16 mai 2007

Court et Cocasse

Ca s'appelle Le magot de Solange, de Mouloud Akkouche, aux éditions de la Porte d'à Côté... et C'est COURT et COCASSE!

32 pages pour une chute étrange...

Une très belle couverture jaune orangée pour une petite aventure ordinaire qui tourne à l'étrange.

Un beau cadeau de Marie-Louise, merci de m'avoir fait découvrir cet auteur!




On n'a pas envie d'en dire plus, si ce n'est: surtout ne lisez pas la dernière page avant son heure!

Cette nouvelle a reçu le prix des Lecteurs du Salon du Livre d'Orthez 2006...

14 mai 2007

Et tout commença par l'oubli

Tout commence par l'oubli. Un oubli de taille. Elle se réveille un matin, et elle se souvient uniquement d'une rencontre, d'un coup de foudre, mais c'est tout... Quand soudain, elle réalise qu'elle est mariée depuis 12 ans et qu'elle a des enfants.

Frédérique Deghelt, à travers son dernier roman, nous plonge dans une vie amoureuse trouble: la vie d'une femme, d'une épouse et d'une mère, qui a perdu le sens de son existence en oubliant ce que furent ses dernières années, celles qui ont suivi sa rencontre, son mariage et ses grossesses successives.




Dans La vie d'une autre, Frédérique Deghelt nous offre une réflexion sur le souvenir et l'oubli, sur la construction d'une vie de couple, sur nos rapports aux autres et à nous-même.

Ce n'est pas la première fois que des écrivains ou des scénaristes jouent sur les mystères de l'amnésie, mais c'est la première fois que l'amnésie sert à construire une analyse du couple et de ses fonctionnements.

Curieux roman que ce roman si frais, si ravigorant, si plein de vie et d'envie et cela malgré le doute, le vide et l'effacement. Beau roman qui nous emporte de pages en pages au fond de ce monologue intime.

Si vous avez aimé Alice Ferney ou Anna Gavalda, vous serez enchantés, j'en suis sûre!

Encore un beau succès pour cette collection d'actes sud "un endroit où aller". On ne se lasse plus de cette couverture douce, et de sa typo soignée.

07 mai 2007

Un petit tour du côté de Berlin...

Je viens de lire Russendisko de Wladimir Kaminer, histoire de me rappeler les bons moments Berlinois, Prenzlauerberg, etc. Je ne fus pas déçue du voyage!



Wladimir Kaminer est un émigré russe qui pose un regard neuf sur Berlin. Il a un ton nouveau, plein de cet humour russe du désespoir, un humour où tout est pris au pied de la lettre, et où les raisonnements n'aboutissent pas toujours comme on pourrait le penser a priori.

Il offre à notre regard les différents visages du Berlin, ville ouverte. Ce n'est pas "un train peut en cacher un autre", mais "une culture peut en cacher une autre", comme ces restaurants vietnamiens tenus par des chinois, ou ces restaurants russes tenus par des turcs, à moins que ce ne soit l'inverse. Ce qui compte c'est le mélange des genres, l'imprévu, les décalages.

Parallèlement Russendisko est aussi l'histoire de sa vie, l'histoire de sa famille, de ses amis, l'histoire de ses rencontres. Moitié artiste, moitié journaliste, il transforme son quotidien en des petits flash souvenirs, qui sont parfais de vraies épopées kafkaiennes...

De "comment sa mère a visité l'Europe en Bus", à "comment un célèbre médecin russe propose ses analyses sur Radio Multikulti", en passant par "les étranges conséquences que peut avoir le fait de rouler sans ceinture à Berlin"... vous ne vous ennuirez guère à suivre Wladimir Kaminer au détour des rues berlinoises ou au fin fond des méandres de sa mémoire!

26 avril 2007

Un chef d'oeuvre

Je viens de lire Le Chef d'Oeuvre d'Anna Enquist. C'était la première fois que je lisais un livre écrit par un auteur néerlandais. Et c'était aussi la première fois que je lisais un roman écrit par une psychanalyste, un roman où les personnages sont pour ainsi dire disséqués jusqu'à la moelle.







Elle analyse dans une langue très percutante les liens qui peuvent se nouer au sein d'une famille. Il y a le père, disparu, peintre. Le fils ainé, le fils râté, dédaigné par sa mère, et le fils cadet, le génie, le grand artiste successeur du père. Il s'agit de célèbrer l'oeuvre du fils cadet lors d'une grande exposition... Mais peu à peu la tension monte. Le père resurgira-t-il? Les frères seront-ils affronter leur jalousie?

