25 avril 2021

Ne m'oublie pas


 


Une BD dont la couverture fait du bien par les temps qui courent: Ne m'oublie pas!

C'est l'histoire de Clémentine et de sa grand-mère, qui souffre de la maladie d'Alzheimer. 

C'est une bande dessinée tout en délicatesse et tendresse. Un peu de douceur dans un monde de brutes. Le graphisme, les couleurs, les traits, vont bien avec ça aussi.

Et puis les BD sont peut-être plus abordables en ce moment, que les romans, pour ceux dont les journées sont lourdes...

Donc en bref, beaucoup de justesse, une jolie histoire, un brin de poésie!

J'aime bien la question du lien entre les générations et comment il se tisse.

Je trouve qu'Alix Garin nous propose un road movy intéressant ! Son héroïne ne supporte pas de laisser sa grand mère finir sa vie ainsi, enfermée. Elle lui offre comme un nouveau souffle, même si leur voyage est un peu fou!

Merci à Anne-Laure pour la découverte!



18 avril 2021

L'année du lièvre


Une BD marquante: L'année du lièvre. J'ai dévoré les trois tomes!

Un livre qui nous fait faire un voyage dans le temps et l'espace. Nous sommes en 1975 à Phnom Penh. Les khmers rouges prennent le pouvoir et imposent leur ordre social nouveau fait de terreur. 

Nous suivons une famille qui est déportée à la campagne, mais aussi la vie de ceux avec qui elle se retrouve, leur choix, leur peurs, leur survie. 

Tian, l'auteur, nous donne à voir les stratégies des uns et des autres pour tenir, s'adapter, survivre... ou pas! Il nous parle de ses parents (Khim et Lina), qui vont connaitre son arrivée au monde en plein moment de basculement vers la tyrannie des khmers rouges. C'est une BD qui est très réaliste, et qui montre les khmers rouges par le quotidien. Le jour le jour. 

J'aime beaucoup les traits de dessin de Tian, c'est simple, touchant, juste. 

Une BD pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire du Cambodge et des cambodgiens!

Une belle découverte à la super médiathèque de La Tour du Pin. Bravo aux équipes pour les excellents choix de bandes dessinées sur place!





27 mars 2021

Casabianca


 


Une fois n'est pas coutume, je partage avec vous non pas un roman mais un témoignage. Le livre s'appelle Casabianca et est signé par le capitaine de vaisseau L'herminier.

Casabianca, c'est le nom d'un sous-marin. Et pas n'importe lequel.

En 1942, lorsque l'annexion de la zone libre par l'Allemagne commence à entraîner des sabordages de la flotte française, l'Herminier et des membres de son équipage fomentent un coup: Une évasion du port de Toulon!

Cap vers Alger, pour rejoindre les alliés. 

Le Casabianca va alors servir à des missions de renseignement et de ravitaillement en hommes et en armes vers la Corse et la Provence.

Un livre qu'on dévore. 

Dès les premières pages, il y a le suspense. Est-ce que l'équipage va réussir à quitter la France sans se faire tirer dessus par l'aviation allemande? Va-t-il réussir à atteindre Alger sans se faire torpiller par les alliés?

Et puis il y a le ton de l'Herminier, qui partage à la fois les émotions, mais aussi les rapports d'étape, un schéma explicatif. On se sent à bord avec eux. Avec la condensation qui fait qu'ils sentent des gouttes sur leur visage. La nuit par forte mer dans le doute. 

On découvre aussi l'envers de la Résistance. Jamais je n'avais pensé que des sous-marins avaient pu jouer des rôles clé dans la libération de la France.

L'histoire est faite d'imprévus. Ils se croient à telle distance des côtes corses et se retrouvent en fait à deux pas d'une falaise, pas du tout où ils le pensaient! Une autre fois, c'est un incendie qui se déclenche à bord.

Mais ce livre est avant tout l'histoire d'hommes, tout entier dédié à leur cause.

Très intéressant de voir l'importance des préparations, le rôle clé que joue le type de matériel. Les hasards aussi.

Merci à Rémi pour cette très belle découverte!

Un livre pour ceux qui s'intéressent à la Marine, aux sous-marins, à la seconde guerre mondiale, à la résistance.





