17 octobre 2007

Quand la télé surgit dans le roman...

Mieux vaut lire un bon roman que se planter devant la télé... L'opposition frontale classique n'est pourtant pas si claire... Tout d'abord car des programmes télé parlent de romans (Voir par exemple: Le bateau livre) mais surtout parce que, plus intrigant, la télé fait de plus en plus son apparition dans les romans.

Saga de T. Benacquista nous emmène dans les décors de la création d'une série à succès. Nous suivons les scénaristes, hommes et femmes de l'ombre, sensés faire n'importe quoi, pourvu que ça occupe les ménagères et coute peu cher! Oh surprise, la série TV de nos pommés du PAF prend une ampleur inattendue, au vue de son succcès médiatique... Que vont devenir les personnages de la série et leurs créateurs? Avis aux amateurs de bonnes séries télé qui ont envie de plonger avec humour et sarcasme dans les coulisses de leur passion.





Plus récemment, Pour le meilleur et pour l'empire de J. Hawes nous plonge cette fois-ci en pleine télé réalité. L'objectif de nos candidats: survivre dans une jungle pour gagner deux milions de livres. Satirique et complètement déjanté! Ce roman plaira à tous les amateurs des Monty Python!

Avec tout ça, il vous reste encore à décider de votre programme du soir...

11 octobre 2007

Du roman au conte philosophique?

C'est un petit livre d'une centaine de pages. Sur la couverture, une jeune fille nous regarde la tête penchée. Difficile de décrire son état d'esprit. Résignée? Pensive? Triste? Elle ressemble à ces femmes des tableaux du musées de Offices à Florence. Au dessus de son visage, sur la couverture, il est écrit: Le premier siècle après Béatrice, et c'est signé Amim Maalouf.

C'est un roman bien sûr, ou plutôt une "chronique" un peu du genre La Peste de Camus, sauf que là, c'est l'histoire de fèves qui une fois avalées permettent d'augmenter les chances d'accoucher d'un garçon. D'une légende, nous glissons peu à peu dans le cauchemard, d'une société qui sans s'en rendre compte, se prive d'un avenir. Alors roman d'anticipation ou conte philosophique? Chacun sa lecture. Il y a la lecture du démographe qui peut trouver dans ce récit des arguments de taille pour démontrer l'importance de sa science. Il y a la lecture du sociologue qui peut étudier comment se comportent les groupes humains privés de futurs. Il y a la lecture du géographe, qui pourra analyser les contrastes nord sud... et puis il y a les lecteurs du dimanche, qui pourront apprécier le style d'A. Maalouf et les mots doux d'un père à sa fille Béatrice.

Alors merci à Zsuzsana pour ce beau cadeau.

Et pour vous, une petite citation extraite du livre, à méditer pour rester vigilants dans notre monde moderne:

"Que de fois je me suis demandé comment nous en étions arrivés là. Dans les pages qui précèdent, j'ai aligné des évènements, des impressions, des apparences de cause. Alors que je m'apprête à quitter la scène, sans hâte mais sans regret, je me sens toujours incapable de dire si, à un moment quelconque, le cours du destin aurait pu être détourné, et ramené dans un sens plus conforme aux rêves des hommes. J'ai beau relire mon témoignage, et tant d'autres textes de ces dernières années, ma perplexité demeure, parfois obsédante. Tout ce qui est arrivé était-il donc inévitable?"

03 octobre 2007

Protection de la langue

Et non les Français et leur Mister Allgood (comprené Jacques Toubon) ne sont pas les seuls à s'inquièter de la brutalisation que subit leur langue dûe aux englicismes manageriaux des networks et de la governance, dûe aux SMS (ckcnouveau) et autres usages intempestifs d'emails sans accents, apastrophes, etc. Les italiens aussi. D'où la sortie de ce livre, très remarqué chez nos voisins latins, et écrit par Beppe Severgnini: L'italiano, Lessione semiserie (soit en français dans le texte: L'italien, leçons semi sérieuses).