C'est rare d'avoir un tel personnage de mère cruelle dans un roman, et une telle émotion à lire l'histoire de la belle-fille... Je ne vous en dirais pas plus... mais le suspense monte tout seul au fil des pages.


Ce roman en trois partie est comme un opéra tragique, avec une ouverte pour entrer en matière, une deuxième partie où tout se noue, et un dénouement tant attendu sur lequel je ne dirai rien pour ne pas gâcher la lecture. Et tout est construit à l'aide de symbole, comme dans des rêves. Les poissons ont un rôle hors du commun par exemple. Ainsi que les petits gestes du quotidien qui trahissent, plus ou moins. On retrouve les non-dits, les actes manqués. C'est très étrange comme la psychologie est le moteur de toute l'action, et de toute la tension.

Alors, si vous voulez vous plonger dans les émotions, les tensions, et rejoindre les poissons de la première à la dernière page... ouvrez le chef d'oeuvre!

20 avril 2007

Book Crossing!

Un drôle d'événement vient d'avoir lieu en Belgique: un laché de livre.

Des anonymes ont laissé des livres un peu partout, dans les trains, les cafés, les parcs, la semaine dernière, avec écrit dessus: "Je ne suis pas perdu, je suis libre". Ceci fait parti du mouvement actuel de BOOK CROSSING.

Des personnes amateurs de littérature libèrent dans la nature des livres, gratuitement. L'idée est alors de suivre le parcours du livre, grâce à internet.

Les "3 Règles" du BookCrossing...

- Lisez un bon livre

- Enregistrez le livre (avec vos commentaires) sur Bookcrossing.com et obtenez un code BCID unique (BookCrossing ID), puis collez-lui une étiquette avec ce numéro

- Relâchez le livre afin que quelqu’un le lise (donnez-le à un ami, laissez-le sur un banc public, dans un parc, faites-en don à une œuvre de bienfaisance, « oubliez-le » dans un café…), et soyez prévenus par e-mail chaque fois que quelqu’un vient enregistrer un commentaire sur ce livre ! Et si vous faites une Release Note (note de libération), d’autres pourront partir à sa recherche et tenter de le trouver.

Avis aux amateurs...

Et si vous venez de trouver un livre en France, allez sur: http://bookcrossingfrance.apinc.org/
Avec son numéro, vous pourrez en apprendre beaucoup sur son périple!

01 avril 2007

Une Sicile immaginaire?

J'ai fait la découverte du Izzo italien, ou plutôt devrais-je dire sicilien: Andrea Camilleri. Vous y retrouvez le même goût pour les intrigues noires, les ruelles populaires, les bons petits plats du coin. (Ca donne très envie de manger des pâtes avec une bonne petite sauce maison bien sûr!)



A la différence des polars venus du nord, les policiers ne sont pas toujours les gentils! Et ça donne du piment à l'intrigue. Disons que Camilleri nous introduit vraiment dans les relations siciliennes de quartier, de famille, de fonctionnaires plus ou moins pourris, et tout ça dans une langue du coin très typique et soignée, dont le traducteur en français s'efforce de rendre compte au mieux.

Les personnages de Camilleri sont haut en couleur et en tempérament. Ils ne sont pas dupes du système et conservent une ironie salvatrice par les temps qui court.

Je vous conseille de commencer par Le Voleur de Goûter pour faire la connaissance du personnage récurrent des intrigues de Camilleri, le commissaire Montalbano, et de son village imaginaire le plus connu de Sicile, Vigata.


Même si Camilleri précise que tout est faux, le nom du village, les morts en pagaille, les histoires du coin, tout semble plus vrai que nature! C'est sûrement pour cela qu'il a besoin de préciser que toute ressemblance avec un lieu ou fait réel est tout à fait fortuite!

Sachez aussi que Camilleri a une deuxième passion: le roman historique. Personnellement, je n'ai pas encore essayé, mais s'ils sont à la hauteur de ses romans policiers, ça vaut sûrement le détour!

26 mars 2007

Un petit tour en russie...

On a tous en tête l'histoire du Koursk, ce sous-marin nucléaire où périrent des jeunes russes, il y a quelques années. Marc Dugain, lui, en a fait un roman: Une exécution ordinaire.

