05 avril 2008

Merveille au coeur rouge!



Il y a des enfants qui s'appellent Manège ou Tambour, un canari qui porte le nom de Van Gogh, et un chat qui se prénome Rembrandt (ce qui donne des dialogues dignes de fables de Lafontaine) ... et puis il y a une femme de ménage, Ariane, pour fil conducteur!

Il y a un peu de Pennac, pour le sens de la fratrie agrandie, un peu de Kusturica pour la place magique donnée aux animaux et au surréalisme d'une femme qui s'envole en dormant avec un grand coeur tout rouge dans ses mains...


Il y a un style à phrases courtes et peinturlurées. Une belle construction rythmée par les naissances, et les confessions à une vierge Marie qui de temps en temps n'est pas dans l'église car elle s'en va se promener!

C'est si près du miracle de la vie... ce roman!

"L'amour est une toute petite chose avec des conséquences épouvantables" Ca me fait sourire du plus profond!

Alors pour tourner des pages dignes de petits tableaux de Chagall, je vous invite à la lecture de Tout le monde est occupé de Christian Bobin.

"Il y a des fous tellement fous que rien ne pourra jamais leur enlever des yeux la jolie fièvre d'amour. Qu'ils soient bénis. C'est grâce à eux que la terre est ronde et que l'aube à chaque fois, se lève, se lève, se lève."




26 mars 2008

Le quotidien ou presque...




C'est un premier roman qui raconte le quotidien d'une jeune fille, employée d'une cafétaria d'entreprise. On suit les vaisselles, les serpillages du sol, les corvées en tout genre. On voit l'humain face à la routine, et qui tente vaille que vaille de chercher des grains d'espoir. C'est un journal de bord lapidaire. On y retrouve les lâchetés, les bassesses, les lourdeurs. On y retrouve la lenteur des heures aussi.




Ca s'appelle Journal d'une serveuse de cafétaria, de Anne Buisson, et c'est publié chez Farrago, les Editions Léo Sheer.




"Sur le trajet du travail, je ne pense jamais aux différentes tâches qui m'attendent et que je déteste faire (je préfère observer les gens dans le métro, par exemple). Si bien qu je ne suis jamais dans l'appréhension. L'immédiateté, cela me sauve: je vis chaque moment de ma journée sans penser à celui qui va suivre. Je préfère croire que cela est le cas pour la pluspart des gens, sinon comment cela est-il possible de travailler toute une vie durant?"




Je conseille ce livre à tous les sociologues qui se cachent, à tous les pressés du métro (ce roman se prête tout à fait à un allé-retour à travers Paris dans un wagon, bien serré), et à tous ceux qui s'intéressent un temps soit peu à l'usure, mais aussi à comment rompre avec!

16 mars 2008

Nuit violette...




ah oui, c'est pas mal du tout...


Je l'aime bien ce personnage qui attaque sa deuxième partie de vingtaine...
Ah non mais il est trop fort.
Il ne voit plus la cohérence du monde... (et ben moi non plus parfois... euh même souvent en ce moment...)


alors il liste:




ce qu'il aimait faire dans son enfance...




les caractéristiques que devrait avoir un objet qui pourrait lui faire du bien...



les petites choses observées dans la journée...



les animaux qu'il a déjà vus dans sa vie...




ah là... il est en train de discuter avec un petit en bas de son immeuble au bac à sable...




ah non mais c'est vraiment génialissime...



Il faut absolumment que je le conseille à Claire...




et il reçoit des fax... d'un ami météorologue, et de son frère...




j'adore son côté à l'ouest et en fait si près du réel...




Il faut trop que je le conseille à Estelle...




Ouh la la la, il est tard. Bon j'éteins.




euh... Encore une page, juste une page, j'aime bien le titre (ah oui, parce qu'il y a une mise en forme et des titres trop bien toutes les trois pages). Bon ok j'ai dit j'éteins...




... je me retourne dans mon lit...




... euh... je rallume...




Et je reprends le bouquin...




J'ai pas fait une nuit blanche... parce que j'ai dormi un peu quand même...




Mais disons une nuit violette... complètement sous le charme de Erlend Loe, Naîf.Super.




Un super livre pour ma catégorie OUT OF THE BOX.




100000098776 mercis Typhaine: J'A-DO-RE !!!!

15 mars 2008

Expiation




Voici un roman que j'ai lu sans même comprendre le sens de son titre: Il s'agit d' Atonement de Ian Mc Ewan. Mot anglais qui après quelques recherches signifie "expiation". Un mot d'un autre temps, et pourtant...

On suit Briony, une enfant à l'imagination débordante. C'est l'été, les années 30, les cousins débarquent, le grand frère rentre au bercail avec un ami... Briony découvre alors l'amour de sa soeur aînée pour le fils de la gouvernante... et tout bascule en une nuit... mais je ne vous en dirais pas plus, pour ne pas gâcher le suspense!

C'est un roman magnifiquement construit. On y retrouve les chapitres à l'anglaise qui prennent chacun un sens dans leur unité. On y retrouve les changements d'angles et de perspectives, qui permettent très habilement de revoir certaines scènes à travers les yeux d'un autre personnage. Ce procédé donne alors à la scène précédemment décrite un sens tout à fait différent, ce qui fait subtilement avancer l'intrigue.

Les quatre parties du livre semblent des romans indépendants, avec un genre autre à chaque fois, de la description douce d'un été amoureux à un tableau réaliste de la guerre, de la vie d'une infirmière à celle d'une écrivain. Cependant chaque partie éclaire les autres d'une façon tout à fait surprenante. C'est cela qui créée de fait l'unité du roman.

Le thème du livre, à savoir le lien entre l'imagination et le réel, entre le mensonge et l'expiation, permet de construire un roman autour de l'écriture et du procédé de création, tout en emportant pleinement le lecteur dans une intrigue forte et bien menée.

Ce livre est très certainement un grand roman de Ian Mc Ewan. A conseiller à tous ceux en quête de chef d'oeuvre littéraire, d'un style bien taillé et d'une écriture fine.

Enfin, un immense merci à Richard pour m'avoir conseillé ce livre, dans un restaurant vietnamien inoubliable à Berlin!

08 mars 2008

Bellevillez-vous!




C'est un petit polar très parigot, tout plein d'argot des rues belleviloises, et qui résonne des années 30... Ca s'appelle Belleville-Barcelone, et c'est écrit par Patrick Pécherot (chez Série Noir Gallimard).


On y suit un jeune détective privé, chargé d'une investigation sur la disparition d'une jeune fille. Il se retrouve à enquêter sur la guerre d'Espagne, les ravitaillements d'armes, en plein surréalisme. On découvre alors l'envers d'une époque, riche de politique et d'engagement.


Ce qui fait l'originalité de ce roman, c'est son ton et sa langue. C'est un vrai exercice de style de réussir à recréer les mots d'un autre temps. C'est donc aussi un vrai parcours initiatique pour le lecteur au coeur d'un langage parfois oublié et ici magnifiquement ravivé.



Merci donc à Anne, pour m'avoir fait découvrir Patrick Pécherot. Si ce romancier est aussi bon en scénario de BD, qu'en roman, ça promet!


Enfin, je dois dire que je ne peux pas parler de polars bellevillois sans évoquer Pennac, certainement un de mes auteurs favoris. Pennac lui aussi a réussi à recréer un petit belleville en mot, avec brillaux! Si vous n'avez jamais ouvert La petite marchande de prose ou La fée carabine, vous êtes chanceux: vous allez pouvoir découvrir un univers drôle, humanissime, et touchant! Courrez à la bibliothèque ou chez votre libraire, vous verrez, ça se lit tout seul, et on passe un très très bon moment!


05 mars 2008

Florence, le 5 Mars 2008: Cher vous,





Ce sont des lettres qui ne nous sont pas adressées mais qui nous parlent. Ce sont des lettres qui sont d'un autre siècle, mais qui n'ont pas jauni ni pris un gramme de poussière. Ce sont des lettres sans P.S. parce que tout est essentiel, tout est dit. Ce sont les lettres d'un voyageur, d'un européen... Je suis certaine que vous avez trouvé: ce sont les Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke.



Je les conseille à tous ceux qui se cherchent et qui doutent. Tout ceux qui goutent la vie d'un oreille attentive pour y saisir du sens et du nouveau.



Morceaux choisis:



Viareggio pres Pise (Italie), le 23 Avril 1903:

''... Laissez vos jugements connaitre leur propre développement, calme, non troublé; comme tout progrès, il doit venir de la profondeur du dedans, et rien ne peut le hater ni l'accélérer. Tout doit etre porté à terme puis mis au monde. Laissez chaque expression et chaque germe de sensibilité s'accomplir en vous, dans l'obscurité, dans l'indicible...''



Flädiem Suède, le 12 Aout 1904:

''Voilà pourquoi il est si important d'etre solitaire et attentif, lorsqu'on est triste; car l'instant où, apparemment, rien n'arrive ni ne bouge, est celui où notre avenir entre en nous, et c'est un instant qui se trouve tellement plus près de la vie que cet autre bruyant et contingent où l'avenir nous vient comme du dehors. Plus nous sommes, dans la tristesse, silencieux, patients, ouverts, et plus le nouveau entre en nous profondément, imperturbablement, mieux nous en prenons possession, plus il sera notre destin.''



Ces lettres donnent envie d'écrire. De creuser notre solitude pour voir apparaitre sous la plume les mots justes et bons.

