03 juin 2011

Désir(s)









Qu'y a-t-il au Sud de la frontière? et à l'ouest du soleil?



Que se passe-t-il quand le quotidien et l'ordinaire s'effacent quelques temps?



Que faisons-nous de nos désirs?






Trois questions au coeur de ce roman fascinant de Murakami.






Son héros, Hajime (commencement en japonnais) n'est rien qu'un type ordinaire, sauf qu'il est fils unique. C'est le critère avec lequel il se définit lui-même. Il apprend la vie, l'amitier, l'amour, et la passion, comme ça, comme tout le monde.






Et pourtant l'entrecroisement de trois femmes dans sa vie va révéler peu à peu des petites failles et des creux à l'âme, un ailleurs, un tout autre, un flou.






Récit intense pour ceux qui aiment réfléchir au désir et à ce que l'on peut en faire.






Un roman pour ceux qui ont vu et aimé récemment le film La ballade de l'impossible.






Un texte qui donne envie d'écouter Night King Cole et d'aller boire un cocktail.






"Autrefois, j'avais des sortes de rêves, d'illusions. Tout ça a disparu je ne sais quand, je ne sais où, avant même de te rencontrer. Je l'ai tué en moi, je l'ai jeté, détruit, de ma propre volonté sans doute. Comme un organe physique devenu inutile. J'ignore si j'ai bien agi ou pas, mais en tout cas, à ce moment là, je n'avais pas le choix... Je fais ce rêve de temps à autre: quelqu'un vient me rapporter tout ce que j'ai jeté. Toujours le même rêve. Quelqu'un vient vers moi et me dit: 'madame vous avez perdu tout ça'."

23 mai 2011

A vif












J'ai refermé le livre avec le requiem de Fauré dans la tête, et aussi bizarrement la chanson de Brel qui fait "Je ne sais rien de tout cela, mais je sais que je t'aime encore." Et en fait, c'est logique car ce texte est un condensé d'amour pour une femme qui vient de mourir brutalement. C'est une ode à sa vie, à sa joie, et à tout ce qu'elle a donné.

J'ai refermé le livre avec une larme à l'oeil. Il est difficile de ne pas resentir le manque, la douleur, même si c'est bien autre chose que nous donne Christian Bobin dans La plus que vive.

On y trouve des pages sur les hommes et les femmes qui valent leur pesant d'or: "Les hommes sont des petits garçons obéissants. Ils vivent comme on leur a appris à vivre. Quand le temps est venu de quitter leur mère, ils disent: d'accord mais il me faut une femme, j'ai le droit à une certaine quantité de femmes rien qu'à moi, il me faut une femme dans mon lit, à ma table, une mère pour mes enfants et pour moi qui resterai inguérissable de mon enfance. Et parce qu'il leur semble que le meilleur moyen de tenir une femme, c'est de l'épouser, alors ils épousent et prennent le mariage comme un fléau de plus, une corvée inévitable comme celle du travail salarié et des courses le samedi. Quand ils ont leur femme, ils n'y pensent plus. Ils jouent avec un ordinateur, réparent une étagère, passent la tondeuse dans le fond du jardin." et ailleurs "Chrisitan, il faut que j'aille chercher la petite à l'école, que je corrige un paquet de copies, que j'achète de l'huile et des pâtes, que j'écrive une lettre, il faut que je sois ce qu'on nous demande d'être à toutes: parfaite et en plus légère dans cette perfection et non seulement légère mais disponible, et non seulement disponible, mais parfumée, élégante, tous les soirs jouer cendrillon et toute la journée se demander comment diable changer les citrouilles en carrosse, et cinq minutes de promenade en cinq siècles de bonheur, marche plus vite, Christian..."

On y pêche aussi des moments de grâce et d'étincelles, sur les mères, le Christ, la vie, la joie:

"Il y a quelque chose de terrible dans chaque vie. Il y a, dans le fond de chaque vie, une chose terriblement lourde, dure et âpre. Comme un dépôt, un plomb, une tâche. Un dépôt de tristesse, un plomb de tristesse, une tâche de tristesse. A part les saints et quelques chiens errants, nous sommes tous plus ou moins contaminés par la maladie de la tristesse. Plus ou moins. Même dans nos fêtes, elle peut se voir. La joie est la matière la plus rare dans ce monde. Elle n'a rien à voir avec l'euphorie, l'optimisme ou l'enthousiasme. Elle n'est pas un sentiment. Tous nos sentiments sont insoupçonnables. La joie ne vient pas du dedans, elle surgit du dehors - une chose de rien, circulante, aérienne et volante"

Mais pas de philo, de réligiosité. Juste une voix qui nous parle, un timbre posé. Et qui dit les choses des jours qui passent ou qui ne passent plus.

Un livre pour ceux qui aiment les mots et les autres.

14 mai 2011

Qu'est ce qu'être sociologue?









Des hommes ont rêvé qu'inventer la sociologie permettrait de mieux vivre ensemble en démocratie. Ils ont peu à peu fait émerger cette nouvelle discipline en Europe et en France, au CNRS puis à l'université. Et c'est cette histoire ainsi que la sienne que nous raconte Mendras dans Comment devenir sociologue, chez Acte sud.