Il y repertorie tous les usages de la langue qui la cabosse, la torde, pour le pire et non pour le meilleur et propose des solutions pour bien écrire... Par exemple, il suggère une méthode toute simple mais qui fait ses preuves. En voici les étapes.

Tout d'abord, ne pas se jeter sur son clavier ou son stylo pour écrire son email ou sa lettre à chaud, mais PENSER à ce que l'on veut écrire. Puis ORGANISER sa pensée. (Par quoi vaut-il mieux que je commence? Comment conclure pour que mon message soit remarqué et porte à sa juste valeur). Ensuite ECRIRE d'une traitre, se lâcher! Mais ne cliquez pas tout de suite sur envoyer, ne fermez pas l'enveloppe. RELISEZ attentivement, et retirez le superflux, le trop plein...

Tout bête, oui mais... Combien d'entre nous avons déjà perdu l'occasion d'avoir un bon poste ou perdu l'occasion de concquérir un coeur convoité, par manque de style et de justesse dans le propos... Parce que le SMS envoyé en français massacré avait écoeuré un coeur à prendre, parce qu'à la troisième fautes d'orthographe du CV non relu, le recruteur avait laissé tomber?

Bien écrire, c'est déjà respecter l'autre, lui montrer notre attention. Ecrire les mots justes, les mots qui charment ou font rire, c'est déjà un cadeau. Trouver une métaphore à vous, au lieu de reprendre à votre plume l'expression stéréotypée lue 15 fois dans les médias. Ponctuer vos phrases avec soin, pour laisser respirer l'autre ou l'emporter au loin. A chacun ses mots, son style... Et pourquoi pas aussi enrichir votre vocabulaire de mots nouveaux. Pourquoi pas des "subtiles", au lieu des "remarquables", des "émoustillants" au lieu des "drôles",...

Et puis, si vous y ajoutez un beau papier, un beau timbre, une belle police d'imprimerie, des couleurs... qui sait, vos écrits pourraient ouvrir des portes dont vous ne connaissiez pas encore l'existence jusqu'alors.


30 septembre 2007

Petit génie vous invite à la physique des catastrophes

Très belle découverte de la rentrée: M. Pessl Special topics in calamity physics (ou en français: La physique des catastrophes).







"Dad always said a person must have a magnificent reason for writing out his or her life story and expecting anyone to read it. 'Unless your name is something along the lines of Mozart, Matisse, Churchill, Che Guevara or Bond - James Bond - you best spend your free time finger painting or playing shuffleboard, for no one, with the exception of your flabby armed mother with stiff hair and a mashed-potato way of looking at you, will want to hear the particulars of your pitiable existence.' (...) Given such parameters, I always assumed I would not have my magnificient reason until I was at least seventy, with liver spots, rheumatism, wit as quick as a carving knife, a squat stucco house in Avignon (where I could be found eating 365 cheeses), a lover twenty years my junior who worked in the fields and with any luck, a small triumph of science or philsophy to my name. And yet the decision (...) came much sooner that I ever imagined" et c'est tant mieux pour nous!!!!



Quel premier roman! Plein de créativité, de références, de sarcasmes (sur le fait d'avoir autant de références, notamment). Une héroine super attachante, Blue, qui suit son père de ville en ville, suite au décès de sa mère, afin que celui-ci puisse enseigner ses théories à toutes les mauvaises universités peu connues du fin fond des Etats-Unis. Un style percutant! Pessl excelle dans l'art de faire des analogies, de jouer des parallèles et des métaphores (ce qui fait qu'elle multiplie un peu les parenthèses, mais lisez-les attentivements, car elles abritent des perles!)

Donc, une vraie histoire qui emporte, une enigme policière, des personnages louches, mais aussi attendrissants, une jolie couverture, un beau titre, un roman d'éducation à la Harry Potter, qui suit le rythme scolaire d'un ado, une réflexion sur le rapport père fille... Bref, ça bouillonne!