Il y raconte comment le régime a laissé mourir ses soldats pour sauver la face, alors qu'il aurait pu les secourir à temps. Mais pas seulement! Il nous emporte en fait dans les méandres du stalinisme, puis dans le cynisme des années Poutine, comme pour mieux nous plonger en eau trouble, jusqu'à nous immerger complètement!






Ce ne fut pas une joie de lire ce roman, ce fut comme se perdre dans un long labyrinthe sombre et kafkaïen d'un sous-marin, sans oxygène. Cette immersion dans un monde qui affiche un dédain totale pour la personne humaine est rude. J'ai été choquée bien sûr par la cruauté dans la banalité, qui caractérise les régimes totalitaires, mais aussi par le fait que tout est marqué par un double language, pour survivre tout en donnant le change... ou pour s'afficher contre le régime tout en en bénéficiant. En fait, ce livre est assez proche d'un film que j'ai beaucoup aimé récemment: La vie des autres. Que ce soit les services de la RDA ou le KGB, on retrouve les mêmes mécanismes surnois, la même absurdité, la même machine!


En tout cas, le roman de Marc Dugain reste un puzzle très riche à observer, pour comprendre la dérive d'un régime et d'une idéologie, mais aussi les traces qu'ils laissent après leur chute.


Je pense que vous aimerez ce livre si vous vous intéresez à comprendre comment l'Histoire et l'intime se croisent. Vous aimerez aussi ce livre si vous préférez les dialogues percutants aux longues descriptions. Je pense que vous aimerez enfin ce livre si vous êtes curieux de savoir par quoi sont passés les Russes pour en arriver là où ils en sont aujourd'hui.

22 mars 2007

Un Jour(Nal) pas comme les autres!

Aujourd'hui, un journal à lire: Libération Le Roman d'Un Jour... et oui, pour l'inauguration du salon du livre, le journal Libération a demandé à 54 auteurs d'écrire l'actualité! Et ça donne quelque chose de très étonnant!

On n'est pas habitué à trouver d'autres mots, d'autres expressions, que ceux des journalistes sur les pages de nos quotidiens. Tout d'un coup, on se retrouve face à un langague neuf. On entend un autre ton. Tout est altéré! Certains ont même parlé de Putsch littéraire! Alors, je me suis dit que ça valait bien un message un peu différent, le lendemain du printemps et la veille de l'ouverture du salon du livre au grand public!







Tout ça pour vous donner encore et toujours envie de lire...


Et puis ce soir, sur France 5, grande soirée du livre...

Ca me ferait presque regreter d'être en Belgique!!!

En tout cas profitez bien, ouvrez grand l'esprit, et inspirez! C'est pas tous les jours que la littérature passe furtivement au devant de la scène et nous salue bien bas!

13 mars 2007

Une hirondelle ne fait pas le printemps...




A tous ceux qui trouvent que nous avons déjà un temps digne des plus beaux printemps, je m'en viens parler d'hirondelles... d'hirondelles de Kaboul!

Je viens de refermer Les hirondelles de Kaboul, premier roman d'une trilogie écrite par un écrivain algérien: Yasmina Khadra. Sous ce pseudonyme féminin se cache en fait un militaire, qui depuis son Algérie natale écrit sur notre monde et ses dérives: En Afganisthan, en Palestine, puis en Irak pour le troisième tome.

Je dois dire que Les hirondelles de Kaboul est un livre marquant! Il mêle cruauté et poésie, comme il mélange amours et talibans... des mots qui ne riment pas entre eux.

J'ai trouvé très intéressant d'être plongé dans le quotidien de Kaboul à travers l'histoire de deux couples, un pauvre, un plus riche, mais qui tous deux traversent une crise existientielle liée au passage au pouvoir des talibans. Cela fait réfléchir aux évolutions des sociétés et des croyances, au rapport hommes-femmes, au mélange de l'intime et du social, bref, c'est une mine ce roman...

Pas seulement une mine de découverte, mais une mine explosive, qui je pense, ne laissera aucun lecteur indifférent!

27 février 2007

Pollars venus du froid, la suite!