Ce qui m'a le plus intéressée dans son témoignage, c'est les idéaux de cette génération d'après guerre qui se souhaite à la fois conseiller du prince, médecin de la société, tout en étant en position minoritaire, peu pris au sérieux par d'autres, comme les philosophes, les juristes, etc.


Ce sont ces bourgeois qui tentent de comprendre les ouvriers, ce sont ces individus interpellant leur place dans ce monde qui cherchent à comprendre comment s'articule celle de tout à chacun.


C'est aussi une histoire de vieux maîtres qui transmettent leur savoir, de copains qui découvrent leur vocation ensemble.



C'est enfin la description d'un milieu social et d'une époque, avec certains élèments qui restent d'actualité pour tous ceux qui aimeraient devenir sociologue.



Mendras questionne un mode d'être à la société qui est toujours en danger, celui du sociologue qui décortique les ficelles des pouvoirs en société, les causes de disparités, etc.



Ca se lit comme un témoignage, comme des conseils, et cela entre très facilement en écho avec la biographie de Simone de Beauvoir, tant on retrouve les mêmes personnes, les mêmes groupes, les mêmes revues dans ce petit microcosme parisien.






Alors avis aux chercheurs en socioloige, avis à ceux qui aimeraient mieux comprendre le développement de cette discipline...






Et aussi à ceux qui aimeraient juste en savoir plus sur une génération, dont on ne sait pas vraiment si elle a totalement échoué ou un peu réussie.






27 avril 2011

La force de l'âge mais pas que...












Et oui, je sais, ça fait longtemps que je ne poste plus de messages... mais j'étais la tête dans un pavé de 700 pages, si riche et intense, que je ne voulais pas en perdre une miette!








La force de l'âge de Simone de Beauvoir est la suite du Journal d'une jeune fille rangée, que j'avais lu il y a peu. Et autant vous dire qu'on n'est pas déçu de lire la suite des aventures! Enfin, au début, si ...un peu. On se dit que ça couvre la période de 1929 à 1939, alors que ça va être intense en actualité, mais non. Simone et Jean-Paul sont la tête dans leur quotidien, dans les faits divers, alors même qu'Hitler monte au pouvoir. Mais très vite, avec l'arrivée de la guerre, une grande rupture se fait, et enfin voilà Simone de Beauvoir prise dans les évènements. Son livre devient alors des extraits de son journal intime de l'époque, et on est soudain au coeur de Paris sous l'occupation.








Mais ce qui fait la force du livre, je trouve, c'est aussi les discussions entre Sartre et elle. On peut découvrir un Sartre dépressif qui l'énerve, mais aussi des amitiés communes, des trios, des voyages qui donnent lieu à des pages superbes sur Venise, Naples, Rouen, Le havre, et j'en passe!








J'aime aussi découvrir les best sellers de l'époque, les pièces de théâtre, les films! C'est un peu un masque et la plume des années quarante parfois!








Je trouve que Simone de Beauvoir excelle dans sa descriptions de ses marches en harmonie avec la nature, tout comme dans celle des ambiances des cafés, avec leurs habitués. Notamment le Flore, et la Rhumerie.








Elle arrive à mettre en récit des anecdotes, des personnages. En quelques mots, Ponge, Camus ou Picasso sont là. Devant nous. A St Germain des Pres.








Les pages les plus marquantes restent celles de l'angoisse, du monde où tout bascule avec l'armistice, la faim. Et pourtant c'est bien le cheminement même, le décalage entre l'avant et l'après qui donne toute leur ampleur à ces passages là.








J'aime la fin du texte aussi. Une petite, voire une grande, reflexion sur ce qu'elle a appris, et sur la mort.


C'est fort aussi de la voir devenir écrivain.






Bref, un texte à la fois historique, intellectuel, philosophique, anecdotique,... Bien sûr, vous l'aurez deviné, je suis en train de lire la suite... A tout vite donc pour le tome III!

11 mars 2011

Un petit coin d'Italie




C'est un texte ancré dans un territoire, un dialect. Un style raboté pour ne garder que l'essentiel.

Ce sont deux enfants malmenés par la vie qui se retrouvent, un cordonnier exilé et bossu qui répare les vielles godasses du village, mais partout des ailes pour gagner sa liberté, comme une promesse qui s'elabore en secret.

Montedidio de E. de Luca est vraiment un roman entre ciel et terre. Les courtes sections qui s'enchainent tombent juste en peu de mots.

Un livre pour ceux qui aiment les villages, la mer, Naples et la sinplicité des choses.

Une écriture à découvrir et à faire partager...

03 mars 2011

Une grande femme




En l'approche de la journée de la femme, je m'en viens vous conseiller vivement ce grand classique que je viens de lire avec plaisir: Mémoires d'une jeune fille rangée, de S. de Beauvoir.