25 mars 2021

Le marchand de bonheur




Après avoir lu La république du bonheur de Ito Ogawa (la suite de la Paperie tsubaki, et vraiment dans la même veine), j'ai enchainé avec le Marchand de bonheur de Davide Cali et Marco Soma. 

J'ai tout de suite craqué pour le coup de crayon qui me rappelle l'univers des machines de l'île de Nantes.

Et bien sûr, j'ai accroché à l'histoire! Notre héros est M. Pigeon. Et il vend du bonheur, en pot. Si! Je suis sûre que beaucoup d'entre vous sont preneurs par les temps qui courent!

En plus ce sont des offres personnalisées et personnalisables, du petit au gros pot, du pack de 6 à des modèles singuliers très joliment décorés. 

Monsieur Pigeon livre à domicile, bien sûr. Et il va voir pas mal des oiseaux des bois!

Mais comme vous vous en doutez, le bonheur de s'achète pas.

C'est ainsi que Monsieur Souris, dont personne ne se soucie vraiment, retrouve un pot vide… Je ne vous en dis pas plus!

Un petit bijou ce livre pour enfant je trouve.

Très réussi!

C'est un univers vraiment touchant avec de l'humour dans les éléments du dessin et dans les détails de l'histoire.

Bref, une fable qui fera le plaisir des petits et de grands.


20 mars 2021

Des mangas!


Petites découvertes de Mangas en ce mois de mars 2021.

Mon coup de cœur fut Chiisakobe. L'histoire d'un jeune charpentier qui suite au décès de ses parents dans un incendie se retrouve à gérer l'entreprise familiale et à retourner vivre dans sa maison natale. Dans des temps compliqués, il va s'accrocher à la devise de son père pour tenir: humanité et volonté. Deux mots peut-être clé aussi par les temps qui courent? Ce manga tourne autour de la relation qu'il noue avec une de ses amies d'enfance qui décide de s'occuper d'orphelins dans la maison où il vit. Je ne vous en dis pas plus. C'est très japonais dans les rapports sociaux, les traditions, le devoir, etc. Très dépaysant!

Autre manga: Après la pluie. Déjà plus un manga pour ado, j'ai trouvé. Akira est une jeune fille qui travaille dans un restaurant pour se faire un peu d'argent. Elle tombe secrètement folle amoureuse du gérant. Donc tout tourne autour de son amour pour son patron. Par ailleurs, on comprend qu'elle avait un grand avenir sportif devant elle, mais que suite à une blessure à la cheville, elle est bloquée dans l'avancée de ce projet de vie. Va-t-elle pouvoir retourner à l'athlétisme? quel lien va-t-elle nouer avec le tenancier du restaurant? A vous de lire!

Enfin un manga plus enfant: YotsubaKoiwai Yotsuba est une petite fille de six ans très énergique et enthousiaste. Elle vient d'emménager en ville, ce qui représente pour elle une grande découverte! Elle vit entourée de son père, qui ne cesse de lui faire des recommandations et de ses nouveaux voisins : la famille Ayase, avec trois filles plus âgées dénommées Ena, Fuuka et Asagi. Chaque volume raconte la vie quotidienne de Yotsuba : Son inexpérience et son jeune âge donnent lieu à de nombreux gags. Le manga joue sur le comique de situation, et s'adresse avant tout à un jeune public je pense. En tout cas, personnage très attachant!

Voilà. Comment voyager depuis son salon! Il ne vous reste plus qu'à commander japonais!

Bons mangas à tous!




07 mars 2021

Une joie féroce




Désolée pour l'absence, mais difficile de se remettre sur un écran après des heures de télé-travail!

Un petit Sorj Chalandon, en ce dimanche soir: Une joie féroce.

Le thème du livre peut dérouter puisqu'il s'agit du cancer. Nous suivons quatre femmes qui font des aller-retour à l'hôpital pour des séances de chimiothérapie. Chacune d'elles face à la maladie va se redécouvrir, et comprendre ce qui donne sens pour elle à la vie.

Par ailleurs, elles vont se réparer mutuellement à travers l'entraide, la solidarité, et aller jusqu'à des extravagances inattendues! Je ne vous en dis pas plus pour ne pas gâcher le suspens!

