Vue sur la littérature d'ici ou d'ailleurs, à la recherche de petites pépites à partager, pour ré-enchanter nos imaginaires d'avenir... Mon site web de prospective: pan-or-amiques.com
26 mars 2015
Charlotte Salomon vie ou théâtre
Bien sûr la plume n'est pas sûre, le roman pas à la hauteur... mais quelle histoire, celle de Charlotte Salomon. On est à Berlin, dans une famille de drames, au cœur de la montée du nazisme. Les femmes se suicident en lignée, la richesse intellectuelle est attaquée de toute part. Mais Charlotte Salomon se sauve par l'art, par la peinture. Elle dépasse tout par sa créativité, son imaginaire et son acharnement à produire. Alors après avoir lu le roman, on se jette sur google pour voir les tableaux... (les livres sont épuisées). Une femme dont on a envie de comprendre et connaitre le destin.
Un peu comme Foenkinos... en ça on peut le remercier.
Une femme dont on aurait aimé lire une autobiographie. Il faudra courir dans les quelques musées qui exposent ces toiles!
10 mars 2015
Une nuit pour tout dire et taire
Gila Lustiger nous fait vivre dans Cette nuit-là une nuit de discussion entre deux soeurs , Lisa et Tania, juste après le décès de leur oncle. Elles s'aiment, se jalousent, se taisent, se plaignent, s'énervent. Tout rejaillit dans cette maison familiale, des petites mesquineries aux grands rêves.
En toile de fond, leur oncle qu'on devine par touches fines, qui les réunit et les désunit tour à tour.
Un livre sur le deuil, sur la famille, sur le pardon, sur l'amour.
La forme du livre est intéressante. Chaque chapitre permet une alternance de point de vue entre Lisa et Tania.
Une ambiance allemande et universelle à la fois.
C'est aussi un roman sur la maladie, les aidants, les soins, la douleur.
"Les premiers temps, elle avait apporté le savon, tenu le thermomètre et la serviette sans pouvoir jeter un regard au corps dénudé et décharné de son oncle. Depuis que la maladie s'en était emparé, tout ce qui, en lui, avait un jour été rond et massif était devenu anguleux et desséché. C'avait été un choc la première fois qu'elle l'avait vu, et elle n'avait jamais pu s'y habituer. Quand en plus on laissait trainer quelques pommes sur la table de nui (paraît-il que cela favorise le sommeil...) elle ne pouvait s'empêcher de penser à Cézanne, et à sa nature morte au crâne."
Merci à Sylvie pour le cadeau.
Libellés :
Au féminin,
Littérature allemande,
Rapport à la mort
01 mars 2015
Un océan d'amour... à lire d'urgence!
C'est une petite BD sans bulles, sans texte, sans onomatopées... pleines de boites de sardines, de grands vents et grandes marées.
Héroïne: une bigoudène bien en chaire.
Héros: un petit pêcheur du coin.
Intrigue: ils vont vivre de merveilleuses aventures pleines d'humour et de rebondissements en série.
Je vous offre la quatrième de couverture pour finir de vous convaincre!
En bref: à lire de tout urgence pour faire arriver le printemps!
17 février 2015
La jubilation au quotidien
Jubilatoire et terre à terre. Deux expressions qui ne vont pas si bien ensemble et pourtant qui font mouche pour parler du Liseur de 6h27 de Jean-Paul Didierlaurent.
Guylain Vignolles est un homme de routine et de détail. Nourrir le poisson rouge, compter le nombre de platanes jusqu'au RER, s'asseoir sur le strapontin... et lire: une page chaque jour, sortie de nulle part ou presque. En fait elle sort de la Zerstor 500 de l'usine de pilonnage où il travaille. Tous les jours, les rebus de lecture des prix littéraires de l'automne, tous les soirs les feuilles qui en ont réchappé, dument collectées.
Et Guylain Vignolles attirent autour de lui des personnages hors normes, qui chacun à sa façon transfigure le quotidien par la littérature, le goût des mots, de l'écrit, et des pages.