Il y a d'abord l'enfance, au milieu des tabous, de la bienséance. On y découvre à hauteur d'enfants un lente remise en cause des idées pré-conçues de son milieu social. Elle décortique avec talent son passage à l'âge adulte, ses revirements sur sa foi, le patriotisme, sa mère. Avec une introspection sincère, elle partage ses peurs, ses élans amicaux et amoureux, ses lectures, son émerveillement de la nature.


Puis il y a l'adolescence rebelle qui avance, avec une complexité croissante des rapports familiaux et sociaux. Une écriture du ressenti et des souvenirs qui se mêle aux extraits de lettres et de journaux intimes. Elle retrace les chemins de sa construction psychologique et intellectuelle. Qu'est ce qu'être femme? philosophe? engagée? rebelle? Autant de questions qu'elle aborde à la recherche de sa morale personnelle.


Dans les fluctuations de son âme, on peut se retrouver. Dans ses dérives, ses désillusions, des désirs.


Mais au-delà, c'est lire une époque, se plonger dans ce qu'on croyait, ce qu'on faisait, ce qu'on lisait alors. C'est être à la bibiothèque avec Merleau-Ponty, Nizan, ou Sartre. C'est partagé leur conversation du moment.


Si le parcours alterne des moments de grande lucidité et de total aveuglement, il est à la fois marquant, et questionnant. Pourquoi réussit-on à s'affranchir, à vivre, à croire? Pourquoi échoue-t-on à être, à se construire un futur?


Un texte à mettre entre toutes les mains de femmes et de filles, au bon moment.


Le témoignage d'une intellectuelle qui arrive à être comme tout le monde en étant comme personne.


Un extrait:


"Je ne me décourageais pas pourtant. L'avenir me semblait soudain plus difficile que ce que j'avais escompté mais il était aussi plus réel et plus sûr. Au lieu d'informes possibilités, je voyais s'ouvrir devant moi un champ clairement défini, avec ses problèmes, ses tâches, ses matériaux, ses instruments, ses resistances. Je ne me demandais plus: que faire? Il y avait tout à faire. Tout ce qu'autrefois j'avais souhaité faire: combattre l'erreur, retrouver la vérité, la dire, éclairer le monde, peut-être même aider à le changer. Il me faudrait du temps, des efforts pour tenir, ne fut-ce qu'une partie des promesses que je m'etais faites; mais cela ne m'effrayait pas.Rien n'était gagné: tout restait possible."


et un autre:


"J'étais à deux doigts de m'avouer la vérité: j'en avais assez d'être un pur esprit. Non que le désir me tourmentât comme à la veille de la puberté. Mais je devinais que la violence de la chaire, sa crudité, m'auraient sauvée de cette fadeur éthérée où je m'étiolais. Il n'était pas question que j'en fasse l'expérience; autant que mes sentiments pour jacques, mes préjugés me l'interdisaient. Je détestais de plus en plus franchement le catholicisme. Voyant Lisa et Zaza se débattrent contre cette religion martyrisante, je me réjouissais de lui avoir échappé. En fait, j'en restais barbouillée."


03 février 2011

Chanson de route à l'est et à l'ouest...




"Une vie d'homme ne se raconte ni ne s'écrit. Une vie d'homme qui a aimé la terre et l'a parcourue est encore moins susceptible de narration. Mais quand cet homme a été passionné, qu'il a connu tous les degrés du bonheur et de la misère en courant le monde, alors, essayer de donner une image vivante de ce qui fut sa vie, c'est presque impossible. Impossible, pour lui même d'abord; ensuite pour ceux qui doivent l'écouter.

Le charme, le pittoresque, l'intéressant de la vie d'un homme à l'âme puissante, tumultueuse et en même temps aventureuse, n'est pas toujours dans les faits saillants de sa vie. Dans le détail réside le plus souvent la beauté. Mais qui écouterait le détail? Qui le gouterait? Qui le comprendrait surtout?...

Voilà pourquoi je fus l'ennemi du 'racontez nous quelque chose de votre vie'. "


C'est un récit de détails, comme un conte des milles et une nuit, avec en plus le côté foutraque des Balkans, un peu à la Emir Kusturica. Ca s'appelle Kyra Kyralina et c'est écrit par Panaït Istrati à la demande de Romain Rolland. Panaït Istrati a connu la misère, le vagabondage jusqu'à être remarqué en France et à connaitre un grand succès alors qu'il était au bord du suicide.


C'est un livre étrange. Je n'ai pas trop accroché et pourtant il y a des fulgurances! Des passages qui marquent. Le style n'est pas grandiose, mais on sent tellement le vécu de l'auteur à travers ses personnages, qu'on ne peut pas rester indifférent face à ce jeune qui apprend la vie à la dure. Il est désarmant de naïveté, empêtré dans sa liberté.


Avis donc à ceux qui voudraient découvrir l'univers des forains roumains ou des harems turcs...


Avis à ceux qui aiment les histoires de voyages et d'aventures au coin des chemins...


Vous pouvez avec ce roman quitter votre village pour vous embarquer avec Adrien, Mikhail et Starvo pour aller à la foire... et goûter l'ailleurs avec tout ce qu'il a d'abject et d'attirant, bref d'insatiablement humain.

