qui a du sens même si on ne peut l'expliquer avec des mots. Je crois que le sens de notre vie, aux gens comme nous, c'est d'approfondir ce quelque chose."
Un livre pour ceux qui aiment Lilou dans Le cinquième élément.
Un roman pour ceux qui aiment des films comme L'armée des douze singes.
Un roman pour ceux qui s'intéressent à l'écriture et à la construction littéraire.
Vous ne regarderez plus la lune de la même façon!
02 septembre 2011
Mystère au village
Voici un roman qui se présente un peu comme le jeu Loup Garou, où chaque nuit un villageois est tué et il faut déterminer au village qui pourrait être le loup garou derrière ces mystérieuses disparitions. En effet, dans La Mala Hora, Garcia Marquez nous raconte l'histoire d'un village de Colombie, où chaque nuit quelqu'un place des affichettes dénonçant des faits compromettants sur les uns et les autres (des noms d'amants, la vérité sur des enfants non légitimes, etc.) Peu à peu l'ambiance au village se tend. Personne n'a trop la conscience traquille. On suit des rôles bien distincts: le maire, le curé, le médecin, le coiffeur, etc et toute une mécanique sociale de la terreur et de la compromission.
Un texte intéressant pour comprendre la société colombienne de l'époque: la corruption, le contrôle social pesant de l'église, etc.
Un livre court avec un talent particulier de l'auteur pour poser une scène en quelques mots.
Alors paix ou guerre civile au village des affichettes dénonciatrices? A vous de lire!
Merci à Amélie pour le cadeau qui me permet d'inaugurer une nouvelle catégorie: littérature colombienne!
30 août 2011
Roman de taiseux
Je viens de refermer le dernier E. de Luca. C'est un roman de taiseux, de montagnard, d'amoureux de la nature et des bêtes. Un roman d'odeurs, de bruissements, de silences.
C'est aussi et surtout l'histoire d'un chamois et d'un braconnier, tous les deux amoureux des Alpes et de leur territoire, mais dont l'affrontement semble inévitable.
Devant ce duel, on sent le tragique, la tension et l'approche furtive de la fin de vie.
Un texte court, compact, taillé dans le bois, la mousse et la pierre.
A mettre entre les mains d'amoureux des grands espaces, de la faune et de la flore, et du bon air.
Un livre pour tous les avides de poésie contemplatrice.
Un roman où on ne sait si le chamois ou l'homme n'est le héros.
24 août 2011
Le fantomatique absent
C'est une histoire banale. Elle rentre du travail, il a oublié de ramener le pain, elle lui demande si il peut aller en chercher... Sauf, qu'il ne revient pas.
Commence alors une longue et mystérieuse absence, qui va être passée au peigne fin, mise sous l'oeil du microscope de l'écrivain, décortiquée et reconstruite. Peu de choses, en fait, mais une tentative de dire le manque et le vide en mot, mais aussi et surtout l'incompréhensible sortie de l'ordinaire. Parfois on se demande si c'est l'angoisse, la folie, la peur qui guettent la narratrice, ou si tout d'un coup tout va rentrer dans l'ordre.
Etrangement, les lieux vont alors prendre de la place, le cadre de la ville. Certains personnages aussi, dont la mère. Mais le vide prédomine.
C'est donc un livre qui n'emporte pas avec lui, mais qui laisse des creux, des non-sens, des abstractions s'imprimer doucement en nous.
Un livre à conseiller à ceux qui voudraient lire une fois un roman de Darrieussecq pour découvrir son style.
Un livre à conseiller à ceux qui aiment penser que tout peut toujours changer, basculer, palir.
Un livre à déconseiller à ceux qui aiment avoir une intrigue rondement menée.
22 août 2011
Etre patiente
Voici un livre à mettre entre toutes les mains des femmes. Dans Le choeur des femmes, M. Winckler raconte la vie d'un service de gynécologie dans une petite ville. On suit le médecin et son interne, leur relation, son évolution dans le temps. On approche peu à peu l'univers passionant du cabinet. Le dialogue entre soignant et soignée, les incompréhensions, les questions de pouvoir, les douleurs, les peurs.
J'ai préféré la première partie à la deuxième, de ce livre que j'ai pour ainsi dire dévoré en deux jours, alors même que j'étais pleine d'appréhensions au début, vis à vis de ce type de roman.
Je trouve fort qu'un roman arrive à parler en toute simplicité des doutes des femmes, de la sexualité, des désirs, des non-dits, etc. On sent vraiment les angoissées, les désespérées, les craintives, souvent à juste titre. On se prend à rêver à un lien patient médecin différent. Soit même on peut réfléchir au patient qu'on a été. Au patient qu'on pourrait être.