Ces lettres donnent envie de recevoir du courrier. Car on comprend que chaque mot, dans cet intimité partagée, est un immense cadeau.

Ces lettres donnent envie de trouver un peu de sagesse dans la torpeur du soir.

02 mars 2008

Noir et Rouge


C'est un polar chinois qui nous plonge dans la vie tumultueuse de Shangai. Son titre: Mort d'une héroine rouge. L'auteur: QIU Xialong.

Suite à la découverte du corps d'une jeune femme dans un canal de la ville, l'inspecteur Chen, mi-policier mi-poète, est mis sur l'affaire. Et c'est alors que nous découvrons l'envers de la vie chinoise: Les dortoirs communs, les prix du partis, les mets de nouilles à déguster sur le pouce ou dans un petit restaurant, le système de téléphone, l'attribution des logements. On voit un pays en plein changement, entre vieux proverbes et nouvelles images.

QIU Xiaolong nous offre le regard d'un intellectuel fin et perspicace sur son pays. Il nous emporte dans une analyse politique et sociologique de la Chine, tout en écrivant avec finesse et style un vrai roman à suspense. Le personnage de Chen et de son associé Yu sont très attachants. Les liens de confiance et de méfiance qui se nouent et se dénouent rendent l'intrigue palpitante.

Pour la petite histoire, QIU Xialong a dû quitter la Chine pour les Etats-Unis en 1989 suite aux évènements de Tienanmen. Ayant lui même connu les affres de la révolution culturelle, il nous en fait partager les conséquences. Un roman à conseiller à tous les curieux de la Chine, à tous les amoureux des pollars bien écrits, et à tous les poètes qui se cachent.

A lire après être passé chez les frères Tang (ou dans toute autre épicerie chinoise du coin) acheter des nouilles, de la sauce au soja, de la bière, ou tout autre fruit ou légume inconnu qui aura pu vous tenter! Cela accompagnera très bien l'histoire et vous mettera dans l'ambiance d'un Shangai tout en parfums et odeurs.

27 février 2008

Exclusif!


Voici le résultat du vote de la première rubrique INTERACTIF de Pan-or-amiques consacrée à la plus belle histoire d'amour dans un roman!Vous avez été très majoritairement pour Anna Gavalda Ensemble c'est tout.

Un immense merci à tous pour avoir participé à ce vote par vos nombreux commentaires et emails!

Pour vous remercier une petite exclusivité en provenance de mes libraires préférés: Le prochain Anna Gavalda sort le 11 Mars et s'appelera La consolante! Alors quelques fuites pour vous mettre en appétit: ce sera l'histoire de Charles, un architecte parisien qui voyage à travers le monde... Le livre sort chez La Dilettante (l'éditeur d'Anna Gavalda depuis ses débuts) pour le prix de 24.50 EUR.

Bientôt donc sur toutes vos tables de nuit une bonne dose de complicité, un joli brin d'humanité, un grand bol de sincérité, un anti-dote à la société plate, une petite touche de féérie et des dialogues bien ciselés, le tout en 637 pages!

Enfin sachez qu'Anna Gavalda sera présente dans de nombreuses petites librairies pour le lancement de son livre:
- le 20 mars à 12h30 à Livre Sterling ( 49 bis, Avenue Franklin Roosevelt, Paris, 8e)
- le 20 mars à 18h à L'Arbre à Lettres République (33-35, boulevard du Temple, Paris, 3e)
- le 27 mars à Atout Livre (203, Avenue Daumesnil, Paris, 12e)
- le 28 mars à 15h à la librairie Vent d'Ouest à Nantes
- le 29 mars à 16h à la Librairie Gallimard (15, boulevard Raspail, Paris, 7e)
- le 30 mars à 11h au Divan (203, rue de la Convention, Paris, 15e)

18 février 2008

Simple et beau




C'est un livre que l'on peut trouver sous différentes formes: de la belle caligraphie, au petit poche, de la version anglaise à la version russe... Il s'agit du Prophète de Khalil Gibran.


Je pense que chacun peut trouver dans ce livre un petit mot pour lui, une voix poétique et éclairante.


Certains le liront en mystique, d'autres en philosophe.

Certains le liront en humaniste, d'autres en grilloteurs nocturnes.

Certains ouvriront leurs oreilles à la musique de cette langue, d'autres au contenu des sagesses.


Pour ma part, je le trouve un magnifique recueil de citations, pour un mariage, un anniversaire, un petit carnet, une carte postale...


Il en regorge tellement que je ne sais même pas que vous citer pour vous conduire jusqu'à ce livre... peut être celle-là:



"Si mon discours vous semble vague, ne tentez pas de l'élucider.
Vague et nébuleux est le commencement de toute chose; l'aboutissement ne l'est pas."

Et pour ceux qui voudraient en savoir plus sur K. Gilbran, je vous dirais qu'il est né au Liban, et a beaucoup voyagé (en Europe mais aussi aux Etats-Unis). Le Prophète est certainement son oeuvre la plus célèbre de part le monde.

04 février 2008

Créer


Avez-vous déjà rêvé de vous mettre au violoncelle ou au chant? ou d'ouvrir votre propre entreprise de ventes en ligne de fleurs? ou d'écrire un roman? Savez-vous ce qui vous empêche de réaliser vos rêves et de vous lancer dans la création de votre propre bar, blog, ou autre bataille?
C'est ce blocage, ce qui fait que nous n'osons pas créer, qu'étudie S. Pressfield dans the War of Art. Il montre combien se lancer dans un projet qui peut prendre des années et qui demande une rigueur dans l'engagement fait peur. Comment toutes les bonnes raisons sont là pour nous en détourner. Il explique aussi comment dépasser ce stade et gagner notre lutte intérieure vers la création. Bref, le bouquin américain type, et pourtant!!!
En lisant S. Pressfield, je me suis rendue compte à quel point il voyait juste (même si je ne partage pas toute sa vision spirituelle du monde, disons!) Rien ne nous pousse à créer. Nous sommes tentés de consommer, d'acheter plus, cette petite robe, ce joli petit carnet, etc. Mais nous ne sommes pas poussés à inventer nos propres mondes, nos vêtements, nos objets. Bien sûr nous rêvons parfois d'être Bill Gates ou Marc Lévy (quoique!), mais là encore, c'est une envie de célébrité souvent et pas une envie de labeur, de quatre ans à suer à écrire le même livre, de dix ans à monter une petite boîte informatique... Or ce que S. Pressfield explore si bien, c'est le quotidien du créateur. C'est se lever le matin, prendre son petit déj, et à 9h être assis seul à son bureau pour avancer; ET CE JUSQU'A 18 HEURES MINIMUM! C'est chaque fois vaincre la page blanche, soit nos peurs les plus profondes. C'est le doute, l'angoisse, le vide... et ce, des années durant. Il analyse combien il est plus facile de vivre en hierarchie (avec un chef qui vous dit quoi faire le matin) qu'en territoire (avec votre propre domaine d'exploration à construire, à ratisser, à planter et peut-être un jour à récolter!)
Alors ce livre, ce n'est pas tant un livre à lire d'une traite, mais plus un livre à garder sous la main pour oser créer au quotidien, et aussi oser le long terme... sans baisser les bras! Je crois que tous les entrepreneurs, chercheurs, écrivains me comprendront, eux qui ont tous connu la détresse, la profonde envie d'arrêter, et pourtant l'ont vaincue pour avancer.
Alors j'ai envie de vous dire, vous pouvez commencer petit:
- Vous mettre à peindre un tableau pour décorer votre bureau ou votre intérieur
- Vous lancer dans la fabrication de vos propres enveloppes en colage quand vous envoyez des lettres, de vos propres bijoux, de vos propres boîtes, etc.
- Vous inscrire à un cours de menuiserie, de couture, ou de musique
- Vous mettre au Sudoku
- Vous lancer dans la préparation du marathon
Vous pouvez voir grand:
- Commencer à travailler deux heures par jour à un livre
- Vous investir à fond dans la création d'une association, fondation,...
Le monde est votre liberté, et ce que vous en faites! A vous de jouer, il n'est jamais trop tard...


Voici un extrait du livre:


1. W H A T I D O
I get up, take a shower, have breakfast. I read the paper, brush my teeth. If I have phone calls to make, I make them. I've got my coffee now. I put on my lucky work boots and stitch up the lucky laces that my niece Meredith gave me. I head back to my office, crank up the computer. My lucky hooded sweatshirt is draped over the chair, with the lucky charm I got from a gypsy in Saintes-Maries-de-la-Mer for only eight bucks in francs, and my lucky LARGO name tag that came from a dream I once had. I put it on. On my thesaurus is my lucky cannon that my friend Bob Versandi gave me from Morro Castle, Cuba. I point it toward my chair, so it can fire inspiration into me. I say my prayer, which is the Invocation of the Muse from Homer's Odyssey, translation by T.E. Lawrence, Lawrence of Arabia, that my dear mate Paul Rink gave me and which sits near my shelf with the cuff links that belonged to my father and my lucky acorn from the battlefield at Thermopylae. It's about ten-thirty now. I sit down and plunge in. When I start making typos, I know I'm getting tired. That's four hours or so. I've hit the point of diminishing returns. I wrap for the day. Copy whatever I've done to disk and stash the disk in the glove compartment of my truck in case there's a fire and I have to run for it. I power down. It's three, three-thirty. The office is closed. How many pages have I produced? I don't care. Are they any good? I don't even think about it. All that matters is I've put in my time and hit it with all I've got. All that counts is that, for this day, for this session, I have overcome Resistance.