25 janvier 2011

Résister




Il avait dix-sept ans, venait d'une famille riche, Action française, antisémite quand tout bascula avec son entrée en résistance le 17 Juin 1940. Il s'appelle Daniel Cordier, de son vrai nom, même si pour nous c'est Alain, son pseudo... et il nous raconte trois années de sa vie qui ont fait basculer tout ce en quoi il croyait croire de 1940 à 1943. Le livre s'appelle Alias Caracalla, et c'est un témoignage marquant.


Marquant par son honnêteté intellectuelle qui accompagne ce cheminement dans les idées, dans les valeurs politiques, et dans les engagemetns. Mais pas que.


Ce qui est fort c'est avant tout le jeu qui s'établit entre le récit aujourd'hui et les faits d'alors, et les recoupements qu'il multiplie entre les extraits du journal intime du jeune qu'il était à l'époque, et les extraits de lettres, de discours, de journaux de l'occupation.


Ce qui reste à la lecture de ce pavé de 900 pages, c'est avant tout les lenteurs de la résistance. Ce n'est pas du tout un roman d'espionnage, ce sont des rendez-vous manqués, des transmissions radio qui échouent, des codes qu'on n'obtient pas pour déchiffrer des textes, des parachutages annulés, les aléas des réponses et des décisions. Tout est complexe et politique. Les luttes sont fratricides entre PC, syndicalistes, SFIO,... Au lieu de voir des personnes cherchant à être efficaces pour libérer la France, on observe des allés et venues correspondant à des luttes de chef pour le pouvoir de demain. Chacun a sa propre perception de la guerre, de la stratégie à avoir, et personne ne s'accorde sur la façon d'agir, ce qui entraine une multiplication à outrance de réunions qui ne donnent rien, tout en faisant porter des risques inouis aux participants.


Ce qui m'a plu dans ce témoignage, c'est le récit d'initiation d'un jeune idéaliste à la guerre, à l'espionage, à la filature, etc. Mais c'est aussi pouvoir essayer d'imaginer tout ce qui a fait son quotidien d'infiltré en territoire occupé: Mémoriser des tas de pseudodymes, tout apprendre par coeur, ne rien laisser paraître, ne jamais attendre trop longtemps à un rendez-vous, relever des courriers sans cesse car pas de téléphone ou d'internet bien sûr, diner dans des bistrots avec les uns et les autres pour faire passer des sommes d'argent cachées dans des journaux, loger des gens de passages, juifs, alsaciens, juste pour une nuit sans jamais ne les revoir ni même pouvoir échanger sur son passé, son vrai nom.


Et toujours cette conscience absente et présente du danger, de l'incroyable de ce réseau fragile entre hommes résistants et souhaitant voir la France libérée.


Un livre auquel se rattacher comme une bouée pour continuer de s'indigner et de résister...


Un livre fleuve pour se plonger dans une époque sombre et compliquée...


Un livre d'histoire vivante, plein de surprises, de revirements...


"Fatigué par cette journée éprouvante, j'ai hâte de rentrer chez moi pour effectuer les derniers codages. C'est compter sans mon ultime rendez-vous dans la soirée avec M. Moret place des Terreaux. Il m'attend en compagnie d'un inconnu. Approchant dans la pénombre, je reconnais André Montaut, un des dix-septs du Leopold II en juin 1940. (...) Je le conduis rue des Augustins en attendant de lui trouver un logement, puis nous dinons ensemble. J'ai hâte de connaitre son odyssée. 'J'ai été choisi par le capitaine George alias Mec pour devenir son radio. Georges a pour mission d'établir une liaison avec le PC et les FTP.' Le jour de leur arrivée à Paris, en sortant de la gare, des agents du controle économique ont ouvert leurs valises et decouvert des denrées du marché noir. Ils se sont enfuis, abandonnant tout, puis se sont séparés après avoir convenu d'un rendez-vous le soir même. Lorsque Montaut es arrivé, à 7 heures, à la station de métro Grenelle, il a aperçu au loin Mec, qui cerné par des hommes en civil se débattait. Soudain, il le vit s'écrouler: il venait d'avaler sa pilule de cyanure."


14 janvier 2011

Minuit... en Inde ou ailleurs







Minuit l'heure des voeux, l'heure où tout bascule et rien ne bouge. Et s'il y a un livre que je vous souhaite de lire en 2011 c'est celui-là:




Les enfants de minuit de Salman Rushdie.




Une oeuvre magistrale, exhubérante, baroque, drôle et évoutante, sûrement à l'image de l'Inde que ce roman raconte. Un tourbillon de crachoirs à Béthel, de chutney, d'enfants des rues, de chansons, de gros nez et de grandes oreilles. Mais tout coïncide, tout se correspond, la petite et la grande Histoire, les odeurs et les prophéties, les serpents et les échelles. On rit et on pleure.