Et une grande originalité dans la forme qui ne gâche rien: Pessl se moque du thésard, de l'universitaire qui inclut toujours une bibliographie, des références d'auteurs, qui s'appuie sur ses diapositives power point comme un viellard à sa canne, et puis, je ne devrais peut-être pas vous le dire mais le roman inclut même un examen final!!!!! SI SI!!!! Bon ne vous inquiétez pas, il est tout à fait faisable!!!


Enfin, j'ajouterais que ce roman donne envie de voir des vieux films, de lire des classiques, et d'écrire... alors ça vaut bien les quelques euros et les 670 pages, qu'on ne voit pas passer!

19 septembre 2007

Livre de chevet

Il est des livres qu'on ne lit pas d'une traite, mais qu'on aime à avoir à portée de main, pour en grignoter des bouts, tard le soir quand la nuit s'annonce. Le livre de l'intranquilité de Pessoa est de ceux là.

C'est un bijou, presque trop beau pour être vrai... pourtant on peut le porter au creux de soi tous les jours.


Finement simple et simplement tortueux, Pessoa nous embarque dans son aventure très impressioniste de comptable de l'existence, au milieur du néant, de la beauté et de la douleur. Ce journal intime nous conduit dans des réflexions métaphysiques au milieu de détails simples du quotidien.







Pessoa, un personnage à part entière. Né au Portugal, il a composé une oeuvre magistrale sous différents noms ou devrais-je dire "hétéronymes" pour faire plus littéraire! Du genre: Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Alvaro de Campos, etc. Bernardo Soares est le nom sous lequel il a écrit le Livre de l'intranquilité. Il dira qu'il est l'hétéronyme dont il se sent le plus proche... Donc ce n'est pas tout à fait un journal. C'est le journal d'un partie de Pessoa... Ne sommes-nous pas tous multiple?


Difficile de vous en choisir un morceau, tant ils sont nombreux à être éblouissants...

En guise d'introduction, je vous copie donc cette lettre:


14 Mars 1916


"Je vous écris aujourd'hui, poussé par un besoin sentimental - un désir aigu et douloureux de vous parler. Comme on peut le déduire facilement, je n'ai rien à vous dire. seulement ceci - que je me trouve aujourd'hui au fond d'une dépression sans fond. L'absurdité de l'expression parlera pour moi.
Je suis dans un de ces jours où je n'ai jamais eu d'avenir. Il n'y a qu'un présent immobile, encerclé d'un mur d'angoisse. La rive d'en face du fleuve n'est jamais, puisqu'elle se trouve en face, la rive de ce côté-ci; c'est là toute la raison de mes souffrances. Il est des bateaux qui aborderont à bien des ports, mais aucun n'abordera à celui où la vie cesse de faire souffrir, et il n'est pas de quai où l'on puisse oublier. Tout cela s'est passé voici bien longtemps, mais ma tristesse est plus ancienne encore.
En ces jours de l'âme comme celui que je vis aujourd'hui, je sens avec toute la conscience de mon corps, combien je suis l'enfant douloureux malmené par la vie. On m'a mis dans un coin, d'où j'entends les autres jouer. Je sens dans mes mains le jouet cassé qu'on m'a donné, ironiquement, un jouet de fer blanc. Aujourd'hui 14 mars à 11H du soir, voilà toute la saveur, voilà toute la valeur de ma vie.
Dans le jardin que j'aperçois, par les fenêtres silencieuses de mon incarcération, on a lancé toutes les balançoires par dessus les branches, d'où elles pendent maintenant. Elles sont enroulées tout là haut. Ainsi l'idée d'une fuite imaginaire ne peut même pas s'aider des balançoires pour me faire passer le temps.
Tel est plus ou moins, mais sans style mon état d'âme en ce moment...."






11 septembre 2007

L'ombre de nos lectures

Que faisons-nous des livres que nous lisons? Nous hantent-ils? Changent-ils notre regard sur le monde? Nous font-ils juste passer un bon moment avant de s'évanouir dans l'air, ni vus, ni connus? Je pencherais plutôt vers l'idée d'une ombre, qui nous suit, que l'on ne remarque même plus, et qui pourtant est un reflet de nous toujours changeant. Quant à Carlos Louis Zafon, il répond à la question dans une saga ibérique, mi polar, mi roman historique sur les années de l'après-guerre à Barcelone: L'ombre du vent.