2. W H A T I K N O W
There's a secret that real writers know that wannabe writers don't and the secret is this: it's not the writing part that's hard. What's hard is sitting down to write. What keeps us from sitting down is Resistance.

3. T H E U N L I V E D L I F E
Most of us have two lives. The life we live, and the unlived life within us. Between the two stands Resistance. Have you ever brought home a treadmill and let it gather dust in the attic? Ever resolved on a diet, a course of yoga, a meditation practice? Have you ever felt a call to embark upon a spiritual practice, dedicate yourself to a humanitarian calling, commit your life to the service of others? Have you ever wanted to be a mother, a doctor, an advocate for the weak and helpless; to run for office, crusade for the planet, campaign for world peace or to preserve the environment? Late at night have you experienced a vision of the person you might become, the work you could accomplish, the realized being you were meant to be? Are you a writer who doesn't write, a painter who doesn't paint, an entrepreneur who never starts a venture? Then you know what Resistance is.
One night I was layin' down, I heard Papa talkin' to Mama. I heard Papa say, to let that boy boogie-woogie. 'Cause it's in him and it's got to come out.
--John Lee Hooker,Boogie Chillen'Resistance is the most toxic force on the planet. It is the root of more unhappiness than poverty, disease and erectile dysfunction. To yield to Resistance deforms our spirit. It stunts us and makes us less than we are and were born to be. If you believe in God (and I do) you must declare Resistance evil, for it prevents us from achieving the life God intended when He endowed each of us with our own unique genius. Genius is a Latin word; the Romans used it to denote an inner spirit, holy and inviolable, which watches over us, guiding us to our calling.. A writer writes with his genius; an artist paints with hers; everyone who creates operates from this sacramental center. It is our soul's seat, the vessel that holds our being-in-potential, our star's beacon and Polaris. Every sun casts a shadow, and genius' shadow is Resistance. As powerful as is our soul's call to realization, so potent are the forces of Resistance arrayed against it. Resistance is faster than a speeding bullet, more powerful than a locomotive, harder to kick than crack cocaine. We're not alone if we've been mown down by Resistance; millions of good men and women have bitten the dust before us. And here's the biggest bitch: we don't even know what hit us. I never did. From age twenty-four to thirty-two, Resistance kicked my ass from East Coast to West and back again thirteen times and I never even knew it existed. I looked everywhere for the enemy and failed to see it right in front of my face. Have you heard this story: woman learns she has cancer, six months to live. Within days she quits her job, resumes the dream of writing Tex-Mex songs she gave up to raise a family (or starts studying Classical Greek, or moves to the inner city and devotes herself to tending babies with AIDS.) Woman's friends think she's crazy; she herself has never been happier. There's a postscript. Woman's cancer goes into remission. Is that what it takes? Do we have to stare death in the face to make us stand up and confront Resistance? Does Resistance have to cripple and disfigure our lives before we awake to its existence? How many of us have become drunks and drug addicts, developed tumors and neuroses, succumbed to painkillers, gossip and compulsive cell-phone use, simply because we don't do that thing that our hearts, our inner genius, is telling us to? Resistance defeats us. If tomorrow morning by some stroke of magic every dazed and benighted soul woke up with the power to take the first step toward pursuing his or her dreams, overnight every shrink in the directory would be out of business. Prisons would stand empty. The alcohol and tobacco industries would collapse, along with the junk food, cosmetic surgery, and infotainment businesses, not to mention pharmaceutical companies, hospitals and the medical profession from top to bottom. Domestic abuse would become extinct, as would addiction, obesity, migraine headaches, road rage and dandruff. Look in your own heart. Unless I'm crazy, right now a still small voice is piping up, telling you as it has ten thousand times, the calling that is yours and yours alone. You know it. No one has to tell you. And unless I'm crazy, you're no closer to taking action on it than you were yesterday or will be tomorrow. You think Resistance isn't real? Resistance will bury you. You know, Hitler wanted to be an artist. At eighteen he took his inheritance, seven hundred kronen, and moved to Vienna to live and study. He applied to the Academy of Fine Arts and later to the School of Architecture. Ever see one of his paintings? Neither have I. Resistance beat him. Call it overstatement but I'll say it anyway: it was easier for Hitler to start World War II than it was for him to face a blank square of canvas.

4. R E S I S T A N C E' S G R E A T E S T H I T S
The following is a list, in no particular order, of those activities, which most commonly elicit Resistance:
1) The pursuit of any calling in writing, painting, music, film, dance, or any creative art, however marginal or unconventional.
2) The launching of any entrepreneurial venture or enterprise, for profit or otherwise.
3) Any diet or health regimen.
4) Any program of spiritual advancement.
5) Any activity whose aim is tighter abdominals.
6) Any course or program designed to overcome an unwholesome habit or addiction.
7) Education of every kind.
8) Any act of political, moral or ethical courage, including the decision to change for the better some unworthy pattern of thought or conduct in ourselves.
9) The undertaking of any enterprise or endeavor whose aim is to help others.
10) Any act which entails commitment of the heart. The decision to get married, to have a child, to weather a rocky patch in a relationship.
11) The taking of any principled stand in the face of potential reprisal. In other words, any act which disdains short-term gratification in favor of long-term growth, health or integrity. Or, expressed another way, any act that derives from our higher nature instead of our lower.
Any act of these types will elicit Resistance.


La suite: ici







29 janvier 2008

INTERACTIF 1




Pan-or-amiques lance une nouvelle rubrique: INTERACTIF. L'idée est toute simple, c'est de vous donner la parole à vous lecteurs! Pour ce numéro 1, le thème: Votre plus beau roman d'amour... Merci de poster son titre, et bien sûr plus si affinités, en cliquant sur COMMENTAIRES juste en dessous à droite!

J'attends vos réponses que j'espère nombreuses, d'ici au 14 février!

27 janvier 2008

Mal de pierres



Je m'en viens vous parler d'un très bon roman italien: Male di Pietre de M. Agus, traduit en français aux éditions Liana Levi (Mal de pierres)


Milena Agus nous emmène dans un monde bien italien, par son dialect, ses habitudes, ses liens de famille, les rapports homme-femme, les aliments. Mais c'est avant tout un monde à elle. On a l'impression d'écouter une amie qui nous raconterait son histoire de famille, une histoire intrigante et pleine de rebondissement, alors que tout est inventé, tout n'est que papier. D'ailleurs ce livre est une vraie réflexion sur la vie vécue et ressentie... Sur ce que nous construisons et reconstruisons de notre passé.

Une jeune femme nous raconte ainsi l'histoire de sa grand-mère, aux longs cheveux noirs, et qui vit sa vie d'une façon bien à elle, hors du commun, déconcertante. Elle nous entraine alors dans la vie des villages dans les années 40, dans les vies de famille et de couple. Jusqu'à la naissance de son père, son mariage, jusqu'à elle aussi, dans son nouveau chez elle.

C'est une histoire un peu décalée, un peu dure parfois, un peu drôle aussi. Une histoire d'un fond de campagne italienne, mais qui pourtant garde une portée fascinante sur les rapports entre réel et fiction dans nos existences.

24 janvier 2008

Juste une soirée...



C'était juste une soirée avec des amis, autour d'un peu de pain, de vin et de charcuterie. C'était juste nous, des jeunes. Et il est arrivé pour nous parler: Sam Braun. Que savions-nous de lui? Si peu et pourtant tant: Entre 16 et 18 ans, il a été déporté à Auschwitz. Son père, sa mère, et sa soeur y sont morts dans d'atroces conditions. Lui est revenu, pesant 35 kilo. Et seul. Il s'est tu, et aujourd'hui il parle et il écrit: Personne ne m'aurait cru, alors je me suis tu, publié chez Albin Michel.




Alors de quoi il nous parle Sam Braun? du PARDON. Un mot qui n'a pas trop sa place dans les média, dans nos bouches, dans nos livres. Et pourtant un mot qui délivre, qui soulage, qui ouvre l'avenir. Pour Sam Braun, le pardon est le plus beau cadeau que l'on puisse se faire à soi même. Le vrai pardon n'a pas de sens. Il est. Point. Il n'est pas réfléchi, il n'est pas compensé, il n'est pas dans l'intellect. Quel beau message que celui-ci.


Comme vous ne pouvez pas tous le voir, l'écouter, j'aimerai vous dire que vous pouvez tous l'entendre par ses lignes. Son livre est numéro 35 des ventes cette semaine. Ce n'est pas LE critère, mais quand même, ça en dit long sur la capacité particulière qu'à Sam Braun à toucher les gens, à leur parler, à les éveiller à eux-mêmes et aux autres, lui parfait inconnu de l'histoire.

20 janvier 2008

Osez la créativité!


Voici un petit livre qui ne manquera pas de titiller votre imaginaire. Ca s'appelle Inventions complètement inventées et ça explique pourquoi les choses existent...


Alors prenons un exemple:


Pourquoi est-ce que les carottes existent? Et bien, parce que sinon, les bonhommes de neige ne pourraient pas respirer!


Un autre exemple?


Pourquoi est-ce que les draps ont été inventés? Pour que les fantômes ne sortent pas tout nus le soir!


En plus, le petit livre est charmant: couverture orange, petit format, illustrations colorées. A envoyer à vos petits neveux et nièces ou à prendre pour vous-même!


En plus, ils ont un super site internet, où l'on peut envoyer des e-cards créatives!