C'est un roman qui est assez émouvant, entre les moments de détresse, les joies, les rires, les surprises bonnes et mauvaises.

Le style est vivant, vivace presque. 

C'est comme si Sorj Chalandon nous racontait une chimio comme un road trip entre copine.

Un livre à conseiller à toutes les femmes en soin, en traitement, et en chemin de guérison.

Un roman qui fait plutôt du bien et donne envie de liberté!



29 janvier 2021

Non Non Ba

 



Un petit bijou que ce manga: Non Non Ba de Shigeri Mizuki.

C'est l'histoire d'une grand mère japonaise et de son petit fils. Elle l'accompagne dans la vie et lui transmet tout ce qui compte, à commencer par l'existence de Yokaïs et de leurs légendes. Ce sont des petits personnages, comme des fantômes, qui vivent dans certains bois, ou certaines mers, et qui ont des pouvoirs sur leur environnement et sur les gens, dans la tradition japonaise. 

Dans cette chronique très touchante, on retrouve toute la vie du Japon rurale, mais aussi toute une philosophie du monde, qui montre combien l'invisible joue un rôle dans notre univers.

J'ai été émue par les liens qui unissent la grand mère et sa descendance, mais aussi par les liens entre enfants, la place des parents, leurs rêves (tenir un cinéma), et les pressions de réussite. 

Qu'il est beau de voir comment l'auteur trouve le trait juste pour nous raconter son enfance, et l'ouverture sur l'art et le dessin qu'elle lui a donné. On voit comment il fait de ses crayons la clé de son épanouissement et de son devenir.

Bref, vous l'aurez compris, Grand Coup de Coeur!

Merci à David, pour ce très beau cadeau...




16 janvier 2021

A cinq ans, je suis devenue terre à terre




On connaissait Jeanne Cherhal chanteuse, voici Jeanne Cherhal autrice! Sur 150 pages, elle nous présente les mots qu'elle aime. De "sorcière" à "cercle", en passant par "ramasse-bourrier"! 

Forcément, j'accroche! Car j'aime le goût des mots, de leur sonorités, de leur connotations. J'apprécie le choix des mots et ce qu'ils révèlent de nous et de nos existences.

Ainsi, j'ai été émue de retrouver des mots de patois vendéen! J'ai été touchée de sentir dans le choix des mots des bouts de portraits, des tranches de vie.

Ca se lit tout seul, deux pages par mots, ou trois au plus. 

Chaque mot est un petit moment de vie. Pour certains, ce sont des clins d'œil, aux proches, à la fratrie, au parcours de Jeanne Cherhal.

Bref, un petit trajet et puis s'en va.

Reste la trace poétique de l'instant.

Un livre qui donne envie d'écrire sur ses mots à soi, pour les garder tendrement!

Merci au Père Noël pour le cadeau!

Un livre au féminin!



05 janvier 2021

Personne ne sort les fusils



Sandra Lucbert, normallienne et agrégée de lettres, interroge la langue et le langage des dirigeants de France Télécom, lors du procès qui s'est tenu en 2019. Sept personnes sont sur le banc des accusés, pour maltraitance de salariés, et ce jusqu'aux suicides de certains d'entre eux.

Elle s'appuie sur les travaux des linguistes qui ont étudié les procès du nazisme, pour montrer comment par des glissements de mots, des terminologies managériales, on peut gommer le mal, bien qu'il existe.

Sandra Lucbert questionne la logique sociale, la logique économique, la logique psychologique et ce dans le choix des mots, la construction sociale du langage lors d'un plan de transformation en entreprise.

Parmi la cause des maux, il y a les mots. Ceux qui sont dits, ceux qui sont tus. Il y a les petites phrases et les grands discours et ce qu'ils révèlent de fonctionnement ou de dysfonctionnement organisationnel. 

C'est un coup de poing dans le ventre. Une piqure de rappel aussi, ce texte.

Comment nous faisons ou pas société passe par le language, les concepts, anciens et nouveaux. La langue nous construit, nous façonne, pour le meilleur et pour le pire.

Alors choisissons bien nos mots, ceux de la responsabilité, de l'éthique, de la critique.

Je trouve remarquable toutes les références que l'on sent en lisant Sandra Lucbert, notamment à Bauman et la liquidité de la modernité ravageuse. A Kafka, à Rabelais, Artaud et tant d'autres.