Un jour, un petit garçon est emmené par son père au cimetière des livres. C'est un lieu mystérieux, où l'on peut prendre un livre de son choix afin de le garder en vie. Mais cela doit rester un secret. C'est alors que ce livre sorti de l'oubli va changer la vie du jeune homme qui l'a choisi et le conduire sur un parcours initiatique, où il croisera l'amour, la peur, la mort, l'envie, le doute, l'amitié, etc. Quelle place donnera-t-il au livre? Sera-t-il en faire quelque chose de grand, de beau? Ou se trompe-t-il en se plongeant dans le fantastique du roman?

Derrière une saga, toute une réflexion sur la littérature...

Ce livre est à conseiller à tout ceux qui veulent découvrir des romans espagnols mais aussi aux amateurs d'histoires à suspense construites en poupées russes.

Et puis si vous ne le lisez pas, gardez tout de même cette idée en tête: Les livres ne sont rien sans nous. Ils dorment ou meurent sur des étagère. Mais si on les ouvre, qu'on leur donne une chance, ils peuvent tout.

05 septembre 2007

Une moitié...

Une moitié de lue... du dernier livre du prix nobel de littérature 2006 Ohran Pamuk: Istambul, souvenirs d'une ville. Et des petits cailloux dans la poche: ceux de l'enfance (marcher que sur les lignes ou que sur les cases, lire tout ce qui passe sous le nez pour le plaisir de déchiffrer les sons et de les voir se transformer en mots, rêver complètement et absolument) mais aussi des cailloux de formes inconnues, des petites pierres turques plus ou moins lourdes ou légères (compter les bateaux qui passent sur le Bosphore, regarder les bâtiments de l'empire ottoman tomber en ruines, être entièrement ébloui par le soleil quand on franchit la porte de la maison).



Quand on remue ces cailloux au fond de sa poche, un sentiment se dégage: celui de la mélancolie ("Hüzün" en version originale dans le texte). C'est un sentiment singulier, spécifique au lieu et à l'homme semble-t-il. Un sentiment qui peut être explique son devenir écrivain?



Par sa forme, ce livre me rappelle ceux de T. Terzani (voir rubrique "Témoignages"). En effet, Ohran Pamuk lui aussi joint au texte de magnifiques clichés en noir et blanc qui illustrent son récit. Ses photographies sont à la fois intimistes et archives d'une société qui s'effrite, à l'image des façades qu'on devinnent en arrière plan.

Un livre à ouvrir avant ou après un voyage en Turquie. Un livre à ouvrir pour les curieux de témoignages humains et géographiques. Un livre à ouvrir pour les collectionneurs de cailloux mélancoliques.

30 août 2007

Sensations d'été

"La gamme de do majeur a encore de belle mélodie devant elle." Quelques lignes écrites sur une page blanche en guise d'introduction à ce roman musical et fort: Dernier amour, de Christian Gailly, aux éditions de minuit.





C'est l'histoire d'un compositeur. Et je préfère ne pas trop vous en dire plus en fait, pour vous laisser la fraicheur de vous plonger dans son style et dans ces quelques pages qui se dégustent très vite... presque trop vite (110 pages). Juste un petit bonbon, quoi. Ou une gorgée d'un bon thé. C'est selon. Quelque chose qui vous laisse un bon goût dans la bouche.