"Chaque nuage est bordé d'or." Cette phrase extraite du texte pourrait résumer le roman en son entier. C'est l'histoire d'un enfant, Saleem, né à minuit le 15 Août 1947, au moment de l'Indépendance, et qui tente, maintenant agé, de reconstruire les faits qui ont marqué sa vie en chapitres, en mots. Ce narrateur écrivain souligne les pièges de la mémoire, les jeux avec les souvenirs, tout en englobant sous sa plume, l'Indépendance, les guerres, les révoltes. Il joue avec l'écriture comme avec ses origines, supposées magiques... Même les scènes du quotidien les plus banales deviennent loufoques, intrigantes et belles.




Tout commence par l'avant, la vie de ses grands-parents, de ses parents et tout prend sens avec sa naissance et sa destinée: "Fin juin, au moment des pluies, le foetus était entièrement formé dans son ventre. Les genoux et le nez étaient là; et toutes les têtes qui pousseraient étaient déjà en place. Ce qui (au début) n'avait été qu'un point avait grandi pour devenir une virgule, un mot, une phrase, un paragraphe, un chapitre; maintenant cela explosait en développements plus complexes et devenait un livre - peut-être une encyclopédie - et même tout un langage... cela pour dire que la masse qui était au centre de ma mère était devenue si grosse et si lourde qu'au moment où le pied de notre colline haute de deux étages était inondé par une eau de pluie jaune et sale, que des bus échoués commençaient à rouiller, que des enfants nageaient sur la route liquide, et que les journaux détrempés flottaient entre deux eaux, Amina se retrouva dans une pièce circulaire, au premier étage de la tour, à peine capable de bouger sous le poids de son ventre de plomb."




On s'attache aux personnages, Morve-au-nez, Cheveux-gras, Singh-la-photo, Parvati-la-sorcière, le singe de cuivre, Shiva. On est emporté sur 800 pages par des phrases fleuves, brillantes, par des changements de rythme et de décors. Tout est dans les détails, dans les scènes souvent dignes de films!




"La réalité peut avoir un contenu métaphorique; cela ne la rend pas moins réelle." Une autre phrase qui fait écho au texte, qui souvent prend des allures de conte pour mieux nous parler d'un historique inédit. Et on croit à toutes les fables, à tous les destins.




"Minuit a beaucoup d'enfants; les descendants de l'Indépendance n'étaient pas tous humains. Violence, corruption, pauvreté, généraux, chaos, rapacité et ragoût au piment..." Un roman qui interpèle nos interprétations d'un tournant majeur de l'Histoire à travers les vues intimes et profondes d'individus mêlés et partagés. Une famille pleine d'humours, de sentiments, d'emportements nous guide de chapitre en chapitre jusqu'à pénétrer les mystères d'un pays hors du commun. J'aime les titres des chapitres, toujours choisi avec justesse parfois avec ironie, souvent avec humour.




"En tant que peuple, nous sommes obsédés par les correspondances. Les similitudes entre ceci et cela, entre les choses qui semblent n'avoir aucun lien, nous font battre des mains de bonheur quand nous les découvrons. C'est une sorte d'amour national pour la forme - ou peut-être simplement l'expression de notre croyance profonde que les formes sont cachées derrière la réalité; cela ne se manifest que par éclairs. D'où notre vulnérabilté aux présages..." Il y a tant et tant de passages qu'on aimerait garder en mémoire, partager, méditer, digérer, réentendre. Il y a un côté subjugant dans ce roman où le réalisme et la magie s'épousent et se cotoient, rient et se mentent à chaque page.




C'est incroyable le nombre de références aux dieux indiens, à la Bible, à la politique, mais aussi le côté simple et abordable de la lecture. Les lignes sont denses mais on est charmé si bien que les potions les plus exotiques nous semblent familières.




Un roman pour les amateurs de saga familiale et historique...




Un roman pour ceux qui s'intéressent à l'Inde, au Pakistan et au Cachemire...



Un roman pour ceux qui veulent tomber dans un style et une littérature inoublibable en cette nouvelle année.

05 décembre 2010

Une maison un été




Peu de romans nous donnent envie d'une vielle maison avec un grand jardin, où ramasser les pommes pour la compote... une maison pas loin d'un lac pour se baigner... une maison pleine de souvenirs, et de vieilles robes dans les placards. Mais Le goût des pépins de pomme (ou plutôt devrais-je dire Der Geschmack von Apfelkernen) de Katharina Hagena est de ceux-là.


Peu de romans apportent douceur mais aussi acidité sur les liens de famille, entre tantes, cousines, et grand-mères.


Une histoire de femmes. Qui sent bon l'été. Juste comme ça.


Une histoire qui interroge les héritages, le passé, la mémoire.


Un livre qui donne envie de déguster des pommes différentes, de comparer leurs goûts.


Tout commence par une réunion chez le notaire, où la narratrice hérite de la maison de sa grand-mère au détriment de sa mère et ses tantes. Ne sachant que faire de cette maison, elle s'y installe provisoirement quelques jours pour faire son deuil et réfléchir à son histoire. Elle parle avec un vieil ami de sa grand-mère, elle retrouve certains compagnons de son enfance. Elle est à un tournant de sa vie. Elle se laisse porter, entre lâcher prise et quête plus ou moins consciente du passé. Tout est-il bon à garder?