Un livre qui montre combien il est important de ne pas nous adapter à tout, qu'il est fondamental de décortiquer voire de déconstruire les concepts, les slogans, les titres, les indicateurs, et j'en passe. 

Merci à Marie pour ce précieux conseil.

Gardons les yeux ouverts.


09 décembre 2020

Suzuran




Retrouvailles avec Aki Shimazaki que j'apprécie tant!

Son dernier roman s'appelle Suzuran, qui veut dire muguet en japonais.

Et c'est comme toujours tout en délicatesse, tout en finesse, avec au cœur du récit des histoires de famille.

Anzu élève seule son garçon. Au centre de son existence, elle a mis sa passion pour la poterie. Sa sœur est celle qui réussit à attirer les hommes, celle qui semble avancée forte et autonome. Un jour, elle arrive en annonçant qu'elle va se marier! Tout de suite Anzu sent une connexion spéciale avec son futur beau-frère. Mais que faire?

Un roman sur ce à quoi on croit, les jeux du destin, le sens de l'existence, l'amour.

Un texte court qu'on peut lire d'une traite un soir, pour un petit voyage au Japon qui dépayse. Un voyage lent et méditatif, qui fait du bien.

Alors à quand la suite? Début d'une nouvelle pentalogie? Hâte de savoir!




23 novembre 2020

Comme un empire dans un empire




Une lecture en boitant... Un roman pour lequel deux héros alternent à tour de rôle de chapitre en chapitre, et je n'ai marché qu'avec l'un deux!

Nous suivons Antoine, tout frais sorti de sciences po. Il est assistant parlementaire d'un député PS, qui lui demande de mieux comprendre les gilets jaunes... et lui jeune homme plein d'ambition qu'il est, il rêve de publier un ouvrage sur la guerre d'Espagne. Il tend vers de la grandeur dans l'engagement politique, et ne le trouve pas vraiment là où il est.

Et an parallèle nous sommes aussi auprès de L, une hackeuse engagée, qui vit avec Elias, hackeur tout comme elle. Tous les deus vivent leur engagement par des attaques ciblées sur des boites qu'ils n' estiment pas à la hauteur.

Même si Alice Zeniter s'est clairement beaucoup documentée, le roman ne prend pas complètement, je trouve. Si L garde une certaine richesse, Antoine tourne très vite en rond et à plat.

Quel dommage, car j'aimais le thème du roman, qui n'est pas sans rappeler celui de La condition humaine de Malraux, où chaque personnage s'engage d'une façon ou d'une autre.

Et puis, j'aimais l'idée qu'une écrivain questionne notre époque, le monde du dedans de l'internet comme elle le dit, le monde du dehors des engagés sous différentes formes.

Alors, voilà, je vous en parle quand même, car je trouve riche de mettre les enjeux de cyber sécurité en roman. Je suis convaincue que le sujet de l'engagement est un bon angle pour écrire en ce moment... Mais ne vous attendez pas à aussi bien que L'art de perdre, son roman précédent, qui était selon moi bien plus abouti que ce dernier.

18 novembre 2020

Avant que j'oublie...


 


Je viens de lire le Prix du Livre Inter de l'année: Avant que j'oublie de Anne Pauly.

Anne Pauly raconte à travers ce roman le décès de son père, et les jours qui suivent: tout y passe du choix du cercueil au tri des affaires dans la maison à vider... et surtout ce moment où il faut tenir bon, continuer à vivre, malgré le deuil, malgré la souffrance, alors que tout est plus lourd et vide. Le livre montre aussi les liens de fratrie face au départ d'un parent, et là aussi les décalages, les doutes, les colères, la tendresse.

J'ai beaucoup aimé son style, son sens du détail qui fait sourire ou rend mélancolique! J'aime les listes d'objets de son défunt père, j'aime la liste des questions qu'elle aimerait qu'on lui pose quand on l'appelle au téléphone. Bref, j'aime son sens de tous ces petits grains des jours auxquels on se rattache ou tente de se rattacher en vain. J'aime la singularité du regard qu'elle pose sur son monde.