J'aime la façon dont Christian Gailly décrit les scènes en nous glissant tantôt dans la foule, comme observant un film, guettant son héros au milieu de l'humain massif, tantôt dans l'esprit du personnage: "On voit des gens de dos qui marchent sur un quai en plein soleil. Paul n'est pas parmi eux. Où est-il? Il est peut-être resté dans le train. Terminus. Tout le monde descend. Pas lui. Si. Il est là. Le voilà. On le voit." puis quelques lignes plus loin"Peur du vide. Vertige. Parallèles qui soit disant se joignent à l'infini. Rail, Lame, lignes." En plein dans la tête de Paul, et de sa méditation face au rail... Mais ce roman ne parle pas de gare. Non, il parle d'humanité et de musique. Il parle d'instants partagés ou pas. Il parle d'amour. Et c'est un doux rayon de soleil sur la peau...

Un soleil de fin Août...

Un petit bonheur...

17 août 2007

Voyage en Russie

Voyage en Russie oblige, je vais vous parler de littérature russe!

Premier immanquable: Le maître et Marguerite, de Boulgakov. C'est aussi fort, hallucinant et déjanté qu'un tableau de Chagall. C'est considéré comme étant un des chefs d'oeuvre incontestable de la littérature sovietique. Pour la petite histoire, Mikhail Boulgakov a mis une dizaine d'années à l'écrire et il n'a été publié qu'au dégel (après la mort de Staline). Lors du voyage, je suis passée par l'étang où débute le Maître et Marguerie, avec l'apparition du diable en personne (si si!)... Et j'ai photographié la porte du café Marguerite dédié à Boulgakov et très à l'image du roman, avec le mélange des histoires, la folie des personnages, l'humour désabusé...





Autres chefs d'oeuvres: les pavés de Tolstoi! A Moscou, j'ai visité sa maison, et j'ai vu son bureau... Ca m'a vraiment donné envie de le lire attentivement, pour faire coller le cadre aux lignes!

01 août 2007

Le dernier...

Le dernier... Harry Potter! Bien sûr! Il se déguste lentement, comme tout dernier morceau de gâteau, dernier chocolat de Noël ou de Pâcques, dernier jour de vacances, dernière minute avant l'adieu!

On y retrouve le ton Harry Potter, les mots magiques Harry Potter, les baguettes, chouettes et autres instruments du nécessaire de la bonne sorcière! On rit, on pleure, et on remercie Rowling de nous avoir fait rêver, jusqu'au bout... mais aussi de transmettre de nobles valeurs aux enfants à travers son récit fantastique.





Alors pour les "accro", savourez-bien, et pour les autres... Un jour, peut-être vous tomberez dans la potion magique... ou vous la partagerez avec des plus petits que vous!

En tout cas, qui laisse entrer dans sa vie un peu de magie, est sûrement ouvert à l'autre, à la surprise, à ses intuitions et ses envies profondes! Cet été, transformez-vous, transfigurez les autres, faites apparaître vos souhaits et donnez leur forme vivante, concocter vous des petits jus de bonheur, observez les étoiles en bonnes compagnies, et faites face aux défis de demain... qui sait des étincelles pourraient laisser place au mystère!

Et sinon, cliquez ici pour plus amples contacts avec Harry Potter et ses amis!

25 juillet 2007

Trio Chilien

Titre intrigant mais si finement choisi, Ma femme de ta vie de Carla Guelfenbein est sûrement un des titres du moment à glisser dans son sac à main, à lire les pieds dans le sable ou au chaud en attendant que la pluie cesse, tout dépend de votre destination estivale!







C'est l'histoire de Théo, un étudiant anglais fan de sociologie, qui tombe amoureux de Clara, grande amie de son meileur ami chilien Antonio... Et oui l'histoire est vieille comme le monde, deux hommes amoureux silencieux de la même femme, vous vous en doutez... Et pourtant, le style de Carla Guelfenbein, la construction du roman qui mêle habilement les points de vue, et surtout l'arrière fond politique et sociale (dictature au chili, et retour à la démocratie) donnent au roman une fraicheur, un ton différent, et un suspense prenant.

C'est un livre sur l'ambiguité des sentiments, sur la loyauté, sur l'honneur, et sur la fidélité. C'est bien sûr un livre sur l'amitié et sur l'amour. Mais pour moi, c'est aussi un livre sur "l'instant", ce qu'il enferme de notre passé et de notre futur. Ce qu'il irradie dans le moment présent, ce qu'on en garde ou qu'on oublie.