Un roman plus d'été que d'hiver, avec un style simple.


A conseiller aux germanistes, à conseiller aux amoureux des vieilles maisons de famille, à consommer sans modération les pieds dans l'herbe une pomme à la main.


Un livre pour la rubrique AU FEMININ!






16 novembre 2010

Une histoire...




Il est loin le temps de l'histoire au coucher... "Une histoire!"

Avec l'arrivée de la nuit tous les jours un peu plus tôt, on peut pourtant en avoir envie au moment de s'endormir. et pour ça il y a les contes! Courts, juste quelques pages fantastiques et merveilleuses avant de fermer l'oeil.


Je viens de refermer Les contes d'indonésie de Nathalier Belin-Ridwan. Et ça m'a fait du bien de tourner quelques pages au moment où les yeux piquent, pour couper avec le flot des pensées du quotidien.


J'ai ainsi fait la connaissance d'un gecko mécontent, de pantoufles de cuir bavardes, et autres rochers aux larmes.


Je ne peux que vous recommander l'évasion du 'il etait une fois' au milieu des 13000 iles de l'archipel indonésien. Très vite vous verrez que ces êtres exotiques vivent des histoires proches des notres.


Prince qui rêve de se marier, vieux couple qui désespère d'avoir des enfants, quand tout à coup, un brin de magie et un peu d'étincelles et tout bascule pour finir par un sourire...
Des contes pour tous ceux qui cherchent un petit ailleurs au lieu de compter les moutons...
Des histoires toutes simples qui vous emmèneront ailleurs tout en restant ici...
Un livre pour tous les âges...
Vous pouvez même tenter de vous les faire lire à haute voix! Histoire de vous endormir paisiblement en écoutant des mots millénaires répétés ici et là.

27 octobre 2010

Une petite pépite new yorkaise




Beaucoup rentrent de New York en rapportant des sacs entiers de shopping de vêtements et chaussures, une mini statue de la liberté dans une boule à neige ou encore un T-shirt I Love NY... Ben moi, je suis revenue en France avec une petite pépite à partager avec vous: un livre pour enfant si beau, si frais, si vert, si tendre, que j'ai craqué. Son titre : The giving tree de S. Silverstein.


C'est l'histoire d'un petit garçon et d'un arbre. L'arbre est toujours là pour l'enfant, il le protège avec son ombre, il lui donne des pommes à manger, jusqu'à avoir tant offert qu'il n'est plus qu'une vieille souche... mais encore là, et après tant de sacrifices du pommier, le garçon devenu homme peut venir s'y asseoir pour trouver un brin de sérénité.


Je ne sais pas si c'est un livre sensé démontrer que l'amour est éternellement généreux et beau et sans limite, ou si il est là pour dénoncer l'exploitation jusqu'à la racine de la nature par l'homme égoïste... mais le coup de crayon m'a touchée de suite!


Du coup, j'ai aussi jeté un oeil sur un autre livre du même auteur, assise tranquille par terre au fond de la librairie new yorkaise... Quel régal! Son titre: The missing piece.

Je vous laisse découvrir ici:

http://www.youtube.com/watch?v=744JBwjrlKk

Encore une leçon de vie à plusieurs niveaux de lecture et d'interprétations...

Pour les bout'choux ou pour les grands au coin des librairies quand il fait froid dehors ou pas!

16 octobre 2010

Hors de tout ce qui est...




Etrange que ce roman hors de tout ce qui est... Le musée du silence a une narration qui s'appuie que sur des éléments qui ne sont plus valorisés ou valorisables dans notre monde contemporain... Ca donne un livre décalé, bizarre, lent, et pourtant riche de sens.


L'histoire: une vieille dame s'amuse à collecter un objet par mort, dans son village. Dès qu'elle voit qu'il y a un décès, elle court s'introduire en cachette dans les maisons lors des funérailles pour ramener un cézame: l'objet qui représentera l'absent, le défunt. Comme elle se fatigue, elle embauche même un jeune homme pour en faire un musée, et continuer à collecter les objets des morts...


Ce dernier a pour passion les musées et un microscope que son frère lui a offert, et où il observe le soir pour se détendre une langue de grenouille, ou autre bout du jardin... quand il ne lit pas le journal d'Anne Franck.


Etrange donc que ce texte hors de tout. Un récit sur la conservation, sur la lente observation, à une époque où cela n'a pas trop de place dans notre société. Un roman sur la mort, mais d'une façon très singulière. Parfois on tombe dans le polar, parfois on flotte dans le mystère, et pourtant rien que l'histoire d'un musée en construction.


Un livre plein de silence aussi. Comme son titre le rappelle fort justement.

Silence des moines qui vivent non loin du village, et ne prononcent pas une seule parole.

Silence des personnages, et étrange obsession de la mémoire.


Un roman pour ceux qui aiment les histoires sans queue ni tête avec des personnages intrigants et hors du commun.


Un roman pour ceux qui aiment les musées et les collections en tout genre.