Après la découverte de l'excellent auteur de pollars islandais A. Indridason, j'ai pu lire dans la presse que Henning Mankell avait du soucis à se faire, lui qui était jusqu'à l'apparition de ce dernier petit génie du genre l'un des plus célèbres auteurs de polars à succès nordique (il est suédois), traduit dans plus de 2O langues! Alors j'ai craqué, et j'ai lu La muraille invisible de H. Mankell, en deux jours! C'est vous dire comme ces deux auteurs ont tout simplement un talent formidable pour nous emporter avec eux, dans le froid des enquêtes scandinaves!







Le personnage récurent de Mankell est l'inspecteur Wallander, un inspecteur très intuitif, parfois impulsif, mais qui sait sentir quand le monde lui échappe.

La richesse de Mankell est d'avoir pas mal vécu en Afrique, et de pouvoir mêler des univers parallèles, nordique ou africain, à l'image de la globalisation du crime et du terrorisme. Avec La muraille invisible, il nous offre un roman d'actualité autour de la protection des "infrastructures critiques". En effet, l'Union Européenne réfléchit depuis peu à comment se protéger d'attaques sur les réseaux d'électricité, d'eau, de gaz, etc. qui pourraient entrainer un blocage totale de nos sociétés. Il est intéressant de voir que Mankell y pense lui déjà depuis 1998!

J'en profite pour signaler aux fanatiques de polars, qu'il existe un site très bien pour se documenter sur les auteurs, les sorties, etc. Cliquer ici si ça vous intéresse!

24 février 2007

Objet Textuel Non Identifié


Je viens de refermer le dernier Paul Auster: Travels in the scriptorium (et pour tous ceux qui voudraient lire la version française, le titre est: Dans le scriptorium)

La couverture du livre que j'avais trouvé m'avait intriguée: un cheval blanc, dans une chambre blanche, avec un lit blanc, des feuilles blanches sur le bureau... et en blanc le titre et le nom de l'auteur...

Et là, je commence à lire les premières pages, et je me retrouve à observer les faits et gestes d'un homme âgé, qui n'a plus toute sa tête. Il s'appelle Mister Blank, Monsieur Page Blanche, en quelques sortes... Il est angoissé, il se sent enfermé, même s'il n'est pas sûr de cela, en fait il n'est sûr de rien! Est-il un personnage de roman enfermé en noir sur ces pages blanches?

On lui fait prendre des pillules, et il est filmé en permanence: Est-ce une allusion à nos sociétés modernes, pleines de consommateurs de médicaments et de vidéosurveillance?

Comme il n'a plus toute sa mémoire, il devient enquêteur! A chaque fois qu'un homme ou une femme passent la porte, il essaie d'en savoir plus. Et étrangement, les noms des personnages qui entrent et sortent me rappelle les personnages de la trilogie New Yorkaise, un des premier succès de Paul Auster. Est ce qu'il fait donc entrer d'autres êtres de papier dans ce roman mystificateur, êtres qui voyagent depuis leurs pages à eux, sur ces pages blanches nouvelles? Est ce un clin d'oeil à ses fidèles lecteurs, pour nous connecter d'une lecture à une autre, nous replonger dans son univers?

Mais peu à peu, on se rend compte que la principale occupation de Mister Blank est la lecture d'un manuscrit qu'il a trouvé sur la table de sa chambre: un texte qui parle de la guerre, et de comment on conduit des hommes à être convaincus qu'il faut faire une guerre contre des "Aliens", Ah! Donc ce serait bien une critique des Etats-Unis, et de la guere en Irak, à mots couverts?

Puis on retrouve l'infirmière qui vient laver Mister Blank: S'agirait-il donc de parler de la vieillesse, des maladies dégénératives?

Plus on avance, plus c'est vertigineux, plus on se trouve pris dans une mise en abîme: entre les ennemis inventés, les médicaments, le jeux sur les identités et les mots...
On n'en finit plus de se questionner, mais où nous emmène Paul Auster avec ce roman?

Mais ça je ne vous le dirais pas, bien sûr, pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte de cet auteur de grand style! Et pour ne pas vous gâcher la chute! Sûrement les deux pages les plus intéressantes après ce voyage troublant dans le scriptorium...

22 février 2007

Le Baleinié

Un petit tracas? J'ai ce qu'il vous faut! Un petit livre tout vert en tissu, avec écrit dessus Le Baleinié, même si c'est pas facile à déchiffrer. C'est un dictionnaire des tracas, écrit ou devrais-je dire inventé cocassement par Christine Murillo, Jean-Claude Leguay et Grégoire Oestermann.