L'humour est au rendez vous, avec ce je ne sais quoi de l'air de rien.
Un roman à glisser dans son sac en toute hâte pour s'octroyer des petites évasions dans les transports en commun ou aux toilettes.
Je ne vous en dis pas plus!
Bonne découverte et merci à Marie-louise!
25 janvier 2015
Un petit air de Downton abbey... l'exotisme en plus!
Quel bonheur de découvrir Une odeur de Gingembre d'Oswald Wynd.
C'est le seul roman qu' Oswald Wynd signa de son vrai nom.
Nous suivons Mary MacKenzie, qui s'embarque en 1903 pour la Chine pour y épouser Richard Collingswoth, attaché militaire britanique auquel elle est promise. Le roman se présente sous la forme de son journal intime et des lettres qu'elle écrit principalement à sa mère et aussi à quelques amies.
Quand elle monte à bord du S.S. Mouldera, elle a tout de la jeune fille bien éduquée et chaperonnée qui découvre le monde, tout en s'y tenant bien à distance comme le veulent les règles établies. Pas à pas, elle va découvrir Pékin et la vie... avec finesse et intelligence, en s'affranchissant de la bienséance pour mieux s'immerger dans une culture étrangère qu'elle veut comprendre.
"Eh bien, me voilà en Chine pour la première fois, étant donné que Hong Kong n'est pas vraiment la Chine. Hong Kong est un bel endroit, mais ici c'est assez hideux, d'après ce que j'ai pu en voir. Mon hôtel est dans la concession française. Je n'avais jamais entendu parler des concessions et c'est le vice-consul, venu à ma rencontre, qui m'a expliqué de quoi il s'agissait. Apparemment, les grandes puissances ont pris des morceaux de Chine et y ont établi leurs propres lois, les autochtones ne pouvant y pénétrer que comme des étrangers, ce qui semble assez bizarre. Tous les bâtiments que je vois de ma fenêtre sont européens, et à part les pousse-pousse et ces Chinois que l'on voit dans les rues, je n'ai pas du tout l'impression d'être en Orient. Une petite rivière coule devant la ville, très sale et très encombrée d'embarcations. Des pauvres gens vivent dans des bateaux le long des berges, avec leurs familles, leurs chiens et leurs chats. Ils font la cuisine en plein air et par ce froid, sur des braseros. Mme Brinkhill m'avait dit de m'attendre à voir une très grande misère en Chine, et avait ajouté que je m'y habituerais "
La force de tout le texte réside dans la psychologie de Mary, qu'on voit se déployer, mêlée au journal de voyage.
La forme du texte fait qu'il est possible d'entrer au plus juste de son ressenti par le journal tout en voyant par les lettres ce qu'elle donne à voir ou pas de ce qu'elle éprouve.
Le récit est plutôt lent, tout en intégrant des coups de théâtre entre deux messages, comme se joue d'ailleurs la vie, entre petite routine et imprévus. Et les revirements ne manquent pas! Quelle vie! Quel parcours! Un très beau personnage de femme libre et forte!
Je ne vous en dis pas plus pour ne pas vous gâcher la découverte. Vous pouvez même éviter de lire la quatrième de couverture pour être tout à fait surpris au fil des pages!
Libellés :
Au féminin,
Découvrir un pays,
Littérature anglo-saxonne
08 janvier 2015
Dodu velu et petit... vous connaissez?
C'est l'histoire d'Eddie, qui aimerait bien faire un joli cadeau à sa maman pour son anniversaire. Elle fait le tour de toutes les boutiques du village, dans l'espoir de trouver quelque chose...
Avec des tous petits riens et beaucoup d'imagination elle trouvera un joli dodu velu petit multi-usage. Je ne vous en dis pas plus.
Très bel album pour enfant. Joli couleur, traits poétiques et joyeux.
Un album qui donne envie de glaner comme les petits et les grands.
Avis aux petits bouts!
01 janvier 2015
Malo de Lange
Histoire de bien commencer l'année, un petit Marie-Aude Murail, qui écrit si bien pour les 7 à 77 ans. J'avais beaucoup aimé Miss Charity et Oh Boy! Je me suis régalée avec Malo de Lange, fils de voleur, chez l'Ecole des Loisirs, en littérature jeunesse.