Un roman pour mettre du rien et du tout dans le quotidien.


04 octobre 2010

Livre à idées




Voici un livre d'un nouveau genre, publié en plus de 20 langues. Il s'agit du livre à idées ou Ideabook. Le concept: Essayer d'avoir des idées nouvelles plus souvent, et d'en garder traces. Pour cela, le livre vous propose des méthodes pour penser différemment, pour être plus créatifs, mais aussi de nombreuses pages blanches qui sont des invitations à prendre des notes.


Au-delà du concept marketing qui certainement a fait mouche en librairie, je trouve qu'il est bon d'avoir des objets qui invitent à créer, comme celui-là. En plus, l'objet est beau en lui-même. Poser sur une table de nuit, il est une invitation à prendre la plume.


L'auteur Frederik Hären vend d'ailleurs son ouvrage plutôt bien. (voir ici) Alors avis aux amateurs!


Un livre pour tous ceux qui veulent s'exercer à avoir des idées neuves!


Un livre à offrir avec des stylos de toutes les couleurs!


Un livre à reprendre régulièrement pour avancer...









15 septembre 2010

Erika se marie!




Ca y est! J'ai enfin lu le dernier tome de la série policière des Camilla Läckberg : L'oiseau de mauvais augure. On y retrouve la petite ville de Tanumshede, son commissariat, et ses meurtres mystérieux.


Bien sûr, ça se lit tout seul. Mais petite déception quand même. Tout d'abord parce qu'auparavant, Erika avait une vraie place dans l'enquête en tant que biographe, alors que maintenant son amoureux et futur mari (scoop!), Patrik, a pris le dessus. Du coup, on retrouve un roman plus classique sur ce que fait la police dans son enquête. Erika est relayée bizarrement à un rôle de femme au foyer débordée par les enfants, les tétés, etc.


Ensuite, une partie de l'intrigue concerne un jeu de télé réalité ayant lieu dans la ville. Malheureusement seuls les stéréotypes liés à ce genre de programme sont exploités dans le roman, alors qu'il y aurait eu tant à creuser!


Enfin, certes préparer un mariage prend du temps, mais ça arrive comme un cheveu sur la soupe au milieu de l'histoire.


Bref, on passe un bon moment, et le dénouement est étonnant, mais l'oiseau de mauvais augure n'est certainement pas le meilleur polar de la terre!


06 septembre 2010

Trois lettres, une passion




C'est l'histoire d'un poète et d'un homme mélancolique au fusil de chasse, croisé un jour. C'est l'histoire d'une passion amoureuse, et tout cela en trois lettres, de trois femmes. Un roman japonais fascinant par la forme et par la subtilité des sentiments dépeints.

C'est Le fusil de chasse de Yasushi Inoué, prix Akutagawa, une des références en matière de littérature au Japon.
Dans chacune des lettres, de la fille de l'amante, de l'épouse trahie, et de l'amante, on trouve la sincérité des sentiments au plus juste, que ce soit par la description du ressenti en métaphores (comme celle du serpent), par le sens donné aux objets (une tenue vestimentaire, le fameux fusil de chasse, etc) ou par les non-dits.
C'est très étonnant, car il n'y a rien. Les lettres sont très épurées. Mais toute l'intrigue est là dans son intensité.
Un roman court, à déguster un soir.
A conseiller aux amateurs de culture japonaise.
A recommander à ceux qui aiment les romans épistolaires.
Un texte à la fois simple, violent, emporté, triste et fort.


31 août 2010

Gestion de crise




Que se passe-t-il quand du jour au lendemain toute une société devient aveugle? C'est la question qu'affronte Jose Saramago dans son roman magistral L'aveuglement. Décédé il y a peu, Jose Saramago est un des auteurs les plus connus du Portugal. Prix nobel de littérature, il n'a eu de cesse de poser son regard critique sur notre petit monde.


Tout commence par un incipit haut en couleur. Un homme est en voiture à un feu, justement là où l'orange, le rouge et le vert font sens, quand soudain le blanc. Un blanc lumineux de partout, plus rien d'autre. C'est alors que tout bascule. Peu à peu l'épidémie gagne du terrain, et l'on se retrouve plonger dans une société à quatre sens où les gens perdent leur nom et leur visage pour n'être que le premier aveugle, la femme du deuxième aveugle, etc. Saramago nous propose la ré-écriture de l'ordre social, pour le meilleur comme pour le pire.


Un livre pour tous ceux qui s'intéressent à la gestion de crises.

Un livre à offrir aux amateurs de romans d'anticipation, mais aussi à ceux qui n'en auraient jamais lu!

Un livre pour ceux qui s'intéressent à la vie en univers carcéral.

Un livre sur l'homme en fait. Saramago interroge l'humain par de longues phrases qui mêlent contexte, dialogue, suspense, jugement, et analyse. Les virgules ponctuent le chaos, dans un flot qui nous emporte d'une traite.


Des scènes magnifiques, des scènes affreuses.


Et au final une leçon de vie.