11 janvier 2008

Tendez l'oreille... et les yeux!



Tendez l'oreille... Vous entendez ce frissonnement? Celui de la poésie qui accourt? Une poésie contemporaine, anecdotique, énergique et décalée... Une performance artistique qui vous fait mousser les neurones, et les laisse scintillant et sautillant!

Ca se trouve ici et !

Et ne manquez pas non plus la phonothèque.

Il y a les visions aussi, ces hologrammes de mot-à-mot, qui vous laisse entre-apercevoir l'inouïe de la vie sur terre et c'est par ci (la poésie ça se respire) ou par là (travailler le blanc)... et ailleurs aussi!

La poésie ça s'observe. Ca se goûte du bout des yeux. C'est toute la grandeur des manuscrits, et c'est dans ce coin perdu du net pour ceux que ce grand artiste qu'est Jean-Michel Maulpoix intéresse.

Un petit coin de poésie quand il pleuviote dehors... avec tout plein de poèmes à laisser entrer dans votre petite tête... classés par auteur... c'est .

Le poète est-il si pauvre que le tableau le fait croire? Une question à méditer pour l'an 2008!


08 janvier 2008

Merveilles du monde




J'avais commencé à me plonger dans Le Canapé Rouge, de M. Lesbre. Il y avait bien un Igor, la Russie, le voyage... mais non, je restais à quai... Alors j'ai ouvert Les merveilles du monde de Célia Houdart, et là le train est parti sans même que je m'en aperçoive. J'ai retrouvé un Igor et de la Russie (curieusement!), la magie des mots en plus!


Célia Houdart nous embarque dans la vie d'un photographe en Suisse, après un orage violent. C'est le quotidien mais tout est différent. Il y a le verre cassé par terre, il y a les odeurs de terre, et les couleurs du ciel d'après. C'est alors que le voyage surgit dans la mémoire du photographe, les fantômes du passé se matérialisent, l'exotisme pointe. Il se rappelle son voyage au Mexique et sa rencontre amoureuse en pleine tempête. Son aveuglement sous le trop plein de lumière et de poussière.


C'est un livre sur les gestes du quotidien, sur les images. C'est un premier roman grand, simple et poétique. Tout en finesse.


Qu'il est difficile d'expliquer pourquoi un livre si frêle, si menu, peut exercer sur nous un tel pouvoir, et un autre nous laisser à côté des pages, à se rire des lignes et des mots.


Et si vous n'êtes toujours pas convaincu de lire Les merveilles du monde, allez donc lire la revue de presse: ici Alors? Je vous l'avais bien dit!!!

05 janvier 2008

Ellipse slovène


Parfois les romans nous font découvrir des lieux qu'on ne croirait que fictifs, et qu'on s'étonne de voir exister en réalité... c'est le cas de cette île slovène. Il faut dire que comme le patelin s'appelle "BLED" forcemment, on croit à une fiction! Mais non!
Un coeur de trop de Brina Svit est un roman très sensuel et elliptique. La narratrice, Lila, est un nez qui nous conduit à profusion dans les odeurs du quotidien et de l'extraordinaire: pijama de pierre, gaité de l'asphalte après la pluie, la commode de simone premier tiroir, et même mélencolie du dimanche soir, une odeur qu'on connait tous. Elle dit plutôt moins que plus, mais finalement tout prend forme et s'articule avec beaucoup d'originalité et de fraicheur. Et puis finalement, Lila n'est pas la seule présente, il y a aussi l'auteur qui commente les scènes, et puis il y a Simone, la meilleure amie, Pierre le mari, le bébé Oscar, et puis Nast, Serguei et les autres. Qu'ajouter alors? Peut-être que Lila n'est pas une lectrice aussi avertie que Pierre: "Elle ne pense pas comme lui qu'il existe des livres qui peuvent changer notre vie. Elle tombe rarement sur un roman qui parle d'elle, c'est à dire qui lui parle. Elle pense même que les romans mentent comme les parfums d'ailleurs." Simone, elle, est la douce artiste sentimentale, qui donne envie de dessiner, de découper. Et avec qui on prendrait bien un petit déjeuné! Comment vous parler de ce mystère slovène sans vous en retirer la poésie et la délicatesse de la surprise de cette grande histoire d'amour?
Je conclurai en disant que ce roman pose une question forte: Y a-t-il un coeur de trop? Et je vous laisse seul maître pour en décider. Je suis curieuse d'avoir votre avis sur la question...
Alors à vos librairies ou bibliothèques: Brina SVIT, un coeur de trop, c'est en poche chez Folio pour quelques euros...

03 janvier 2008

Bibliovoeux 2008!


Je vous souhaite à toutes et à tous une très belle année 2008:

- Des heures de lecture au chaud qui effacent le temps et vous emmènent ailleurs...

- Des lectures surprises au coin d'une librairie, en douce!

- Des lectures partagées avec enthousiasme autour d'un café, thé ou d'un bon vin;

- Des lectures amoureuses à deux à haute voix chacun votre tour dans un endroit douillet ou en lisant le même roman à distance simultanément pour ceux que les kilomètres séparent momentanément...

- Des lectures cadeaux à vos proches malades et qui apaisent leur douleur;

- Des lectures "enfant" avec les plus petits suspendus à vos lèvres!

En 2008... Romancez-vous!



27 décembre 2007

Vivons curieux!

Voici un petit livre qui a diverti tout le monde le jour de Noël, des plus jeunes au plus âgés: Les miscellanées de Mr Schott de l'auteur anglais Ben Schott... ou tout ce que vous n'avez jamais vraiment rêvé savoir... servi sans que vous ne l'ayez jamais réellement demandé et pour votre plus grand amusement!







Certains ont dit que c'était un livre indispensable à placer dans les toilettes!!! D'autres se sont jetés sur la liste des pangrammes en essayant de les apprendre par coeur (ce sont des phrases qui contiennent toutes les lettres de l'alphabet comme "Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume")!!! Je vous préviens ce livre peut susciter des comportements hors du commun!

Vous y trouverez tout: de comment faire les noeux marins, à des recettes de cocktails, des 6 FEMMES D'HENRI VIII (Catherine d'Aragon - Anne Boleyn - Jane Seymour - Anne de Clèves - Catherine Howard - Catherine Parr (répudiée, décapitée, décédée, répudiée, décapitée, veuve & rescapée) ) aux noms des anniversaires de mariage (1 an coton, 2 ans...), de comment dire "je t'aime" en toutes les langues à la liste des douzes travaux d'Hercule... Bref de quoi gagner à tous les coups au Trivial Pursuit ou de quoi bluffer tout le monde au prochain repas de famille!

Impossible à lire d'une traite mais aussi impossible à refermer... Sûrement un très beau cadeau à offrir aux etrennes!

20 décembre 2007

Histoires de femmes

"Je vois tout, je sens tout, mille détails entrent en moi comme de longues échardes et m'écorchent vive. Mille détails que d'autres ne remarquent pas parce qu'ils ont des peaux de crocodile..."

Je viens de finir Les Yeux Jaunes des Crocodiles de C. Pancol (merci Carole!!!). "C'est un roman qui se lit tout seul, un peu à la Ensemble c'est tout d'A. Gavalda" m'avait-on dit! Et c'était assez juste pour le situer... C'est un roman au féminin qui interroge la vie et ce qu'on en fait, et au fond qui donne envie d'être soi-même!

C'est l'histoire de deux soeurs: Iris, la jolie, celle qui est reconnue socialement, et Jo, la bonne copine, celle qui aide toujours tout le monde, mais qui galère, avec son mari, ses filles, avec ses recherches sur le Moyen-Age,... De fil en aiguille, on est emporté dans le quotidien de ces femmes, leurs envies, leurs peurs, et on se retrouve, on se questionne à travers elle! Donc une bonne lecture à mettre dans la valise pour les vacances de Noël!

Un seul bémol peut être: le style! Elle imite la façon de parler d'aujourd'hui, ce qui fait parfois sourire, mais est un peu lourd de temps en temps! Toutefois, que ça ne vous empêche pas de le lire, ce serait dommage!!!

Enfin, ce livre m'a fait penser au film The Women de Cukor, un peu plus acide, mais aussi sur les femmes, leurs liens, les situations d'adultère, etc. A voir absolumment!

17 décembre 2007

Une lumière dans la nuit

Ca se passe à Oxford. Il y a une petite fille. Et son "daemon", un petit animal qui représente son âme en quelque sorte. Ils vont découvrir tous les deux des mystères et se lancer dans une grande aventure... C'est un livre pour enfant, et pourtant c'est philosophique (et ça entraîne même un long débat dans la presse au sujet de la religion et de la métaphysique... si si!) Et ça s'appelle Northern lights (pour le tome I).







Et pour moi, ce fut une rencontre. Celle de P. Pullman dans une église à Oxford. Il parlait de ce qui l'inspira pour écrire satrilogie, le très célèbre: Songs of innoncence et Songs of experience de W. Blake. L'idée de génie de Blake reprise par Pullman est que la vie est un lent passage de l'innocence à la sagesse. Il faut perdre l'un pour gagner l'autre, dans un processus qui n'est pas toujours sans douleur... Dans l'église, les gens lui parlent d'Harry Potter. Il semble le nouveau J.K. Rowling... et l'on n'est qu' en 2001 à l'époque. Et comme vous vous doutez, j'ai filé à la librairie dès le lendemain!