Tout commence quand l'abbé Pigrièche de l'orphelinat de Tours demandent aux demoiselles De Lange, deux veilles filles des alentours d'adopter le petit Malo. Elles voulaient une fille, mais finissent par céder en voyant la belle chevelure blonde du petit.
Mais le mystère plane. Malo porte le signe des bagnards à l'épaule, une fleur de lys tatouée au fer chaud, ce qui effraie dès le premier bain et la découverte du signe funèbre...
Très vite le petit Malo apprend la vie, les amitiés, les mensonges... jusqu'au jour où il est enlevé par un bandit, un certain Riflard qui prétend être son père...
Mais personne n'est ce qu'il croit être et Malo se retrouve à la quête de son passé, de son père, et du mystère de sa naissance, embarqué dans un voyage inattendu. Un roman d'initiation, de vagabondage, de petits et grands malfrats.
Pour survivre Malo devient bonimenteur, voleur à la tir, et je vous en passe et des meilleurs. Il fait de belles et de moins heureuses rencontres... jusqu'au fameux Lapin volant, une taverne parisienne qui renferme bandits et assassins et qui devient sa maison au coeur de la capitale, avec sa bande d'écorchés de la vie, petits et grands poètes...
Commencez l'année en fréquentant la canaille et en parlant l'argot des grinches! Vous vous attacherez vite à ce personnage plein de ressorts cachés et de malices.
Le livre est très bien écrit et ponctué de petites phrases insolites qu'on n'oublie pas, je vous en donne une pour la route!
"Il n'y a pas que les colliers de perles qui font plaisir aux dames, comme disait Salomé en recevant la tête de saint Jean-Baptiste sur un plateau."
Avis aux amateurs de littérature jeunesse mais pas que...
Avis aux amateurs de traits d'humour croustillants qui font briller les yeux... et frémir les zygomatiques.
Avis aux fans d'Arsène Lupin et autres gentils voyous!
Merci aux libraires de la Bouquinette à Strasbourg pour cette belle découverte! Et pour ceux qui sont dans les environs allez-vite découvrir cette joyeuse librairie pour enfants! Vous tomberez sous le charme!
Tous mes vœux de lectures: des mots tendres, des phrases mélodieuses, de jolis univers, des personnages émouvants, du suspense, des pages qu'on tournent la larme à l'oeil, et plein d'autres surprises encore! Merci de votre fidélité à Panoramiques... 9 ans déjà!
28 décembre 2014
Mlle Scaramouche, un roman de cap et d'épée pour les fêtes!
Mademoiselle Scaramouche, un joli roman à la Alexandre Dumas pour les fêtes! Suspense, rebondissement et coup de grâce au coin du feu!
Tout commence lorsque Zinia assiste à la mort de son père, maître d'épée vieillissant, quand celui ci glisse malencontreusement dans un duel. Elle le venge, par les milles et uns tours qu'il lui a appris, et se retrouve donc en fuite... Son monde va s'écrouler, lorsqu'elle apprend qu'en fait il n'est pas son père, que son corps à elle Zinia est déjà présent dans le tombeau familial sous la forme d'un bébé mort né;
Qui est-elle? Jean-Michel Payet nous propulse à Paris, à Versailles, chez Molière et jusqu'à la cour du roi pour comprendre le fabuleux destin de Zinia la rousse, alias Mlle Scaramouche!
Un roman classé en littérature jeunesse, mais qui peut se lire à tout âge.
Un livre qui nous plonge au 17e siècle, avec toute la splendeur des exploits d'épées, des mousquetaires, du théâtre, et de la vie parisienne... En garde!
Une belle héroïne au caractère bien trempé, et qui sera jouée des tours et des scènes pour réussir!
Lancez vous vite à la poursuite de l'énigme des quatre soleils! Vous passerez un joyeux moment de fête!