23 août 2010

Des mots pour faire face




Des livres qui parlent de la déportation, des camps, du retour, j'en ai lu, qui m'ont marquée. L'écriture ou la vie, de J. Semprun, pour commencer. J'ai pleuré.
Cela dit, celui-ci à une place toute spéciale pour moi, et ce par sa quête de la retranscription du ressenti au plus près, dans le malheur comme dans le "bonheur", dans l'imaginaire comme dans le non-sens du réel le plus cru. C'est Etre sans destin, d'Imre Kertesz. Et l'on comprend dès les premières pages pourquoi cet écrivain est prix nobel de littérature.


Les scènes qu'il dépeint, on les a ancrées en nous quand on referme le livre. Par exemple celle où il essaie d'imaginer comment des hommes réunis ont pu concevoir les camps...


"Ils s'étaient réunis, ils avaient très vraissemblablement rapproché leurs têtes, dirais-je, même si ce n'étaient pas des écoliers, naturellement, mais des hommes d'âge mur, des adultes, et peut-être même très certainement, à bien y penser, des messieurs en costumes chic, avec des cigares, des décorations, sûrement rien que des chefs qu'on ne peut pas déranger à ce moment là: voilà comment je me les imaginais. L'un d'eux tombe sur l'idée du gaz. Dans la foulée, un autre trouve la douche,..."


Ou une autre, celle où il sent qu'il arrête de se battre, qu'il sombre dans la mort peu à peu, qu'il ne peut plus lutter...


"J'étais ébahi par la vitesse, l'allure effrénée avec laquelle, jour après jour, diminuaient, mouraient, fondaient et disparaissaient la matière qui recouvrait mes os, l'élasticité, la chair. Chaque jour, j'étais surpris par une nouveauté, une nouvelle difformité sur cette chose de plus en plus étrange et étrangère qui avait jadis été un bon ami: mon corps. Je ne pouvais le regarder sans une impression de désespoir, une sorte d'horreur. C'est pourquoi au bout d'un certain temps, je cessai de me déshabiller pour me laver..."


et je pourrais multiplier ces scènes, ces instants, toujours au plus près d'une quête de précision, de sincérité, de droiture, de finesse.


Pour toutes ses raisons, un livre à lire absolumment.


Pour garder en l'esprit ce que l'homme est capable de faire, mais aussi pour porter en nous le vécu de ces hommes qui lentement nous quittent.

Merci à Jean-Pierre pour avoir mis ce texte dans la pile de romans de mes 30 ans!

05 août 2010

Pour les petits loups!









Un autre livre pour enfants qui m'a beaucoup plu, c'est Freddy et le loup qui rend fou de V. Bourgeau.








Alors que Freddy tente de s'endormir calmement chez lui, un loup débarque, pourchassé par un berger fou qui tire partout. PAN! PAN! Alors Freddy lui ouvre sa porte, et le loup s'endort sous son lit.








Mais bientôt ce sont les moutons qui arrivent pour demander asile. Au secours, le berger fou continue de tirer partout! Alors voici la pièce qui se remplit de moutons, on ne peut plus les compter, mais tout le monde s'endort quand même!








A son réveil, le loup fait BOUH! Et tous les moutons partent affoler!








Alors Freddy lui dit que ce n'est pas très gentil d'effrayer les moutons comme ça. Mais voilà c'est un des jeux favoris du loup. Il lui raconte toutes les fois où il a bien ri en faisant peur aux moutons.






Toutefois pour se faire pardonner, le loup aide Freddy à retrouver les moutons. Ca rassure le berger, car en fait il tirait partout pour essayer de rattraper tous les moutons chassés par les BOUH! du loup...








Tout est bien qui finit bien... à peu de choses près (le berger s'étant tiré une balle dans le pied!)








Des dessins très sympa, naifs et colorés. Simples et drôles. Et une belle histoire avant de s'endormir!








03 août 2010

Mousson généreuse




Un peu comme dans le conte de boucle d'or, j'ai dormi dans le lit de quelqu'un en son absence, une petite Salomée, que je n'ai pas eu la chance de rencontrer... par contre, j'ai eu l'immense plaisir de découvrir ses livres! Et parmi eux: Le parapluie vert de Yun Dong-jae illustré par Kim Jae-Hong.


C'est l'histoire d'une petite fille asiatique qui rejoint son école le matin sous une pluie torrentielle. Heureusement elle est protégée par son joli parapluie vert, ce qui donne pour nous lecteurs des pages magnifiques de gris avec tâches de vert, dans une forme de sérénité tranquille d'un matin de pluie d'Asie.


Sur son chemin, elle croise un mendiant, assis par terre contre un mur, dont tout le monde se moque. Mais elle, elle est touchée par sa présence, son isolement, sous la pluie battante. Quand vient la récréation, elle voit qu'il s'est endormi et délicatement elle lui dépose son parapluie à ses côtés. A la sortie de l'école, il n'est plus là, mais sur le mur, replié, elle retrouve son parapluie.


Mystère du don. Générosité de parapluie.


Une grande humanité se dégage de cet album pour enfant, magnifiquement illustré.


A mettre entre toutes les mains, même des adultes, bien évidemment.