Ils se sont amusés à trouver un nouveau nom commun ou verbe pour tous les tracas du quotidien qu'on connait tous sans pouvoir les nommer, faute de vocabulaire...

Ainsi, on peut trouver à la lettre B:

Boulbos: camion qui roule devant vous sur l'autoroute et vous masque systematiquement les paneaux d'indication!

un peu plus loin:

Jagun: langage à base d'indéfinitifs, de "ils" de "elles" de "on", pour éviter à avoir à dire "tu" ou "vous" à une personne

Kpètre: bandeau accrocheur qui vous a fait acheter un livre dont vous n'avez pas besoin

Plute: prix oublié sur un cadeau

à la lettre Z:

Zoupard: distance entre le ticket de péage et le bout des doigts tendus

et le mieux bien sûr sont les exemples qu'ils donnent comme dans un vrai dictionnaire, les sens figurés qu'ils ajoutent aux nouveaux mots! Bref, on se marre, et ça fait du bien de rire de ces petits tourments du quotidien, qu'on a tous connus un jour ou l'autre!

Pour les intéressés, les auteurs de ce désormmais célèbre dico, en ont fait une pièce de théâtre Xu, que je viens d'aller voir au Théâtre du Rond Point à Paris! Que du bonheur! Et il prévoit une tournée dans toute la France, donc renseignez-vous!

(Et si vous vous le demandez: Définition de Xu: Objet bien rangé, mais où?)

20 février 2007

Un petit tour en Islande...

Il y a peu je suis entrée dans une librairie, et j'ai commencé à discuter avec le libraire, qui était un fana de romans policiers! Je lui ai dit que j'avais lu presque tous les Fred Vargas, mais qu'à par ça, je ne m'y connaissais pas trop! Il a répondu: "j'ai ce qu'il vous fait" puis il est revenu avec dans les mains La cité des jarres, de Arnaldur Indridason, un petit livre de poche tout noir, tout maussade comme le climat là-bas, mais plein de suspense, me dit-il. Un livre qui a connu un tel succès qu'il est traduit en plus de vingt langues!






C'était la première fois que je lisais un livre d'un islandais, et j'avoue que j'étais curieuse d'en découvrir un peu plus sur ce pays, cette culture, ces hommes du froid et du silence,... Et puis s'il existait un commissaire aussi charismatique qu'Adamsberg, je ne voulais pas manquer ça! (voir libellé: Polars, Message posté sur Fred Vargas pour ceux qui n'ont pas encore eu la chance de découvrir la magie de cette romacière et de son célèbre enquêteur!)

Je n'ai pas été déçue du voyage!

Tout commence par la découverte d'un cadavre, classique, mais tout continue d'une façon beaucoup moins classique, avec la découverte d'organes manquantes, d'une mystérieuse maladie génétique, bref je ne vous en dit pas plus! On en apprend du coup pas mal sur les dernières lois d'éthique et de médecine en vigueur en Islande, tout en étant plongé dans une enigme qui mêle le plus noir au plus humain!

Je pense que tous les amoureux de Fred Vargas seront heureux de découvrir qu'elle a de dignes héritiers, ici ou là!

Alors, avis aux amateurs! L'inspecteur Erlendur vous attend, avec un cadavre sur les bras, un parapluie mouillé, et une mystérieuse douleur à la poitrine qui va et vient...

17 février 2007

Une autre version du monde...




Une très belle découverte de ce mois-ci: Les Falsificateurs, d'Antoine Bello! Je ne peux que vous le recommander très vivement!


D'abord, car l'histoire est très bien montée, pleine de suspense et de rebondissements. Ensuite, car ce livre fait voyager en terres peu connues (Revkjavik, Cordoba, Krasnoiarsk) mais aussi dans le temps, un temps d'une histoire chaque jour recomposée, par une équipe de jeunes talents d'une multinationale du mensonge, chargés de remanier le passé au jour le jour, mais dans quel but? Le mystère règne!



Alors pas à pas, Antoine Bello interroge les liens entre le vrai et le faux, entre la fiction et l'actualité qui la dépasse parfois (pensons aux fameuses armes de destruction massive en Irak, etc.) Il offre ainsi une réflexion sur les média, sur les sources historiques et digitales, sur le rôle des écrivains, des chercheurs, et des membres d'organisations internationales.