Libellés :
Héroïnes rousses,
Littérature française,
Pour Ado,
Roman historique
08 décembre 2014
Femmes de pêcheurs...
Un magnifique roman: Quand rentrent les marins, de Angela Huth.
Myrtle et Annie sont amies depuis toujours, dans un petit village d’Écosse de bord de mer. La vie du village et de leurs familles tourne autour de la pêche. Comme les vagues de la mer, les marins vont et viennent au rythme de la saison, et les femmes au port alternent solitude angoissée et retour agité.
Myrtle est calme, pleine de réserve, de modestie et de gentillesse. Annie est très belle, toute à la séduction, aux apparences et à la consommation. Deux versants très différents de la féminité. Le roman retrace leur amitié et leurs chemins de vie avec tact, sensibilité et finesse. On les voit enfants, adolescentes, adultes, vieillissantes. Des va-et-vient imperceptibles dans le temps construisent deux caractères comme des aquarelles mouillées par le vent et les embruns.
Le sens de l'observation de Myrtle porte le roman d'un bout à l'autre, tout en subtilité et en force. Elle mène une vie simple et attachante.
C'est aussi un roman sur le deuil, sur l'absence, sur la douleur, le manque et le vide.
C'est un roman sur les tous petits riens de la vie, quelques gouttes de pluie qui font des dessins sur la vitre, une partie de cartes qui fait oublier l'orage, une petite tasse de thé à partager.
C'est un roman au féminin, sur les mères, les filles, les amies, les épouses, les institutrices, les aides soignantes à la maison de retraite, les vieilles, les jeunes, les cuisinières, les coquettes, les amoureuses, les solitaires, les curieuses...
Un livre qu'on a envie de recommander pour de belles soirées d'hiver au coin du feu.
Un livre qui interroge le sens de l'amitié et de l'amour.
Je vous offre la première phrase pour vous donner envie de lire les 488 pages qui suivent... (Qu'est ce qu'on quitte à regret ce petit univers familier quand les derniers mots s'éteignent...)
"Les femmes de pêcheurs ont coutume dans la journée de jeter de multiples coups d’œil vers l'horizon, mais il faut être des leurs pour savoir repérer ces regards furtifs, la lueur d'angoisse au fond de ces yeux prématurément vieillis par l'examen répété de la mer lointaine."
Libellés :
Au féminin,
Littérature anglo-saxonne,
Mers et océans
23 novembre 2014
Secret de famille à Nagasaki
Une perle rare. Le poids des secrets de Aki Shimazaki. Et en plus un objet livre très doux et beau avec ce camélia en couverture.
C'est l'histoire d'un petit fils qui questionne sa grand mère Yukiko sur la guerre, sur la bombe atomique à Nagasaki, sur les raisons du bombardements, sur les coupables, etc.
Et c'est l'histoire de sa mère, Namiko, qui finit par découvrir que derrière les conversations entre la grand-mère et le petit fils, se cache un secret de famille qu'elle va devoir affronter.
C'est l'histoire d' une longue lettre testament laissée par Yukiko et qui va changer à tout jamais l'image qu'on pouvait se faire de son enfance et de son adolescence.
Enfin c'est l'histoire d'une mission confiée à Namiko...
Mais je ne vous en dis pas plus.
Ce qui m'a touchée c'est l'image des camélias. Symbole d'amour, de passion, de lien, de souvenir.
Le ton est juste. Le récit est poignant.
Bref, je me lance de ce pas dans le tome 2... de cette pentalogie, dont j'ai acheté les autres 4 tomes ce week-end.
Magnifique découverte pour les amateurs de japon, d'histoire de famille et de guerre.
19 octobre 2014
Le dernier Murakami...
En voilà un que j'étais contente de voir sortir (je l'attendais même!): le dernier Murakami.
Je l'ai lu avec délectation! Un beau style simple et puissant.
Tsukuru Tazaki, le héros du roman, était toujours entouré du même groupe d'amis au lycée. Ils formaient un groupe inséparable... jusqu'au jour où il a été brutalement banni de ce cercle amical. Sans aucune forme d'explications. Il s'est noyé seul dans un puit de chagrin sans fond, avant de ne reprendre sa vie en main. Suite à la rencontre d'une fille, il va se replonger dans ce passé et essayer de comprendre ce qui a bien pu se passer.