Et quelle ne fut pas ma surprise de voir une bande-annonce au cinéma il y a peu, et de me dire, MAIS, je CONNAIS l'histoire! Et ça vient de sortir: A la croisée des mondes: La boussole d'or

Alors, au lieu de vous jeter sur le film, je vous conseille tout d'abord de dévorer la trilogie... surtout pour les "en manque d'Harry Potter"!

13 décembre 2007

Désir de lire, Désir d'écrire

Qu'est-ce qui nous pousse à lire? Pourquoi lisons-nous ce roman plutôt qu'un autre? Et qu'est-ce qui pousse tous ces romanciers à écrire? Si parfois certains romans nous donnent des clés pour répondre à ces questions, elles restent souvent mystérieuses!

Roland Barthes, dans son cours au Collège de France intitulé La Préparation du Roman, tente d'y répondre. Et c'est du bonheur! En effet, on peut maintenant trouver ses cours sur CD en format MP3 . Ca s'écoute tout seul... C'est si juste, si fin dans l'analyse, si riche, et si drôle (si, si, je vous assure que Roland Barthes a un sens de l'humour exceptionnel!). Je vous conseille donc son cours sur la préparation du roman, mais aussi son cours sur le Neutre.

Dans la préparation du roman, Barthes s'attache dans une première partie à ce qui crée l'effet de réel, lorsqu'on lit un roman. Il l'analyse en se penchant sur la forme du Haiku (voir libellés: Poésie pour des exemples de cette forme). Dans une deuxième partie, il analyse le désir d'écriture sous toutes ses formes. Il montre comment la lecture en suscitant le désir et donc le manque crée en nous l'envie d'écrire. Nous ne faisons que nous chercher dans nos lectures, chercher notre roman à venir.

Dans son cours sur le Neutre, Barthes s'attache à décrire le désir de neutre. Pourquoi au détour d'une conversation n'avons-nous pas envie d'avoir un avis? Ce cours est une perle rare. Barthes nous emmène par des chemins de traverse vers la philosophie. Nous vogons d'une description de la cérémonie du thé au Japon, à une anecdote savoureuse sur l'achat d'un tube de peinture "neutre", en passant par tant d'autres épisodes porteurs de sens... Ce cours peut s'écouter en marchant, en mangeant, en cuisinant. Il peut se ré-écouter aussi, tant Barthes se réinvente et nous réinvente à chaque mot.

Quel dommage que Barthes ait succombé à un accident de voiture... Il aurait sûrement mille regards sensés sur notre époque... Heureusement, nous pouvons toujours savourer ses pensées et sa voix...

30 novembre 2007

Retombée dedans...

Un court message pour vous dire que je viens de replonger dans la célèbre Trilogie de S. Larsson: Millenium I, II, III... Je DEVORE le tome II... à en râter des stations de métro, c'est vous dire...
Au début j'avais eu du mal avec la violence, mais maintenant je commence à apprécier qu'un homme se plaise à DENONCER le mal fait aux femmes, à vraiment parler de ces sujets tabous et douloureux que sont le viol, la prostitution des jeunes filles de l'Est qui croient trouver en une Europe de l'ouest un eldorado et qui tombent des nues, l'abus de pouvoir de certains hommes sur des femmes en position de faiblesse parce que leur subordonnée, ou dépendant d'eux légalement, etc...
Et puis je me suis super attachée à Mikael et Lisbeth, les personnages du roman, qui ont tout pour attiser la curiosité...
C'est vraiment un roman scandinave avec un autre rapport au corps, à la sexualité, d'autres façons de vivre en société,...
Ca éclaire sur le fonctionnement des médias, de la police,...
Bref, ça se lit tout seul, et on en redemande!
Ca peut être un très beau cadeau de Noël pour tous les amateurs de pollars venus du froid...

28 novembre 2007

Poetry made in US

Aujourd'hui, pour changer, petit détour vers la poésie. Une poésie fabuleuse mais parfois méconnue de notre côté de l'Atlantique, la poésie US du XIXe de Walt Whitman et Emily Dickinson!

Un peu de calme et de douceur...

Among the multitude, W. Whitman

Among the men and women the multitude,
I perceive one picking me out by secret and divine signs,
Acknowledging none else, not parent, wife, husband, brother, child, any nearer than I am,
Some are baffled, but that one is not--that one knows me.
Ah lover and perfect equal,I meant that you should discover me so by faint indirections,
And I when I meet you mean to discover you by the like in you.


To a stranger, W. Whitman

Passing stranger! you do not know how longingly I look upon you,
You must be he I was seeking, or she I was seeking, (it comes to me as of a dream,)
I have somewhere surely lived a life of joy with you,
All is recall'd as we flit by each other,
fluid, affectionate, chaste, matured,
You grew up with me, were a boy with me or a girl with me,
I ate with you and slept with you,
your body has become not yours only nor left my body mine only,
You give me the pleasure of your eyes, face, flesh, as we pass,
you take of my beard, breast, hands, in return,
I am not to speak to you,
I am to think of you when I sit alone or wake at night alone,
I am to wait, I do not doubt I am to meet you again,
I am to see to it that I do not lose you.





Hope is the thing with feather, E. Dickinson

Hope is the thing with feathers
That perches in the soul,
And sings the tune without the words,
And never stops at all,
And sweetest in the gale is heard;
And sore must be the storm
That could abash the little bird
That kept so many warm.
I ’ve heard it in the chillest land,
And on the strangest sea;
Yet, never, in extremity,
It asked a crumb of me.


I am nobody! Who are you? E. Dickinson

I'm Nobody! Who are you?
Are you – Nobody – too?
Then there's a pair of us?
Don't tell! they'd advertise – you know!
How dreary – to be – Somebody!
How public – like a Frog –
To tell one's name – the livelong June –
To an admiring Bog!


16 novembre 2007

Papillonage dans les nuages

Savez-vous glâner? Connaissez-vous de bons glaneurs? A l'origine, les glâneurs étaient les pauvres gens qui passaient dans les champs pour y trouver les restes des récoltes mangeables. Aujourd'hui, les glâneurs traquent les babioles dans les brocantes lorsqu'ils sont chineurs, les images magiques au coin des ruelles lorsqu'ils sont artistes,... comme le montre si bien Agnes Varda dans son superbe film Les glaneurs et la glaneuse.





Pour ma part, je viens de faire la connaissance d'un glâneur de talent: Denis Grozdanovitch. Dans Rêveurs et nageurs, ou du plaisir parmi les difficultés, il ramasse à la pelle les petites étincelles du quotidien. Mes préférées: son apologie des fantômes et son bref périple aux Indes Occidentales.

Dans le premier, il nous parle des morts et des vivants et de leur étrange façon de cohabiter. Il y a le décès d'un de ses amis et la balle de tenis qu'il jette dans la fausse au lieu des fleurs... Il y a sa rencontre avec un petit homme bien mystérieux au fin fond d'une librairie, un livre d'Alice au pays des merveilles à la main, et emplein de ses amours perdues. Il y a son amie retrouvant le long d'un vieux sommier la bague de sa défunte mère tant pleurée.


Pour les Indes occidentales, il glâne ces instants de voyage qui nous marquent pour longtemps. Parti pour les Etats-Unis, il s'attarde dans les musées, il s'ouvre aux rencontres. Et ça donne de très belles pages sur la peinture européenne, mais aussi de très beaux moments de partage comme avec ce vieux monsieur féru des librairies publiques, ou avec Sue... la belle Sue...


Ce livre est en quelque sorte une collection choisie d'extraits de ses petits carnets de vie ou de route. Ca donne envie de vivre intensemment, de sucer toute la moelle de la vie, pour ne pas, quand viendrait la vieillesse, nous rendre compte que nous n' avions pas vécu,... si vous voyez ce que je veux dire!




Alors si vous vous sentez un peu rêveur, ou nageur (mais ça je ne vous dis pas pourquoi... l'histoire est trop belle pour dévoilée ici les raisons de ce titre si judicieusement choisi), voici un petit extrait qui vous donnera l'esprit de son écriture:


"...Tels des petits enfants, nous sommes assis sur les chaises pliantes sous les marronniers du parc et nous observons, dans une jubiliation extatiques, les marionnettes peinturlurées sur la scène du Guignol - laquelle n'est autre que le théâtre de notre vie: bureaux, magasins, marchés, clubs, salons, où nous recevons et sommes reçus... Là se déploient sous nos yeux, sans que nous en ayons toujours conscience, les ridicules comédies burlesques et rocambolesques dont nous sommes tour à tour les acteurs et les spectateurs et que nous nous jouons ingénuement les uns aux autres.


Parfois pourtant, cette idée nous effleure à l'occasion d'une scène particulièrement heureuse ou pathétique et dans notre for intérieur nous applaudissons en riant ou en frémissant: nous voudrions alors bisser cette scène mais la loi du théâtre de l'existence ne permet aucune répétition et, la scène aussitôt finie, les ombres fugitives qui, pour notre émerveillement ou notre frayeur, l'animèrent, s'évanouissent à jamais, réintégrant l'anonymat du vaste réservoir des formes universelles. Nous restons là, pantelants, tandis que derrière le rideau se laissent encore apercevoir quelques remuements et entendre quleques voix, jusqu'à ce qu'apparaissent le débonnaire montreur et son aide se dirigeant vers la sortie du parc, puisqu'on nous passe notre paletot sur les épaules en parlant doucement, maternellement - car cette même déception, celui ou celle qui nous accompagne l'ont ressenti à leur heure. Aussi, marchant mécaniquement, éternels enfants tenus par la main, nous contemplons se détachant sur le ciel blanc du crépuscule d'automne les dentelures innombrables des feuillages jaunissant du parc..."