C'est aussi un roman d'initiation, car le héros du livre apprend à devenir un bon falsificateur, un peu comme si Antoine Bello voulait nous donner des pistes pour devenir soit un très bon romancier, soit un très bon homme politique, qui sait!



C'est aussi un roman qui nous interroge sur nos choix de pensée: qu'est on prêt à croire? Pourquoi pensons-nous ce que nous pensons? Jusqu'où serions nous prêt à aller pour défendre une cause? Jusqu'où acceptons nous de travailler pour des organisations dont nous ne connaissons pas vraiment clairement les buts?



En tout cas, ce roman offre une vision du monde moderne assez juste, je trouve, malgré le risque certain de tomber de nouveau dans la théorie du complot, on nous cache tout, on nous dit rien!



Je pense que tous les amateurs de John Le Carré ou de Mark Burnell seront comblés! Touche anglosaxone du détail qui tue et qui emporte, double vie, secret! Quant aux autres, ils pourront découvrir le roman d'espionnage ou thriller avec en plus une touche de réflexion philosophique et historique qui donne à penser!

05 février 2007

Bien montée!


Après avoir refermé Une pièce montée, le premier roman de Blandine Le Callet, on ne peut que penser que non seulement elle a dû assister à un bon nombre de mariage pour en faire un tel tableau cubiste, mais aussi qu'elle a très certainement un don pour l'observation des jeux sociaux et pour les petits dialogues bien ciselés dans la simplicité du quotidien. Bref, un roman à lire, pour passer un bon moment et remettre le mariage à la place qu'il tient aujourd'hui peut-être, parade reflet jeu repère... ou tout simplement rien, juste une grosse pièce montée, bien théâtrale, avec des choux qui menacent de s'écraser au milieu du caramel.

Chaque chapitre est le récit d'un mariage bourgeois, vu par un des participants: tour à tour petite fille d'honneur, prêtre, époux, belle-soeur, j'en passe et des meilleurs. On découvre tout ce que cette journée renferme, ou tout ce qui lui manque, page après page. On découvre les sourires, les grincements de dent, les chapeaux et les têtes à claque, les bleus au fleur et au coeur.

Alors si vous avez peur de vous ennuyer à un mariage, surtout ne vous inquiétez pas: lisez Une pièce montée et observez! Que du bonheur, ou presque!

29 janvier 2007

Grains de sable

C'est un premier roman qui laisse présager beaucoup de la suite: Le Sablier de Sofia Guellaty.

En 105 pages, elle nous plonge dans le quotidien d'une jeune fille qui tente de se sentir exister, malgré l'ennui, le vide, le cynisme, et tout ce qui fait parfois les grains de sable de la vie.

Un soir, son regard se pose par hasard sur un vieil écrivain au Sablier, le bar d'à côté, et commencent alors des échanges écrits à travers des mots laissés par le vieil homme sur la table:
"il n'y a que le monde qui reste, il n'y a que le temps qui dure" ou encore "si l'on bâtissait la maison du bonheur, la plus grande pièce serait la salle d'attente". Derrière ces échanges de papier, petit bout par petit bout, presque rien et pourtant tout. Un mystère.

Ce qui fait la beauté du style de Guellaty, c'est le mélange d'enfance et d'adulte désabusé: Ainsi ses pages font se croiser un monstre, qui sort très régulièrement de sous son lit, et qui la regarde sans bruit d'un air bête, et un chef au boulot qu'elle doit affronter tous les jours, et qui la regarde crument, d'un air avide.

A vous de renverser le sablier...

25 janvier 2007

Enigmes...

Il existe pas mal de romans basés sur une enigme concrète à résoudre, qui s'appuie soit sur un tableau, soit sur un poème. Cela donne lieu à une quête jointe du narrateur et du lecteur, qui lui aussi à en quelques sortes les clés pour avancer puisqu'il affronte la même image ou le même texte à décoder!

Par exemple, dans le Tableau du Maître Flamand de Perez-Reverte, on est face à un tableau qui représente une partie d'échec, et tout au long du roman, il s'agit de percer le mystère du tableau et de la partie, pour comprendre un meurtre. Le damier est d'ailleurs reproduit sur les pages, et on se retrouve donc lecteur face à des pions, à chercher ce que cela peut bien cacher. Fascinant comme ce mécanisme d'implication fonctionne. On cherche à devancer le narrateur.