Ce livre est donc à la fois le récit d'une enquête quasi policière et l'analyse psychologique des étapes du dépassement de soi suite aux cataclysmes petits ou grands de la vie. On n'y retrouve toutes les passions de Murakami: la musique, les cocktails, les liens entre les êtres qui se lient et se délient, etc. Un peu moins de fantastiques, quoique... Et puis cette quête du sens de l'existence, l'exploration des illusions et des attentes, etc.
Le roman aborde beaucoup de sujets en lien avec l'émancipation: la question du désir sexuel, le rôle du métier ou de l'emploi, le sens du voyage, etc.
Le jeux sur les couleurs des noms des personnages ferait presque penser à Paul Auster.
Un roman à lire absolument si vous aimez Murakami. Vous ne serez pas déçus!
Un roman qui permettra à ceux qui ne sont pas trop fan de fantastiques de s'ouvrir les portes de l'univers littéraire de Murakami...
05 octobre 2014
Enquête en monastère
Avec Absolution par le meurtre, Peter Tremayne se lance dans une longue série d'enquêtes conduites par Fidelma, une nonne de l'église celtique également chargée de justice dans le droit irlandais.
Avec ses grands yeux verts, et ses quelques mèches rousses qui dépassent de sa coiffe, elle trace son sillon avec droiture et indépendance, devant tous les grands prélats de ce monde réuni en concile en cet an de grâce 664. La question à laquelle ils doivent répondre: faut-il rester dans l'église celte ou se rallier à Rome? Alors que les débats sont sur le point de commencer, la porte parole de la thèse celte est retrouvée morte dans sa cellule. Fidelma, côté celte, va mener l'enquête en tandem avec le moine Eadulf, côté église de Rome, afin de garantir l'impartialité dans le traitement des faits. Une forte complicité va naitre entre les deux enquêteurs tandis que d'autres énigmes et morts vont les amener à interroger sous différents angles leurs hypothèses.
L'auteur maitrise bien le sujet des églises, dogmes et croyances de l'époque. On s'attache très vite à Fidelma et Eadulf. Bref, un policier historique qu'on dévore avec plaisir... et on en redemande!
Merci à Stéphane pour la découverte!
28 septembre 2014
Tel-Aviv comme si vous y êtiez...
Etgar Keret vit à Tel-Aviv et vient d'avoir un enfant. Dans Sept ans de bonheur, il narre avec humour et ironie, les sept premières années du petit, à coup d'anecdotes amusantes, même si c'est toujours sur un fond de terrorisme, d'incertitudes politiques et de doutes vis à vis des événements et du futur.
C'est une belle chronique qui fait un peu penser à Woody Alen ou à Aprile de N. Moretti.
Il y a le coup du sandwich... où comment convaincre un petit garçon de s'aplatir le long de la route le temps que les bombes s'arrêtent! On joue au sandwich? Maman en dessous, toi au milieu et papa au dessus.
Il y a les questions sur l'éducation du petit: Est ce bien éthique de jouer à Angry birds? Ou est-on en train de faire de lui un futur terroriste? Est ce qu'il faut mettre un beau costume pour aller rencontrer l'institutrice ou on risque de passer pour un être un peu étrange?
Mon coup de coeur va aux nouvelles sur les chauffeurs de taxi! Un peu irascibles à en croire l'auteur!
Bref, tout est dans le ton, entre petites catastrophes intimes et grandes histoires...
"Quelques semaines avant la naissance de notre fils Lev, voilà bientôt quatre ans, deux questions de la plus haute importance philosophique se sont présentées à nous.
La première, va-t-il ressembler à sa maman ou à son papa, a reçu une réponse rapide et sans équivoque à sa naissance: il était beau. Ou, ainsi que le dit ma chère épouse avec beaucoup d’à-propos, 'la seule chose qu'il ait hérité de toi, ce sont ces longs poils dans le dos'.