J'ajouterais pour les amateurs de petits carnets, que dans le genre, ceux de Paul Auster sont pas mal non plus, voir The red notebook (le carnet rouge pour la version française).

09 novembre 2007

Un enfant à New York, adagio suivi d'un scherzo

Body and soul, de Frank Conroy ou en français dans le texte Corps et âme (traduit de l'américain par N. Akrouf chez Folio) est un magnifique roman musical, mêlant le classique et le jazz, l'harmonie et la cacophonie, les altérations et les points d'orgue. Il s'adresse pourtant à tous, musicien ou non, pourvu qu'on s'intéresse à l'apprentissage et aux rencontres, à l'histoire avec un petit et un grand H.



A travers la vie d'un enfant prodige, Claude Rawlings, le lecteur redécouvre l'histoire du monde entre 1940 et 1960, mais aussi l'histoire de New York ville en pleine mutation, l'histoire des sciences, du cinéma et celle de la musique, et cela sans sécheresse, sans raideur, mais tout en délicatesse.


"Sa première vision sur l'extérieur était le soupirail en forme d'éventail de l'appartement en sous-sol. Il grimpait sur la table et passait des heures à examiner derrière les barreaux le va-et-vient des passants sur le trottoir, son âme d'enfant captivée par la contemplation des rythmes et des cadences, toujours différents, des jambes et des pieds qui traversaint son cham p de vision..." Tout débute là. Claude vit dans la cave d'un immeuble avec une mère dépressive et folle, accessoirement chauffeuse de taxi. Alors qu'il est maigrelet, qu'il ne comprend pas au juste la guerre, les communistes,... (et ce malgré les montagnes de journaux que ramène sa mère quotidiennement), il se penche un jour sur un piano et sa vie en est transformée. Il va se lancer dans une collecte de toutes les petites pièces de monnaie qui trainent sur les trottoirs de New York pour se payer des leçons de piano chez Monsieur Weisfeld, le propriétaire du magasin d'instruments de musique du quartier. Monsieur Weisfeld va transformer sa vie, lui apprendre les notes, les sons, l'harmonie, mais bien au-delà il va lui enseigner l'écoute, la quête, la curiosité, et bien d'autres choses encore. Commence ensuite une grande aventure, de professeur en professeur, de concerto en boogie, qui résonne en nous pages après pages avec douceur et émotion jusqu'au bout. De la petite boutique new yorkaise jusqu'aux salles de concert les plus mythiques, la vie de Claude va s'accélérer, entre amour et peine, surprise et désillusion.


Vous me direz: roman d'éducation banal, long, ennuyeux? Pas du tout. Entre les pages, Conroy glisse des perles, en jettant un regard tantôt ironique tantôt moqueur sur son époque. Il y a par exemple la description que fait Claude des films par catégories! "Westerns = ne pas s'approcher d'un bivouac sans s'annoncer de loin. Ne pas tirer sur un homme désarmé, ne pas tirer dans le dos, ne pas voler un cheval", "Films de guerre = La démocratie vaut qu'on meure pour elle. Les allemands sont intelligents, arrogants et sadiques. Les japonais sont traitres." "Film de gangster = le crime ne paie pas. La police est bonne à moins qu'elle ne soit corrompue", et j'en passe... C'est lapidaire et si bien écrit. Et puis, sans qu'on s'en rende compte, quelques pages plus loin nous sommes au pays de la physique, de la relativité, et Claude se perd dans une grande discussion avec son meilleur ami sur la chute des corps... Tout ça, sans vanité, mais avec justesse et style. En plus, une teinte de mystère accompagne le roman: qui sont les personnages que la mère de Claude transporte la nuit secrètement? Qui est le vrai père de Claude? Que cache le passé secret de Monsieur Weisfeld? mais ça, je ne vous le dirai pas, pour ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir ce livre fort touchant... Certainement un de mes coups de coeur littéraire de l'automne.

26 octobre 2007

Mordant!

Depuis le temps qu'on me parlait de cette mystérieuse trilogie policière à succès, ce fameux Millenium I, II et III de S. Larsson... Tout avait commencé à la cantine, oui oui, on me le prêterait au plus vite,... mais chaque fois les collègues complètement mordus oubliaient, les uns après les autres. C'est alors que je me décidais pour la bibliothèque, mais en vain (ouvrages sans arrêt empruntés!) C'est à ce moment là que j'ai cédé. J'allais l'acheter. Oui mais: rupture de stock! Rien de tel pour piquer ma curiosité encore plus! Et voilà que j'avais mis la main sur le tome I, quand malencontreusement et parce que trop pressée, je l'ai oublié dans une boulangerie! Comble de malédiction! Mais tout est bien qui finit bien, j'ai pu dévorer Larsson, ou plutôt son intrigue complètement prenante du tome 1 Les hommes qui n'aimaient pas les femmes!







Je comprends qu'il fasse des accro! Suspense, réalisme, personnages très convaincants! Un peu du Fred Vargas quoi... à une grosse exception près: il faudrait mettre un carré blanc sur la couverture. Que de violences décrites avec minutie. Et c'est dommage. Car en sombrant dans la délectation du sadique monomaniaque, et bien il impose aux lecteurs des pages dont on se passerait volontier!

Je me sens mordue, difficile de ne pas courrir acheter la suite des aventures de Mike Blomquist et de Lisbeth, son assistante hors norme. Mais sous le coup des morsures du Tome I, dure de retourner dans cette violence gratuite et sordide... malgré le talent manifeste de Larsson.

Donc à lire, mais pour les coeurs bien accrochés.

Et à ceux qui voudraient savoir si un tome IV est en cours: Larsson a succombé d'une attaque cardiaque juste après avoir remis le manuscrit du tome III. De quoi rendre la trilogie encore plus mythique!

17 octobre 2007

Quand la télé surgit dans le roman...

Mieux vaut lire un bon roman que se planter devant la télé... L'opposition frontale classique n'est pourtant pas si claire... Tout d'abord car des programmes télé parlent de romans (Voir par exemple: Le bateau livre) mais surtout parce que, plus intrigant, la télé fait de plus en plus son apparition dans les romans.

Saga de T. Benacquista nous emmène dans les décors de la création d'une série à succès. Nous suivons les scénaristes, hommes et femmes de l'ombre, sensés faire n'importe quoi, pourvu que ça occupe les ménagères et coute peu cher! Oh surprise, la série TV de nos pommés du PAF prend une ampleur inattendue, au vue de son succcès médiatique... Que vont devenir les personnages de la série et leurs créateurs? Avis aux amateurs de bonnes séries télé qui ont envie de plonger avec humour et sarcasme dans les coulisses de leur passion.





Plus récemment, Pour le meilleur et pour l'empire de J. Hawes nous plonge cette fois-ci en pleine télé réalité. L'objectif de nos candidats: survivre dans une jungle pour gagner deux milions de livres. Satirique et complètement déjanté! Ce roman plaira à tous les amateurs des Monty Python!

Avec tout ça, il vous reste encore à décider de votre programme du soir...

11 octobre 2007

Du roman au conte philosophique?

C'est un petit livre d'une centaine de pages. Sur la couverture, une jeune fille nous regarde la tête penchée. Difficile de décrire son état d'esprit. Résignée? Pensive? Triste? Elle ressemble à ces femmes des tableaux du musées de Offices à Florence. Au dessus de son visage, sur la couverture, il est écrit: Le premier siècle après Béatrice, et c'est signé Amim Maalouf.

C'est un roman bien sûr, ou plutôt une "chronique" un peu du genre La Peste de Camus, sauf que là, c'est l'histoire de fèves qui une fois avalées permettent d'augmenter les chances d'accoucher d'un garçon. D'une légende, nous glissons peu à peu dans le cauchemard, d'une société qui sans s'en rendre compte, se prive d'un avenir. Alors roman d'anticipation ou conte philosophique? Chacun sa lecture. Il y a la lecture du démographe qui peut trouver dans ce récit des arguments de taille pour démontrer l'importance de sa science. Il y a la lecture du sociologue qui peut étudier comment se comportent les groupes humains privés de futurs. Il y a la lecture du géographe, qui pourra analyser les contrastes nord sud... et puis il y a les lecteurs du dimanche, qui pourront apprécier le style d'A. Maalouf et les mots doux d'un père à sa fille Béatrice.

Alors merci à Zsuzsana pour ce beau cadeau.

Et pour vous, une petite citation extraite du livre, à méditer pour rester vigilants dans notre monde moderne:

"Que de fois je me suis demandé comment nous en étions arrivés là. Dans les pages qui précèdent, j'ai aligné des évènements, des impressions, des apparences de cause. Alors que je m'apprête à quitter la scène, sans hâte mais sans regret, je me sens toujours incapable de dire si, à un moment quelconque, le cours du destin aurait pu être détourné, et ramené dans un sens plus conforme aux rêves des hommes. J'ai beau relire mon témoignage, et tant d'autres textes de ces dernières années, ma perplexité demeure, parfois obsédante. Tout ce qui est arrivé était-il donc inévitable?"