Le livre est riche car son rapport au père est complexe. On sent qu'il a pu être alcoolique, violent, décevant et pourtant elle est attachée à sa figure, à son être au monde, d'une certaine manière. C'est donc tout autant le deuil qu'elle analyse que son rapport au père qu'elle passe au crible.

Ce roman est réussi aussi car au-delà des larmes, elle parvient à faire rire, à garder la pointe d'ironie toujours sous-jacente! C'est ce ton décalé et mordant qui fait qu'on ne tombe pas dans le doucereux, le pathétique, mais qu'on reste dans la perspicacité d'un vécu qui vaut d'être mis en mots et partagé.

Vous aurez compris c'est donc un premier roman que je conseille pour les amateurs d'autofiction, pour ceux qui s'interrogent sur leur rapport à la mort, au deuil, au père.


15 novembre 2020

Présumée disparue


Et encore un petit polar. Avec un côté roman sentimental par petite touche. Pas du tout un grand livre, mais plus comme une sorte de série TV avec des personnages un peu typiques du genre.

Cette fois-ci on traverse la manche. Nous voici à Cambridge. Edith Hind, étudiante brillante, a disparue mystérieusement. Edith est du genre engagée, à manger bio, à militer pour un monde meilleur. Elle est la fille de Lady et Sir Hind, le chirurgien de la famille royale, proche de certains ministres. 

Un roman policier à la construction somme toute assez traditionnelle: avec suspens, rebondissements, découvertes de pans cachés de la vie d'Edith. Bref, le classique du genre. Un rythme plutôt lent, où les preuves manquent, où les équipes de police se blaguent gentiment, et attendent des jours de rebondissements.

Mais c'est avant tout le caractère de l'enquêtrice qui fait la singularité du livre. L'inspectrice Bradshaw est une quadra, qui n'a pas la langue dans sa poche. Célibataire, elle a du mal à s'endormir et écoute pour cela la radio de la police en direct pour se laisser bercer par les commentaires des flics sur le terrain. Ses amis lui conseillent les sites de rencontres, et elle enchaine les rendez-vous sans conviction. Elle a un côté caustique et forte, et en même temps fragile et seule. Un peu perdue.

Vous l'aurez compris, pas un grand coup de cœur, mais un gentil petit polar! Comme ça, en passant, par hasard! 



08 novembre 2020

La dame de Reykjavik


 


Un petit polar islandais de Ragnar Jonasson: La dame de Reykjavik.

Avis à tous les amateurs de la série The killing sur Arte. Ce roman est pour vous!

L'héroïne s'appelle Hulda, et elle est presque sur le point de prendre sa retraite d'inspectrice de police. Très fine et intuitive, elle va tomber sur une affaire non résolue au sujet de la mort mystérieuse d'une jeune femme Russe. Hulda n'a que quelques jours avant de vider son bureau. Elle va tout donner pour résoudre l'énigme.

Un roman qui touche au sujet des migrants, des trafics de femmes, des violences familiales, des enjeux politiques et hiérarchiques dans la police. Un roman qui parle aussi des abus sur mineurs. Un texte qui questionne la justice. Un livre sur la colère.

Merci à Dominique pour le conseil!




28 octobre 2020

Changer l'eau des fleurs


 


Un roman qui fait du bien: Changer l'eau des fleurs de Valérie Perrin.

L'héroïne porte bien son nom par les temps qui courent puisqu'elle s'appelle Violette Toussaint! Elle est une jeune fille d'un milieu modeste. Elle rencontre ce qu'elle prend pour de l'amour. Maltraitée par la vie, elle va mener une existence tout en force, humilité et générosité. C'est un personnage très attachant, qui va être une présence discrète et intense pour tout un entourage, tout un univers, celui d'un petit cimetière. Car oui son métier est un peu particulier: elle est garde-cimetière!

Derrière le titre et la couverture, un roman plein d'émotions, des larmes à la joie. On est vraiment pris par un parcours de vie, celui de Violette, puis par toutes les existences qu'elle croise. Elle tient une sorte de journal de bord des enterrements et on sent toute la vie des gens à travers les cérémonies et les derniers adieux.

Certains personnages sont marquants comme l'ancien gardien du cimetière qui va l'initier au jardinage pour l'aider à vivre.