Quant à la seconde, que fera-t-il quand il sera grand, elle nous a tarabustés pendant les trois premières années de sa vie. Son mauvais caractère semblait le destiner à une carrière de chauffeur de taxi; sa capacité phénoménale à se trouver des excuses le prédisposait plutôt au métier d'avocat; et l'impérieuse domination qu'il a constamment exercée sur les autres montrait qu'il pouvait aspirer à occuper un poste élevé au sein d'un quelconque gouvernement totalitaire. Mais depuis quelques mois, le brouillard qui estompait l'avenir rose et replet de notre fils à commencer à se dissiper. Il sera probablement livreur de lait, sans quoi son étonnante aptitude à se réveiller chaque matin à cinq heures trente puis immanquablement venir nous réveiller aussi ne servirait à rien."
Un livre pour les jeunes parents qui s'interrogent sur l'éducation et l'avenir de leur progéniture...
Des courtes nouvelles pour ceux qui aiment l'humour juif, l'auto-dérision, tout en finesse! La moindre journée, le moindre voyage, est prétexte à un récit décalé et exagéré, pour le meilleur et pour le pire.
Un texte pour ceux qui se demandent comment c'est au quotidien de vivre à Tel Aviv de nos jours. Brutalité et légèreté jouent à cache à cache... et questionnent le sens même du quotidien.
Merci à Christine pour la découverte!
Libellés :
Littérature israëlienne,
Résilience,
Témoignages
21 septembre 2014
Bourreau d' enquêteur!
M. de Mortagne, bourreau moyenâgeux, n'est pas satisfait! On lui a fait tuer une innocente, Marie de Salvin, et il est hanté pour le regret, la colère et l'injustice. Marie lui apparait en rêve, et semble le suivre. Il se fait la promesse d'enquêter au mieux pour être sûr à l'avenir que ses mains ne commettent plus de morts par erreurs judiciaires.
Mais Hardouin Cadet Venelle n'est pas aux bouts de ses peines, derrière son masque de cuir et son métier de bucher et de tortures. Non loin de son conté, on retrouve des enfants morts, torturés sauvagement. Et il se pourrait qu'une autre femme, Evengeline, servante simple d'esprit, n'ait été accusée à tort du meurtre de sa maitresse. Sa hiérarchie judiciaire semble mystérieusement l'attirer vers ces enquêtes en cours et qui n'aboutissent pas.
Manipulation politique? Meurtres en série? Les mystères plongent le lecteur dans le quatorzième siècle, ses enherbeuses, ses potions, et son vocabulaire... jusqu'à la cour à Paris!
Même si les dialogues peuvent faire sourire le lecteur, avec les "oui-da" et autres termes de vieux français, l'énigme fait qu'on s'attache très vite au personnage d' Hardouin et à sa quête de justice.
Un polar historique qu'on lit d'une traite... Les pages tournent vite... avec un sens du rythme qui tient le lecteur en haleine. Un livre pour les amateurs de séries policières rondement menées.
Pas de la grande littérature, mais un roman facile à lire, pour ceux qui aiment en apprendre un peu plus sur la vie au quatorzième siècle en France. Quelques notes de bas de page décryptent certaines pratiques de l'époque pour mettre le lecteur dans l'ambiance par les objets, les mets et autres coutumes usuelles de l'époque.
Merci à Stéphane pour cette découverte!
Et pour les amateurs, il semble que ce soit le premier tome d'une longue série! Au moins trois, si je ne m'abuse!
Et quant à l'auteur, il parait qu'elle est une des plus célèbres écrivains de romans policiers français à succès et la traductrice de Patricia Cornwell en français.
18 septembre 2014
Road trip... à la vie à la mort...
Un roman allemand: Nächsten Sommer, de Edgar Rai.
Ça a l'air d'un roman tout simple d'été ! Un groupe d'amis qui part en bus Volkswagen vers le sud de la France. Au programme: des conversations sur la vie, la famille, la musique, l'enfance... Et puis des rencontres, autostoppeuse, ou autres. Bref un livre feel good...