03 octobre 2007

Protection de la langue

Et non les Français et leur Mister Allgood (comprené Jacques Toubon) ne sont pas les seuls à s'inquièter de la brutalisation que subit leur langue dûe aux englicismes manageriaux des networks et de la governance, dûe aux SMS (ckcnouveau) et autres usages intempestifs d'emails sans accents, apastrophes, etc. Les italiens aussi. D'où la sortie de ce livre, très remarqué chez nos voisins latins, et écrit par Beppe Severgnini: L'italiano, Lessione semiserie (soit en français dans le texte: L'italien, leçons semi sérieuses).







Il y repertorie tous les usages de la langue qui la cabosse, la torde, pour le pire et non pour le meilleur et propose des solutions pour bien écrire... Par exemple, il suggère une méthode toute simple mais qui fait ses preuves. En voici les étapes.

Tout d'abord, ne pas se jeter sur son clavier ou son stylo pour écrire son email ou sa lettre à chaud, mais PENSER à ce que l'on veut écrire. Puis ORGANISER sa pensée. (Par quoi vaut-il mieux que je commence? Comment conclure pour que mon message soit remarqué et porte à sa juste valeur). Ensuite ECRIRE d'une traitre, se lâcher! Mais ne cliquez pas tout de suite sur envoyer, ne fermez pas l'enveloppe. RELISEZ attentivement, et retirez le superflux, le trop plein...

Tout bête, oui mais... Combien d'entre nous avons déjà perdu l'occasion d'avoir un bon poste ou perdu l'occasion de concquérir un coeur convoité, par manque de style et de justesse dans le propos... Parce que le SMS envoyé en français massacré avait écoeuré un coeur à prendre, parce qu'à la troisième fautes d'orthographe du CV non relu, le recruteur avait laissé tomber?

Bien écrire, c'est déjà respecter l'autre, lui montrer notre attention. Ecrire les mots justes, les mots qui charment ou font rire, c'est déjà un cadeau. Trouver une métaphore à vous, au lieu de reprendre à votre plume l'expression stéréotypée lue 15 fois dans les médias. Ponctuer vos phrases avec soin, pour laisser respirer l'autre ou l'emporter au loin. A chacun ses mots, son style... Et pourquoi pas aussi enrichir votre vocabulaire de mots nouveaux. Pourquoi pas des "subtiles", au lieu des "remarquables", des "émoustillants" au lieu des "drôles",...

Et puis, si vous y ajoutez un beau papier, un beau timbre, une belle police d'imprimerie, des couleurs... qui sait, vos écrits pourraient ouvrir des portes dont vous ne connaissiez pas encore l'existence jusqu'alors.


30 septembre 2007

Petit génie vous invite à la physique des catastrophes

Très belle découverte de la rentrée: M. Pessl Special topics in calamity physics (ou en français: La physique des catastrophes).







"Dad always said a person must have a magnificent reason for writing out his or her life story and expecting anyone to read it. 'Unless your name is something along the lines of Mozart, Matisse, Churchill, Che Guevara or Bond - James Bond - you best spend your free time finger painting or playing shuffleboard, for no one, with the exception of your flabby armed mother with stiff hair and a mashed-potato way of looking at you, will want to hear the particulars of your pitiable existence.' (...) Given such parameters, I always assumed I would not have my magnificient reason until I was at least seventy, with liver spots, rheumatism, wit as quick as a carving knife, a squat stucco house in Avignon (where I could be found eating 365 cheeses), a lover twenty years my junior who worked in the fields and with any luck, a small triumph of science or philsophy to my name. And yet the decision (...) came much sooner that I ever imagined" et c'est tant mieux pour nous!!!!



Quel premier roman! Plein de créativité, de références, de sarcasmes (sur le fait d'avoir autant de références, notamment). Une héroine super attachante, Blue, qui suit son père de ville en ville, suite au décès de sa mère, afin que celui-ci puisse enseigner ses théories à toutes les mauvaises universités peu connues du fin fond des Etats-Unis. Un style percutant! Pessl excelle dans l'art de faire des analogies, de jouer des parallèles et des métaphores (ce qui fait qu'elle multiplie un peu les parenthèses, mais lisez-les attentivements, car elles abritent des perles!)

Donc, une vraie histoire qui emporte, une enigme policière, des personnages louches, mais aussi attendrissants, une jolie couverture, un beau titre, un roman d'éducation à la Harry Potter, qui suit le rythme scolaire d'un ado, une réflexion sur le rapport père fille... Bref, ça bouillonne!


Et une grande originalité dans la forme qui ne gâche rien: Pessl se moque du thésard, de l'universitaire qui inclut toujours une bibliographie, des références d'auteurs, qui s'appuie sur ses diapositives power point comme un viellard à sa canne, et puis, je ne devrais peut-être pas vous le dire mais le roman inclut même un examen final!!!!! SI SI!!!! Bon ne vous inquiétez pas, il est tout à fait faisable!!!


Enfin, j'ajouterais que ce roman donne envie de voir des vieux films, de lire des classiques, et d'écrire... alors ça vaut bien les quelques euros et les 670 pages, qu'on ne voit pas passer!

19 septembre 2007

Livre de chevet

Il est des livres qu'on ne lit pas d'une traite, mais qu'on aime à avoir à portée de main, pour en grignoter des bouts, tard le soir quand la nuit s'annonce. Le livre de l'intranquilité de Pessoa est de ceux là.

C'est un bijou, presque trop beau pour être vrai... pourtant on peut le porter au creux de soi tous les jours.


Finement simple et simplement tortueux, Pessoa nous embarque dans son aventure très impressioniste de comptable de l'existence, au milieur du néant, de la beauté et de la douleur. Ce journal intime nous conduit dans des réflexions métaphysiques au milieu de détails simples du quotidien.







Pessoa, un personnage à part entière. Né au Portugal, il a composé une oeuvre magistrale sous différents noms ou devrais-je dire "hétéronymes" pour faire plus littéraire! Du genre: Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Alvaro de Campos, etc. Bernardo Soares est le nom sous lequel il a écrit le Livre de l'intranquilité. Il dira qu'il est l'hétéronyme dont il se sent le plus proche... Donc ce n'est pas tout à fait un journal. C'est le journal d'un partie de Pessoa... Ne sommes-nous pas tous multiple?


Difficile de vous en choisir un morceau, tant ils sont nombreux à être éblouissants...

En guise d'introduction, je vous copie donc cette lettre:


14 Mars 1916


"Je vous écris aujourd'hui, poussé par un besoin sentimental - un désir aigu et douloureux de vous parler. Comme on peut le déduire facilement, je n'ai rien à vous dire. seulement ceci - que je me trouve aujourd'hui au fond d'une dépression sans fond. L'absurdité de l'expression parlera pour moi.
Je suis dans un de ces jours où je n'ai jamais eu d'avenir. Il n'y a qu'un présent immobile, encerclé d'un mur d'angoisse. La rive d'en face du fleuve n'est jamais, puisqu'elle se trouve en face, la rive de ce côté-ci; c'est là toute la raison de mes souffrances. Il est des bateaux qui aborderont à bien des ports, mais aucun n'abordera à celui où la vie cesse de faire souffrir, et il n'est pas de quai où l'on puisse oublier. Tout cela s'est passé voici bien longtemps, mais ma tristesse est plus ancienne encore.
En ces jours de l'âme comme celui que je vis aujourd'hui, je sens avec toute la conscience de mon corps, combien je suis l'enfant douloureux malmené par la vie. On m'a mis dans un coin, d'où j'entends les autres jouer. Je sens dans mes mains le jouet cassé qu'on m'a donné, ironiquement, un jouet de fer blanc. Aujourd'hui 14 mars à 11H du soir, voilà toute la saveur, voilà toute la valeur de ma vie.
Dans le jardin que j'aperçois, par les fenêtres silencieuses de mon incarcération, on a lancé toutes les balançoires par dessus les branches, d'où elles pendent maintenant. Elles sont enroulées tout là haut. Ainsi l'idée d'une fuite imaginaire ne peut même pas s'aider des balançoires pour me faire passer le temps.
Tel est plus ou moins, mais sans style mon état d'âme en ce moment...."






11 septembre 2007

L'ombre de nos lectures

Que faisons-nous des livres que nous lisons? Nous hantent-ils? Changent-ils notre regard sur le monde? Nous font-ils juste passer un bon moment avant de s'évanouir dans l'air, ni vus, ni connus? Je pencherais plutôt vers l'idée d'une ombre, qui nous suit, que l'on ne remarque même plus, et qui pourtant est un reflet de nous toujours changeant. Quant à Carlos Louis Zafon, il répond à la question dans une saga ibérique, mi polar, mi roman historique sur les années de l'après-guerre à Barcelone: L'ombre du vent.








Un jour, un petit garçon est emmené par son père au cimetière des livres. C'est un lieu mystérieux, où l'on peut prendre un livre de son choix afin de le garder en vie. Mais cela doit rester un secret. C'est alors que ce livre sorti de l'oubli va changer la vie du jeune homme qui l'a choisi et le conduire sur un parcours initiatique, où il croisera l'amour, la peur, la mort, l'envie, le doute, l'amitié, etc. Quelle place donnera-t-il au livre? Sera-t-il en faire quelque chose de grand, de beau? Ou se trompe-t-il en se plongeant dans le fantastique du roman?

Derrière une saga, toute une réflexion sur la littérature...

Ce livre est à conseiller à tout ceux qui veulent découvrir des romans espagnols mais aussi aux amateurs d'histoires à suspense construites en poupées russes.

Et puis si vous ne le lisez pas, gardez tout de même cette idée en tête: Les livres ne sont rien sans nous. Ils dorment ou meurent sur des étagère. Mais si on les ouvre, qu'on leur donne une chance, ils peuvent tout.