J'aime le fait que les chapitres commencent par une phrase qu'on sent sortie tout droit d'une cérémonie d'enterrement, j'aime que Valérie Perrin glisse aussi des chansons, des extraits de journaux intimes. 

La construction du roman est remarquable aussi entre passé et présent, avec du mystère lié à des décès et des histoires de famille. On est emporté.

Plein de petits détails attachants...

Bref, à conseiller pour les longues soirées de couvre-feu ou de confinements!

Vous ne le regretterez pas!

Merci à Marie-Louise!

04 octobre 2020

Dix-sept ans



Eric Fottorino nous raconte son histoire de vie, sa naissance, son enfance, et les secrets de sa famille. Sa mère, Lina, l'a eu à dix sept ans, à une époque où les filles mères étaient très mal vues. Elle a du lutter pour avoir le droit de le garder et de l'élever. Lui a fait face à une mère encore enfant, et à une souffrance rentrée mais présente. Il est parfois dure avec elle, et parfois si tendre. De lignes en lignes, on sent toute la complexité du rapport mère fils.

Derrière sa naissance, se cache aussi la question des origines. Il sait que son père génétique était un juif marocain. Par contre, il a été élevé par un tunisien musulman. Il s'interroge de pages à pages sur ce qui l'a fait ou défait dans la vie. Mais comme dirait René Char "notre héritage n'est précédé d'aucun testament"...

Ce roman est une quête personnelle, dans les rues de Nice. A l'histoire intime se croise l'histoire de la ville, l'attentat du 14 juillet.

Tout commence par un repas de famille, où Lina, la mère, révèle a ses trois fils qu'elle a eu une fille, qu'on lui a forcé à abandonner… Face à cette révélation, Eric Fottorino essaie de réaménager son récit et le récit familiale.

Un texte émouvant sur le sort des femmes, les grossesses cachées, l'honneur des famille.

Un livre qui est universel dans sa façon de questionner le rôle de la mère dans le développement et les croyances de ses enfants.

C'est très bien écrit. Presque psychanalytique par instant je trouve.

Merci à Marie-Louise pour le conseil de lecture!

A lire lorsqu'on s'interroge sur le poids des secrets de famille, sur les fratries, sur les non-dits.

Un roman qui plaira sûrement aux amoureux de Nice aussi.





28 septembre 2020

Mamie Luger



Un grand éclat de rire que ce roman de Benoit Philippon! Mais aussi une grande leçon de vie!

L'héroïne s'appelle Berthe et elle a 102 ans. Pour aider deux jeunes qu'elle trouve plutôt touchants à fuir la police, elle va sortir un vieux Luger piqué à un nazi, histoire de faire diversion! C'est là que tout commence pour le commissaire Ventura. Le voilà en train d'arrêter Berthe et de la conduire au poste pour une longue garde à vue. Et pour nous lecteur, c'est parti pour un grand dialogue bien trempé, avec ironie, loufoqueries et grincements de dents au menu!

Grand coup de cœur pour ce tête à tête entre un homme usé et une vielle dame que rien n'arrête! Vous ne serez pas au bout de vos surprises de page en page! Que de rebondissements!

La confession de Berthe va nous conduire vers la seconde guerre mondiale, vers la vie de village, vers le féminisme et j'en passe!

Tout ça avec beaucoup d'humour! Un brin de noir, un grain de folie, et beaucoup de lucidité sur le sort des femmes!

Je trouve intéressant de voir que derrière un ton léger, l'auteur nous fait toucher du doigt la violence des échanges entre voisins, l'injustice, la discrimination, le racisme, et j'en passe. 

Un roman sur la vie des femmes, dans ce qu'elle peut avoir de douloureux: la violence conjugale, le viol, le dédain, le machisme, les préjugés. 

Berthe est touchante et déchirante et bouleversante et grinçante, tour à tour. 

En résumé, jetez vous sur Mamie Luger. Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant ri en lisant un roman!





21 septembre 2020

La variante chilienne




Tout commence par une grande frayeur. Le narrateur, un professeur de lettres, se fait arrêter par la police alors même qu'il cache une jeune femme dans sa voiture... Elle s'appelle Margaux et vient d'avoir son bac. Elle fuit des problèmes personnels au milieu de nul part... ou plutôt devrais-je dire dans un gite rural dans la vallée de Chantebrie.