10 juillet 2007

Doremifasolasido

C'est un livre qui cache des notes de musique à l'intérieur. Un livre dont s'échappe de la légereté, du bien être, et une douce mélodie apaisante.

Sur la couverture, on peut y lire: Ma vie avec mozart, et un nom d'auteur en forme de signature: Eric-Emmanuel Schmitt.

C'est comme une confession, un journal intime, sous la forme de lettres à un ami presque imaginaire, mais pas tout à fait, puisque vous l'aurez compris il s'agit du grand MOZART.

On retire de cette lecture, l'envie d'écouter du Mozart bien sûr, mais surtout de la musique classique en général: Attention, pas en passant, pas par distraction, mais vraiment écouter les yeux fermés, et s'envoler peu à peu ailleurs.

Ce livre renferme aussi de sublimes pages sur l'enfance, écrites dans un style simple mais étincellant.

Merci donc à Stéphanie pour ce beau cadeau.

J'écoute le CD du livre en boucle en ce moment. Et j'ai même été recherchée mon premier CD reçu à 12 ans: Les concertos pour violon 4 et 5 de Mozart. Du bonheur!!!!

Alors si vous avez besoin de vous relaxer pendant les vacances, voici ma prescription:
Quelques minutes de Mozart, quelques pages de Schmitt (à renouveler dès que la fatigue réappartait...)

03 juillet 2007

BD en action!

Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler de B.D.

Parmi mes préférées figure PERSEPOLIS. Une histoire de l'Iran revue et corrigée par la perspicace et sensible M. Satrapi. A lire sans modération ou à regarder depuis peu sur vos écrans! Je viens d'aller voir Persepolis au cinéma! Extra!!!!


Et puis, pour ceux qui préfèrent la couleur au noir et blanc, je recommande une autre B.D.: Le photographe (E. Guibert et D. Lefevre). Cette fois, c'est un voyage pour le Pakistan et l'Afghanistan, en photo et en dessins, histoire d'accompagner une caravane de MSF qui passe la frontière entre ces deux pays pour aller mettre en place un hopital de fortune... Non seulement ce livre est une oevure d'art, mais il est aussi un témoignage très fort sur les changements géopolitiques qui bousculent notre petit monde moderne... En trois volumes, vous serez plongés dans les montagnes arides, au milieu de la souffrance, de l'extremisme, mais aussi au centre d'une très forte solidarité de la misère... A lire absolumment, si vous vous intéressez à l'humanitaire, au développement, et au sort de cette région agitée.



Enfin pour finir sur une note plus légère: deux séries de B.D. à découvrir pour rire et se détendre!


-Le combat ordinaire (Larcenet)

-Le retour à la terre (Larcenet, Ferri)

25 juin 2007

Bien peu de choses...




Je viens de refermer Les choses de Perec. Ce court roman est une critique de la société de consommation. Il nous présente un jeune couple en quête d'assouvir ses désirs matérialistes. Pas de recherche de créativité, pas de curiosité, pas d'art dans leur petite vie, mais la quête de la possession d'objets. Perec donne d'ailleurs aux objets un rôle clé tout au long du roman, ce qui fait du livre un inmanquable du jeu de style... à la Perec.

"Il leur semblerait parfois qu'une vie entière pourrait harmonieusement s'écouler entre ces murs couverts de livres, entre ces objets si parfaitement domestiqués qu'ils auraient fini par les croire de tout temps créés à leur unique usage, entre ces choses belles et simples, douces, lumineuses."

Parfois ces personnages sont beaux bobo... Parfois ils nous semblent nous miroiter et cela même si le livre a maintenant 40 ans. Visionnaire ce Perec!

En fait, ce roman est une vraie analyse sociologique à deux niveaux. Perec fait une analyse sociologique du mode de vie des personnages, à travers l'étude de leur comportement... Et les personnages ont un métier: socio enquêteurs... Amusant non?