Dans le même genre, je viens de finir l'Incontro de Vincenzo Cerami. Cette fois-ci, c'est un poème qui cache le mystère d'une disparition, celle d'un professeur de philosophie passionné d'énigmes et de devinettes! Le poème est bourré d'anagrammes, d'acrostiches, de jeux de mots, qui, si mit dans le bon ordre, permettent d'avancer! Pour la petite histoire, Vincenzo Cerami est un grand homme de la littérature italienne, mais aussi du théâtre et du cinéma italien. Ami de Benini, il a participé avec lui à l'écriture de La vie est belle. Et comme il partage tous les deux une vraie passion pour les devinettes et énigmes, ils l'ont introduite dans le film à travers ce soldat nazi qui vit dans son monde de devinettes, sans aider le pauvre Benini dans sa lutte.

Enigmes et devinettes... rien de nouveau sous le soleil (depuis le Sphinx jusqu'à nos jours), mais des bons moments au coin du feu, certainement!

22 janvier 2007

13 expériences littéraires!

Que lisons-nous? Les best-sellers? les romans dont parlent les journaux, les émissions TV ou radio? Les "têtes de gondoles"?

Comme le dit très bien Murakami, à force de lire tous la même chose, on va finir par tous penser pareil...

En lisant le Guide Lonely Planet du VOYAGE EXPERIMENTAL (merci Claire et Jean-Phi!), j'ai alors eu une idée! Pourquoi pas proposer une autre façon de lire, comme ce guide propose si bien une autre façon de voyager... Voici donc 13 idées pour lire "out of the box"!

1. LECTURE GRAND MERE
Demander à la personne la plus âgée que vous connaissez, quels sont les livres qui l'ont le plus marqué dans sa vie, et à vos bibliothèques! En bonus, un super échange de génération! Et vous pourrez constater que d'une génération à l'autre ce ne sont pas du tout les mêmes auteurs qui semblent les "incontournables"!
2. LECTURE CINEPHILE
Lire les livres que lisent vos acteurs préférés dans vos vieux films préférés. Si, si, je vous jure, parfois on peut voir les titres, et se plonger dedans...
3. LECTURE AUDITIVE
Prenez quelqu'un dont vous aimez particulièrement la voix (Arditi, Dussolier, Pennac, etc.) et aller acheter les livres qu'ils lisent sur CD. Ca vous permet de les écouter en faisant la vaisselle, en conduisant, ou en rêvassant sur votre lit!
4.LECTURE ARTISTIQUE
Lire en faisant des dessins, photos, etc en rapport avec le roman en question!
5. LECTURE IMMERGEE
Aller lire le roman dans le lieu du roman (par exemple aller lire LUTETIA d'Assouline, dans le Hall de l'hotel Lutetia). Et puis, vous pouvez opter pour des lectures immergées aléatoire. Exemple: aller lire un roman, en dévorant un chapitre par station de métro (les sièges sont confortables, je vous promets!) ou un chapitre par café du quartier(là c'est à vous de voir, et c'est un peu plus onéreux!).
6. LECTURE FIL D'ARIANNE
Demander à votre voisin de palier ou de métro de vous conseiller un livre. Et si ce livre vous fait penser à quelqu'un, demandez lui de vous conseiller un livre, etc. Suivez le fil!
7.LECTURE ALEATOIRE
Prendre un mot que vous aimez beaucoup, et aller sur le site d'amazon ou de la fnac. Voyez s'il existe un roman qui contient ce mot dans le titre et lisez-le!
8. LECTURE HOMONYME
Lire un roman dont l'auteur à la même prénom ou nom que vous!
9. LECTURE TEMPORELLE
Plongez-vous dans une époque en lisant par exemple trois romans qui ont été écrits la même année (ex: l'année de votre naissance, l'année du mariage de vos parents, l'année où l'on a marché sur la lune, etc.)
10. TOUR DU LIVRE
Lire un roman par pays d'une zone du monde que vous aimez: exemple: un roman par pays d'afrique, un roman par pays d'Europe, etc. Vous pouvez même envisager un tour du monde! Il peut être intéressant aussi de lire trois romans différents qui se passent exactement dans une même ville (ex: Moscou, New-York, et ainsi vous faire une géographie personnelle des lieux!)
11. LECTURE ALPHABETIQUE
Vous pouvez commencer l'année 2007 par un livre d'un auteur dont le nom commence par A, puis ensuite enchainer avec un livre dont l'auteur commence par B. Au moins vous ne risquez pas de vous perdre dans la bibliothèque du quartier!
Sinon vous pouvez opter pour l'année Z, ou X... et faire tous les auteurs qui commencent par une lettre sur une année donnée! Vous deviendrez des experts!
12. LECTURE SELECTIVE
Vous pouvez décider de choisir le livre en fonction de sa dernière phrase...
ou prendre que des livres qui ont du bleu sur la couverture!
13. LECTURE A DEUX C EST ENCORE MIEUX
Vous achetez un roman en double exemplaire et vous le lisez en même temps que votre cher et tendre! C'est romantique, surtout si vous n'avez pas la chance d'être à ces côtés tous les soirs...