Tous les deux s'installent au vert, et restent à l'écart de tout. Toutefois, ils font vite la connaissance de leur voisin, Florin. Un homme mystérieux, fumeur de pipe et ramasseur de cailloux, qui sort très peu et semble se faire tout aussi discret qu'eux!

Il finit par leur confier qu'il ne peut pas se souvenir de ses émotions sans les rattacher à une petite pierre, aide mémoire. Ce dernier va alors balayer toute sa collection de cailloux, et leur raconter pas à pas les moments marquants de son existence. De discussions en discussions, ils vont découvrir toute la vie du village... ou presque.

Et nous lecteurs, allons sauter de contes en contes, d'anecdotes en anecdotes! 

Nous voici dans La Variante Chilienne de Pierre Raufast! Un petit monde en soi! 

Je dois vous dire que certaines histoires sont justes incroyables, un peu à la Hitchcock! Dans cette catégorie, je mets celle de la piscine/potager!

D'autres histoires sont juste très insolites, ou absolument décalées!

Un roman sur l'amitié, le jeu, la culpabilité... entre deux verres de vin!

Un roman au masculin, je trouve!

Ce qui est intéressant, c'est la construction du récit, qui mélange le journal de Margaux, les histoires incroyables de Florin, comme autant de légendes qui s'emmêlent et se nourrissent de mystères! 

De pages en pages, on croise des écrivains, des personnages haut en couleur, des odeurs, des ambiances. On se laisse porter!

L'atmosphère est à la confidence et à la découverte de chemins de vie tortueux!

Et vous que faites-vous de vos souvenirs? de vos rencontres insolites? Confiez-vous votre mémoire à un petit carnet, à des inconnus, ou à vos proches? 








11 septembre 2020

Le passeur




Un roman jeunesse et science fiction: Le passeur de Lois Lowry.

Jonas est un jeune qui vit dans une société où les émotions ont disparu. Tout y est pré-établi et neutralisé. A chaque âge ses rites de passage. Tout est tracé et formaté. 

Mais la vie de Jonas va connaitre un tournant lorsqu'il va être choisi pour être le dépositaire de la mémoire de la société où il vit. Il va être initié par un vieux passeur, qui pas à pas va lui permettre de visualiser des souvenirs joyeux ou douloureux.

Pour la toute première fois, il va voir les couleurs, la souffrance, la mort, la neige, et j'en passe.Et c'est le début des questionnements. Quel est le sens de tout cela? 

Je ne vous en dis pas plus!

Je me suis vite attachée à Jonas. J'ai trouvé que les questions soulevées par le roman reste d'actualité. Que faisons-nous des émotions aujourd'hui? Que veut dire vivre en faisant comme si la pauvreté ou la guerre n'existait pas? 

A la moitié du livre, je me suis souvenue que j'avais vu le film, mais les mots valent le détour même si vous avez déjà pris connaissance de l'histoire au cinéma!

Bonne lecture! Et un clin d'oeil à Lucie dont c'est un des films préférés!




02 septembre 2020

Croisières et caravanes




Découverte de l'été: Ella Maillart, chez Petite biblio Payot Voyageurs.

Ella Maillart est née en 1903 et est l'une des grandes aventurières du vingtième siècle. Dans Croisières et caravanes, elle raconte sa jeunesse: oser partir seule au bateau sur la Méditerranée avec une amie, puis être une des premières suissesses à se lancer dans les JO de Paris, puis partir carrément au loin vers l'est, la Russie, la Chine... 

Les 230 pages se lisent toutes seules. On est tour à tour à dos de chameau, à pied, en train.

On comprend que ses aventures sont avant tout une quête de sens et d'elle-même.

Quel courage! Quels exploits!

Son audace est remarquable. A cette époque, c'était bien autre chose qu'aujourd'hui d'oser partir seule au bout du monde.

Un seul petit regret: qu'elle n'ose pas confier plus d'anecdotes croustillantes ou amusantes. Cela reste très descriptif et vivant mais on sent comme une pudeur, une retenue, dans ce qu'elle confie de ses aventures. 

Un grand merci à Sophy pour la découverte!

Un livre pour les amateurs d'exotisme et d'autobiographie.

Un ouvrage qui dépayse et donne envie de voyager!