Oui, on peut parler de règles, de pillules, de sterilet, oui, on peut parler d'avortement, et tout ça avec un ton juste et sensible, dans un roman bien mené et construit.
On réalise très vite d'ailleurs que ce livre est le concentré d'années et d'années de pratique de la médecine. On sent le vécu, à travers les témoignages fictifs. Je trouve que le titre est bien trouvé car on entend les voix de toutes ces femmes, qui se mêlent et s'entremêlent, qui font écho, résonnent. On finit par les écouter avec nos trippes.
Un livre à conseiller à toutes.
Un livre vraiment au féminin, écrit par un homme qui écoute les femmes.
13 août 2011
Histoire et Roman
Un roman à mettre dans votre valise s'il est encore temps: HHhH de Laurent Binet.
Il s'agit du récit de l'opération Anthropoïde, qui avait pour but en 1942 d'assassiner Heydrich, le cerveau et bras droit de Himmler.
Tout y est: suspens, tension pour savoir si les deux parachutistes vont réussir leur coup, mais aussi parcours détaillé d'un chef de la Gestapo, un rien de rien devenu tout puissant et maitre du "protectorat tchèque".
Ce qui est très fort, c'est qu'en plus d'un roman, Laurent Binet nous offre une réflexion sur ce que c'est que d'écrire une fiction qui s'appuie sur des faits, des archives, des recherches. Il s'interroge sur ce que cela veut dire de mettre des mots dans la bouche d'hommes qui ont existé, et dont on ne connaitra jamais les pensées les plus intimes dans les moments les plus forts.
En plus, il y a plein de détails passionnants, intrigants, fous. Je ne vous en dis pas plus.
Enfin, le roman donne à voir une perspective tchèque d'un conflit que l'on connait d'avantage sous l'angle français. Je trouve que cela permet d'aborder la seconde guerre mondiale autrement, et d'une façon très enrichissante.
Bref, à lire si vous avez aimé Alias Caracalla. vous retrouverez la formation des parachutistes à Londres, les pseudonymes à manier avec attention sur le lieu de l'attentat, etc.
A lire si vous aimez les polars ou les romans d'espionnages.
A lire si vous cherchez à comprendre la seconde guerre mondiale et le nazisme.
Ce livre a eu le prix goncourt du premier roman. Il le mérite. C'est frais, décapant, touchant. On suit pas à pas le travail d'un historien en herbe, le travail d'un écrivain en devenir, le développement du nazisme, et la mise en place de la résistance, tout ça dans une langue simple, limpide, et bien huilée.
28 juillet 2011
La suite de l'histoire...
Je viens de refermer le premier tome de La force des choses, de Simone de Beauvoir... C'est la suite de son autobiographie (voir messages précédents sur Mémoires d'une jeune fille rangée et sur La force de l'âge).
On retrouve Simone et Jean-Paul dans leur vie de tous les jours, leurs voyages (en Afrique, en Grèce, aux Etats-Unis), leurs discussions avec Cocteau, Camus, Merleau-Ponty et j'en passe...
C'est l'après guerre avec tout le flou politique qui existe en France, et les guerres fratricides, entre communistes, neutralistes, pro ou anti américains.
On les sent plus loin l'un de l'autre, chacun dans leurs amours parallèles.
On peut voir en direct comment Le deuxième sexe est reçu en France et à l'étranger.
Un texte un peu au fil de l'eau, moins marquant que les deux premiers volets, car beaucoup plus dans une routine d'adultes installés, dans une société qui reprend son souffle.
"Nous buvions dur à l'époque; d'abord parce qu'il y avait de l'alcool; et puis nous avions besoin de nous défouler, c'était fête; une drôle de fête; proche, affreux, le passé nous hantait; devant l'avenir, l'espoir et le doute nous divisaient; la sérénité ne pouvait pas être notre lot; le monde contrariati nos passions. Il fallait oublier, et oublier même que nous oubliions. " (page 57)
Un texte à lire pour ceux qui aiment pouvoir imaginer comment les cafés parisiens s'animaient à l'époque de Camus, Sartre et des autres...
Un témoignage à lire pour comprendre le cheminement de Simone de Beauvoir par rapport aux femmes et aux féministes...
25 juillet 2011
Femme d'écrivain
Voici un roman qui vous plonge dans la vie de Hadley, la première femme d'Hemingway. Une femme qui va vivre pour son écriture, pour son mari et pour son couple, jusqu'à la dérive et la séparation.
Etrange livre que The Paris wife, car c'est un roman, une fiction, mais qui s'appuie sur des personnages bien réels, leurs correspondances, des photos. Périlleux exercice je trouve de reconstituer un univers tout en y mettant des mots d'ailleurs, et curieuse lecture qui donne l'impression d'une autobiographie fausse.