Un roman à recommander à tout ceux qui font de la pub ou du marketing, à tout ceux qui font de la socio et veulent garder un regard critique sur le monde.

15 juin 2007

Nemo

C'est un livre magique: on est comme soulevé quand on tourne les pages, on s'envole... C'est un livre tout en photo des pochoirs parisiens de NEMO...



Mais c'est aussi des paroles humaines et sensibles, celles de PENNAC, grands connaisseurs des rues et ruelles de Belleville... et donc des pochoirs de NEMO qui s'y promènent!

Ca s'appelle tout simplement Nemo par Pennac.





C'est avant tout l'histoire d'un père, qui racontait des histoires à son fils avant qu'il ne s'endorme, et qui dessinait la nuit secrètement la suite de l'histoire en pochoir sur les murs du quartier, pour rendre le trajet vers l'école moins pénible pour le petit.

C'est donc un livre qui dégage de la tendresse, du rêve, de l'enfance. Un livre qui donne envie de rester léger et créatif.

C'est aussi un livre qui donne envie d'aller marcher dans Paris, pour aller voir les pochoirs par soi même...

Enfin c'est un livre qui donne envie de se replonger dans les Pennac: La fée carabine, La petite marchande de prose, Monsieur Malaussène, Merci, Le dictateur et le hamac. Que de bons moments passés! Si vous ne connaissez pas encore Pennac, vous avez bien de la chance car vous allez pouvoir découvrir un style populaire hors du commun, une saga familiale hors norme, et tout ça dans un belleville où planne du suspense... la police... (Mais que fait la police?) au milieu des odeurs de couscous, des photos de Clara, des égarements de Thérèse, et des cris du petit...

Bon, amis lecteurs, tu ne regretteras pas cette excursion dans les pensées farfelues de Pennac et les images oniriques de Nemo...

11 juin 2007

Sans queue ni tête!

C'est un livre étrange, où figure sur la couverture la photo d'un robot, de deux adultes à tête de citrouille accompagnés d'un enfant à tête de fer à repasser... Si, si je suis très sérieuse. Le titre de ce recueil de nouvelles de Aimee Bender: Des créatures obstinées (ou en anglais pour la VO Willful creatures).

Ce sont de courtes histoires dignes des nouvelles de Mérimée, très étranges, toujours surprenantes, et qui ont le don de laisser une émotion méconnue sur les lèvres du lecteur.

Par exemple, vous suivrez les aventures d'un animal domestique étonnant: un homme en mignature. Vous rencontrerez une dame qui crée des mots liquides, solides ou gazeux (c'est ma nouvelle préférée du receuil!) Vous verez ce qui arrive à l'homme dont un Dieu ingrat interdit toute activité artistique, etc.

Son style repose sur des apositions signifiantes. Par exemple page 74: "J'aime toutes ces femmes, se disait-il. Il aimait essayer des chapeaux dans des magasins." En une phrase venue de je ne sais pas où, Aimee Bender décrit à merveille le rapport de son personnage à la gente féminine.



Elle a aussi le don pour le sarcasme: page 77 "Les planchers étaient bruns et brillants, les coussins sentimentaux, et les magazines jamais lus"



De temps en temps, on se croirait dans un film de Tim Burton, à cause du ton ironique sur la société américaine dont elle est issue, mais aussi parfois à travers des échos très marqués, comme dans la nouvelle où elle raconte l'histoire d'un jeune homme qui a des clés au lieu de doigts (Edouard aux mains d'argent n'est pas loin!)




Un livre rafraichissant pour tous les déjantés, les en-manque-d'extraordinaire. Attention cependant: Elle fait preuve d'une bonne dose de cruauté!

01 juin 2007

N'attendez plus...

C'est un magnifique petit livre, qu'on a envie d'offrir: Moi, j'attends... de Davide Cali et Serge Bloch.

C'est plein de poésie, le trait du dessin est élégant, et la leçon qu'on en tire est riche d'enseignement! Le texte est simple mais fort. Le fil rouge est porteur: on a envie de débobiner, de rembobiner, de démêler, de rattacher,...