Mais derrière ce road trip, chacun des personnages va se révéler et affronter son rapport à la mort et à la vie...
Je ne vous en dis pas plus.
Un roman sur le devenir adulte, sur les petits drames et grandes catastrophes, sur la liberté, l'amour.
Un roman sur ce qu'on hérite ou pas.
Merci Claire Damon, pour ce joli conseil de lecture en allemand!
Je l'ai lu en repensant à nos conversations.
Et pour les amateurs, le livre existe aussi à écouter en CD.
14 septembre 2014
Ecrit à la pointe de l'archet
Un objet livresque et musical qui m'a beaucoup touchée cet été: Fugue pour violon seul de T. Papavrami.
Tedi Papavrami, violoniste de renom, y raconte son enfance de jeune prodige en Albanie, en famille. On y découvre son école de musique, les relations avec son père, lui-même professeur de violon, et ses premiers émois amoureux d'enfants. Et puis tout bascule, quand son génie le fait connaitre de grands musiciens français, qui veulent l'aider par une bourse à venir développer son talent en France.
Il découvre un autre monde, celui de l'ouest et par effet de miroir il comprend pas à pas la dictature dans laquelle baigne son pays natal. Le livre se teinte alors de suspense, entre services secrets albanais et police française.
C'est un livre d'initiation à la politique, à la musique, à la vie.
Chaque fin de chapitre, on peut trouver un flashcode qui permet découter Papavrami jouer. Cela donne une temporalité particulière à la lecture, ponctuée de cadences musicales, qui portent à méditer.
Ce livre m'a beaucoup fait réfléchir sur mon propre apprentissage du violon et de la musique. Il m'a fait méditer sur l'acte d'apprendre, ses irrégularités, ses caps, ses mystères.
J'ai été intriguée de voir comment Papavrami a très vite une vision du son qu'il aimerait avoir, et avec quel courage il remet en cause sa technique lors de rencontres marquantes. Je suis étonnée aussi de comment il arrive à saisir l'émotion qu'il ressent à l'écoute de grands musiciens en disque et en concert.
Je n'avais pas idée d'à quel point son choix musical de carrière avait pu avoir de conséquences pour ses proches.
C'est donc un récit intime mais qui ne tombe jamais dans l'exhibitionnisme.
C'est impressionnant avec quelle justesse il analyse ses rapports à sa mère, son père, son grand père, ses modèles de violonistes.
Un livre qui donne envie d'écouter et de jouer du violon, mais aussi d'aller à des concerts.
Un texte qui se dévore tant la vie de Papavrami est pleine de rebondissements, de tournants, de glissades, et de poésies.
Un ouvrage sur la solitude, les choix, et un parcours hors norme.
Merci à Stéphanie pour ce beau moment d'écoute.
02 septembre 2014
Révolution française aux caraïbes
Un roman qui fait revivre la Révolution française, mais depuis les iles lointaines des Caraïbes, c'est le siècle des lumières d'Alejo Carpentier.
Avec un style hors pair, on suit des frères et sœurs, qui suite au décès de leur père, vont vivre une vie de bohème en Guadeloupe dans leur villa, jusqu'à rencontrer Victor Hugues, fraichement débarqué au port. Celui ci arrive avec son savoir, ses aventures, et la révolution française. Il va au fil des pages conduire le lecteur en Europe, puis à nouveau sur les mers, dans une société bouleversée par la terreur. La guillotine tourne à plein régime!
Que croire dans la tourmente politique? Est ce que ce sont les théories ou les mouvements sociaux qui gagnent dans l'agitation des foules et des lettrés?
Le personnage de Victor Hugues est un fervent partisan de Robespierre. Esteban, un des frères qui l'accompagne, lui sent que les événements tournent vite. Leurs chemins se suivent tout en donnant lieu à différents regards sur l'engagement, le politique, le social, etc.
Ce roman nous plonge aussi dans l'histoire des conflits militaires de la période, qui opposent les français et les anglais sur terre et sur mer.
Un roman fleuve avec une plume qui marque.