On y retrouve le Paris des cafés et des intellectuel(le)s comme dans les livres de Simone de Beauvoir.... à se perdre entre décors de vie ou de roman.
Pourtant on passe un bon moment, on a l'impression de cotoyer le couple et leurs amis, de saisir le travail d'écrivain en train de s'accomplir, les doutes, les angoisses, les échecs, et le désir toujours renouvelé de produire un roman fort et riche.
Un livre qui plaira à ceux qui ont aimé Midnight in Paris de W. Alen, au cinéma récemment.
Un roman pour ceux qui s'intéressent à ce qui fait tenir ou pas deux personnes ensemble.
Un texte qui se lit tout seul...
12 juillet 2011
Pérou noir

C'est cru, c'est violent, c'est grossier, et pourtant la fin de l'histoire et l'écriture sont beaucoup plus subtils qu'on pourrait le penser à première vue.
Dans Qui a tué Palomino Molero, le prix nobel de littérature Mario Vargas Llosa nous emmène en compagnie du sergent Lituma et du lieutenant Silva au fin fond de la campagne péruvienne, où le corps d'un jeune soldat a été retrouvé, mort et mutilé.
Vous vous en doutez, il s'agit du jeune Palomino Molero et nos deux gendarmes vont devoir trouver qui a pu commettre une telle atrocité. Très vite leur enquête va se tourner vers les militaires d'une base voisine, où règne la loi du silence et les rapports hierarchiques.
Humour très masculin, un peu salace, description des bordels et autres débauches de pisse et de merde, des discussions en dessous de la ceinture... tout est là pour ravire les amateurs de récit cru et ironique.
Vous trouverez dans ce roman noir une vision intéressante des liens sociaux et des moeurs du fin fond du Pérou.
Et surtout une intrigue qui ne tombe pas dans l'évidence. On ne sait pas que croire, les faits ne sont qu'une question de perspective, entre folie et mensonge, vérité qui dérange et tabou...
Un roman pour ceux qui aiment les gros sabots virils et gras... les westerns... les jeux de pouvoir et de domination...
Un polar pour ceux qui aiment quand les intrigues sont menées par des grands écrivains... en mêlant les aspects sociaux au suspense.
Ames sensibles en quête de douceur s'abtenir!
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littérature péruvienne,
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06 juillet 2011
Guerre des gangs à Boston
Dernière découverte côté polars, les romans de Dennis Lehane. C'est très noir, très cru, très argotique, et pourtant humain quand même, quelque part.
Les héros sont deux détectives, Patrick Kenzie et Angie Gennaro. Et tout se passe à Boston. Une ville où les liens entre les noirs et les blancs sont tendues, la corruption politique organisée à tous les étages, et les affaires de moeurs légion!
Ils sont engagés pour retrouver une femme de ménage qui a disparu, mais bien sûr, l'intrigue ne s'arrête pas là, tout s'emballe, jusqu'à mettre la ville à feu et à sang. La femme de ménage en question est partie avec des documents que trois hommes politiques veulent à tout prix récupérer, à un moment où une loi est en cours d'adoption et bizarrement retardée...
Un extrait, histoire de vous mettre dans l'ambiance:
" 'Tell you what concern changes - nothing. I'am concerned that this city's going to rip itself apart this summer. Won't stop it from happening. I'm concerned too many kids are dying too young over sneakers and hats and five bucks worth of Grade Z cocaine. Guess what though? They're still dying. I'm concerned that shitheads like that - he jerked a thumb down the bar - are actually allowed to reproduce and raise new shitheads just as stupid as they are, but it doesn't stop them from mating like rabbits' He threw back the shot and I had the feeling I'd be driving him home."
Ce qui est intéressant, c'est que le contrat des deux détectives n'est pas le seul objet du roman. Il y a aussi la vie de ces deux personnages, chacun à leur façon malmené par la vie. Angie est une femme battue, Patrick est le fils d'un pompier, soit disant modèle et célèbre. Tout cela ne fait qu'interroger ce qu'ils sont l'un et l'autre dans ce monde de brut, où les médias sont rois pour faire et défaire les vies des uns et des autres, et la violence insinueuse, pernitieuse et inévitable.
Un monde où les leaders de gangs sont tout simplement effrayants.
Un espace d'action où les armes sont à tous les coins de rue, et dans des mains d'individus sans scrupules.
Un univers intrépide, très masculin, et dure.
Une série de romans noirs pour ceux qui aiment les polars américains et les vieux films à la Sweet smell of success...
Un roman à éviter si vous aimez vous retrouver dans des univers civilisés et tendres, mais à lire absolumment pour se plonger dans les coulisses obscures de la société bostonienne.
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