Ce petit livre, c'est comme recevoir une lettre qui nous parle, nous fait sourire du coin des lèvres. Une lettre qu'on aurait envie de déguster et de garder précieusement, pour la relire de temps en temps.



16 mai 2007

Court et Cocasse

Ca s'appelle Le magot de Solange, de Mouloud Akkouche, aux éditions de la Porte d'à Côté... et C'est COURT et COCASSE!

32 pages pour une chute étrange...

Une très belle couverture jaune orangée pour une petite aventure ordinaire qui tourne à l'étrange.

Un beau cadeau de Marie-Louise, merci de m'avoir fait découvrir cet auteur!




On n'a pas envie d'en dire plus, si ce n'est: surtout ne lisez pas la dernière page avant son heure!

Cette nouvelle a reçu le prix des Lecteurs du Salon du Livre d'Orthez 2006...

14 mai 2007

Et tout commença par l'oubli

Tout commence par l'oubli. Un oubli de taille. Elle se réveille un matin, et elle se souvient uniquement d'une rencontre, d'un coup de foudre, mais c'est tout... Quand soudain, elle réalise qu'elle est mariée depuis 12 ans et qu'elle a des enfants.

Frédérique Deghelt, à travers son dernier roman, nous plonge dans une vie amoureuse trouble: la vie d'une femme, d'une épouse et d'une mère, qui a perdu le sens de son existence en oubliant ce que furent ses dernières années, celles qui ont suivi sa rencontre, son mariage et ses grossesses successives.




Dans La vie d'une autre, Frédérique Deghelt nous offre une réflexion sur le souvenir et l'oubli, sur la construction d'une vie de couple, sur nos rapports aux autres et à nous-même.

Ce n'est pas la première fois que des écrivains ou des scénaristes jouent sur les mystères de l'amnésie, mais c'est la première fois que l'amnésie sert à construire une analyse du couple et de ses fonctionnements.

Curieux roman que ce roman si frais, si ravigorant, si plein de vie et d'envie et cela malgré le doute, le vide et l'effacement. Beau roman qui nous emporte de pages en pages au fond de ce monologue intime.

Si vous avez aimé Alice Ferney ou Anna Gavalda, vous serez enchantés, j'en suis sûre!

Encore un beau succès pour cette collection d'actes sud "un endroit où aller". On ne se lasse plus de cette couverture douce, et de sa typo soignée.

07 mai 2007

Un petit tour du côté de Berlin...

Je viens de lire Russendisko de Wladimir Kaminer, histoire de me rappeler les bons moments Berlinois, Prenzlauerberg, etc. Je ne fus pas déçue du voyage!



Wladimir Kaminer est un émigré russe qui pose un regard neuf sur Berlin. Il a un ton nouveau, plein de cet humour russe du désespoir, un humour où tout est pris au pied de la lettre, et où les raisonnements n'aboutissent pas toujours comme on pourrait le penser a priori.

Il offre à notre regard les différents visages du Berlin, ville ouverte. Ce n'est pas "un train peut en cacher un autre", mais "une culture peut en cacher une autre", comme ces restaurants vietnamiens tenus par des chinois, ou ces restaurants russes tenus par des turcs, à moins que ce ne soit l'inverse. Ce qui compte c'est le mélange des genres, l'imprévu, les décalages.

Parallèlement Russendisko est aussi l'histoire de sa vie, l'histoire de sa famille, de ses amis, l'histoire de ses rencontres. Moitié artiste, moitié journaliste, il transforme son quotidien en des petits flash souvenirs, qui sont parfais de vraies épopées kafkaiennes...

De "comment sa mère a visité l'Europe en Bus", à "comment un célèbre médecin russe propose ses analyses sur Radio Multikulti", en passant par "les étranges conséquences que peut avoir le fait de rouler sans ceinture à Berlin"... vous ne vous ennuirez guère à suivre Wladimir Kaminer au détour des rues berlinoises ou au fin fond des méandres de sa mémoire!