Voilà, si vous tentez une de ces expériences, surtout n'hésitez-pas à en faire part sur le BLOG en publiant des commentaires! Ca pourrait être intéressant de partager nos impressions!

Et puis bien sûr, cette liste est non-exhaustive! Si vous avez d'autres idées pour lire autrement, proposez-les en ligne!

17 janvier 2007

Haut comme trois pommes

Au début, c'est comme un gros coup de poing dans l'estomac. On est saisi aux trippes, écoeuré, par le récit de cet enfant de 5 ans, qui se croit tout permis, et pour qui Dieu et Bush sont les modèles ultimes. Puis on entre dans le jeu du roman: On remonte l'arbre généalogique de la famille en étant à chaque fois dans la tête d'un môme de 5 ans, au milieu du monde... aux Etats-Unis, en Israel, au Canada, en Allemagne, etc.





C'est le pari du dernier roman de Nancy Huston, Lignes de faille: Présenter une critique de notre monde moderne, mais aussi son historique, à travers le regard cru et aiguisé de l'enfant, sur plusieurs générations. Elle en profite aussi pour montrer les déboires de l'éducation (l'enfant roi, l'enfant dévalorisé, etc.). Elle nous oblige à oublier notre regard blasé et à affronter l'horreur de la guerre, à portée d'oeil d'enfants. Par quelques scènettes, elle dresse les blessures, elle érige les incompréhensions, elle crie les non-dits.

Apparemment, elle a obtenu le prix Fémina pour ce roman, après moultes discussions houleuses... mais on passera là dessus. Elle qui publit aussi bien en anglais qu'en français (elle est canadienne et elle vit à Paris) ne se laissera sûrement pas impressionner par ces débats parisiens.

Sûrement un livre à conseiller pour sa structure à rebours, qui permet des jeux d'échos fort intéressants entre les générations, et pour l'originalité d'avoir un narrateur très jeune pas si innocent que ça!

A vous de trouver les failles entre les lignes...

06 janvier 2007

Palympsestes parisiens




Après la Petite Bijou, je lis maintenant Dora Bruder, mon deuxième Patrick Modiano. Ses romans sont comme des Palympsestes, une couche d'écriture de parchemin peut en cacher une autre!

Ainsi, on marche souvent dans les rues d'un Paris, qui est tout à la fois le Paris de la guerre, de l'après-guerre, des années 1960 et de maintenant. On poursuit des visages, sans savoir s'il s'agit d'une personne, ou d'un souvenir faussé par les couches de la mémoire.

On se sent proche de lui, de son vécu. Mais on se sent aussi porté par ses quêtes, par les coincidences de ses introspections.

Il vit avec le passé vivant. Chaque porte, chaque façade, évoque pour lui d'autres temps, d'autres réalités, et s'animent ainsi d'une vie oubliée, voire effacée.

On retrouve les questions liées à l'enfance et à ce qu'on en garde, mais aussi aux rencontres, aux hasards de la vie.

Je pense qu'il a raison quand il écrit que l'écrivain est en quelque sorte voyant. Il sait lire sous la couche écrite les couches perdues...

Enfin, un petit PS: Dora Bruder m'a été offert avec un autre livre qui n'a rien à voir, mais que je ne peux que trop vous recommander, si vous vous êtes plongés dans les Haikus ou dans la lecture de Soie (Cf. Messages précédents): Neige de Maxence Fermine. Une courte pause, et Maxence Fermince vous transporte ailleurs, à travers une fable asiatique qui donne envie d'être funambule dans sa vie et ses lectures.

Funambulez bien en 2007!