05 septembre 2007

Une moitié...

Une moitié de lue... du dernier livre du prix nobel de littérature 2006 Ohran Pamuk: Istambul, souvenirs d'une ville. Et des petits cailloux dans la poche: ceux de l'enfance (marcher que sur les lignes ou que sur les cases, lire tout ce qui passe sous le nez pour le plaisir de déchiffrer les sons et de les voir se transformer en mots, rêver complètement et absolument) mais aussi des cailloux de formes inconnues, des petites pierres turques plus ou moins lourdes ou légères (compter les bateaux qui passent sur le Bosphore, regarder les bâtiments de l'empire ottoman tomber en ruines, être entièrement ébloui par le soleil quand on franchit la porte de la maison).



Quand on remue ces cailloux au fond de sa poche, un sentiment se dégage: celui de la mélancolie ("Hüzün" en version originale dans le texte). C'est un sentiment singulier, spécifique au lieu et à l'homme semble-t-il. Un sentiment qui peut être explique son devenir écrivain?



Par sa forme, ce livre me rappelle ceux de T. Terzani (voir rubrique "Témoignages"). En effet, Ohran Pamuk lui aussi joint au texte de magnifiques clichés en noir et blanc qui illustrent son récit. Ses photographies sont à la fois intimistes et archives d'une société qui s'effrite, à l'image des façades qu'on devinnent en arrière plan.

Un livre à ouvrir avant ou après un voyage en Turquie. Un livre à ouvrir pour les curieux de témoignages humains et géographiques. Un livre à ouvrir pour les collectionneurs de cailloux mélancoliques.

30 août 2007

Sensations d'été

"La gamme de do majeur a encore de belle mélodie devant elle." Quelques lignes écrites sur une page blanche en guise d'introduction à ce roman musical et fort: Dernier amour, de Christian Gailly, aux éditions de minuit.





C'est l'histoire d'un compositeur. Et je préfère ne pas trop vous en dire plus en fait, pour vous laisser la fraicheur de vous plonger dans son style et dans ces quelques pages qui se dégustent très vite... presque trop vite (110 pages). Juste un petit bonbon, quoi. Ou une gorgée d'un bon thé. C'est selon. Quelque chose qui vous laisse un bon goût dans la bouche.

J'aime la façon dont Christian Gailly décrit les scènes en nous glissant tantôt dans la foule, comme observant un film, guettant son héros au milieu de l'humain massif, tantôt dans l'esprit du personnage: "On voit des gens de dos qui marchent sur un quai en plein soleil. Paul n'est pas parmi eux. Où est-il? Il est peut-être resté dans le train. Terminus. Tout le monde descend. Pas lui. Si. Il est là. Le voilà. On le voit." puis quelques lignes plus loin"Peur du vide. Vertige. Parallèles qui soit disant se joignent à l'infini. Rail, Lame, lignes." En plein dans la tête de Paul, et de sa méditation face au rail... Mais ce roman ne parle pas de gare. Non, il parle d'humanité et de musique. Il parle d'instants partagés ou pas. Il parle d'amour. Et c'est un doux rayon de soleil sur la peau...

Un soleil de fin Août...

Un petit bonheur...

17 août 2007

Voyage en Russie

Voyage en Russie oblige, je vais vous parler de littérature russe!

Premier immanquable: Le maître et Marguerite, de Boulgakov. C'est aussi fort, hallucinant et déjanté qu'un tableau de Chagall. C'est considéré comme étant un des chefs d'oeuvre incontestable de la littérature sovietique. Pour la petite histoire, Mikhail Boulgakov a mis une dizaine d'années à l'écrire et il n'a été publié qu'au dégel (après la mort de Staline). Lors du voyage, je suis passée par l'étang où débute le Maître et Marguerie, avec l'apparition du diable en personne (si si!)... Et j'ai photographié la porte du café Marguerite dédié à Boulgakov et très à l'image du roman, avec le mélange des histoires, la folie des personnages, l'humour désabusé...





Autres chefs d'oeuvres: les pavés de Tolstoi! A Moscou, j'ai visité sa maison, et j'ai vu son bureau... Ca m'a vraiment donné envie de le lire attentivement, pour faire coller le cadre aux lignes!

01 août 2007

Le dernier...

Le dernier... Harry Potter! Bien sûr! Il se déguste lentement, comme tout dernier morceau de gâteau, dernier chocolat de Noël ou de Pâcques, dernier jour de vacances, dernière minute avant l'adieu!

On y retrouve le ton Harry Potter, les mots magiques Harry Potter, les baguettes, chouettes et autres instruments du nécessaire de la bonne sorcière! On rit, on pleure, et on remercie Rowling de nous avoir fait rêver, jusqu'au bout... mais aussi de transmettre de nobles valeurs aux enfants à travers son récit fantastique.





Alors pour les "accro", savourez-bien, et pour les autres... Un jour, peut-être vous tomberez dans la potion magique... ou vous la partagerez avec des plus petits que vous!

En tout cas, qui laisse entrer dans sa vie un peu de magie, est sûrement ouvert à l'autre, à la surprise, à ses intuitions et ses envies profondes! Cet été, transformez-vous, transfigurez les autres, faites apparaître vos souhaits et donnez leur forme vivante, concocter vous des petits jus de bonheur, observez les étoiles en bonnes compagnies, et faites face aux défis de demain... qui sait des étincelles pourraient laisser place au mystère!

Et sinon, cliquez ici pour plus amples contacts avec Harry Potter et ses amis!

25 juillet 2007

Trio Chilien

Titre intrigant mais si finement choisi, Ma femme de ta vie de Carla Guelfenbein est sûrement un des titres du moment à glisser dans son sac à main, à lire les pieds dans le sable ou au chaud en attendant que la pluie cesse, tout dépend de votre destination estivale!







C'est l'histoire de Théo, un étudiant anglais fan de sociologie, qui tombe amoureux de Clara, grande amie de son meileur ami chilien Antonio... Et oui l'histoire est vieille comme le monde, deux hommes amoureux silencieux de la même femme, vous vous en doutez... Et pourtant, le style de Carla Guelfenbein, la construction du roman qui mêle habilement les points de vue, et surtout l'arrière fond politique et sociale (dictature au chili, et retour à la démocratie) donnent au roman une fraicheur, un ton différent, et un suspense prenant.

C'est un livre sur l'ambiguité des sentiments, sur la loyauté, sur l'honneur, et sur la fidélité. C'est bien sûr un livre sur l'amitié et sur l'amour. Mais pour moi, c'est aussi un livre sur "l'instant", ce qu'il enferme de notre passé et de notre futur. Ce qu'il irradie dans le moment présent, ce qu'on en garde ou qu'on oublie.

10 juillet 2007

Doremifasolasido

C'est un livre qui cache des notes de musique à l'intérieur. Un livre dont s'échappe de la légereté, du bien être, et une douce mélodie apaisante.

Sur la couverture, on peut y lire: Ma vie avec mozart, et un nom d'auteur en forme de signature: Eric-Emmanuel Schmitt.

C'est comme une confession, un journal intime, sous la forme de lettres à un ami presque imaginaire, mais pas tout à fait, puisque vous l'aurez compris il s'agit du grand MOZART.

On retire de cette lecture, l'envie d'écouter du Mozart bien sûr, mais surtout de la musique classique en général: Attention, pas en passant, pas par distraction, mais vraiment écouter les yeux fermés, et s'envoler peu à peu ailleurs.

Ce livre renferme aussi de sublimes pages sur l'enfance, écrites dans un style simple mais étincellant.

Merci donc à Stéphanie pour ce beau cadeau.

J'écoute le CD du livre en boucle en ce moment. Et j'ai même été recherchée mon premier CD reçu à 12 ans: Les concertos pour violon 4 et 5 de Mozart. Du bonheur!!!!

Alors si vous avez besoin de vous relaxer pendant les vacances, voici ma prescription:
Quelques minutes de Mozart, quelques pages de Schmitt (à renouveler dès que la fatigue réappartait...)

03 juillet 2007

BD en action!

Une fois n'est pas coutume, je vais vous parler de B.D.

Parmi mes préférées figure PERSEPOLIS. Une histoire de l'Iran revue et corrigée par la perspicace et sensible M. Satrapi. A lire sans modération ou à regarder depuis peu sur vos écrans! Je viens d'aller voir Persepolis au cinéma! Extra!!!!


Et puis, pour ceux qui préfèrent la couleur au noir et blanc, je recommande une autre B.D.: Le photographe (E. Guibert et D. Lefevre). Cette fois, c'est un voyage pour le Pakistan et l'Afghanistan, en photo et en dessins, histoire d'accompagner une caravane de MSF qui passe la frontière entre ces deux pays pour aller mettre en place un hopital de fortune... Non seulement ce livre est une oevure d'art, mais il est aussi un témoignage très fort sur les changements géopolitiques qui bousculent notre petit monde moderne... En trois volumes, vous serez plongés dans les montagnes arides, au milieu de la souffrance, de l'extremisme, mais aussi au centre d'une très forte solidarité de la misère... A lire absolumment, si vous vous intéressez à l'humanitaire, au développement, et au sort de cette région agitée.



Enfin pour finir sur une note plus légère: deux séries de B.D. à découvrir pour rire et se détendre!


-Le combat ordinaire (Larcenet)

-Le retour à la terre (Larcenet, Ferri)