Un livre baroque pour ceux qui aiment l'action, la mer et l'histoire.
Un roman d'émancipation et d'amour qui met en scène des moments complexes d'instabilité, avec force et fougue.
Très beau personnage de femme, dans celui de Sofia, pour une fin de l'histoire qu'on n' oublie pas!
Merci Christine pour le conseil de lecture!
24 août 2014
Faiseuse d'ange
Un petit polar pour la route: La faiseuse d'anges de Camilla Läckberg. Toujours les mêmes personnages attachants: Erika l'écrivain fouineuse et son mari policier! Toujours Fjällbacka, sa mer, et son cadre. Toujours le récit de l'enquête au présent, entremêlé à l'histoire passée en italique! Mais ça prend et on en redemande!!! Un roman policier facile qu'on dévore d'une traite!
Cette fois ci, l'enquête tourne autour de la disparition d'une famille entière alors qu'ils étaient tous attablés pour Pacques, dans les années 1970. Aucunes traces de corps, de sangs, d'armes, d’effraction. Seule la petite dernière de un an, Ebba, est encore sur les lieux à l'arrivée de la police. Trente ans plus tard, alors qu'Ebba revient sur l'ile de Valö avec son compagnon, juste après le décès de leur fils, les tentatives de meurtre se multiplient contre eux.
Que s'est-il donc passé en 1974 lors de ce repas familiale? Pourquoi le retour d'Ebba fait réapparaitre des mystères étouffés?
Le mystère est entier, ce qui pique la sagacité d'Erika. Là voici en train d'écrire sur cette famille étrangement disparu, tandis que son mari tente de comprendre qui s'en prend à Ebba.
Avis aux amateurs de la série des Erika... Vous serez comblés!
Merci Stéphane!
18 août 2014
Perla
Perla est étudiante en psychologie à Buenos Aires. Sa mère parle peu. Son père est militaire et ne s'étend pas non plus sur ses activités. Jusqu'au jour au Perla entend parler des disparus, de la dictature et des arrestations. Sa vie va alors basculer vers la découverte de son passé et de l'histoire véridique de son pays.
Un beau roman de Carolina de Robertis, qui éclaire sur les familles et leurs évolutions quand l'histoire des tyrannies contemporaines les bouscule.
Un texte qui renferme aussi une très belle histoire d'amour.
Merci Annet pour ce beau cadeau!
Un roman à lire quand on s'intéresse à la psychologie, aux non-dits, à l'Histoire.
04 août 2014
Anne, Hanna, Anny...
Trois reflets de femmes insoumises dans un miroir du temps, qui déforme, transforme et donne à voir des détails insoupçonnés, voilà la trame de La femme au miroir d'Eric Emmanuel Schmitt.
En alternance, nous suivons trois héroïnes qui cherchent à mettre leur désir au coeur de leur existence, contre vents et marées.
Tout d'abord, Anne. Elle vit à Bruges, à la Renaissance. C'est le jour de son mariage, mais elle va prendre les jambes à son coup pour fuir...
Ensuite, Hanna. Elle vit au début du 20 siècle, à Vienne. Elle tente d'avoir un enfant, et des difficultés la conduisent à se frotter à la psychanalyse...
Enfin Anny, qui vit aujoud'hui à Los Angeles, actrice de cinéma qui se cherche...
Chacune d'elle est à contre courant de la société, de la règle et tente de suivre son intuition et ses rêves pour vivre pleinement. Peut-on survivre hors de la norme? Comment devenir ce que l'on est dans des environnements politiques, sociaux et économiques très codés?
Un roman au féminin, qui se lit facilement. Plus on avance, plus les liens se créent entre les trois personnages! De nombreuses références historiques ou culturelles ponctuent le récit comme de multiples clins d’œil de l'auteur.
Un roman pour celles qui aiment les portraits de femmes de caractère.
Un roman pour ne pas se prendre la tête sur la plage.
Un livre qui rend hommage à la singularité.
Merci à ma voisine de train, qui m'a offert ce livre en descendant quelques arrêts avant moi.
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